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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Celui des poëtes lyriques de cette époque qui approcha le plus du style de Pétrarque est Buonaci corso da Montemagno. Il y en eut deux de ce nom, l'aïeul et le petit-fils, que l'on a long-temps confondus en un seul. Le chanoine Casotti découvrit le premier qu'ils étaient deux, et donna, en 1718, à Florence, la meilleure, édition de leurs Œuvres 231, avec une préface qui éclaircit complètement ce qui regarde la famille des Montemagno. C'était une des plus distinguées de Pistoja, où elle avait été plusieurs fois élevée aux premiers emplois. Buonaccorso l'ancien en fut lui-même gonfalonnier, en 1364. Ses vers ont de la douceur et de la grâce. Gravina 232 le loue d'avoir approché de Pétrarque par ces deux qualités, si ce n'est par l'élévation, le savoir et la variété des sentiments. Le Tassoni, dans ses considérations sur Pétrarque, compare souvent des vers de Montemagno, avec ceux de ce grand poëte lyrique et les explique les uns par les autres. Il ne croit pas, comme l'ont pensé quelques critiques, que le troisième sonnet de Pétrarque 233, soit imité du premier de Montemagno 234; mais lorsqu'il veut au contraire prouver que c'est Montemagno qui a été l'imitateur, il ne peut lui-même se dissimuler la faiblesse de ses preuves. Plusieurs autres sonnets de Buonaccorso, sans avoir la même ressemblance, ont des traits, des expressions et des tours que l'on pourrait appeler Pétrarquesques, comme le font les Italiens. Le recueil ne contient que 38 sonnets, dont plusieurs encore sont de Montemagno le jeune, qui appartient au siècle suivant; tant il est vrai qu'en poésie il ne faut que peu de vers, mais dignes du suffrage des gens de goût, pour se faire un assez grand nom.

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