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Odes d'Anacréon

LXII

Alexandre Machard translation

MÊME SUJET

Quand ce fugitif, l'Or, Me fuit de ses pieds Rapides comme les vents (Et toujours, toujours il me fuit), Je ne cours pas après lui: car, Qui recherche son ennemi? Aussitôt séparé De ce fugitif, l'Or, Je laisse les vents emporter Tous les soucis de mon esprit; Je prends la lyre et je chante Des chants d'amour. Mais, à mon tour quand la raison M'apprend à le mépriser, Soudain le fugitif revient me saluer, Ramenant l'ivresse des soucis, Me pressant de le prendre avec moi, En délaissant ma lyre pour longtemps. Déloyal, Or déloyal, Inutile de me charmer par tes amorces: Ma lyre m'est plus que l'Or, Elle qui sait chanter les belles passions.

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