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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Mais son père, qui n'était pas riche, ne voulant pas faire de lui un littérateur ni un poëte, mais un bon marchand, comme il l'était lui-même, interrompit ses études lorsqu'il n'avait que dix ans, et le plaça chez un autre marchand, pour y apprendre l'arithmétique et la tenue des livres. Quelques mois après, ce marchand vint s'établir à Paris pour son commerce, et amena avec lui le jeune Boccace, qui continua de marquer si peu de goût pour cet état, et donna si peu de satisfaction à son maître, que celui-ci prit le parti de le renvoyer à Florence, après six ans d'essais, de contrainte, et de remontrances inutiles. Boccace, de retour chez son père, y passa quelques années toujours dans les mêmes contrariétés, toujours entraîné, parmi ses occupations mercantiles, vers la littérature et les arts d'imagination. Son père essaya de le faire voyager dans plusieurs villes d'Italie, pour s'instruire plus en grand et avec plus d'agrément de son état. A l'âge de vingt ans, ses voyages le conduisirent à Naples 2. En parcourant les curiosités des environs, il visita le tombeau de Virgile. A la vue de ce monument, le génie poétique, qui sommeillait en lui, se réveilla et se déclara si fortement, qu'il lui fit oublier le commerce et les projets de son père. Toutes ses études devinrent poétiques. Virgile, Horace, Ovide, furent ses maîtres; il y joignit le Dante; il lut et expliqua plusieurs fois la Divina Commedia, et l'une de ses premières compositions poétiques fut peut-être celle des Arguments de ce poëme 3. Enfin, il le possédait si bien, qu'il en avait sans cesse à la bouche les plus beaux traits, et qu'il lui arrivait souvent de se servir des expressions du Dante pour rendre ses propres pensées.

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