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Histoire littéraire d'Italie (1/9)

PREMIÈRE PARTIE.

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CHAPITRE Ier.

État de la littérature latine et grecque à l'avénement de Constantin; effets de la translation du siége de l'empire; littérature ecclésiastique; son influence; invasion des Barbares; ruine totale des Lettres.

On attribue généralement l'affaiblissement, et ensuite l'entière destruction des lumières et des lettres en Europe, à trois causes: à la translation du siége de l'Empire, faite par Constantin, de Rome à Constantinople; à la chute de l'empire d'Occident, suite inévitable du démembrement qu'il en avait fait; enfin aux invasions et à la longue domination des Barbares en Italie. Mais avant Constantin, la décadence étai déjà sensible. On serait tenté de croire, que, quand même aucune de ces trois causes n'eût existé, les lettres n'en étaient pas moins menacées d'une ruine totale, et que la barbarie eût enfin régné, même sans l'intervention des Barbares.

La Jurisprudence seule continuait de fleurir. Les lois se multipliant avec les empereurs, la science dont elles étaient l'objet, devenait malheureusement plus propre à exercer l'esprit. Entre plusieurs noms qui furent illustres à cette époque et qui le sont encore, on distingue surtout ceux de Papinien et d'Ulpien. Le premier, pour récompense de ses travaux et plus encore de ses vertus, fut assassiné par l'ordre de Caracalla; le second, exilé de la cour par Héliogabale, rappelé par Alexandre Sévère, admis dans sa confiance la plus intime, ne put être défendu par lui de la fureur des soldats prétoriens, qui le massacrèrent sous les yeux de leur empereur, ou plutôt sous sa pourpre même, dont Alexandre s'efforçait de le couvrir.

La science du grammairien embrassait alors tout ce que nous appelons aujourd'hui la critique. Tandis que la critique s'occupe des auteurs vivants, elle est une preuve de plus des richesses littéraires du temps: elle est elle-même une branche de ces richesses, pourvu qu'elle soit éclairée, équitable et décente. Mais lorsque chez une nation et à une époque quelconque, la critique ne s'exerce plus que sur les anciens auteurs, et sur ceux qui ont écrit, chez cette nation, à une époque antérieure, elle est une preuve sensible de l'absence totale des grands talents et de l'affaiblissement des esprits.

Tel était donc le misérable état où les lettres étaient réduites à l'avénement de Constantin. On voit que la pente qui les entraînait vers une ruine totale était déjà bien établie, et qu'elle n'avait pas besoin de devenir plus rapide. Elle le devint cependant lorsque cet empereur eut transféré à Bysance le siége du gouvernement impérial. Les flatteurs de Constantin l'ont appelé Grand: les chrétiens, dont il plaça la religion sur le trône, l'en ont payé par le titre de Saint: les philosophes sont venus, et lui ont reproché des petitesses et des crimes qui attaquent également sa grandeur et sa sainteté: ce n'est sous aucun de ces rapports que je dois le considérer, mais seulement quant aux effets qu'il produisit sur les lettres et sur les lumières de son siècle.

Comment les lettres auraient-elles fleuri dans un pays dépouillé de tout son éclat, de tous ses moyens de prospérité, soumis à un maître, et privé de ses regards? Il n'y a que dans les pays libres, comme autrefois dans la Grèce, comme depuis dans l'ancienne Rome, comme à Florence parmi les modernes, que les lettres naissent d'elles-mêmes, et prospèrent spontanément: ailleurs il leur faut l'œil du maître, ses récompenses, sa faveur. Mais autour de Constantin même, et sous l'influence immédiate des grâces qu'il pouvait répandre, il était survenu dans les études et dans les exercices de l'esprit, des changements qui n'étaient pas propres à leur rendre leur ancienne splendeur.

Une littérature nouvelle était née depuis déjà près de deux siècles. Elle parvint sous cet empereur à son plus haut degré de gloire: elle compta parmi ses principaux auteurs, des hommes d'un grand caractère, d'un grand talent et même d'un grand génie. Ils produisirent des bibliothèques entières d'ouvrages volumineux, profonds, éloquents. Ils forment dans l'histoire de l'esprit humain, une époque d'autant plus remarquable, qu'elle a exercé la plus grande influence sur les époques suivantes.

Je ne répéterai ni ne contredirai les éloges que l'on a donnés aux Basiles, aux Grégoires, aux Chrysostômes, aux Tertulliens, aux Cypriens, aux Augustins, aux Ambroises. Je chercherai plutôt les causes qui rendirent leurs productions inutiles au progrès de l'éloquence et des lettres, qui firent que, dans un temps où florissaient de tels hommes, elles continuèrent à se corrompre et à déchoir. Pour ne point alléguer ici d'autorités suspectes, c'est encore dans les auteurs italiens, que je puiserai les principaux traits dont je tâcherai de caractériser ce qu'on est convenu d'appeler la littérature ecclésiastique.

(Essai sur l'Esprit et les Mœurs des nations, c. 14.)

Les combats que le christianisme eut à soutenir, la lutte qui s'établit entre lui et les religions jusqu'alors dominantes, les persécutions qui en furent la suite, obligèrent les plus savants d'entre les chrétiens à répondre aux attaques, et à faire de fréquentes apologies de leur religion. Dès le commencement du deuxième siècle, on voit de ces apologies présentées à l'empereur Adrien; dans la suite, Justin, Athénagore, Tertullien en adressèrent aux empereurs, au sénat romain, au monde entier; on eut l'Octavius de Minucius Félix; le savant Origène écrivit contre Celsus; Lactance publia ses Institutions divines; chacun d'eux mit dans ces sortes d'ouvrages, tout ce qu'il pouvait avoir d'érudition, de jugement et d'éloquence.

Les hérésies, qui ne tardèrent pas à s'élever dans le sein même du christianisme, fournirent aux docteurs orthodoxes de nouvelles matières d'études et de travaux, et surtout un vigoureux exercice à leurs dialectiques. Avant la fin du second siècle, Irénée avait déjà fait un gros ouvrage de la simple exposition des dogmes de toutes les hérésies nées jusqu'alors, et de leur réfutation. Leur nombre s'accrut, les objections se multiplièrent, et les écrits apologétiques en même proportion. Le texte de l'Écriture attaqué dans un sens, défendu dans un autre, était le sujet ordinaire de ces violents combats. Il fallut donc étudier ce texte, le méditer, le corriger, l'interpréter, le commenter sans cesse. Dans la foule de ces champions infatigables, on distingue surtout Clément d'Alexandrie, Tertullien et Origène.

