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Notes d'un voyage en Corse

LAMENTATION FUNÈBRE DU NIOLO.

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Je filais mon fuseau Quand j’entendis un grand bruit; C’était un coup de fusil Qui me tonna dans le cœur; Il me sembla que quelqu’un me dit: —«Cours, ou ton frère meurt!» Je courus dans la chambre, en haut, Et je poussai précipitamment la porte. —«Je suis frappé au cœur!» Il dit, et je tombai (comme) morte. De n’être pas morte alors, moi aussi, C’est pour moi quelque consolation: (Je puis me venger.) Je veux mettre des chausses (d’homme), Je veux acheter un pistolet, Pour montrer ta chemise (sanglante). Tandu, nimmu nun aspetta A tagliasi la so varba Dopu fatta la vindetta. A fane a to vindetta Qual’ voli chi ci sia? Mammata vicinu à mori? U a to surella Maria? Si Lariu nun era mortu Senza strage nun finia. D’una razza cusì grande Nun lasci che una surella Senza cugini cornali Povera, orfana, zitella..... Ma per far a to vindetta, Sta siguru, vasta anche ella. Aussi bien, personne n’attend Pour se faire couper la barbe Que la vengeance soit accomplie[79]. Pour te venger Qui veux-tu que ce soit? Notre vieille mère, près de mourir? Ou ta sœur Marie? Si Lario[80] n’était pas mort, Sans carnage l’affaire ne finissait pas. D’une race si grande Tu ne laisses qu’une sœur, Sans cousins-germains, Pauvre, orpheline, sans mari... Mais pour te venger, Sois tranquille, elle suffit.

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