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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Malgré toute son application à s'instruire lui-même dans cette langue, qu'il avait précédemment étudiée à Naples, il ne faut pas croire qu'il devint un helléniste aussi profond que le furent à Florence plusieurs hommes de lettres, dans les deux siècles suivants. Le défaut de grammaires et de lexiques grecs empêchait alors d'acquérir une connaissance parfaite de la langue. On cite des exemples tirés de ses ouvrages d'érudition 20, qui prouvent que le vrai sens des termes lui échappait quelquefois, et l'on regarde comme probable que, dans les leçons qu'il prit de Léonce Pilate, il s'occupa des choses et des idées plus que des mots 21. Mais il n'en eut pas moins le mérite de répandre le premier dans sa patrie, et d'y favoriser de tout son pouvoir, l'amour des lettres grecques. À son exemple, d'autres esprits distingués s'adonnèrent à cette étude, et fondèrent à Florence une espèce de colonie grecque, tandis que, partout ailleurs, cette langue était encore étrangère à toutes les écoles et à toutes universités, et long-temps avant que la chute de l'empire grec en facilitât l'étude en Italie et dans le reste de l'Europe. On s'est habitué à dire, et l'on répète encore par routine, que la dispersion des savants grecs, à la destruction de leur empire, avait été en Europe la source de la renaissance des lettres. Mais Dante, Pétrarque, et surtout Boccace, donnent le démenti à cette assertion banale; et l'on voit déjà ici, ce qu'on verra encore mieux par la suite, que Florence n'en serait pas moins devenue la nouvelle Athènes, quand même l'ancienne et toutes les îles, et la ville de Constantin, ne seraient pas tombées sous les coups d'un vainqueur ignorant et barbare.

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