Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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L'année même de son retour, Pétrarque, qu'il n'avait pas revu depuis son triomphe, passa par Florence en se rendant à Rome pour le jubilé. Boccace le prévint par des vers latins qu'il lui adressa; il alla au-devant de lui, le reçut dans sa maison; et ce fut là, qu'à l'éternel honneur de l'un et de l'autre, ils se lièrent d'une amitié qui dura autant que leur vie. Rien ne fut plus utile à la direction des travaux littéraires de Boccace, et même à celle de sa conduite, que cette amitié. Les nœuds en furent encore resserrés à Padoue, l'année suivante, quand Boccace y fut envoyé par la république, pour porter à Pétrarque le décret qui lui rendait ses droits et ses biens. Ce n'était pas la première mission honorable dont il était chargé par ses concitoyens, et ce ne fut pas la dernière. Il s'était acquis parmi eux une grande considération; et le fils d'un marchand était devenu l'un des principaux personnages de Florence; chose au reste peu surprenante dans un état républicain où les meilleures familles subsistaient et s'élevaient par le commerce; c'était même une famille de marchands qui était destinée à enlever à Florence son orageuse liberté. Le père de Boccace, quoiqu'il ne fût pas riche, avait occupé les premières magistratures; il avait été l'un des Prieurs de la république. Il n'était donc pas étonnant que son fils, quoique jeune encore, y obtînt des emplois de confiance et des ambassades. Boccace avait été déjà envoyé à Ravenne, auprès des seigneurs de la Polenta. Lorsque les Florentins voulurent engager Louis, marquis de Brandebourg, fils de Louis de Bavière, à descendre en Italie pour abaisser la puissance des Visconti, ils le choisirent pour leur ambassadeur 11; et quand le bruit se répandit en Italie que Charles IV y allait entrer, ce fut encore lui qu'ils envoyèrent à Avignon pour concerter avec le pape Innocent VI, la manière dont ils se comporteraient avec cet empereur. Il y fut renvoyé, en 1365, en ambassade auprès d'Urbain V, qui avait paru mécontent de la conduite des Florentins. Enfin, deux ans après, il était un des magistrats chargés de la conduite des stipendiaires, et, dans la même année, il fut encore député vers le pape Urbain, non pas cette fois à Avignon, mais à Rome, où ce pontife avait rétabli le Saint-Siége.