Les vicissitudes du christianisme, sa propagation rapide, les actes de ses défenseurs, les miracles qu'il certifiait et qui lui servaient de preuves, devinrent bientôt aux yeux des chrétiens un sujet digne de l'Histoire. Hégésippe, dont il n'est resté que quelques fragments, fut leur premier historien, et il eut dans peu des imitateurs.

Mais qu'arriva-t-il de cette révolution? ce qui était inévitable: c'est que les études ecclésiastiques elles-mêmes déchurent et tombèrent bientôt. On ne vit pas que ceux qui en avaient été les lumières s'étaient, dans leur jeunesse, nourris du suc littéraire qu'on ne peut tirer que de ces auteurs qu'on appelait profanes, comme si ce titre avait jamais pu s'appliquer à un Platon, à un Cicéron, à un Virgile, à un Sophocle, ou au divin Homère; qu'en retranchant aux esprits cette nourriture, pour les alimenter de questions de controverse, on leur faisait perdre non seulement la grâce, toujours nécessaire à la force, mais la force elle-même; qu'enfin les lettres ecclésiastiques étaient bien une branche de la littérature, et si l'on veut, la plus précieuse et la plus belle, mais que si l'on abattait, ou si on laissait dépérir le tronc, cette branche ne tarderait pas à éprouver le même sort.

Rome, Reine du monde, au Roi de l'éloquence:

Une des beautés de cette inscription est sans doute dans les quatre R initiales. Je n'en ai pu mettre que trois dans mon vers français.

L'art oratoire était réduit alors aux panégyriques directs et prononcés en présence, genre misérable, où l'orateur ne peut le plus souvent satisfaire l'orgueil, pas plus que blesser la modestie, ou même un reste de pudeur. Ceux qui se sont conservés et qu'on joint souvent au panégyrique par lequel Pline le jeune outragea l'amitié qui l'unissait avec Trajan, sans pouvoir lasser sa patience, sont bien au-dessous de ce chef-d'œuvre de l'adulation antique. Claude Mamertin, Eumène, Nazaire, Latinus Pacatus, les prononcèrent dans des occasions solennelles; le temps qui a dévoré tant de chefs-d'œuvre les a respectés, mais s'ils sont de quelque utilité pour l'Histoire civile et littéraire, ils en ont peu pour l'étude de l'art oratoire et pour la gloire de ces orateurs.

Je pourrais citer encore ici d'autres noms de poètes, qui firent dans leur temps quelque bruit, et heureusement oubliés dans le nôtre; mais je les laisse ensevelis dans les livres, où sont laborieusement entassés des noms d'auteurs obscurs et des titres d'ouvrages que personne ne connaît s'ils existent, et que personne ne regrette s'ils n'existent plus.

Celui de tous les genres en prose, qui était le moins déchu, était l'Histoire. Aurélius Victor, Eutrope, et surtout Ammien Marcellin, ne sont pas sans quelque mérite, quoique bien inférieurs aux historiens même du second rang, et quoique les temps où ils vécurent, semblassent, du moins au premier coup-d'œil, faits pour inspirer mieux la Muse historique. Il est certain que jamais époque ne fut plus féconde en événements. En voyant les rapides successions d'empereurs, leur vie agitée et leur mort presque toujours tragique, les divisions et les réunions de l'Empire, les guerres intestines et étrangères, les invasions multipliées des Barbares, les maux affreux où l'Orient et l'Occident furent plongés par ces hordes féroces et par la faiblesse de leurs défenseurs, qui semblait augmenter à mesure que se multipliaient les dangers, on croirait que le pinceau de l'Histoire avait la matière à de grands tableaux, et que si un Polybe, un Salluste, un Tite-Live avaient alors vécu, ils auraient eu une vaste carrière où exercer leurs talents. Mais il semble, au contraire, que le désordre et la confusion qui régnaient dans l'Empire, se communiquaient à ceux qui en écrivaient l'histoire; si ces grands historiens eussent vécu, s'ils eussent vu la chaise curule changée en trône, ce trône transféré, démembré, souillé de crimes, ensanglanté d'assassinats; la belle Italie déchirée, dépeuplée, occupée de pointilleries théologiques, assaillie, ravagée, dominée par des Goths, des Vandales, des Erules, des Alains, des Suèves et d'autres peuplades ignorantes et barbares; son culte changé, ses institutions détruites, sa langue viciée par un mélange impur avec celles de ses vainqueurs; en un mot, si, dans le même pays, ils s'étaient trouvés comme transportés au milieu d'un tout autre ordre de choses, et parmi une tout autre race d'hommes, est-il sûr, ou plutôt est-il croyable qu'ils eussent retrouvé leur génie et leur talent? Ce n'est pas toujours la multiplicité des événements, leur agitation, leur fracas, qui est favorable au génie de l'Histoire, c'est leur caractère et celui des Personnages qui en sont les acteurs, ce sont aussi leurs résultats. Quand ces résultats sont des maux irrémédiables et toujours croissants, quand ce caractère manque aux hommes et aux choses, les événements se multiplient, se compliquent et se succèdent en vain: il y aura des mémoires, si l'on veut, mais point d'Histoire.

Quel pouvait être le sort des lettres dans de tels bouleversements? Liées à celui de l'Empire, elles s'écroulèrent entièrement avec lui; ou plutôt déjà renversées et détruites, elles restèrent sans espoir et sans moyens de renaissance, abattus et comme gissantes parmi des ruines.

CHAPITRE II.

État des Lettres en Italie sous les Rois Goths; sous les Lombards; sous l'Empire de Charlemagne et de ses descendants. Onzième siècle; première époque de la renaissance des Lettres

L'ouvrage est divisé en cinq livres. La fiction qui en fait le fond est fort simple. Boëce, accablé par son infortune, avait appelé les Muses à son secours. Elles l'entouraient dans sa prison, et commençaient à lui dicter des chants plaintifs. Une femme lui apparaît. Sa figure était vénérable; ses yeux étaient ardents, et plus pénétrants que ne le sont ceux de l'homme. Son teint était animé, sa vigueur infatigable, quoiqu'elle fût si âgée qu'on voyait bien qu'elle était née dans un autre siècle. Sa stature était changeante: tantôt elle se réduisait à la mesure commune des hommes, tantôt elle paraissait frapper le ciel du sommet de sa tète. Sa tête pénétrait dans le ciel même, et alors elle échappait aux regards des mortels. C'est la Philosophie. Elle chasse les Muses, comme de trop faibles consolatrices, moins propres à fortifier l'âme contre le malheur qu'a l'amollir. Elle prend leur place, et remet peu à peu par ses discours le calme dans l'âme agitée de son disciple. Et en effet, quelles consolations plus douces et plus puissantes que les siennes, pour ceux du moins qui la suivent avec sincérité de cœur. Elle leur apprend à supporter les malheurs mêmes qu'elle leur attire; et dans un temps où, par des malentendus volontaires, on imputerait à la Philosophie des maux qu'elle s'était efforcée de prévenir, des crimes qu'elle abhorre, des proscriptions exercées par ses plus cruels ennemis et surtout dirigées contre elle, ce serait encore en elle seule que ses disciples fidèles chercheraient leur consolation et leur refuge.

Ce n'étaient plus des essaims, de nombreuses armées, c'était une nation entière, hommes, femmes, vieillards, enfants, conduits par Alboin, leur roi, qui venaient y chercher une nouvelle patrie. Leur état, dont Pavie fut la capitale, s'étendit depuis les Alpes jusqu'aux environs de Rome, sans y comprendre les villes maritimes, les unes libres, les autres encore défendues par les Grecs. Leur règne de fer remplit la fin du sixième siècle, tout le septième, et la plus grande partie du huitième. Leurs guerres meurtrières, tantôt entre leurs différents chefs, tantôt avec les Grecs, restés maîtres de Rome, de quelques autres villes et de l'Exarchat de Ravennes, tantôt enfin avec les Francs, toutes signalées par d'horribles massacres, et par les ravages du fer et du feu, firent pendant ce long espace, de la malheureuse Italie, à qui l'on est si souvent forcé de donner cette triste épithète, un désert couvert de ruines et inondé de sang.

Chacun étant alors réduit au soin d'une vie individuelle, sans cesse assiégée de terreurs, il n'y eut plus dans la vie commune, ni personne occupé de s'instruire, ni instituteurs, ni livres même, pour ceux qui, parmi tant de désastres, en auraient encore eu le désir. A peine trouvait-on à Rome, à Pise, et peut être dans un petit nombre d'autres villes, quelques écoles de grammaire et d'éléments de la science ecclésiastique. Quant aux livres, ces guerres non interrompues, avaient fait périr sous des décombres ou dans les flammes, ce qui s'était encore conservé d'anciens manuscrits, et les copies mêmes qui en avaient été tirées, principalement dans les monastères.

L'opulence de nos grandes bibliothèques modernes, leur luxe surabondant, les jouissances qu'elles nous procurent, la facilité que nous avons de nous en composer à peu de frais de particulières, suffisantes pour nos besoins et pour nos plaisirs, nous font trop oublier les difficultés que l'on trouvait avant l'invention de l'imprimerie, à se procurer des livres et surtout à en former de ces collections qu'on appèle bibliothèques. L'état où nous avons vu précédemment l'Italie, les y avait déjà rendus fort rares. Ils le devenaient chaque jour davantage. Les bons copistes manquaient, les manuscrits anciens, usés par la lecture, ou détruits par les bouleversements de la guerre, ne pouvaient bientôt plus être remplacés, lorsque les institutions monastiques, qui ont fait tant de mal à la raison humaine, mais qui rendirent alors plus d'un service à la civilisation et aux lumières, leur rendirent surtout celui de sauver d'une ruine totale les livres qui eu étaient le dépôt. La philosophie, qui a mis les moines à leur place, cesserait d'être ce qu'elle est, c'est-à-dire l'amour éclairé de la justice et de la vérité, si elle n'aimait à reconnaître et à respecter partout où elle le trouve, ce qui est bon en soi et utile aux hommes.

La passion favorite de l'Empereur étant la théologie, elle le devint aussi de tout l'Empire. L'esprit sophistique des Grecs fut tout occupé d'ergoteries scholastiques qui firent éclore une foule d'hérésies nouvelles. Les conciles et les synodes se multiplièrent; Justinien y argumenta souvent de sa personne, et l'on doit penser qu'il eut toujours raison. La foi ne s'en embrouilla que mieux: la sienne même, à force de raffinements, s'égara; et ce fléau des hérétiques, devenu hérétique à son tour, allait employer, pour soutenir son erreur, tous les moyens dont il avait appuyé son orthodoxie, lorsqu'il mourut sans se rétracter.

La science qui avait alors le moins perdu en Orient et en Occident était la jurisprudence. Après la théologie, c'était ce que Justinien aimait et entendait le mieux. Il y porta la réforme, et c'est de lui, ou du moins des légistes habiles qu'il employa, qu'est le corps des lois romaines tel qu'il existe encore aujourd'hui.

Ce ne fut pas un ouvrage fait du premier jet: dix jurisconsultes, à la tête desquels était le célèbre Tribonien, furent d'abord chargés de réunir, d'accorder, de compléter et de rassembler en un seul les trois Codes qui servaient alors de règle, y compris celui de Théodose. Le même Tribonien, et dix-sept jurisconsultes, firent ensuite un autre travail, plus considérable et peut-être plus difficile, mais qui devait les flatter, parce qu'il donnait de l'autorité et presque force de loi aux décisions des jurisconsultes les plus célèbres qui les avaient précédés; ce fut de rassembler ces décisions, de les diviser en cinquante livres, et chacun de ces livres en plusieurs titres, selon les diverses matières. Ce recueil reçut le nom de Digeste ou de Pandectes. Enfin, Tribonien et deux autres, dont les noms, quoique moins illustres, méritent aussi d'être conservés, Théophile et Dorothée, composèrent, par ordre de l'Empereur, les quatre livres des institutions, qu'on appelle vulgairement les Institutes, ou éléments de la science du Droit.

Sans doute ce beau climat et cette terre fertile commençaient à influer sur eux, comme ils le font à la longue sur tous les hommes; mais ce n'était pas à eux qu'il était réservé de faire faire à l'Italie les premiers pas hors de la barbarie dans laquelle ils avaient achevé de la plonger. Leur avant-dernier roi, Astolphe, ayant envahi Ravenne et l'Exarchat, qui étaient jusqu'alors restés à l'Empire, et menaçant Rome elle-même, attira l'attention de Pepin et ensuite de son fils Charlemagne, qui avaient conçu, pour leur propre ambition, des projets inconciliables avec ceux d'Astolphe. Les papes implorèrent leur secours, et n'eurent pas de peine à l'obtenir. Ni Astolphe, ni son fils Didier, qui lui succéda, ne purent résister aux Francs, successivement commandés par ces deux héros; et le royaume des Lombards fut définitivement détruit par Charlemagne, deux cent six ans après qu'ils eurent commencé à opprimer l'Italie.

Parmi les titres qu'obtint, et ce qui n'est pas toujours la même chose, que mérita le fils de Pepin, nous ne devons considérer ici que celui de restaurateur des lettres, le plus glorieux de tous. Sous ce point de vue, Charlemagne appartient surtout à l'histoire de la littérature française; mais il eut aussi sur l'Italie une influence qui fait époque et qui exige que nous portions en même temps nos regards sur l'Italie, sur la France et sur lui.

Si l'on se représente la suite des siècles, comme un torrent où elles sont entraînées, on y voit tantôt le mal et tantôt le bien roulant avec une vitesse progressive, jusqu'à ce que quelque obstacle imprévu, ou quelque moteur puissant, agissant en sens contraire, le cours change, le bien ou le mal s'arrête d'abord, rétrograde ensuite lentement, cède enfin; et les choses humaines reprennent avec la même vitesse le cours opposé. Au huitième siècle, l'ignorance n'avait plus de progrès à faire dans les Gaules: elle était parvenue à son comble. La faiblesse des Rois, la tyrannie des Maires, déléguée en quelque sorte à tous les gouverneurs des provinces, à tous les chefs militaires, dont ils avaient besoin pour leurs projets, accroissaient et favorisaient tous les désordres. La France enfin était toute barbare. Charlemagne vint: il arrêta le torrent, et redonna aux esprits un mouvement vers les études et vers la culture des lettres. L'ordre public et privé fut rétabli, et avec les études et les mœurs revinrent la sécurité intérieure et la prospérité de l'état.

Théodulphe était Goth d'origine et né en Italie. La réputation qu'il y avait acquise dans les lettres, engagea Charlemagne à l'appeler en France. Il lui donna l'évêché d'Orléans, bientôt après l'abbaye de Fleury: il le combla de richesses, d'honneurs et de témoignages de confiance. Théodulphe ne se montra point ingrat pendant la vie de Charles; mais après sa mort il fut enveloppé dans la révolte de Bernard, roi d'Italie, contre Louis-le-Débonnaire, et dans sa ruine. Malgré toutes les protestations qu'il fit de son innocence, il fut arrêté, comme tous les autres évêques qui avaient pris part à cette révolte, et renfermé à Angers dans un couvent; il mourut en 821, au moment où, ayant obtenu sa grâce, ainsi que tous ses complices, il se disposait à retourner dans son évêché. Outre plusieurs ouvrages de sa profession, écrits en prose latine qu'on ne peut lire, on a conservé de lui six livres de vers, tant sacrés que profanes, aussi illisibles que sa prose. Entre plusieurs élégies qu'il composa pendant sa captivité, on en distingue une, qui est devenue un hymne de l'église, et dont les vers sont rimés du milieu à la fin, comme il était déjà d'usage dans cette poésie latine dégénérée. Elle commence par ce vers:

On a prétendu que, s'étant mis à chanter à pleine voix cette élégie dans sa prison, lorsque l'empereur Louis passait dans la rue, ce fut ce qui lui fit obtenir sa liberté: mais c'est une fable sans vraisemblance.

Malgré l'exemple et les travaux de ces savants et de plusieurs autres, répandus dans les différentes parties de l'Italie, l'impulsion donnée aux études par Charlemagne, fut passagère et ne lui survécut pas. Elle eût été plus durable, peut-être dès ce moment l'Italie aurait vu le génie des lettres reprendre son essor, si elle eût été moins profondément ensevelie sous ses propres débris, et si Charlemagne eût fait un plus long séjour au-delà des Alpes. Mais trop d'objets, trop de pays divers, trop de parties de son vaste Empire l'appelaient à la fois; il encouragea, honora et récompensa les savants; le reste il le laissa tout entier à faire, et, malgré le mouvement qu'il avait imprimé aux esprits, ils croupirent long-temps encore, ou plutôt ils s'enfoncèrent bientôt plus avant que jamais dans l'invincible ignorance où les retenaient et le manque absolu de bons livres, et les traces profondes que laissaient après eux plusieurs siècles de barbarie.

«Si Charlemagne et Alcuin avaient conçu de plus justes idées de la littérature, au lieu de tant de peines, de voyages et de dépenses inutiles, combien ne leur eût-il pas mieux réussi de se procurer et de multiplier les copies des auteurs des bons siècles, de ressusciter l'étude si nécessaire de la langue grecque? En apprenant à goûter dans les écoles les grands poètes et les grands orateurs, on aurait pu faire renaître la belle poésie et la solide éloquence. On aurait appris à bien penser et à bien écrire; et les études ecclésiastiques elles-mêmes y auraient autant gagné que les études purement littéraires.»

Tel était donc le triste état où languissaient toutes les branches de la littérature, moins de deux siècles après que Charlemagne eût produit cette grande révolution qu'on lui attribue, qui fut réelle, mais passagère, et qui a plus servi à la gloire de son nom qu'aux progrès de l'esprit humain. Le commencement d'un nouveau siècle fut comme l'aurore du jour qui devait dissiper une si longue et si épaisse nuit.

C'est à ce siècle, cependant, que les Italiens assignent les premiers mouvements de la renaissance: c'est l'époque qu'ils désignent par le nom de ce siècle même, et qu'ils appellent avec respect le Mille, il Mille. Mais le cours du mal, suspendu seulement par Charlemagne, devenu plus rapide depuis sa mort, était arrivé à l'extrême: il n'y avait, pour ainsi dire, plus de degrés d'ignorance, où les esprits pussent encore descendre. Il fallait qu'ils suivissent enfin cette loi d'instabilité qui les entraîne; que les sciences et les arts sortissent de leurs ruines, et recommençassent à s'élever, jusqu'à ce qu'ayant repris toute leur splendeur, de nouvelles causes ramenassent un jour une dégénération nouvelle.

Enfin des divers ports d'Italie, on commençait à naviguer chez des nations étrangères; on rapportait des connaissances acquises et le désir d'en acquérir de nouvelles. On trouvait en Orient les lettres et quelques parties de la philosophie, jouissant encore d'une sorte d'honneur; on voyait fleurir en Espagne, parmi les Maures, dont la domination y était alors prospère et fastueuse, une littérature nouvelle, l'étude et l'admiration des sciences et de la philosophie grecque; et l'on revenait de Constantinople avec des manuscrits grecs, et d'Espagne avec des manuscrits arabes, soit originaux dans cette langue, soit traduits du grec.

