NOUVELLE CXXI.
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Du moyen dont usa un gentilhomme italien afin de n’entrer au combat qui lui avoit été assigné; et de la comparaison que fit un Picard des François aux Italiens876.
Un gentilhomme italien, voyant qu’il ne pouvoit éviter honnêtement un combat qu’il avoit entreprins contre un de sa qualité sans qu’il alléguât quelque raison péremptoire, l’avoit accepté. Mais, s’étant depuis repenti, n’allégua autre raison, quand l’heure du combat fut venue, sinon qu’il dit à son ennemi qu’il étoit prêt à combattre, et l’attendoit à grande dévotion, disant: «Tu es désespéré, toi? Moi, je ne le suis pas; et pourtant je me garderai bien de combattre contre toi.» Il est bien vrai quelqu’un pourra répondre que, pour un, il ne faut pas faire jugement de tous, et que, si cela avoit lieu, on pourroit tourner à blâme à tous les François ce qui fut dit par un Picard rendant témoignage de sa prouesse; car, se vantant d’avoir été quelques années à la guerre sans dégaîner son épée, et étant interrogé pourquoi: «Pource, dit-il, que je n’entrois mie en colère. Mais toutes et quantes fois, disoit-il (en continuant son propos), on voudra confesser vérité, on dira haut et clair que les Italiens ont plus souvent porté les marques des François colères que les François n’ont porté les marques des Italiens désespérés; et que quand il n’y auroit un seul Picard qui sût entrer en colère, pour le moins les Gascons y entrent assez (voire y sont quelquefois assez entrés) pour faire trembler les Italiens dix pieds dedans le ventre, s’ils l’avoient si large; combien que sept ou huit ineptes et sots termes de guerre, que nous avons empruntés d’eux, mettent en danger et les Gascons et toutes les autres contrées de France d’être réputés autres qu’ils n’étoient auparavant.»