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Notes d'un voyage en Corse

SAN-PERTEO.

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San-Perteo, petite église voisine de la Canonica, paraît avoir été construite à peu près dans le même temps; du moins elle lui ressemble beaucoup, tant par la disposition générale, que par l’appareil, la forme des fenêtres et des portes, et par le style des sculptures. San-Perteo n’a qu’une nef, et cependant de chaque côté de l’apside une voûte ruinée annonce une chapelle semblable à celle de la Canonica, ce qui montre une disposition traditionnelle pour cette partie de l’église, disposition conservée en dépit de la différence du plan. La situation actuelle des deux églises offre même de grands rapports; toutes les deux, dépourvues de voûtes, ont perdu leur toiture, et leurs portes ont été enlevées. Elles semblent l’une et l’autre avoir souffert une catastrophe semblable. La façade occidentale de San-Perteo n’a d’autre ornement qu’un linteau grossièrement sculpté, appuyé sur deux petits chapiteaux écrasés, qui n’ont pas même de piédroits pour les recevoir. Au sud, dans la nef, s’ouvre une seconde porte dont le linteau, couvert d’un mauvais bas-relief, représente deux lions séparés par un arbre, ou quelque chose de semblable. J’ai hâte d’arriver à l’apside, la seule partie de l’édifice vraiment intéressante. Des colonnes de granit poli l’entourent à l’extérieur, surmontées de chapiteaux corinthiens en marbre blanc, qui supportent des arcades figurées, en marbre blanc également, assez richement sculptées dans le style du Bas-Empire.

Si l’on compare la sculpture de ces chapiteaux et de ces archivoltes avec l’ornementation du reste de l’église, ou avec celle de la Canonica, on observera une telle supériorité d’exécution, qu’il est impossible de les croire contemporaines. A mon sentiment, l’ornementation de cette apside aurait été composée avec des fragments antiques provenant, sans doute, de la ville de Mariana.

Les colonnes sont fortement engagées dans le mur de l’apside que recouvre un crépi épais, tandis que le reste de la basilique offre un appareil identique à celui de la Canonica. Cette différence dans l’appareil pourrait faire supposer une différence de date dans les deux portions de la bâtisse; cependant j’aimerais mieux l’attribuer à une restauration ancienne, ou, ce qui est plus probable, à la maladresse des ouvriers qui trouvaient quelque difficulté à tailler les dalles pour un mur semi-circulaire.

J’ai remarqué que ces colonnes n’étaient polies qu’à l’extérieur; ainsi, dès le principe, elles avaient été destinées à être engagées dans un mur.

San-Perteo et la Canonica appartiennent au département; mais, comme elles sont isolées, éloignées de deux lieues de tout village, on ne peut songer à les rendre au culte, et il est fort difficile de leur assigner une destination. Pendant l’été, les bergers seuls, habitants de la plaine de Mariana, y parquent leurs troupeaux, et il en résulte quelques dégradations. On y mettrait un terme en y plaçant des portes; dans la suite, on pourrait songer à les couvrir; quant à présent, les gros murs, très-solidement construits, ne donnent aucune inquiétude.

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