Ce fut par des traductions de cette espèce qu'Hippocrate commença d'être connu; que ses ouvrages et d'autres, tant grecs qu'arabes, sur la médecine, se répandirent dans l'Italie méridionale. Ils y furent apportés et interprétés par un aventurier savant et laborieux, nommé Constantin, et donnèrent naissance à la fameuse école de Salerne, ou du moins commencèrent sa célébrité. On en fait remonter beaucoup plus haut l'existence. Ce qu'il y a de certain, c'est que, dès la fin du dixième siècle, on allait à Salerne consulter sur ses maladies et rétablir sa santé. Un historien du douzième siècle (Orderic Vital), parle aussi de cette école de médecine, comme étant déjà fort ancienne. L'opinion la plus probable est que les Arabes ou Sarrazins, qui occupèrent une grande partie de ces provinces, y apportèrent leurs sciences et leurs livres, parmi lesquels il s'en trouvait beaucoup de médecine. Ils réveillèrent dans ces contrées le goût pour cette science, et l'arrivée de Constantin y donna une nouvelle activité.

Quant aux Grecs de Constantinople, après un long sommeil, les sciences et les lettres semblaient aussi renaître parmi eux. Pendant le huitième siècle, les sanglantes querelles entre les iconoclastes et les adorateurs des images, avaient servi de prétexte à la destruction des monuments des arts et des lettres, et détourné de plus en plus des études utiles et paisibles, par des argumentations bruyantes, soutenues à main armée. Mais au neuvième, après que la dynastie des Basilides eût renversé la race Isaurienne, qui avait remplacé les descendants d'Héraclius, les esprits, ayant repris un peu de calme, se reportèrent vers les études.

Constantin Porhyrogénète suivit la route que son père, Léon-le-Philosophe, lui avait tracée, et s'y avança plus loin que lui. Ce fut un homme de lettres sur le trône. Il a laissé plusieurs ouvrages, l'un sur l'administration de l'Empire, l'autre contenant une description de ses provinces, un troisième sur la tactique et les opérations militaires. Le quatrième est un assez gros livre sur un sujet moins important, sur le cérémonial de la cour de Bysance; mais enfin il cultiva les lettres, la musique, la peinture; et lorsque Romain Lecapenus l'eut renversé du trône, où il remonta ensuite, il sut, dit-on, se faire une ressource de ses talents et de la vente de ses tableaux; ressource que peu de Souverains pourraient se procurer en pareil cas.

Les exemples donnés par ce prince et par son père, quoiqu'ils ne fussent rien moins que de grands princes, contribuèrent cependant beaucoup à ranimer dans l'Orient le goût des études. L'effet s'en prolongea, pour ainsi dire, pendant les règnes tantôt violents, tantôt faibles, toujours étrangers aux lettres, qui suivirent le leur, jusqu'à ce que celui des Comnène vînt, au milieu du onzième siècle, rallumer momentanément l'émulation presque éteinte.

Cette langue, altérée dans ses mots et dans ses tours, était pourtant encore matériellement la langue d'Homère et de Démosthène, au lieu qu'on oserait à peine dire, en parlant du langage corrompu dans lequel on écrivait alors à Rome et dans l'Italie, comme en France et dans l'Europe entière, que ce fut la langue de Cicéron et de Virgile. Aussi, malgré la place honorable que ce siècle conserve dans l'Histoire littéraire d'Italie, quels monuments latins a-t-il laissés? de quels auteurs peut-il citer les productions? Quels sont ceux qui, dans cette dépravation générale, montrèrent du moins un bon esprit et quelques traces d'un meilleur style?

Lanfranc, mort en 1089, n'a laissé qu'un traité de l'Eucharistie contre l'hérésie de Bérenger, et des lettres écrites, les unes avant, les autres pendant son épiscopat. Ce fut donc moins par ses ouvrages que par sa méthode d'enseignement qu'il servit au progrès de la philosophie et des lettres. C'est dans l'école qu'il tint au milieu de la forêt du Bec, que sont ses plus beaux titres de gloire. Parmi les personnages illustres qui en sortirent, il suffit de citer Ives de Chartres, regardé comme le restaurateur du droit canonique en France, et dont les lettres sont si précieuses pour notre histoire; Anselme, qui devint Pape sous le nom d'Alexandre II, et cet autre Anselme, dont la renommée littéraire égala celle de son maître.

Il serait inutile de nous traîner sur des noms et sur des ouvrages ignorés et illisibles. Rien n'y annonçait encore une résurrection prochaine: la semence en était jetée, mais rien ne germait et surtout ne fructifiait encore. En voyant avec quelle lenteur et avec combien de peine l'esprit humain se dégage de la rouille que la barbarie lui a une fois imprimée, on apprend à sentir de plus en plus les bienfaits de l'instruction, à chérir davantage les sciences, la philosophie et les lettres; à respecter, à garder précieusement, à désirer d'augmenter chaque jour le trésor sacré des lumières.

CHAPITRE III.

Situation politique et littéraire de l'Italie, au douzième siècle; Universités; Études scolastiques; Langue Grecque; Histoire; Naissance des Langues modernes, et en particulier de la Langue Italienne; Troubadours Provençaux; Sarrazins d'Espagne.

Après sa mort, les schismes recommencèrent. Alexandre III, son successeur, fugitif, quoique légitime, vit quatre anti-papes soutenus par Frédéric, lui disputer successivement la thiare. Après six ans d'exil, il fut rappelé de France à Rome par le parti même de la liberté: il devint en quelque sorte le chef des républiques italiennes; et lorsque la ligue lombarde fonda une ville nouvelle, pour opposer un rempart de plus aux prétentions de Frédéric, elle signala son dévouement aux intérêts du pape, en nommant cette ville Alexandrie.

Au milieu de ces agitations, il était difficile que les souverains pontifes s'occupassent de l'encouragement des lettres. Les écoles languissaient; il ne s'en formait point de nouvelles, et celles mêmes qui se seraient ouvertes auraient peu avancé les lumières. Le réveil des sciences commençait, mais les lettres sommeillaient encore. À Rome, comme dans les autres états d'Italie, comme dans le reste de l'Europe, le Trivium et le Quadrivium, ou les sept arts classés sous ces dénominations barbares, formaient le cercle entier des connaissances humaines. Le Trivium comprenait la grammaire, la rhétorique et la dialectique; mais que pouvaient être la grammaire et la rhétorique sans modèles d'un style pur et sans exemples d'éloquence? et qu'était alors la dialectique, sinon une méthode pour embrouiller et pour obscurcir la raison? Quant au Quadrivium, composé de l'arithmétique, de la géométrie, de la musique et de l'astronomie, on n'ignore pas que les deux premières se bornaient à de faibles éléments, que la troisième n'allait pas plus loin que la lecture des chants d'église, que l'astronomie ne s'arrêtait pas toujours aux bornes qu'avait alors la science, et qu'elle ouvrait souvent la porte à une superstition de plus.

