← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

Reading edition

Le concile, qu'il avait si bien traité, eut à Florence le dénouement le plus heureux. Eugène IV fut unanimement reconnu par l'assemblée pour successeur unique et légitime de saint Pierre; le patriarche et ses Grecs eurent la gloire de se soumettre, pour le bien général de l'Église chrétienne, aux arguments et aux explications du clergé romain. Jean Paléologue, qui avait pris part à la controverse comme théologien, se réjouissait comme empereur d'une réconciliation quelconque, espérant que les princes catholiques viendraient à son secours, et le défendraient contre les Turcs. Il s'agissait de son empire. Tandis qu'il écoutait argumenter, et qu'il argumentait lui-même en Italie, ses états étaient envahis, sa capitale menacée. Il y retourna sans avoir obtenu les secours qu'il avait espérés. Les prêtres de son clergé furent moins raisonnables que le patriarche et les évêques; ils refusèrent de reconnaître le Pontife romain pour chef; plusieurs de ceux qui avaient signé le décret de Florence se rétractèrent; et l'empereur, presque sous le canon des Turcs, fut forcé de s'occuper de ses controverses sacerdotales. L'empire grec tomba enfin. La prise de Constantinople par Mahomet II, en 1453, est une de ces catastrophes qui retentissent dans les siècles, et donnent un nouveau cours aux chances des destinées humaines. Les sciences et les lettres profitèrent en Italie, et surtout à Florence, du désastre qu'elles éprouvaient en Orient. Les succès précédents des professeurs grecs, et le zèle connu de Cosme de Médicis pour la gloire et le progrès des lettres, engagèrent plusieurs savants fugitifs à y chercher un asyle; ils reçurent de Cosme l'accueil qu'ils avaient espéré; la philosophie platonicienne acquit en eux de nouveaux soutiens, et fut décidément en état de tenir tête à celle d'Aristote 329.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings