ÉGLISES MODERNES.
Reading edition
Je ne connais point en Corse d’églises de l’époque de la Renaissance. Tandis qu’on élevait tant de chefs-d’œuvre en France et en Italie, on se battait en Corse, on brûlait villes et villages, n’épargnant pas même les édifices religieux. Les églises plus modernes du XVIIᵉ et du XVIIIᵉ siècle n’offrent aucun intérêt. Bâties de moellons de schiste ou de granite à peine taillés, elles sont quelquefois grossièrement recrépies; telles sont les églises de Bastia, les plus vastes et les plus riches de l’île. Les corniches et les autres ornements extérieurs, fabriqués en plâtre ou en mauvais ciment, délabrés par la pluie, tombent en morceaux. La décoration intérieure ne consiste guère qu’en placages, souvent dorés dans le goût barbare du XVIIᵉ siècle, et en fresques exécutées par des barbouilleurs italiens. Je citerai les églises de Sainte-Croix et la cathédrale, à Bastia, et l’église de Cervione comme les plus remarquables. La première surtout, malgré le mauvais goût de sa décoration, ne laisse pas d’avoir un certain caractère de grandeur, comme tout ce qui paraît riche et coûteux.
Les campaniles de la même époque, très-souvent isolés, surtout dans les villages, sont généralement carrés, percés à jour de larges fenêtres, et très-élancés pour leur diamètre. Elégants vus de loin, ils ne peuvent supporter l’examen lorsqu’on s’en approche. Parmi les plus remarquables, il me suffira de mentionner le clocher de la cathédrale de Bastia, ceux de Cervione, de Chiatra, de Tallano, de Linguizetta, de Sartène[69]. Leur plus grand mérite, c’est leur position dans un paysage très-pittoresque.