Parmi ces sciences, la dialectique était celle qui dominait sur toutes les autres, et qui obtenait cet empire par celui qu'elle exerçait sur tous les esprits. Lorsqu'Aristote imagina ses classifications ingénieuses, les divisions et subdivisions des opérations de l'entendement, les règles subtiles de l'art de raisonner juste, et les moyens non moins subtils de reconnaître et de combattre les raisonnements faux, il ne s'attendait pas sans doute à l'abus qu'en firent les péripatéticiens, ses disciples, et les stoïciens; mais il s'attendait encore moins à voir cette méthode, qu'il avait imaginée pour rectifier et pour guider l'esprit, devenir la base et le premier type des méthodes les plus propres à le fausser et à l'égarer. Ce qui était obscur en soi engendra d'impénétrables ténèbres, quand il eut fermenté dans les têtes avec le fanatisme religieux; et les questions de l'hypostase et de la nature, de la matière et de la forme, appliquées aux mystères du christianisme, devinrent une source fertile de sophismes infinis en même temps que d'hérésies nombreuses.

Les orthodoxes crurent avoir besoin, pour se défendre, des mêmes armes avec lesquelles on les attaquait; et ce fut alors dans tous les partis un cahos de subtilités sophistiques, où l'on perdit de vue les choses pour ne plus songer qu'aux mots. Les mots se rangeaient, pour ainsi dire, en bataille les uns contre les autres, sans que l'on fit aucune attention aux choses; et les rangs de mots vainqueurs n'étaient ni plus raisonnables, ni plus intelligibles que les vaincus. Les universaux de Porphyre engendrèrent les nominaux, ennemis des réaux, et tous ensemble ennemis irréconciliables du bon sens et de la raison. Quand on vous dit que tel ou tel savant du sixième, du septième, et des quatre ou cinq siècles suivants, était un profond dialecticien, c'est dans toutes ces belles choses que vous devez entendre qu'il était profondément habile. On les désigne tous dans l'histoire de la philosophie, par le nom de scolastiques; et il est aisé de voir à quel rang ils y doivent être placés.

Il faut ajouter au trivium et au quadrivium, ou aux sept arts, une science qui prenait alors de grands et rapides accroissements, et qui, fondée sur des réalités, donnait du moins à l'esprit une nourriture plus substantielle et plus saine, quoique les arguties de la scolastique s'y mêlassent encore.

Quatre principaux chroniqueurs se distinguent parmi un plus grand nombre que ces mêmes états eurent alors; Lupo, surnommé Protospata, natif de la Pouille, qui raconta les événements et les révolutions arrivées à Naples et en Sicile, depuis la fin du neuvième siècle jusqu'au commencement du douzième; Falcone, de Bénevent, son continuateur jusqu'à l'an 1140, Romoald, archevêque de Salerne, personnage très-important de ce siècle, qui embrassa dans sa chronique l'histoire universelle, depuis le commencement du monde jusqu'à l'année 1178; enfin Hugues Falcandus, auteur d'une histoire de Sicile, où il raconte surtout fort en détail les désastres que ce malheureux pays éprouva depuis 1154 jusqu'en 1169, sous ses deux rois Guillaume.

En rendant justice au zèle patriotique du savant Muratori, qui a recueilli et publié tous ces vieux historiens d'Italie, on ne peut se faire illusion sur des siècles qui n'avaient pas d'autres monuments historiques, ni presque d'autre littérature; car on n'oserait donner ce nom aux poëmes latins, peut-être encore plus grossiers que ceux du siècle précédent, qu'on trouve dans le même recueil, et qui ne méritent même pas qu'on les nomme.

Si l'on recherche avec attention ce qui pouvait arrêter si long-temps dans ses progrès une nation naturellement ingénieuse, on trouvera un grand obstacle, dont il est temps de parler au moment où nous sommes prêts à le voir disparaître.

On s'est beaucoup et utilement occupé, dans ces derniers temps, de l'influence des signes sur les idées. Sans aller peut-être aussi loin à cet égard que quelques-uns de nos philosophes, on ne peut nier ni la force, ni l'étendue de cette influence. Deux choses paraissent également démontrées, c'est qu'il faut qu'un peuple soit déjà très-avancé pour que sa langue devienne capable de s'élever au rang des langues littéraires, et que ce n'est qu'après que sa langue est devenue telle, que ce peuple peut faire dans les lettres de véritables progrès. À quel état, sous ce point de vue, l'Italie était-elle réduite? Depuis plusieurs siècles, la langue latine proprement dite n'y existait plus, et une autre langue n'y existait pas encore. Les étrangers qui remplissaient Rome sous ses derniers empereurs, les Goths et les Ostrogoths qui la conquirent, les Lombards, et après eux les Francs, les Allemands, les Hongrois, les Sarrazins, avaient successivement apporté tant d'altération dans le langage national, que ce n'était plus le même langage. On cherchait encore à l'écrire, on n'écrivait même pas autrement, mais excepté dans les écoles, on ne le parlait plus. On ne l'y parlait pas, on ne l'écrivait pas savamment; c'était pourtant une langue savante, ou plutôt une langue morte. Tous les auteurs dont nous avons parlé jusqu'ici, sont latins, ou tâchèrent de l'être, et l'on peut dire que, du moins quant au langage, il n'y avait point encore d'Italiens en Italie.

Comment et de quels éléments se forma cette belle langue, reconnue pour la première des langues modernes, et qui maintenant fixée depuis cinq siècles, par des écrivains demeurés classiques, a, pour ainsi dire, pris place parmi les anciennes? L'apparition de ce phénomène mérite de nous arrêter quelques instants.

Lorsqu'à une époque prodigieusement reculée, les anciens Celtes ou Celto-Scythes, dont la langue, si elle n'est pas primitive dans un sens absolu, l'est au moins relativement à presque toutes les langues connues, se furent répandus d'une part dans l'Asie occidentale, et de l'autre en Europe, ils s'étendirent dans cette dernière partie, les uns au nord, les autres le long du Danube. La postérité de ceux-ci, remontant ce fleuve, arriva ensuite aux bords du Rhin, le franchit et remplit de ses populations nombreuses tout l'intervalle qui s'étend des Alpes aux Pyrénées et aux deux mers: partout la langue des Celtes se mêlant avec les idiomes indigènes, forma des combinaisons où elle domina sensiblement: et même dans des cantons qu'ils avaient trouvés déserts, ou dont ils avaient fait disparaître les habitants, le celtique se conserva dans sa pureté originelle.

