Le cotillon.
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Est de rigueur maintenant dans tous les bals et se danse avant ou après le souper.
Il est de plus en plus aimé des jeunes filles et des femmes parce qu'il sert de prétexte à distribution d'objets plus ou moins coûteux, plus ou moins luxueux et toutes les femmes adorent emporter quelque chose.
Si on veut suivre la mode, point n'est besoin d'avoir un cotillon qui revient à dix mille francs, car on atteint facilement ce chiffre en offrant aux danseuses des éventails signés de noms de maîtres, des boîtes à poudre en argent, des pommes d'ombrelles en Saxe, des bijoux, enfin les mille fantaisies coûteuses que seule une maîtresse de maison millionnaire peut songer à offrir.
Il est de petits bibelots gentils, pas chers, qui font merveille; des japonaiseries, des rubans, des fleurs, les différentes fantaisies qui éclosent ici et là, sous le nom fameux d'«articles de Paris».
Bien des accessoires peuvent se confectionner chez soi et l'ingéniosité invente des figures absolument charmantes, pour une minime dépense.
Mais passons d'abord en revue ce qui s'achète.
La troïka.—Est une branche d'arbre qui rappelle le célèbre attelage russe. Cette branche est ornée de fleurs et de rubans; à ses extrémités se trouvent deux rubans avec un anneau doré au bout: trois dames s'attellent à la troïka, que tient la dame du milieu. Les deux autres tiennent les rubans. Un grand ruban est passé autour de la taille de la dame du milieu et les extrémités en sont tenues par le cavalier qui conduit l'attelage. La dame conductrice guide trois cavaliers attelés de la même façon à une autre troïka. On donne des colliers aux dames, des flots de rubans aux messieurs. Les deux attelages font le tour de la salle en sens inverse; au signal donné par le cavalier conducteur, la course s'arrête et chacune des dames danse avec le cavalier qui se trouve en face d'elle.
Le portique.—Sous un portique orné de roses et de rubans, on attache une clochette et un petit panier rempli de pétales de roses; deux rubans qui correspondent à la clochette et au panier sont tenus par une dame qui, à sa volonté, fait sonner la clochette ou basculer le panier qui laisse tomber une pluie de fleurs; dans ce cas le cavalier ne danse pas.
Les tambourins.—Le cavalier conducteur et la dame conductrice distribuent des tambourins ornés de différentes couleurs. Au signal donné, les dames dansent avec le cavalier portant leurs couleurs.
Le sistre.—Le sistre est distribué par les messieurs aux dames de leur choix; il accompagne l'orchestre d'un charmant bruit de grelots et de clochettes.
Le diable au corps.—On place deux cavaliers et une dame au milieu du salon. Les deux diables sont passés au cou des deux messieurs: celui des deux messieurs qui s'en débarrasse le premier en le détachant du mousqueton, le jette ou le passe à un autre cavalier et danse avec la dame.
Le secret de Polichinelle.—On renferme douze beaux hochets ornés de têtes de polichinelle de couleurs différentes dans une grosse tête de polichinelle montée sur un pied; douze autres petites têtes de couleurs semblables aux premières sont mises dans la grande collerette de Polichinelle; le cavalier conducteur distribue les hochets aux messieurs; douze dames viennent prendre chacune une petite tête et dansent avec le cavalier qui a le hochet correspondant.
Les fleurs ou le parterre.—De grandes branches de fleurs, différentes, sont placées au milieu du salon sur un parterre portatif; on distribue de petits écrans représentant les mêmes fleurs aux messieurs, qui choisissent chacun une danseuse et la conduisent au parterre où elle arrache la branche de fleurs correspondante.
Aïda.—On présente un gigantesque écran en plumes de paons, posé sur un beau pied; les grandes plumes ornées de nœuds de satin différents sont distribuées aux messieurs; douze petits écrans en plumes et ornés de nœuds semblables sont distribués aux dames; on range les messieurs sur une ligne, les dames défilent devant eux et s'arrêtent devant le cavalier aux nœuds correspondants.
Les marguerites.—De grandes marguerites blanches sont distribuées aux dames et de petites marguerites de couleurs différentes, en forme de décorations, aux messieurs. Au signal du cavalier conducteur, chaque dame tire un à un les pétales de sa fleur; au dernier pétale, par un mouvement de bascule, le cœur de la marguerite se retourne et change de couleur. Les couleurs correspondant aux couleurs des messieurs forment les couples.
Le rosier.—Un rosier de grandeur naturelle et garni de six, douze ou dix-huit roses très jolies de nuances différentes est placé au milieu du salon. Le même nombre de boutons de rose de nuances semblables aux premières sont piqués dans une corbeille de mousse; chaque cavalier conduit près du rosier la dame de son choix; celle-ci cueille la rose semblable au bouton que le cavalier a placé à sa boutonnière.
La courte paille.—On place une dame et deux cavaliers au milieu du salon; deux pailles, dont l'une s'allonge beaucoup, mais que l'on croit semblables, sont présentées aux messieurs par une dame; chacun des cavaliers choisit une paille et celui qui a la courte paille danse avec la dame.
A côté des accessoires coûteux il en est, avons-nous dit, beaucoup qu'on peut faire soi-même et qui ne demandent qu'un peu d'application.
La pêche.—Mettez au bout d'un bâton, recouvert de papier d'or ou d'argent, une ficelle; attachez à cette ficelle un petit four.
Une dame prend cette ligne improvisée et la balance au-dessus de la tête de ses danseurs agenouillés. Celui qui happe l'appât danse avec la dame et les autres dansent entre eux.
La chandelle.—Une dame monte sur une chaise tenant une bougie allumée; deux danseurs sautent et essayent d'éteindre la bougie; celui qui réussit danse avec la dame et le second danse seul auprès en tenant la chandelle.
La grosse tête.—C'est une énorme tête de carton représentant une figure comique, face de poupée, de Jeannot, rosière de Nanterre, etc., etc.; la dame qui tient la tête! la dépose sur celle du danseur qu'elle choisit et celui-ci danse à l'aveuglette; l'effet est quelquefois drôle.
Les sacs.—Une figure de mon invention, amusante peut-être: on fait des sacs en papier gris percés de trous de différentes grandeurs; les messieurs s'en couvrent entièrement la tête et s'alignent sur un rang afin que les dames choisissent leurs danseurs.
On ne peut les reconnaître à la taille, avec ces sacs de différentes grandeurs, et, la danse finie, lorsqu'on enlève ce couvre-chef d'un nouveau genre, on est souvent tout étonnée en voyant le visage du danseur.
La poudre de riz.—Une figure à éviter; elle tache les habits.
Toutefois, comme elle ne coûte absolument rien, il faut l'indiquer.
Deux danseurs se présentent; la dame enfarine le visage de l'élu et l'autre suit le couple en dansant et en tenant houppe et boîte.
Le miroir.—La dame assise tient un miroir et, tour à tour, les danseurs viennent y mirer leur visage; la dame efface avec son mouchoir les traits de ceux qu'elle ne veut pas agréer.
Faire défiler tout le bataillon des danseurs serait de goût douteux.
Le coussin.—La dame, assise, a un coussin devant elle. Elle pose le pied dessus, les danseurs vont tour à tour essayer de s'y agenouiller; si la dame refuse, elle doit retirer vivement le coussin.
Le verre d'eau.—Une dame tient un verre d'eau: elle l'offre à celui avec lequel elle veut danser; celui-ci le donne vide à un cavalier qui suit le couple en dansant seul et en tenant le verre d'eau plein; il ne le vide qu'après la valse; rôle vétilleux, demandant beaucoup d'adresse; figure dangereuse pour les robes des dames.
Le cotillon variant chaque année, je ne peux guère expliquer les figures; il s'en montre tous les jours.
Bien entendu on peut offrir ce qu'on veut, depuis des pelotes et des écrans jusqu'à des sachets et des mouchoirs.
