Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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«Dans l'excès de l'affliction et de misère où la ville fut réduite, la vénérable autorité des lois divines et humaines, était tombée, et comme dissoute; leurs ministres et leurs exécuteurs étaient tous, comme les autres hommes, ou morts, ou malades, ou restés tellement seuls qu'ils ne pouvaient remplir aucune fonction; de sorte que chacun pouvait se permettre tout ce dont il lui prenait envie. Quelques uns, ennemis de tous ces excès, ne changeaient rien à leur train de vie. On les voyait seulement porter à la main, l'un des fleurs, l'autre des herbes odorantes, d'autres différentes sortes de parfums, et les respirer souvent, comme le meilleur moyen de fortifier les organes et de repousser la contagion; car l'air entier paraissait infecté par la puanteur des cadavres, des malades et des remèdes. Quelques autres étaient d'une opinion plus cruelle, mais peut-être aussi plus sûre: ils disaient que rien n'est aussi bon contre la peste que de la fuir. Frappés de cette idée, beaucoup d'hommes et de femmes, ne s'occupant plus de rien que d'eux-mêmes, abandonnèrent leur ville natale, leurs propres maisons, leurs biens, leurs parents, leurs affaires, et se retirèrent à la campagne. Plusieurs échappaient en effet au mal, mais plusieurs aussi en étaient frappés; l'exemple qu'ils avaient donné quand ils étaient en santé n'était que trop suivi, et ceux qui se portaient bien encore les abandonnaient à leur tour 97.