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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Un autre théologien, qui s'honora aussi de l'amitié de Pétrarque, Louis Marsigli, Florentin, le vit pour la première fois à Padoue, n'ayant encore que vingt-ans. Pétrarque démêla dès-lors en lui des talents et des connaissances extraordinaires. Ce n'était pas seulement en théologie qu'il était savant, mais en littérature, en poésie, en histoire. Après avoir voyagé en France, soutenu des thèses éclatantes et pris le degré de maître ès-arts dans l'Université de Paris, il retourna dans sa patrie, jouit à Florence d'une grande considération, y vécut entouré de disciples qui s'honoraient de recevoir ses leçons, acquit une renommée dont on trouve les témoignages dans plusieurs écrivains de son temps, mais ne laissa aucun écrit qui puisse faire juger à quel point était méritée une réputation si grande. On compte encore parmi les théologiens les plus savants de la même époque et parmi les fondateurs de l'école théologique de Bologne, Louis Donato, Vénitien, de l'ordre des Frères mineurs. Nommé cardinal par Urbain VI, pour la même raison que Bonaventure de Padoue, il perdit sa faveur pour n'avoir pas réussi dans une mission dont Urbain l'avait chargé auprès de Charles de Duraz 156. Dans la division qui éclata bientôt entre ce pontife intraitable, et le roi qui lui devait sa couronne, Urbain, assiégé pendant huit mois dans Nocera par les troupes de Charles, vexa si cruellement les cardinaux qui s'y étaient renfermés avec lui, que six d'entre eux conspirèrent ou contre leur tyran, ou seulement pour échapper à sa tyrannie. Le pape instruit de leur complot, les fit arrêter et leur fit subir les plus affreuses tortures. Le malheureux Louis Donato était du nombre. Ce fut lui que le vindicatif Urbain ordonna de tourmenter jusqu'à ce qu'il pût l'entendre crier. Il se promenait dans le jardin du château en disant son bréviaire 157: l'exécution se faisait dans le donjon; et il paraissait très-content d'entendre de si loin les cris de sa victime. Urbain étant parvenu à s'enfuir de ce château, se retira à Gênes, emmenant avec lui ses cardinaux prisonniers et l'évêque d'Aquila, qui, ne pouvant aller assez vite parce qu'il était estropié de la question et mal monté, fut massacré par son ordre et presque sous ses yeux. Pour terminer cette tragédie, Urbain arrivé à Gênes, fit mourir par divers supplices cinq des cardinaux, y compris Louis Donato 158. Il eût été plus heureux, s'il fût resté simple moine et s'il ne se fût occupé que de sa théologie.

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