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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Il ne serait pas étonnant qu'au milieu de tant de troubles, les papes n'eussent pu donner aucune attention au progrès des lettres; quelques-uns d'eux cependant s'en occupèrent comme au milieu de la plus tranquille paix. Déjà, vers la fin du siècle précédent, Innocent VI, Urbain V et Grégoire XI, avaient eu successivement pour secrétaire apostolique, le savant Coluccio Salutato. Poggio Bracciolini, que nous nommons le Pogge, Leonardo Bruni d'Arezzo, et d'autres encore de ce mérite et de cette réputation, possédèrent le même emploi auprès d'Innocent VII. Ce pontife, au plus fort de ses querelles avec l'anti-pape endurci, Pierre de Luna, conçut l'idée de faire revivre, plus brillante que jamais, l'Université de Rome, qui s'était comme éclipsée depuis long-temps, mais la mort l'interrompit dans ce dessein. Les sciences pouvaient beaucoup attendre d'Alexandre V; il leur devait son élévation. Son nom était Philargi; il était grec et né à Candie, ou dans l'ancienne île de Crète, de parents pauvres. Après avoir fait dans son pays ses premières études, il entra fort jeune dans l'ordre de saint François. Son profond savoir dans la langue grecque et sa science non moins profonde dans la philosophie et la théologie du temps, lui procurèrent de grands succès dans les Universités de Bologne et de Paris, les deux plus célèbres de l'Europe. La protection de Jean Galéas Visconti l'éleva ensuite aux dignités ecclésiastiques et politiques; Visconti le chargea de plusieurs ambassades, lui procura consécutivement plusieurs évêchés, et enfin celui de Milan. Fait cardinal en 1404, par le pape Innocent VII, il fut élu pape lui-même cinq ans après, au concile de Pise. Il avait écrit, dans sa jeunesse, un Commentaire sur le Maître de Sentences, Pierre Lombard, que l'on conserve manuscrit dans quelques bibliothèques d'Italie; il composa un assez grand nombre d'autres ouvrages théologiques, dont, à l'exception d'un seul, aucun n'a été imprimé 294; mais à en juger par les éloges des auteurs contemporains, c'était un des hommes de son temps les plus savants et les plus zélés pour les sciences. Il n'eut le temps de rien faire pour elle; il ne régna qu'un an, et mourut de poison, selon l'opinion commune. Tiraboschi le rapporte ainsi; mais il ajoute que c'était un genre de mort auquel on croyait alors facilement, dès que quelqu'un mourait d'une manière imprévue 295; c'est une légèreté d'opinion qui ne fait pas honneur à la nature humaine; mais qui, dans des circonstances données, est à peu près la même dans tous les temps.

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