Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Telle fut, dès le commencement de ce siècle, la tendance commune des efforts de tous les hommes studieux. L'ardeur avec laquelle on se porta vers l'étude des anciens, et surtout des Grecs, l'empressement à apprendre leur langue, et à rassembler les manuscrits de leurs ouvrages, devinrent une passion générale qui s'empara de tous les esprits. Les grammairiens, les philologues ou professeurs de langues et de littérature ancienne, jouent donc, à cette époque, un rôle plus important que dans les époques précédentes. En effet, on voit que la plupart des hommes qui l'ont illustrée sortirent des écoles de deux grammairiens célèbres, Jean de Ravenne et le savant Grec Emmanuel Chrysoloras. Le premier, élevé, comme on l'a vu précédemment 346, par Pétrarque, avec une extrême tendresse, lui avait donné des chagrins, et n'avait pu lasser les bontés de son maître, par l'inconstance de son humeur. On ne sait pas bien positivement ce qu'il devint après la mort de Pétrarque. On le voit pendant plusieurs années professant à Padoue, et presque en même temps à Florence. Il faut donc, ou qu'il y ait eu deux professeurs de ce nom, comme quelques auteurs l'ont cru 347, ou que le même se soit transporté rapidement de l'une à l'autre ville, opinion qui paraît plus vraisemblable 348. Ce qu'il y a de certain, c'est que ce Jean de Ravenne fut un des plus savants maîtres de son temps; il sortit de son école un si grand nombre d'Italiens célèbres, qu'on l'a comparé au cheval de Troie, d'où sortirent les Grecs les plus illustres 349. Il professait encore à Florence en 1412, et fut chargé, pour la seconde fois, cette année même, d'expliquer le poëme du Dante 350. L'abbé Mehus conjecture qu'il ne mourut que vers l'an 1420 351. Les nombreux disciples d'Emmanuel Chrysoloras, célèbre professeur de langue et de littérature grecque, dont nous avons aussi parlé 352, ne contribuèrent pas moins que ceux de Jean de Ravenne à donner à ce siècle le caractère d'érudition qui le distingue.