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Notes d'un voyage en Corse

ANCIENNE CATHÉDRALE DE NEBBIO[63].

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ANCIENNE CATHÉDRALE DE NEBBIO[63].

Voici encore le type de la Canonica reproduit avec de très-légères modifications dans l’ancienne cathédrale de Nebbio, près de Saint-Florent. Même plan et presque mêmes dimensions, même absence de voûtes et de contreforts, même arcature sur les faces latérales, même motif d’ornementation pour l’apside[64]. Il faut noter la forme des fenêtres un peu moins étroites que celles des églises précédentes. Des colonnes légèrement fuselées, alternant avec des piliers carrés, séparent les trois nefs de la basilique. Les chapiteaux des colonnes sont historiés, d’une médiocre exécution, mais les reliefs ont une saillie inusitée; les piliers n’ont que des tailloirs sans ornements; un seul se fait remarquer par des moulures bizarres qui se recourbent aux angles, de façon à figurer une espèce de crochet.

La façade, mieux conservée que celle de la Canonica, mérite seule quelque attention. Elle offre, en quelque sorte, l’image d’une coupe transversale de l’édifice. Un fronton un peu moins surbaissé que les frontons antiques surmonte les murs de la nef centrale, qui s’élèvent au-dessus des collatéraux et s’y relient par une corniche rampante. Ainsi, l’on peut distinguer dans cette façade deux étages. L’inférieur présente cinq arcades figurées en plein cintre; celle du milieu, plus élevée que les autres, percée d’une porte carrée, séparée d’une fenêtre ou d’une espèce de tympan à jour par un épais linteau de pierre. Tous ces pilastres ont des chapiteaux, la plupart historiés, représentant des animaux fantastiques, un lion, des serpents entrelacés, etc. Dans le tympan des deux arcades qui répondent aux bas-côtés de la nef, on remarque quelques ornements, des étoiles, des cercles incrustés dont la couleur verte se détache du blanc éclatant de l’appareil[65]. C’est un rapport de plus avec la Canonica. A l’étage supérieur il n’y a que trois arcades figurées, celle du milieu contenant une grande fenêtre en plein cintre. Au-dessus, une meurtrière en croix occupe le centre du fronton.

Les sculptures qui ont quelque saillie, l’emploi de colonnes, l’élargissement des fenêtres, sont autant d’indices qui me font regarder cette église comme plus moderne que la Canonica. Je ne la crois pas antérieure à la fin du XIIᵉ siècle.

Trompé par des renseignements inexacts, je m’attendais à trouver, à Saint-Florent, des reliquaires anciens; mais je n’y vis qu’une châsse toute moderne, envoyée de Rome, et contenant un squelette revêtu d’un habit de guerrier romain (vrai style d’Opéra), tout couvert de mauvais oripeau et de verroteries. Ce sont les reliques de saint Florus qui, en compagnie de sainte Flore, a le patronage de la ville de Saint-Florent. Tous les deux sont fort vénérés dans le pays, et quelques stylets rouillés, quelques pistolets hors d’état de faire feu attestent les conversions qu’ils ont opérées.

Au nord de l’église, et près d’une porte latérale, on me fit remarquer trois trous qui traversent le mur irrégulièrement. Il me semblait que c’était le résultat d’une distraction des ouvriers qui avaient bâti le mur. Toutefois ces trous sont en grande réputation. Tous les ans, le jour de la fête de sainte Flore, ils exhalent une odeur de violette. Le fait rapporté par Ughelli (Italia christiana, tome IV) me fut attesté par le maire et le curé de Saint-Florent

Sᵗ. Michel de Murato. Page 141.

Sᵗ. Michel de Murato. Page 141.
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qui m’engagèrent à bien flairer les trous susdits, m’avertissant que je ne sentirais rien du tout, ce qui se trouva parfaitement vrai.

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