Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
Reading edition
L'habitude d'écrire des romans fit qu'en composant la vie du Dante, qui avait été son premier maître, et l'objet constant de son admiration, Boccace en fit plutôt un roman qu'une histoire. Il passe fort légèrement sur ses actions, ses infortunes et ses ouvrages, et parle fort au long de ses amours. Il traite ce sujet comme s'il était encore question de Florio, de Troïle ou de Fiammetta. On ne lit cependant pas sans plaisir cette vie, intitulée: Origine, vita, e costumi di Dante Alighieri; il ne peut être sans intérêt de voir ce que l'un de ces deux grands hommes a dit de l'autre; on n'y accorde, il est vrai, que peu de confiance, et l'historien, quoique contemporain de son héros, est presque sans autorité. Mais, comme l'observe fort bien M. Baldelli, un ouvrage où on lit l'éloquente apostrophe aux Florentins sur leur ingratitude envers la mémoire d'un grand homme, où se trouvent, parmi quelques aventures romanesques, tant de faits réels et d'anecdotes importantes, où enfin le Dante est loué avec tant d'éloquence par un si illustre contemporain, est un ornement précieux de la littérature italienne, et n'honore pas moins l'auteur de ces éloges que celui qui les reçoit 68.