Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
Reading edition
Mais ces deux recueils de Nouvelles nous ont distraits assez long-temps de la poésie; il est temps d'y revenir. En parlant des poëtes qui florissaient avant Pétrarque dans le quatorzième siècle, j'ai fait une mention particulière de Fazio degli Uberti 270. Je ne l'ai considéré alors que comme poëte lyrique, et j'ai remis à parler de son grand poëme quand je serais arrivé à la seconde moitié de ce siècle, à laquelle ce poëme appartient. Fazio était encore jeune quand il le commença; mais il ne le termina que dans sa vieillesse 271, et même il ne vécut pas assez pour l'achever entièrement. Il y osa marcher sur les traces du Dante, et se le proposer pour modèle. Dante avait parcouru l'enfer, le purgatoire et le paradis; il entreprit de parcourir la terre, de faire la description de toutes les parties du globe et l'histoire de tous les peuples qui les habitent. Ce dessein était grand et hardi. Le titre du poëme est composé de deux mots latins dicta mundi, les dits du monde; on écrit par corruption ditta mundi, detta mondi et detta mondo. Il est divisé en six livres qui se subdivisent en un nombre inégal de chapitres, et écrit en terza rima: ou tercets, comme la Divina Commedia. C'est aussi une vision, ou une suite de plusieurs visions, et l'auteur y prend pour guide l'historien et géographe Solin, comme Dante avait pris Virgile. Mais avant de trouver Solin, il fait quelques autres rencontres. Le Dittamondo étant absolument inconnu en France, et très-peu connu en Italie, je donnerai une idée rapide de la fiction générale qui en remplit les premiers chapitres, et de la distribution du sujet dans le reste de l'ouvrage.