Catéchisme et première Communion.
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L'acte important de la jeunesse, celui dont on garde au fond du cœur le souvenir embaumé. Étape fleurie où, dégagé des limbes de l'enfance, on risque les premiers pas conscients sur la route de la vie, qu'on voit alors prismée de rose et de bleu et qui, souvent marâtre, vous flagelle si cruellement! Mais, au moment de la première communion, on est heureux et on a coutume de dire: «Le plus beau jour de la vie». Donc pour ce jour solennel où la petite âme a recouvré la blancheur baptismale, il faut une fête de famille qui le grave dans l'esprit du jeune néophyte.
C'est généralement un dîner où on réunit parents et amis; je ne conseillerai pas de donner une soirée; emmener l'enfant au théâtre serait de la plus haute inconvenance.
L'entourer de trop de petits camarades est également à éviter; j'ai vu une fois un enfant, très recueilli le matin, qui, au contact de ses jeunes camarades, s'était peu à peu dissipé et qui terminait cette belle journée par un pugilat en règle!
Pareil accident n'est pas à craindre avec les jeunes filles, mais il y a un autre écueil à éviter, celui de la coquetterie: elles pourraient faire admirer à leurs amies les présents, les bijoux qu'on leur a donnés, et l'on en a vu qui essayaient des effets de robe longue!
La première communion se fait, généralement, entre onze et douze ans.
L'instruction du catéchisme est obligatoire pendant deux années, un an de petit catéchisme, une fois par semaine, un an de grand catéchisme, deux fois par semaine.
L'acte de baptême est la seule pièce à produire.
On peut avoir gratuitement cet acte à la paroisse où l'enfant a été baptisé; l'usage veut qu'on donne un franc ou deux à l'employé de la sacristie, bedeau ou suisse, qui vous le remet.
Si l'enfant fait son éducation chez lui, sa mère ou une personne de confiance doit le conduire au catéchisme, l'attendre et le ramener; si, au contraire, l'enfant est au collège ou à la pension, ce sont les chefs d'institution qui sont chargés de ce soin.
Voici le costume pour un petit garçon:
Une chemise de batiste à plastron uni ou à petits plis.
Cravate lavallière en soie blanche ou nœud tout fait en satin blanc.
Chaussettes de fil ou de soie, blanches, bottines vernies; costume en fin drap noir, forme veste, ou, si l'enfant est dans un collège ou dans une institution, l'uniforme de ladite maison.
Brassard en faille ou en moire blanche; gants de peau blancs, chapeau anglais ou casquette d'uniforme.
La toilette de la petite fille est plus compliquée, pourtant elle ne doit jamais se départir d'une simplicité élégante.
Chemise, pantalon de batiste avec ou sans nœuds de soie blanche; bas de soie ou de fil d'Écosse blanc, souliers de satin ou de chevreau blanc, corset blanc, jupon blanc amidonné un peu raide; robe de dessous en soie blanche ou en percaline glacée; robe de dessus en mousseline blanche bien fine; grand ourlet surmonté de cinq, sept, neuf ou onze petits plis lingerie; corsage tout plissé avec les manches que réclame la mode ou bien froncé à la vierge, avec les mêmes manches; ruche de mousseline de soie au cou, aux manches, ceinture molle en surah, dont on fait le nœud soi-même; petit bonnet de mousseline à ruche de tulle illusion; voile de mousseline retenu par de minuscules épingles à tête de perle fine.
Dans certains pays, le voile est remplacé par une couronne de fleurs blanches qui est cent fois plus jolie, mais il faut se conformer à l'usage de sa paroisse.
Une aumônière genre «Marguerite de Faust» en surah blanc, attachée à la ceinture, est préférable au petit sac passé au bras, qui embarrasse et qu'on risque de perdre. Gants de peau blancs, mousquetaires, ne strangulant pas le poignet; cierge uni. Comme boucles d'oreilles, une perle vissée à l'oreille.
Garçon et fille ont chacun un chapelet passé au bras gauche, assez souvent; maintenant ce sont des chapelets en grenat, en lapis-lazuli, en agate, montés en or ou en argent.
Pour le livre, on se conforme aux usages de la paroisse qui recommande soit un paroissien, soit un manuel de catéchisme.
Le paroissien est ou en ivoire, ou en nacre, en cuir de Russie ou en maroquin.
Les communiants offrent à leurs amis des images plus ou moins belles qu'on nomme «souvenirs de première communion», qu'ils portent eux-mêmes aux intimes et que leurs parents envoient, sous enveloppe cachetée, aux personnes qui sont en rapports moins directs avec la famille; celles-ci doivent renvoyer une carte aux parents, avec un mot affectueux pour l'enfant.
Ces images peuvent être en simple papier avec les emblèmes eucharistiques, en parchemin genre byzantin ou en gélatine avec derrière les mots suivants: Souvenir de la première communion de...... célébrée le....
On fait aussi des images au revers desquelles sont simplement gravés des versets de la Bible ou de belles pensées. Il est de bon goût de faire le lendemain une visite au prêtre qui a préparé l'enfant et de lui porter un cadeau.
Cet usage n'est nullement de rigueur à Paris.
A la campagne, on ne pourrait y manquer sous aucun prétexte; on peut offrir un bronze de piété, un volume rare ou même un objet de mobilier.
Voici une liste de cadeaux qu'on peut offrir à un petit garçon, ou à une petite fille; j'engage seulement les personnes qui les donnent à ne les apporter que le lendemain si ce sont des bijoux, afin que le tic tac de la première montre ou le chatoiement des premiers joyaux n'éveillent pas dans le cœur des jeunes néophytes des pensées peu en rapport avec l'acte qu'ils viennent d'accomplir:
—Statuettes en vieil argent, livres de piété, crucifix, porte-monnaie en écaille, en cuir de Russie ou en maroquin écrasé avec les initiales entrelacées en or, en argent, ou frappées; comme pour le livre de messe, le portefeuille assorti.
—Une épingle de cravate en or et perle, une garniture de boutons de chemise en or mat, une montre, une chaîne, des boucles d'oreilles, bracelet, rang de perles, bagues; pour les cadeaux plus modestes, signet avec agneau pascal en argent, petite croix en or émaillé, médaille avec peinture sur ivoire, bénitier, crayon ou porte-plume en or, argent ou nickel, dé argent ou or, mouchoir de soie blanche.
Le matin de la première communion, l'enfant doit demander la bénédiction de ses parents.
On n'invite pas au dîner le prêtre qui a préparé l'enfant; du reste, si on le faisait, il devrait refuser, car ayant eu tout un troupeau de petits fidèles, il ne peut faire une exception qui blesserait les autres.
Il ne doit pas y avoir de soirée après le dîner.
Les visites de première communion doivent se faire dans les trois jours, l'enfant revêtu de son costume, et la mère en toilette de cérémonie.
Le père n'est pas forcé, à Paris, de faire ces visites; dans certains pays, sa présence est obligatoire.
