Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Clément VII, réfugié dans Avignon, y rassembla les cardinaux qui l'avaient élu, tandis qu'Urbain VI formait tout un nouveau collége de cardinaux italiens. De ce nombre fut Bonaventure Perago de Padoue, l'un des théologiens les plus célèbres de ce temps, et, ce qui atteste encore mieux son mérite, l'un des anciens amis de Pétrarque. C'était même lui qui, dans la cérémonie de ses obsèques, avait prononcé son oraison funèbre. Il était alors simple religieux Augustin. Trois ans après, il fut fait Général de son ordre; et quand le schisme éclata, s'étant déclaré pour Urbain VI, il en fut récompensé par le chapeau de cardinal. Sa mort fut aussi funeste que son élévation avait été rapide. Il fut tué d'un coup de flèche, en passant sur le pont Saint Ange, pour se rendre au Vatican. On ne put découvrir d'où partait ce coup. On soupçonna François de Carrare, seigneur de Padoue, d'en avoir donné l'ordre, pour se venger de ce que le cardinal s'opposait à ses desseins contre les immunités de l'Église; on a fait, en conséquence, de Perago un martyr, en le rangeant parmi ceux qui sont morts pour la défense de ces immunités; et les continuateurs des Actes des Saints n'ont pas manqué de lui donner place dans cette immense collection 154. Tiraboschi, avec sa bonne foi ordinaire, rapporte ces faits; mais, avec la même bonne foi, il propose aussi ses doutes; et en supposant que François de Carrare eût en effet ordonné ce meurtre, il l'attribue à une toute autre cause. «Je ne veux pas, ajoute-t-il, enlever pour cela au cardinal la gloire dont il a joui jusqu'à présent, d'être mis au nombre de ceux qui sont morts pour la défense de l'immunité de l'Église; je propose seulement mes doutes, et j'attends que les savants veuillent bien les résoudre 155.» Les savants n'ont point donné cette solution, et les doutes du sage Tiraboschi sont devenus des preuves négatives.