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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Philippe Villani, fils de Mathieu, et le dernier des trois illustres historiens de ce nom, outre le complément des histoires de son oncle et de son père 193, composa aussi un ouvrage intéressant pour l'histoire littéraire; mais il s'y renferma dans ce qui regardait sa patrie, et n'écrivit que les Vies des hommes illustres de Florence. Le comte Mazzuchelli en a publié pour la première fois 194, non le texte original, qui est en latin, mais une ancienne traduction italienne, avec d'amples et savantes notes. Philippe Villani fut nommé, en 1401, pour expliquer publiquement le Dante dans la chaire que Boccace avait occupée. Il y fut nommé une seconde fois, en 1404, et l'on croit qu'il mourut peu de temps après. Les titres d'Eliconio et de Solitario, que lui donnent quelques anciens manuscrits de ses Vies des hommes illustres, prouvent que, quoiqu'il eût rempli à Pérouse quelques fonctions honorables 195, il s'était ensuite entièrement livré aux lettres et à l'amour de la solitude et du repos. Il fut le premier auteur d'une histoire littéraire particulière, comme Guillaume de Pastrengo, d'une histoire littéraire générale. Quant à l'histoire politique, elle n'eut alors aucun auteur qui pût être comparé aux Villani. Mais le nombre des histoires générales qui furent écrites est considérable, et celui des chroniques ou histoires particulières des différentes villes, passe tout ce qu'on peut se figurer. On ne lit plus ni les unes ni les autres pour son plaisir. Les premières sont même peu utiles pour la connaissance des faits: les auteurs de ces histoires avaient trop peu de critique et trop de crédulité. Le plus connu de tous, parce qu'il l'est à d'autres titres, est le premier commentateur du Dante, Benvenuto da Imola. On a de lui, sous le titre de Liber Augustalis, une histoire abrégée des empereurs, depuis Jules César jusqu'à Venceslas, qui régnait de son temps; ouvrage dont la sécheresse et le peu d'exactitude n'ont pas empêché quelques écrivains de l'attribuer à Pétrarque. On le trouve dans plusieurs éditions de ses œuvres latines, mais sous le nom du véritable auteur 196. Landolphe Colonna, Romain, qui fut chanoine de l'église de Chartres, et que l'on dit de la noble famille des Colonne 197, écrivit, entre autres ouvrages, un Breviarum historiale, qui a été imprimé en France 198, et Français Pipino ou Pépin, Bolonais, une Chronique générale des rois Francs, depuis l'origine jusqu'en 1314. Pour l'histoire des premiers siècles, il ne fait que copier ceux qui avaient écrit avant lui; mais, parvenu aux temps modernes et aux événements contemporains, il joint aux faits qu'il a pris dans les autres, des faits particuliers qu'on ne trouve point ailleurs 199. Muratori n'a inséré dans sa grande collection que la partie de cette chronique qui commence en 1176 200. Il y a recueilli toutes les chroniques ou histoires particulières qui peuvent être de quelque usage, et peut-être même en a-t-il outre-passé le nombre. On y distingue les deux Cortusi 201, continuateurs de l'histoire de Padoue, commencée par Albertino Mussato dont nous avons parlé dans un précédent chapitre 202, mais qui restèrent fort au-dessous de lui, quant au talent et quant au style; Ferreto de Vicence 203, l'un des meilleurs historiens de ce temps; Calvano Fiamma de Milan 204, qui ne lui est point inférieur; Jean de Cermenate 205, émule et compatriote de Fiamma, et plusieurs autres. Mais combien de ces historiens sont restés en manuscrit dans les bibliothèques d'Italie, et y resteront toujours sans qu'il y ait rien à perdre, ni pour la gloire littéraire de l'Italie, ni pour l'histoire!

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