XLIII
Alexandre Machard translation
LA CIGALE
Nous disons: «Heureuse Cigale!» Dès que, sur la cime des arbres, Tu as bu quelques gouttes de rosée, Ainsi qu'une reine, tu chantes. Car, c'est bien à toi, tout Ce que tu vois dans les champs Et que produisent les forêts. Tu es l'amie des laboureurs, Ne leur causant aucun dommage; Tu es vénérée des mortels, Douce prophétesse de l'Été. Les Muses te chérissent, Il te chérit aussi, Phébus, Qui t'a dotée d'une voix harmonieuse. La vieillesse ne t'accable pas. Sage, fille de la Terre, amoureuse des chants, Impassible, sans chair ni sang, Tu es, ou peu s'en faut, égale aux Dieux.