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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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La poésie fut son premier amour, et même il l'aima toute sa vie: studium fuit alma poësis. Nous avons cependant vu comment il traita ses vers italiens quand il eût connu ceux de Pétrarque. Mais ce ne furent sans doute que des sonnets et d'autres poésies amoureuses qu'il livra aux flammes. Il épargna les grands poëmes qui lui avaient coûté plus de travail, et dont il devait toujours retirer la gloire d'avoir essayé le premier en langue vulgaire, une sorte d'épopée, et d'être l'inventeur de l'ottava rima, forme poétique si heureuse, qu'un seul poëte excepté 56, elle fut ensuite adoptée par tous les épiques italiens. Les formes principales qui existaient jusqu'alors dans la poésie italienne ne pouvaient convenir à une narration suivie. Le sonnet et la canzone étaient décidément appropriés au genre lyrique. La terza rima avait quelque chose de contraint et d'austère, et les repos ne s'y faisaient pas assez sentir pour le chant qui, dès l'origine, accompagna la poésie épique ou narrative. L'entrelacement des six premiers vers de l'octave sur deux seules rimes, et la chute des deux derniers, qui riment l'un avec l'autre, et sur lesquels paraît s'appuyer l'octave entière, furent l'invention d'une oreille délicate; et quoiqu'elle ait des inconvénients, qui ont influé plus qu'on ne pense sur quelques vices reprochés à l'épopée italienne, et dont l'épopée des anciens était exempte, il faut qu'elle ait de grands avantages, pour avoir été si généralement adoptée.

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