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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Ces grands hommes ramenèrent leur siècle à la connaissance et à l'amour des anciens; ils rendirent à la lumière leurs productions ensevelies dans la poussière des cloîtres, ou reléguées dans des régions lointaines: ils rétablirent en Italie l'étude de la langue grecque, qu'on y avait presque généralement mise en oubli. C'est d'eux, c'est principalement de Pétrarque, que les princes apprirent les égards qui sont dus aux lettres, quand elles conservent leur caractère libre et leur noble indépendance. Les disciples, les amis, les contemporains de ces trois hommes extraordinaires, furent les amis et les maîtres des hommes célèbres de la génération suivante, et forment comme une race particulière de littérateurs, distincte de ceux des écoles publiques, souvent persécutée par eux et traitée en ennemie. La plus grande partie de cette troupe d'élite fut placée auprès des princes, ou employée par les républiques; parce que, dans les affaires politiques, les négociations, les correspondances d'état, on ne pouvait faire aucun usage de ces sophistes si fameux dans leurs collèges, de ces pédants inabordables, de ces disputeurs éternels sur les catégories et les universaux. On sentit facilement dans ces emplois le prix de ce vernis de politesse et d'urbanité que donne la culture des lettres; de la connaissance des anciens pour l'histoire politique, civile, militaire, et pour les beaux-arts qui commençaient à renaître; enfin de cette variété de connaissances, et de cette liberté de penser, affranchie des vieux préjugés qui opprimaient encore les écoles et les professeurs 286. De là, cette protection éclairée que plusieurs princes accordèrent aux hommes de lettres indépendants, et ce discrédit où commencèrent à tomber les savants de collége.

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