Sur les fonts baptismaux.
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J'engagerai toujours à faire célébrer le baptême six semaines ou deux mois après la naissance et non tout de suite, ainsi qu'on le faisait il y a quelque vingt ans.
La cérémonie ainsi reculée permet à la jeune maman d'y assister, d'être avec le chérubin l'héroïne de la fête et, de cette manière, l'inquiétude étant bannie, on peut être tout à la joie.
Les personnes pieuses qui craignent pour la vie future du baby doivent le faire ondoyer; mais, je le répète, le baptême étant la fête de famille par excellence, tout le monde doit y prendre part.
Les parrains et marraines doivent être désignés plusieurs mois à l'avance. On choisit généralement, pour le premier-né, la grand'mère maternelle comme marraine et le grand-père paternel comme parrain; pour le second bébé, c'est l'inverse, grand'mère paternelle et grand-père maternel.
Faute de ces très proches parents, on prend les frères et sœurs des époux.
Un frère ou une sœur peuvent très bien être parrain ou marraine de leur frère ou sœur.
L'Église exige l'âge de sept ans pour pouvoir être parrain ou marraine, mais, par faveur spéciale, elle admet quelquefois des enfants plus jeunes, à condition qu'ils aient des répondants.
On nomme, d'ancien temps, «compère et commère» le parrain et la marraine.
Il importe, pour s'assurer un parrainage, de s'y prendre longtemps à l'avance.
Lorsque le compère et la commère ne se connaissent pas, il est bon de les présenter l'un à l'autre avant la cérémonie.
Pour le baptême, les prénoms donnés à l'enfant doivent être inscrits dans le même ordre qu'à la mairie.
Si la marraine ne connaît ni le parrain ni sa famille, un tiers est nécessaire, lorsque, le jour du baptême, celui-ci va chercher sa commère en voiture ou à pied, pour l'accompagner au domicile de l'enfant.
Quelques jours avant la cérémonie, la marraine envoie la robe, le bonnet, la pelisse, le chapeau que portera l'enfant. Elle peut n'envoyer que deux de ces objets, chapeau et pelisse, ou robe et bonnet.
L'élégance diffère suivant les moyens.
Pour mon fils, voilà ce que sa très aimable marraine a donné: robe de mousseline à tablier d'entre-deux de valenciennes, sur une robe de soie bleu pâle faisant transparent; petit bonnet tout en entre-deux de valenciennes et de plumetis sur nansouk avec grosse ruche de valenciennes et d'étroites coques de ruban comète en satin crème; pelisse en cachemire crème, brodée au passé d'une guirlande de fleurs; effilé de soie crème tout autour, doublure en satin crème, piquée; capote de satin crème avec la même broderie qu'à la pelisse, garniture de plumes crème.
Les robes de piqué, les pelisses à carreaux, les capelines en laine peuvent également s'offrir.
Le parrain, suivant ses ressources, offre à son ou à sa filleule tous les petits ustensiles à son usage: poêlon à bouillie, petite tasse, coquetier, petite cuillère, petite assiette, hochet, timbale, rond de serviette en argent, en vermeil, même en or, ou un seul de ces objets, ou même un simple hochet en ivoire, en os.
Une robe, une pelisse, une capeline confortable, en couleur, quelques menus objets utiles font le plus grand plaisir aux parents.
Dans la semaine qui précède le baptême, le parrain doit envoyer à la marraine les boîtes de dragées et un bibelot quelconque.
Il y a vingt ans, le présent était classique: c'était invariablement une boîte à gants contenant six ou douze paires de gants. Il fallait donc demander la pointure de la dame, les nuances qu'elle préférait, etc., etc. Maintenant la mode a renversé cet usage, et on peut offrir indifféremment un bronze, une jardinière avec des fleurs, un éventail et même, si le degré d'intimité est grand, un bijou.
Les père et mère de l'enfant doivent, de leur côté, commander des boîtes de baptême; l'usage veut que le parrain et la marraine leur en offrent chacun une.
