Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
Reading edition
Cette différence est encore plus sensible dans les vers que dans la prose. Boccace a laissé seize églogues 49, dont plusieurs sont assez longues, et qui ont presque toutes pour sujet des faits qui lui sont particuliers, ou des traits de l'histoire de son temps, ce qui, joint à la dureté et à l'obscurité du style, les rend le plus souvent aussi difficiles à entendre que peu agréables à lire. Par exemple, la troisième églogue est intitulée Faunus, et ce Faune, qui est le principal interlocuteur, est Francesco degli Ordelaffi, seigneur d'Imola, de Césène et de Forli. Il était intime ami de Boccace, qui lui avait donné ce nom de Faune à cause de sa passion pour la chasse et pour le séjour des forêts 50. Il eut des aventures extraordinaires, dont l'histoire de ce siècle fait mention, et auxquelles font allusion plusieurs passages de cette églogue. On n'entend rien à ces passages, si l'on ne connaît cette clef, et si l'on ne consulte l'histoire. La quatrième est intitulée Dorus; sous ce nom, le poëte a voulu désigner Louis, roi de Sicile; et la fuite de ce jeune roi, époux de la reine Jeanne, qui était fugitive comme lui 51, est le sujet de cette églogue. Boccace nous apprend lui-même 52 que, comme Louis était sans doute dévoré d'amertume en se voyant chassé de ses états, et que le mot grec doris, signifie amertume, il lui a donné le nom de Dorus. Il y a deux autres interlocuteurs, Montanus et Pithyas.