Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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C'était en 1361, qu'arriva cette aventure; et ce fut sans doute alors que Boccace prt l'habit ecclésiastique 25, et qu'il voulut se livrer à l'étude de la théologie, dont il n'avait pris autrefois qu'une teinture légère; mais il s'aperçut bientôt que c'était commencer trop tard, que cette étude convenait mal aux habitudes de son esprit; et, profitant des conseils de Pétrarque, il reprit le cours ordinaire de ses travaux. Environ deux ans après, il se rendit à la cour de Naples, invité par le grand sénéchal du royaume, Nicolas Acciajuoli; mais il n'eut pas lieu d'être content de ce voyage. Après un assez bon accueil de la part du maître, il fut si mal logé, si malproprement meublé dans son palais, il fut nourri à une table si mal servie et si sale, avec des convives si peu dignes de lui 26, le grand sénéchal prit avec lui des airs de hauteur si insupportables pour un homme habitué aux égards et à la bienveillance des hommes du plus haut rang, qu'il n'y put tenir long-temps, et qu'il partit précipitamment de cette cour inhospitalière. Au lieu de retourner directement à Florence, il fit un long détour, et alla jusqu'à Venise, se dédommager auprès de Pétrarque, des dégoûts qu'il venait d'éprouver 27. Il y demeura trois mois, et put comparer à loisir l'hospitalité offerte par l'amitié modeste avec la commensalité accordée par l'orgueilleuse grandeur 28.