Quelques siècles après, la population toujours croissante de ces Celtes ou Gaulois, les força de passer et les Pyrénées et les Alpes. En Italie, après avoir occupé d'abord tout ce qui est au pied des montagnes, ils s'étendirent de proche en proche dans l'Insubrie, dans l'Ombrie, dans le pays des Sabins, des Étrusques, des Osques, etc. Dans ce même temps, des Grecs abordaient à l'extrémité orientale de l'Italie; ils y formaient des colonies et des établissements. Ils quittèrent bientôt les bords de la mer, et s'avançant toujours, ils rencontrèrent enfin les Celtes, qui, de leur côté, continuaient aussi de s'avancer.

Après quelques guerres sans doute, car tel a toujours été l'abord de deux peuples qui se rencontrent, ils se réunirent dans l'ancien Latium, et n'y formèrent plus qu'une société qui prit le nom de peuple Latin. Les langues des deux nations se mêlèrent, se combinèrent arec celles des habitants primitifs. N'oublions pas de remarquer, que, dans cet amalgame, le celtique avait un grand avantage. Le grec, qui n'était pas encore à beaucoup près la langue d'Homère et de Platon, devait de son côté la naissance à un mélange de marchands Phéniciens, d'aventuriers de Phrygie, de Macédoine, d'Illyrie, et de ces anciens Celto-Scythes, qui, tandis que leurs compatriotes se précipitaient en Europe, s'étaient jetés sur l'Asie occidentale, d'où ils étaient ensuite descendus jusqu'au pays qui fut la Grèce; il y avait donc déjà du celtique altéré dans ce grec qui se combinait de nouveau avec le celtique. C'est de cette combinaison multiple que naquit cette langue latine, qui, grossière dans l'origine, mais polie et perfectionnée par le temps, devint enfin la langue des Térences, des Cicérons, des Horaces et des Virgiles; et c'est cette même langue latine qui, après un si beau règne, terminé par un long et triste déclin, venait s'amalgamer encore une fois avec le celtique, source commune des dialectes barbares des Goths, des Lombards, des Francs et des Germains, pour devenir, peu de temps après, la langue du Dante, de Pétrarque et de Boccace.

Mais les Provençaux avaient eux-mêmes reçu cette influence d'un peuple devenu leur voisin par la conquête de l'Espagne. La littérature des Arabes précéda de long-temps celle des Troubadours. Avant de nous occuper de ces derniers, nous devons donc fixer les yeux sur leurs devanciers et leurs modèles. Le règne de la littérature Arabe se prolongea pendant près de cinq siècles; et, par une combinaison remarquable d'événements, il remplit à peu près le vide que forment les siècles de barbarie dans l'histoire de l'esprit humain. On ne peut bien connaître toutes les causes qui contribuèrent à la renaissance des lettres, sans prendre au moins une idée générale de l'histoire littéraire de ce peuple conquérant, ingénieux et singulier.

CHAPITRE IV.

Une autre cause que l'influence du génie de Mahomet et de sa religion, se fait sentir dans la conquête de celles de ces contrées qui obéissaient encore à l'empire d'Orient, c'est la faiblesse des successeurs des Césars. Les timides irrésolutions d'Héraclius ne contribuèrent pas moins à la ruine de la Syrie et de l'Égypte, que l'active et féroce valeur de Caled et d'Amrou.

Le nom de ce dernier et celui du calife Omar, son maître, rappellent une des pertes les plus célèbres et les plus douloureuses que les lettres aient jamais faites, celle de la riche bibliothèque d'Alexandrie: mais dans notre siècle, où l'on examine tout, où l'on ne croit plus ni le bien, ni même le mal, sans preuves, on a révoqué en doute l'ordre d'Omar, et la distribution des volumes grecs entre les 4,000 bains de la ville, et le feu de ces bains entretenu pendant plus de six mois par l'incendie de ces volumes. Il importe peu qu'Omar et son lieutenant Amrou aient commis, il y a près de douze siècles, en Égypte, un acte de barbarie de plus ou de moins; mais il importe beaucoup de fixer les idées des amis des lettres sur une perte aussi cruelle, et de leur faire au moins entrevoir quel est le fondement réel, et quelle doit être l'étendue de leurs regrets.

Tandis qu'un zèle aveugle exterminait ainsi les productions païennes, la fureur des Ariens, secte violente et destructive, en faisait autant des livres chrétiens. Les richesses littéraires de tout genre qui y avaient été accumulées à différentes époques, en avaient donc entièrement disparu, à la fin du quatrième siècle. Il est impossible, il est vrai, que quelques livres n'aient pas échappé à ces ravages. Pendant les deux siècles et demi qui suivirent, jusqu'à l'invasion des Arabes, on s'occupa encore en Égypte de philosophie, de sciences, de littérature. L'astronomie, la médecine, l'alchimie, la théologie, et surtout la controverse y furent cultivées avec autant d'activité que jamais. Les habitants d'Alexandrie continuèrent le commerce, très-lucratif pour eux, de papier d'Égypte et de livres; tout n'était donc pas anéanti. De nouveaux ouvrages sans doute augmentaient encore peu à peu ce nouveau trésor, et sans être, par sa composition, aussi précieux que les anciens, peut-être cependant, avait-il, au moins par sa masse, quelque chose d'imposant, lors de la conquête d'Amrou.

Pendant les premiers siècles du mahométisme, les Musulmans, emportés, comme il arrive d'ordinaire, par le zèle fanatique d'une religion nouvelle, et par une férocité contractée dans le fracas des armes, suivirent partout un système de destruction, et sévirent également contre la religion des infidèles, et contre les productions de leur esprit, qu'ils regardaient toutes comme infectées de leurs erreurs. Ce fut lorsque les califes se furent affermis, lorsqu'ils jouirent, au centre d'une immense domination, des douceurs de la paix, d'une opulence et d'une autorité sans bornes, qu'ils purent cultiver les dispositions naturelles de leurs peuples, avec tous les avantages que leur donnaient leur position, leurs nouvelles mœurs et leur puissance.

Haroun-al-Raschid régna peu de temps après. Sa renommée a rempli le monde. Son amour pour les lettres, et pour ceux qui les cultivent, était si grand, que, selon le témoignage de l'historien Elmacin, il ne se mettait jamais en voyage, sans emmener avec lui un grand nombre de savants. Il appela auprès de lui tous ceux qu'il put découvrir, et les combla de bienfaits. La poésie fit ses délices; on le vit plus d'une fois verser des larmes d'attendrissement en lisant de beaux vers, et ce qui fit faire à sa nation encore plus de progrès, c'est qu'en faisant bâtir des mosquées, il joignit à chacune une école publique.

