← Table of contents
Odes d'Anacréon

XXVIII

Alexandre Machard translation

PORTRAIT DE SA MAITRESSE

Allons, excellent peintre, O le meilleur des peintres, Roi de l'art qui fleurit à Rhodes, Fais-moi, d'après mes dires, Le portrait de ma maîtresse absente. Donne-lui d'abord des cheveux Ondoyants et noirs; Et, si la cire le permet, Qu'ils exhalent des parfums. Peins de face entièrement Sous une chevelure éclatante Son front d'ivoire. Quant à ses sourcils, ne va pas Les séparer, ni les confondre: Qu'ils se rejoignent, comme chez ma maîtresse, Imperceptiblement, Et que les cils, autour des paupières, soient noirs. Pour être vrai, mets du feu Dans ses yeux; qu'ils soient à la fois Brillants comme ceux d'Athènè, Humides comme ceux de Cythérée. Fais le nez et les joues De roses et de lait. Que sa lèvre, la lèvre de la Persuasion, Appelle le baiser. Sur son menton délicat, Autour d'un cou de marbre blanc, Fais voltiger toutes les grâces. Enfin, habille-la D'une robe purpurine; Et qu'il paraisse un peu De sa chair, pour faire juger du corps. Finis: je la vois. C'est bien elle! O portrait véridique, tu vas parler.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings