Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Au reste, le critique ne prétend point faire à Boccace un crime de ces emprunts. «Si j'avais, dit-il, un reproche à lui faire, ce serait de n'avoir point déclaré ce qu'il doit à nos poëtes... Lui qui s'était enrichi de leurs dépouilles, et qui leur devait se brillante renommée, j'ai de la peine à lui pardonner ce silence ingrat» Au lieu de s'enrichir de leurs dépouilles, Boccace n'a-t-il pas plutôt revêtu leur maigre et honteuse nudité? Et n'est-il pas aussi trop ridicule de dire que c'est précisément à ces huit ou dix Nouvelles, que c'est à ce dixième tout au plus, et point du tout apparemment aux neuf autres parties, ni à ses descriptions charmantes, ni aux autres ornements dont il a embelli tout son ouvrage, ni à son talent de dialoguer et de peindre, ni à son style, ni à son éloquence, ni en un mot à son génie, qu'il doit toute la renommée dont il jouit? D'ailleurs, ne dirait-on pas que Boccace a déclaré tous ses originaux, toutes ses sources, qu'il a dit à chacune de ses Nouvelles, celle-ci est tirée d'un Conte arabe, cette autre des anciennes Nouvelles 84; en voici une prise de l'histoire, en voici une autre qui l'est d'une aventure réelle, et d'une tradition locale; et que, sur les seuls Fabliaux français, il a été assez ingrat pour garder le silence? Si ce ne n'est pas cela, quel droit avons-nous de nous plaindre, même en supposant toujours la réalité de ces emprunts?