Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Le Bembo a dit de Boccace avec beaucoup de raison: «C'est un grand maître dans l'art de fuir la satiété. Ayant à faire cent prologues pour ses cent Nouvelles, il les varia si bien, qu'on a un plaisir infini à les entendre. Ayant à finir et à reprendre tant de fois la conversation entre dix personnes, ce n'était pas non plus peu de chose que d'éviter l'ennui 98.» On voit en effet qu'il a pris le plus grand soin d'échapper à ce danger de son sujet. Les réflexions morales ou galantes qui précèdent chaque Nouvelle, les descriptions du matin qui commencent chaque Journée, les jolies ballades qui les terminent toutes, et dont peut-être on ne fait point assez de cas, les tableaux variés de passe-temps qui sont cependant à peu près toujours les mêmes, enfin de charmantes descriptions de lieux champêtres, tracées avec une élégance et une perfection de style que rien ne peut égaler, tels sont les moyens qu'il a employés pour donner sans cesse à l'esprit des jouissances nouvelles. Ces peintures locales que je compte parmi ses moyens de variété, ont pour les Florentins une autre sorte de mérite. Ils y reconnaissent, ainsi que dans l'Admète et dans le Ninfale Fiesolano du même auteur, les agréables environs de Florence. On a fait des recherches sérieuses, et qui n'ont pas été inutiles, pour fixer les lieux qu'il a décrits. Il paraît certain que, possédant une petite propriété près de Majano et de Fiesole, il se plut à peindre les paysages gracieux dont elle était environnée, et que l'on y reconnaît encore aux plans qu'il en a tracés 99.