Les boîtes de baptême sont en papier rose ou bleu; on en fait aujourd'hui d'adorablement jolies: boîte avec le prénom de l'enfant et la date de sa naissance estampés en relief or ou argent, ou les deux mélangés; avec les initiales entrelacées en givré or ou argent avec le nom en diamanté; avec aquarelle représentant un amour peignant le nom du nouveau-né sur une boîte de baptême; avec un cortège XVIe siècle, violoneux en tête, parrain et marraine, qui sont un marquis et une marquise falbalatés, jetant les dragées à un peuple de marmots qui se bousculent; ou bien des anges posant dans un berceau un petit enfant; une cloche, laissant tomber le baby, si le baptême se trouve au temps pascal.
On peut aussi offrir en place de boîte un sac de moire ou de satin à la marraine et à la jeune maman; en tous cas, elles doivent recevoir toutes les deux un bouquet.
Le parrain a la charge des cadeaux à la marraine, à la garde, aux domestiques, à l'enfant de chœur, au curé.
La pièce de cinq, dix ou vingt francs qu'on offre au prêtre doit être placée dans une boîte de dragées, de même pour les autres personnes, sauf pour l'enfant de chœur auquel on donne un ou deux francs de la main à la main.
Pour la garde et la nourrice, on peut varier entre cinq et vingt francs.
Pour les domestiques, c'est cinq francs, généralement.
Le jour du baptême, le parrain va prendre la marraine chez elle en voiture ou à pied et l'amène chez les parents de l'enfant.
Si c'est en voiture, la maman et la nourrice portant l'enfant monteront dans cette voiture pour aller à l'église; elles occuperont toutes les deux les places du fond; le parrain et la marraine sur le devant.
On doit s'entendre à l'avance avec le curé pour le jour et l'heure de la cérémonie. Pour l'entrée à l'église, c'est la personne qui porte l'enfant qui ouvre la marche.
Le parrain est placé à droite de la personne qui tient l'enfant, la marraine à gauche.
Le Pater et le Credo qui sont demandés doivent être récités en français; le cierge est tenu ensemble, de la main droite, par le parrain et la marraine.
Il ne faut jamais répondre: «oui, monsieur», mais, oui, tout simplement.
Le parrain et la marraine mettent leurs mains droites dégantées sur la tête de l'enfant en même temps que le prêtre.
Après la cérémonie du baptême, on se rend à la sacristie pour signer l'acte.
A la sortie, mais moins fréquemment qu'autrefois, le parrain et la marraine jettent des dragées et quelques pièces de monnaie aux gamins assemblés.
Au dîner de baptême, le parrain et la marraine occupent les places du maître et de la maîtresse de la maison.
Le dîner doit être servi avec cérémonie; des dragées doivent figurer au dessert.
Jamais la nourrice ne doit y assister; à la fin du repas, ou plutôt au commencement, il arrive que l'on fait circuler de main en main le héros de la fête lequel, généralement, désapprouve fort cette façon d'aller et le témoigne par des cris perçants.
Un mois après le baptême, si la marraine est mariée, son mari doit inviter à dîner le parrain et les parents de l'enfant.
En cas de nécessité on peut demander un prêtre pour que le baptême ait lieu à domicile.
Les usages sont les mêmes pour le baptême protestant, sauf en ce qui touche la cérémonie du baptême qui est, comme tout le cérémonial de ce culte, réduite à sa plus simple expression.
Comme chez les chrétiens, l'enfant israélite a un parrain et une marraine.
Le premier jour de sabbat (c'est-à-dire le samedi), le père qui a eu un garçon doit porter une offrande à la synagogue.
Dans les deux cas, il y a réunion de parents et d'amis à la maison et le rabbin ou, à son défaut, le père, appelle solennellement les bénédictions du dieu d'Abraham et de Jacob, sur le nouveau-né.
