La question du bras, à droite ou à gauche?
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A été, est, et sera encore débattue.
Comme en toutes les choses humaines, il y a le pour et le contre.
Le bras gauche a ses partisans et le droit aussi.
Il est nécessaire que les hommes aient la main droite libre pour écarter de la table la chaise que doit occuper la dame qu'ils conduisent.
Pour les militaires, c'est le bras droit qu'ils offrent, à cause de l'arme, et les femmes aiment assez cela parce que leur main droite est libre pour tenir l'éventail ou tout autre objet.
On obéit, en somme, à une habitude et on ne manque nullement aux règles de la bienséance en offrant indifféremment le bras droit ou le bras gauche.
Je recommande aux dames d'accepter sans hésitation le bras qui leur est offert; de même aux messieurs de donner le bras qui leur est habituel, de façon à ne pas avoir l'air, en avançant et reculant tour à tour, d'agiter les ailes d'un pigeon tentant de vains efforts pour s'envoler.
Lorsqu'il y a un prêtre dans une société, c'est lui que la dame de la maison prie de passer à table avec elle; mais elle ne lui donne pas le bras; l'usage le défend en France. Pourtant, si, comme en Italie, où les monsignori se conduisent comme de simples civils, le prêtre esquissait le geste de donner le bras, la dame serait mal avisée en le lui refusant.
Au siècle dernier, on offrait la main pour passer à table.
Était-ce moins bien?
Autre question qui a été tournée, retournée sans jamais d'ailleurs avoir été résolue, comme presque toutes les questions.
Est-ce le maître ou la maîtresse de maison qui doit entrer en premier dans la salle à manger?
Est-ce le maître ou la maîtresse de maison qui, après le dîner, doit rentrer en premier au salon?
«On ne peut contenter tout le monde et son père», dit le fabuliste. Citons donc les anciens:
Opinions de différents traités de savoir-vivre.
POUR LA MAITRESSE.
La maîtresse de la maison demande le bras à l'invité qu'elle veut honorer et passe la première à table; c'est son droit, le mari n'étant considéré que comme un invité, il n'a pas d'initiative à prendre.
La dame du logis passe la première à table; souvent, Monsieur, absorbé par une conversation, oublierait de donner le signal malgré l'annonce du dîner; voyant le mouvement, il est rappelé à son devoir, qui est d'offrir le bras à la dame la plus qualifiée.
A la fin du repas, c'est la maîtresse de la maison qui donne le signal du départ en posant sa serviette sur la table, en se levant, en poussant légèrement sa chaise et en se tournant vers son voisin de droite.
Le maître de maison imite son exemple et passe le premier au salon; Madame doit passer la toute dernière.
Quel que soit l'ordre d'arrivée, Madame rentre toujours la première au salon.
POUR LE MAITRE.
Le maître du logis s'est dirigé vers la dame qu'il doit mener et il passe avec elle, le premier, dans la salle à manger.
Il n'y a pas à s'y tromper: de même qu'à table on sert la maîtresse de la maison en dernier, de même elle doit passer la dernière; pourtant elle passe avant les jeunes filles et les jeunes gens et les personnes seules.
Autre opinion.
1o Monsieur, avec la dame la plus importante.
2o Tous les couples ensuite sans aucune règle spéciale.
3o Les dames isolées s'il y en a.
4o Madame, au bras du cavalier le plus important.
5o Les hommes isolés s'il y en a.
Exception.—Seules les princesses de sang ouvrent la marche, auquel cas, l'annonce du dîner a dû être ainsi faite: «Son Altesse madame la princesse est servie».
Maintenant choisissez. Pour moi, je passe toujours la première à la salle à manger. J'engage seulement les isolés, quel que soit leur sexe, à marcher deux par deux et non à la queue leu leu.
