Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
Reading edition
Ce roman est composé de neuf livres, et, dans le recueil des œuvres de Boccace, il remplit deux volumes entiers. Le style est boursoufflé, plein de déclamation et d'emphase; les événements sont ou extravagants ou communs, le merveilleux continuellement mêlé d'ancien et de moderne, de christianisme et de paganisme; l'intérêt presque nul, les épisodes ennuyeux, la lecture de suite impossible. Il a eu cependant seize ou dix-sept éditions en Italie, et les honneurs de la traduction en espagnol et en français. On a dit aussi que Boccace le préférait à tous ses autres ouvrages 62. Ce serait un exemple de plus des faux jugements de cette espèce. Mais ce ne peut être que dans sa première jeunesse qu'il commit cette erreur. Il en dut juger autrement quand son goût fut plus formé; et ce qui le prouve, c'est qu'il employa dans le Décaméron, deux Nouvelles tirées du Filocopo, en y faisant des changements considérables 63. Il eut l'air de les sauver comme d'un naufrage.