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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Boccace, frappé de cette prédiction, de ces menaces, et de la révélation de ce secret, fut saisi de terreur, et prit sur-le-champ le parti de la réforme. Il renonça aux femmes, à la poésie, et résolut de vendre sa bibliothèque, toute composée de poëtes et d'auteurs profanes. Il fit part de ses projets et de la visite qui les avait fait naître à Pétrarque, qui lui répondit comme il convenait à son amitié, à sa piété, mais aussi à sa sagesse et à son expérience. Il approuva la réforme des mœurs et blâma tout le reste. Il ne s'en laissa point imposer par la prétendue vision du chartreux mort, ni par les menaces du chartreux vivant. «Voir Jésus-Christ des yeux, du corps, écrivait-il à Boccace, c'est, je l'avoue, une chose merveilleuse, si elle est vraie. On a vu, dans tous les temps, des hommes couvrir du voile de la religion et de la sainteté, des mensonges et des impostures, afin que l'opinion de la Divinité cachât la fraude humaine, c'est ce que je puis vous dire en ce moment. Quand l'envoyé du défunt sera venu jusqu'à moi, après avoir rempli les autres missions dont il est chargé, je verrai quelle foi je dois ajouter à ses paroles. L'âge de cet homme, son front, ses yeux, ses mœurs, son attitude, ses mouvements, sa manière de marcher, de s'asseoir, son discours, et surtout la conclusion et l'intention de l'orateur, serviront à m'éclairer 24.»

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