Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
Reading edition
Son esprit satirique s'exerce jusque dans les compliments qu'il fait à ses amis. L'un deux venait d'être élevé à quelque poste honorable. Voici le sens d'un sonnet que Pucci lui adresse: «Dante dans sa Comédie parle d'un fleuve nommé Léthé, qui faisait perdre la mémoire. Quiconque avait bu de ses eaux oubliait l'amour et ses sociétés les plus intimes, et les choses publiques et les plus secrètes; l'eau, en un mot, effaçait tous ses souvenirs. Ceux qui montent aux emplois publics semblent s'être enivrés dans ce fleuve; ils oublient leurs parents et leurs amis; ils ne voient plus rien de ce qui s'est passé, et leurs promesses sont comme déracinées de leur mémoire. Tâche, mon cher ami, de ne pas suivre cet usage; et, si tu peux, ressouviens-toi de moi.» Ce même Antonio Pucci voulut s'élever plus haut et rimer en tercets ou terza rima la chronique de Jean Villani; cette version a été publiée dans le recueil intitulé Délices des érudits toscans 284; recueil où l'on trouve beaucoup de choses curieuses, mais où il en est peu qui puissent faire les délices des gens de goût.