Le chapitre des chapeaux.
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Ce n'est pas celui d'Aristophane, mais il a bien son utilité dans la vie mondaine.
Donc, à propos de chapeaux, ne faites jamais une visite à une dame avec laquelle vous êtes sur un pied un peu cérémonieux, coiffé d'un chapeau plat ou mou.
Vous devez déposer votre pardessus et votre parapluie dans l'antichambre et garder votre chapeau et votre canne si vous en avez une. Vous tenez le chapeau sur les genoux en évitant, bien entendu, de faire voir la coiffe; ne le placez jamais sur un meuble.
Pour les visites entre hommes, pareille étiquette n'est pas exigée.
Le vilain claque d'antan, lourd, disgracieux et qui avait l'air, lorsqu'il se détendait, d'un hérisson fâché, a fait place à un claque de faille qui est léger et élégant. On le porte doublé de teintes claires et douces, mauve, gris-perle, mais jamais rouge ou vert-pomme; les armoiries ou initiales sont placées dans un coin; il se porte indifféremment en soirée ou au théâtre.
Au bal, le danseur peut garder son claque ou le déposer sur la chaise de sa danseuse; je préfère ce dernier mode; mais il faut se hâter de le reprendre.
Un jour, un jeune homme frais sorti du collège venait de reconduire une dame à sa place; celle-ci s'assied, sans prendre garde au chapeau du malheureux éphèbe qui reste tout interdit, planté devant elle.
«Que désirez-vous, monsieur? finit-elle pas dire, impatientée de cette contemplation.
—Je voudrais, je voudrais, balbutia le pauvre, avoir mon chapeau, qui a l'honneur d'être assis sur la même chaise que vous!»
Ne tournez jamais, messieurs, votre chapeau entre les doigts; cela vous donne un air particulièrement embarrassé; jamais, non plus, ne le faites tourner au bout de votre canne et encore moins ne le portez au bout de ladite canne, si vous avez trop chaud.
Le chapeau doit être posé bien droit; incliné sur le côté, cela vous a un petit air retour de Suresnes qui est ridicule et que, malheureusement, les très jeunes gens aiment à adopter; placé en arrière, vous ressemblez à un berger ébahi; enfoncé sur les yeux, il vous a les allures du sombrero d'un traître de mélodrame. Le juste milieu, comme en toute chose.
Pour aller au bal il est absolument impossible de se produire avec un chapeau haut de forme; si vous n'avez pas de claque, laissez votre couvre-chef au vestiaire.
Ce chapitre des chapeaux est spécial aux messieurs, mais il pourrait aussi s'adresser aux dames, qui devront éviter de porter de ces immenses chapeaux si en vogue quand elles vont au théâtre, soit aux fauteuils, soit surtout dans une loge où il y aura des messieurs derrière. Avec ces empanachements à la mode, les malheureux sont forcés de se tenir sur les pointes s'ils veulent apercevoir le minois de la soubrette ou de se donner le torticolis, s'ils désirent contempler le visage de l'ingénue, à moins que, victimes passives, ils ne se résignent à rester assis mélancoliquement, en contemplant les panaches de plumes d'autruches qui se balancent devant eux.
