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Les Usages du Siècle

Après le dîner.

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Illustration from Les Usages du Siècle : lettres, conseils pratiques, le Savoir-vivre

On est de retour au salon.

Pendant le repas d'hiver j'engage fort les maîtresses de maison à faire pousser fortement le feu du salon afin qu'il n'y ait pas de brusque changement de température.

Le café est servi au salon par la dame de céans; on ne le prend jamais à table, à moins d'une grande intimité; évitez de remplir trop la tasse, il arriverait un «bain de pied»; on sert généralement du rhum, du cognac, et une autre liqueur avec le café.

Si l'on désire se retirer après le dîner, on doit avoir averti la maîtresse de la maison en faisant la réponse d'acceptation, ou, si le cas a été de la dernière heure, on doit la prévenir en arrivant.

On part à l'anglaise, sans rien dire. Le maître ou la maîtresse du logis vous excuse auprès des autres convives.

En Angleterre, l'usage veut qu'on parte de suite après le dîner; je trouve cela un peu sans gêne.

Le café pris, le maître de maison fera bien d'inviter ses convives mâles à passer avec lui dans le fumoir, le petit salon, le cabinet de travail ou tout simplement la salle à manger, qui doit avoir été promptement desservie, aérée, pendant qu'on prenait le café.

Pendant ce temps, la maîtresse de maison prévient tous les désirs de ses invitées.

La séparation des deux sexes ne doit pas être prolongée; au bout d'un quart d'heure, vingt minutes, le maître de maison doit dire à ses convives, auxquels il a offert cigares et cigarettes d'excellente qualité: «Si nous allions retrouver ces dames...»

La fin de la soirée se passe à causer, faire de la musique, jouer aux cartes, aux petits jeux, etc., etc.

Vers onze heures, on passe des verres de sirop, de punch, du thé, du chocolat, un verre d'eau sucrée, petits fours, brioches, sandwichs ou même croquignoles.

Pour s'en aller.

C'est souvent assez difficile.

Lorsqu'on voit que le temps passe, que tout le monde meurt d'envie de s'en aller, il faut que quelqu'un se décide à dire: «Tiens, il est déjà près de minuit! Comme le temps passe! Je n'avais pas la mesure de l'heure!» etc., etc.; enfin, une phrase qui autorise la retraite.

Alors tout le monde se récrie; les maîtres du logis ne protestent pas, et on peut s'en aller.

Si quelqu'un est parti à l'anglaise, on peut dire: «Comment M. X. est parti! Allons, il est temps de faire comme lui.»

Les maîtres de maison peuvent faciliter la sortie aux timides et dire des phrases dans le genre de celles-ci:

«Ne vous gênez pas pour partir, docteur; je sais que vous vous levez de bon matin.»

«N'allez pas manquer votre train, votre omnibus.»

«Je ne vais pas vous retenir plus longtemps, vous venez d'être souffrante.»

Enfin, le bon goût suggère toujours non la «scène à faire», mais le mot à dire.

Illustration from Les Usages du Siècle : lettres, conseils pratiques, le Savoir-vivre
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