Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
Reading edition
Tandis que Pétrarque et Boccace donnaient une impulsion si forte et si générale aux esprits, qu'ils les ramenaient à l'étude et à l'imitation des anciens, et qu'ils fixaient, l'un en vers, l'autre en prose, la langue de leur patrie, d'autres études, auxquelles ils se tinrent presque entièrement étrangers, continuaient de fleurir, et d'autres écrivains, dans les parties de la littérature qu'ils cultivaient eux-mêmes, se montraient, non leurs égaux, mais leurs émules ou leurs disciples. La dialectique de l'école continuait de s'égarer et de se perdre en subtilités inintelligibles sur les pas des interprètes d'Aristote; et malgré le livre de Pétrarque, où il avait attaqué l'ignorance des autres, en feignant d'avouer la sienne 148, l'Arabe Averroës avait toujours une multitude de sectateurs qui croyaient l'entendre. La méthode des scholastiques continuait de régner dans la théologie de l'école et d'en épaissir les ténèbres. Les Thomistes et les Scotistes se disputaient l'avantage des arguments les plus entortillés, les plus creux et les plus obscurs. Loin que les étudiants en fussent découragés, ou que le nombre des maîtres diminuât, le zèle des uns et la quantité des autres semblaient aller toujours croissant.