Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Le Grand d'Aussi mettait si peu de discernement dans cette cause, où il était trop passionné pour bien voir qu'il porte cette accusation contre Boccace à propos d'un Fabliau de Pierre d'Anfol, et qu'il avoue en propres termes que Pierre d'Anfol lui-même n'a point inventé ce Fabliau 85, mais qu'il l'a tiré du Dolopathos ou du Roman des Sept Sages. En effet, c'est un des trois contes 86, dont Fauchet et du Verdier remarquent que Boccace a pris le fond dans ce roman venu de l'Inde. Comment le critique n'a-t-il pas vu, comme nous le voyons nous-mêmes, que ce fablier obscur avait puisé à la même source que Boccace; mais que Boccace, pour y puiser aussi, n'avait aucun besoin du fablier? Loin de revenir de ce faux jugement qu'il avait une fois porté, il y persista, on peut même dire qu'il s'y obstina toute sa vie. «C'est avec nos Fabliaux, dit-il dans ses observations sur les Troubadours 87, que Boccace a procuré à sa patrie et qu'il s'est procuré à lui-même assez facilement un honneur immortel... Il doit à nos fabliers un grand nombre de ses sujets et le genre lui-même. Postérieur à eux d'un siècle environ, il les a copiés, etc.» Que deviennent des assertions aussi positives et aussi hasardées, quand on a vu seulement ce que nous venons de voir? Je ne sais si, en écrivant ainsi, on croit se montrer bon Français et faire preuve d'amour pour sa patrie. Dieu me préserve d'en donner des preuves pareilles! L'amour éclairé de la patrie doit consister avant tout, à ne rien écrire qui la compromette et qui lui donne un ridicule aux yeux des étrangers instruits.