Ventes de charité.
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Il faut beaucoup de tact pour être vendeuse.
L'usage veut qu'on envoie à ses amies, à toutes ses relations des cartes, ainsi libellées:
Vente de charité au profit de l'œuvre de... Dans les salons de... Les mardi 1er, mercredi 2 et jeudi 3 novembre 189... Madame L..... vendra de 2 heures à 3 heures. Elle serait heureuse d'avoir votre visite et sera reconnaissante de la plus légère offrande.
Le minimum de la somme à envoyer est 5 francs.
Les dames préfèrent, en général, porter leur offrande elles-mêmes, elles choisissent, guidées par la charité.
J'engagerai les vendeuses à ne pas importuner les acheteurs qui s'arrêtent à leur comptoir, à ne pas profiter de ce qu'un ami est venu dîner chez elle pour le dépouiller en lui faisant acheter un prix fou, un bibelot insignifiant, sous le prétexte que «c'est pour les pauvres».
Ne pas refuser non plus de rendre la monnaie.
Les manèges de coquetterie doivent être évités, autant toutefois qu'il est possible.
La toilette sera élégante, sans rien d'excentrique.
Les jeunes filles et les jeunes femmes en couleurs claires.
Seules les très jeunes filles gardent leur chapeau.
On vend généralement avec ses gants.
Pour tenir le buffet, pour offrir les sirops, les gâteaux, on peut porter un petit tablier à bavette, mais il faut qu'il soit très élégant; en soieries changeantes, garni de dentelle, avec nœud retenant un bouquet de fleurs au corsage.
On peut demander des lots en nature, à des amies tout à fait intimes.
Lorsque votre recette n'est pas convenable, il faut la renforcer de vos deniers.
Si nous ne sommes pas disposée à ce sacrifice, gardons-nous d'accepter d'être dame vendeuse.
Vous devez une visite aux personnes qui vous ont envoyé des objets, si elles sont de vos relations; sinon, une simple carte, avec un mot de remerciement, suffit.
Je ne parle pas pour les messieurs, bien entendu.
Il serait dangereux d'accepter deux ans de suite d'être vendeuse; cela lasserait nos amis et nous pourrions redouter une maigre recette.
Les billets de loterie.
Encore une obligation du savoir-vivre: on ne refuse jamais de prendre un billet de loterie.
Autant que possible ne soyons pas placeuse de billets de loterie. Je ne dis pas placeur, car les hommes n'acceptent pas cette obligation.
Enfin, si une fois entraînée par notre bon cœur nous avons à solliciter des amis pour une bonne œuvre, faisons-le discrètement et ne profitons pas, autant que possible, du jour où ils dînent chez nous pour leur présenter notre requête.
Le bon goût exige que, la loterie aussitôt tirée, les lots gagnés soient expédiés aux favorisés du sort.
Dans le cas où, tirant la loterie chez vous, un lot vous échoit, vous ne devez jamais en bénéficier, il faut le remettre de suite et le faire tirer de nouveau.
Si un célibataire gagne un lot, il doit l'offrir à la fille de la maison ou à son défaut, à la dame du logis.
