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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Le lendemain matin, le voyageur commence par se confesser au vieil ermite, qui l'absout moyennant une bonne pénitence; ensuite il lui fait part de son projet, et lui demande la route qu'il doit suivre; ayant obtenu ce qu'il désire, il lui fait ses adieux et part. Il avait à peine fait quelques pas dans le chemin que lui avait indiqué le solitaire, lorsqu'il voit de loin une femme si laide, si horrible et si sale, qu'il en est saisi de frayeur. Elle s'avance vers lui, et lui, malgré sa répugnance, est obligé de marcher aussi à sa rencontre. En la voyant de près, il la trouve encore plus affreuse; il en fait un portrait hideux. Elle veut le détourner de son dessein, le menace et lui prédit qu'il mourra s'il y persiste; mais il sait que la mort est inévitable, et ne voit point là de raison pour renoncer à son entreprise. Mais tu mourras, insiste la vieille, dans des pays lointains, et tu ne recevras point la sépulture, qui peut seule garantir de toute insulte un corps privé de la vie. Si la terre, répond le poëte 272, ne couvre pas mon corps, le ciel le couvrira, et il n'y eut jamais de plus digne enveloppe. Ce n'est pas pour que les morts en ressentent quelque douceur qu'on leur donne en terre un asyle; mais pour que les vivants en reçoivent une marque d'honneur.--Tu mourras jeune, reprend-elle 273.--Cela vaut mieux, réplique-t-il, et fait moins souffrir que de mourir vieux, de dépérir par degrés, et de perdre ses sens l'un après l'autre. Bien mourir, est le plus grand bien de ce monde: mal vivre est pire que la mort. Faisons notre devoir et ne nous plaignons pas.--Elle ne se lasse point de lui prédire des dangers et des obstacles, mais il ne s'effraie de rien, et ne se dégoûte que de l'entendre: il lui impose enfin silence et la chasse: la vieille, couverte de honte, et pleine de rage, le quitte en murmurant et disparaît.

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