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Les Usages du Siècle

Les cadeaux d'étrennes.

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Illustration from Les Usages du Siècle : lettres, conseils pratiques, le Savoir-vivre

On doit un présent convenable aux dames chez qui l'on va dîner plusieurs fois chaque année.

On ne fait jamais de cadeaux à des supérieurs à l'occasion du jour de l'an, mais dans le courant de l'année, on peut envoyer une bourriche de gibier, des fruits, des fleurs rares.

Les étrennes se divisent en plusieurs genres:

Les étrennes utiles;—Les étrennes superflues;—Les étrennes d'argent;—Les étrennes d'amitié.

Les étrennes utiles se donnent entre parents, entre amis intimes; elles sont toujours agréables, car elles répondent à un besoin, à un désir, soit pour votre intérieur, soit pour vous-même.

La série serait longue à énumérer; on peut offrir argenterie, service de table, robe de velours, de laine, draps, serviettes, fourrure et même la modeste demi-douzaine de mouchoirs de poche.

Le costume d'enfant, le bronze qui manque sur votre cheminée, le tapis de table, le chapeau, etc.

Lorsqu'on donne des étrennes utiles, on est sur le pied d'une telle familiarité, qu'on peut fort bien dire: «J'ai l'intention de vous offrir telle et telle chose; tirez-moi donc d'embarras, et dites ce que vous préférez.»

Les étrennes superflues mais agréables sont les bijoux, les bibelots, les jouets.

Pour les enfants déjà un peu grands, les livres sont préférables.

Dans l'ordre des étrennes superflues, il y a toute la gamme des japonaiseries, des petits livres, des meubles volants.

Le bijou offert par le mari à la femme, par l'oncle à la nièce, par la marraine à la filleule, peut être une bague de mille écus ou la montre en nickel.

Les amis hommes envoient fleurs et bonbons, c'est classique: j'engage seulement à donner les uns et les autres en plus petite quantité et à les offrir dans un bibelot durable, car une fois bonbons croqués et fleurs fanées que reste-t-il du souvenir de l'ami?

Les étrennes d'argent, les plus agréables, ne peuvent s'offrir que de mari à femme, de parents à enfants, de maîtres à serviteurs.

Les étrennes d'amitié sont les petits ouvrages faits par les jolis doigts de la donatrice, le dessin, le pastel, le tableautin peint par l'artiste de la famille; le portecrayon échangé entre camarades, enfin moins que rien; mais ces étrennes-là sont les plus touchantes: on a pris de son temps, de sa vie pour confectionner cette bagatelle.

Lorsqu'on nous apporte des étrennes, il est de mauvais goût de ne pas ouvrir le paquet de suite et de dire merci simplement, sans regarder.

Celui qui se dérange a droit aux remerciements et aux exclamations de plaisir que son présent doit provoquer.

Même si la chose n'est pas à notre gré, il faut avoir l'air ravi.

Ne raillons jamais le cadeau de l'un devant l'autre; ne l'évaluons pas.

Ne faisons pas de parallèle entre ce que nous recevons et ce que nous donnons.

Si nous avons déjà reçu un présent semblable, n'en exprimons pas le regret.

Il est du savoir-vivre de témoigner plus de reconnaissance à une personne qui nous offre un objet modeste qu'à celle qui nous fait un cadeau splendide: la première est quelquefois honteuse de la médiocrité de son présent, la seconde a conscience de la valeur du sien.

Si on nous envoie un présent par un domestique, l'usage veut qu'on lui remette une pièce d'argent, variant de cinquante centimes à cinq francs; jamais plus, car on aurait l'air de vouloir rendre la valeur de l'objet.

On doit écrire un mot de remerciements, si on ne peut faire une visite dans la huitaine.

Un cadeau qui peut fort bien se faire, entre hommes, est une caisse de cigares de bon choix.

Le petit enfant doit écrire aux parents éloignés et réciter un compliment à ceux qui sont près de lui.

On doit un présent d'argent aux facteurs, concierges, domestiques, télégraphistes, frotteurs, etc.; c'est l'impôt forcé auquel nul n'a le droit de se soustraire.

La nourrice de nos enfants a également droit à un petit souvenir, en nature ou en argent, si nous sommes encore en relations avec elle; et aussi les anciens instituteurs et institutrices et les serviteurs de nos parents.

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