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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Deux grands docteurs en théologie vivaient à Paris et disputaient souvent ensemble. L'un s'appelait maître Alain, et l'autre maître Jean-Pierre. Le premier l'emportait le plus souvent, tant parce qu'il était meilleur dialecticien, que parce que l'autre avait des opinions moins saines. Il aurait même apporté quelque trouble dans la foi, si maître Alain n'eût été là pour le redresser et pour réfuter ses sophismes. Mais Alain eut la fantaisie d'aller à Rome; il était riche, il se fit suivre d'un grand train, arriva dans la capitale du monde chrétien, visita le pape et sa cour, vit comment ils se gouvernaient; et lui qui croyait que cette cour devait être le fondement et la garantie du maintien de la foi, il fut, comme le juif d'une Nouvelle de Boccace 261, bien étonné de la trouver livrée à des vices honteux, et, selon l'expression de l'auteur, toute pleine de simonie. Alain se hâta de sortir de Rome, résolut d'abandonner le monde et de se donner tout entier à Dieu. Lorsqu'il eut fait quelques journées de chemin, il s'arrête, donne ordre à ses gens de marcher en avant et de le laisser seul. Eux partis, il quitte la route, s'enfonce dans les montagnes et rencontre sur le soir un berger. Il passe la nuit auprès de lui. Le matin, il change avec lui d'habillements, et se met en marche par un autre chemin. Il arrive à une abbaye, demande du pain, se présente à l'abbé pour faire dans la maison les services les plus bas et les plus gros ouvrages; on le reçoit; il montre tant de docilité, d'humilité, de patience, mène une vie si mortifiée et si sainte, que l'abbé le prend en grande amitié.

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