Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
Reading edition
En se procurant et en copiant des manuscrits rares et précieux, Boccace ne satisfaisait pas seulement son admiration pour les anciens et son ardeur pour l'étude, qui allait croissant avec l'âge; il se mettait encore en état de faire, malgré la modicité de sa fortune, de riches présents à ses amis. Il exerça surtout avec Pétrarque cette libéralité littéraire; il lui donna un Tite-Live, quelques Traités de Cicéron et de Varron, tous copiés de sa main; et comme il étendait ses recherches aux écrits les plus estimés des Pères de l'Église, il lui fit aussi présent du Traité de S. Augustin sur les Psaumes. Enfin, dans une visite qu'il lui fit à Milan 15, où il passa plusieurs jours avec lui, n'ayant point vu dans sa bibliothèque le poëme du Dante, qui était à ses yeux au-dessus de toutes les productions modernes, dès qu'il fut de retour à Florence, il en commença une copie, exécutée avec toute la propreté de son écriture, qui était fort belle, et qu'il fit décorer de tous les ornements que le dessin, la miniature et l'application de l'or bruni, ajoutaient alors aux manuscrits les plus soignés; et il l'envoya l'année suivante à son ami, qu'il appelait toujours son maître 16.