Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Franco Sacchetti fut revêtu de plusieurs magistratures, tant à Florence même que dans différentes parties de la Toscane. Il voyagea aussi dans plusieurs villes d'Italie, entre autres à Bologne, à Gênes et à Milan. Il se lia d'amitié avec les hommes les plus distingués de tous états, et avec les littérateurs les plus célèbres. La considération dont il jouissait dans sa patrie, lui attira une distinction honorable dans une occasion triste pour lui et pour sa famille. Son frère, Giannozzo Sacchetti, avait été déclaré rebelle, pris et décapité, en 1379. L'année suivante, il fut statué par un décret, que les pères, les frères, les fils de ceux qui, depuis trois ans, avaient été déclarés rebelles, ne pourraient, pendant dix ans, être ni du nombre des prieurs (magistrature suprême de la république), ni membres d'aucun des colléges de magistrature. Sacchetti fut seul excepté de cette disposition sévère, et cela, dit l'historien Ammirato, parce qu'il était tenu pour homme de bien, per esser tenuto uomo buono 239; mais cette faveur ne put le consoler de la perte de son frère. Il devint sujet à des maladies graves, et ses infirmités furent augmentées par des accidents imprévus. Étant tombé de cheval, ou plutôt de mulet, dans un de ses voyages, il voulut se faire saigner. Un barbier ignorant lui donna plusieurs coups de lancette, sans pouvoir lui tirer une goutte de sang. Il se rendit à Pistoja, où un chirurgien, aussi ignare que le barbier, le piqua et le manqua de même. Les bains qu'il prit ne lui firent aucun bien, et il se sentit long-temps de cette chute.