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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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À peine y était-il établi, qu'il fut attaqué d'une maladie interne, accompagnée d'une éruption dont son corps fut tout couvert, et qui le rendit un objet dégoûtant pour lui-même 36. Ses forces furent bientôt comme anéanties, et il resta dans un état d'abattement qui ne lui permettait plus d'écrire, de lire, ni même de penser. Une crise terrible, une fièvre ardente, un délire nocturne, qui lui fit voir, dans une vie future, les objets les plus effrayants, opérèrent en lui une révolution salutaire: il guérit et se trouva même promptement en état, quoique très-affaibli par sa maladie, de répondre à une nouvelle marque d'estime que lui donnaient ses concitoyens. Il avait fait, au milieu d'eux, si souvent et avec tant de chaleur l'éloge du Dante, il avait professé une si haute admiration pour son poëme, qu'il avait opéré, à son égard, un changement dans les esprits. On reconnaissait enfin les injustices qui avaient été faites à ce génie extraordinaire, et son ouvrage, d'abord mal apprécié, avait acquis peu à peu dans l'opinion la place qui lui était due. On était, pour ainsi dire, en peine de savoir par quels hommages publics on pourrait honorer sa mémoire. Enfin, le sénat fonda une chaire spéciale, pour lire publiquement la divina Commedia, en expliquer les endroits difficiles, et en développer les beautés. Un traitement annuel de cent florins fut attaché à cette chaire, et d'un consentement unanime elle fut offerte à Boccace. Malgré sa faiblesse, il accepta cette fonction honorable, qui s'accordait si bien avec ses sentiments presque religieux pour ce poëte, et il se mit aussitôt en état de la remplir. Il ouvrit ce nouveau cours, dans l'église de Saint-Laurent, le 23 octobre 1373, époque qui n'est indifférente, ni pour la gloire du Dante, ni pour la sienne.

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