Il s'occupa avec moins de succès de la théologie. La Sounna, ou le recueil des traditions de Mahomet, divisait alors les croyants. Chaque iman prétendait à l'honneur de former une secte. Les plus savants d'entre eux, et ceux qu'on crut les plus sages, furent chargés du soin de ramener les incrédules. Abou-Abdallah publia, en dix gros volumes, les traditions de Mahomet et des autres chefs de l'islamisme. Elles étaient au nombre de 267,000. Cet ouvrage énorme ne fit qu'augmenter le schisme. La théologie mystique s'éleva de toutes parts. Les traités ascétiques se multiplièrent. Les derviches inventèrent des amulettes et des prières mystérieuses, qu'ils attribuèrent à Mahomet, à sa femme Cadige, à Ali. Ils attribuèrent même quelques-unes de ces formules à David, à Salomon, et à Jésus-Christ. On entassa volumes sur volumes, et la Bibliothèque des controversistes musulmans, ne le céda ni en nombre, ni en obscurité, à la Bibliothèque des nôtres.

J'ai parlé du goût passionné que les Arabes eurent de tous temps pour la poésie. Les troubles et les guerres civiles l'avaient refroidi. Haroun et son fils le ranimèrent. La cour d'Almamon retentissait chaque jour du chant des poètes, et de leurs combats lyriques, dont il payait libéralement le prix. Enfin il n'y eut aucune partie des sciences et de la littérature, pour laquelle ce calife illustre ne montrât autant de goût que s'il s'en était exclusivement occupé. Sous son règne, Bagdad devint un vrai foyer de lumières. On ne s'y occupait que d'études, de livres, de littérature. Les lettrés seuls pouvaient obtenir la faveur du calife; tous les savants dont il avait connaissance, il les appelait à sa cour, et les y comblait de récompenses, de distinctions et d'honneurs. Le principal emploi de ses ministres était de protéger les sciences. La Syrie, l'Arménie, l'Égypte, tous les pays qui possédaient des livres de quelque importance, devenaient tributaires de son amour pour les lettres; il y envoyait ses ministres pour y recueillir et en rapporter à tout prix ces richesses littéraires. On voyait entrer à Bagdad des chameaux, uniquement chargés de livres; et tous ceux de ces livres étrangers, que les savants jugeaient dignes d'être mis à la portée du peuple, il les faisait traduire en arabe, et répandre avec profusion. Sa cour était composée de maîtres dans tous les arts, d'examinateurs, de traducteurs, de collecteurs de livres; elle ressemblait plutôt à une académie de sciences, qu'à la cour d'un monarque guerrier; et lorsqu'il fit, en vainqueur, la paix avec l'empereur de Bysance, Michel III, il exigea de lui, comme une des conditions du traité, des livres grecs de toute espèce.

Bientôt la nation entière obéit à cette impulsion puissante. Des écoles, des colléges, des sociétés savantes s'élevaient dans toutes les villes; des hommes instruits semblaient germer de toutes parts. Il se forma des académies célèbres, d'où sortaient chaque jour les compositions les plus élégantes en prose et en vers, et qui eurent pour membres des hommes illustres dans toutes les branches de la littérature et des sciences. L'Afrique et l'Égypte suivirent cet exemple. Alexandrie fut vengée par les Arabes, amis des lettres, des maux que lui avaient faits leurs ancêtres encore barbares. Elle eut jusqu'à vingt écoles à-la-fois, où accouraient de toutes les parties de l'Orient les amateurs de la philosophie et des sciences. En un mot, elle vit presque renaître sous les fatimites, les beaux jours des Ptolemées. Fez et Maroc, aujourd'hui retombées dans un état presque sauvage, devinrent des villes toutes lettrées. De superbes établissements, des édifices magnifiques y furent élevés en faveur des sciences; et l'érudition européenne garde le souvenir de leurs opulentes bibliothèques, qui ont enrichi les nôtres de manuscrits si précieux, et nous ont fourni des connaissances si curieuses et si utiles.

Mais c'est peut-être en Espagne que les sciences des Arabes eurent le plus d'éclat; c'est là que se fixa, pour ainsi dire, le règne de leur littérature et de leurs arts. Cordoue, Grenade, Valence, Séville se distinguèrent à l'envi par des écoles, des colléges, des académies, et par tous les genres d'établissements qui peuvent favoriser les progrès des lettres. L'Espagne possédait soixante-dix bibliothèques ouvertes au public, dans différentes villes, quand tout le reste de l'Europe, sans livres, sans lettres, sans culture, était enseveli dans l'ignorance la plus honteuse. Une foule d'écrivains célèbres enrichit dans tous les genres la littérature arabico-espagnole; et l'ouvrage qui contient les titres et les notices de leurs innombrables productions en médecine, en philosophie, dans toutes les parties des mathématiques, en histoire, et principalement en poésie, forme en Espagne une volumineuse Bibliothèque.

Mais l'Europe leur eut des obligations plus évidentes et plus faciles à prouver. L'Italie et la France étaient alors égarées plutôt que conduites par une dialectique barbare, dont il faut avouer que les Arabes eux-mêmes augmentèrent les ténèbres par leurs obscurs commentaires sur les obscurités d'Aristote; mais elles reçurent d'eux, comme en dédommagement, Hippocrate, Dioscoride, Euclide, Ptolémée et d'autres lumières des sciences; elles apprirent à se diriger dans les observations astronomiques; à examiner et à décrire les productions de la nature; à en tirer les éléments de la matière médicale, et rouvrirent au charme des vers et des inventions poétiques, des oreilles endurcies par les cris de l'école, et par le bruit des armes.

C'est principalement par leurs fables ou romans, et par leur poésie, qu'ils ont influé sur le goût de la littérature moderne, comme ils ont influé par leurs traductions sur les sciences. Quelques discussions se sont élevées au sujet des romans. Saumaise leur en attribue l'invention. Huet la leur dispute, et veut qu'elle appartienne aux Anglais ou aux Français; et des auteurs français plus récents, ont exclusivement réclamé cet honneur pour la France. Quoiqu'il en soit de ce point de critique, sur lequel nous aurons occasion de revenir, on ne saurait nier que le goût des inventions fabuleuses ne fût très-ancien chez les Arabes, ni que la plupart des auteurs de romans, de contes et de nouvelles, ne leur aient emprunté un nombre infini de fictions et d'aventures. Quant à leur poésie, sans nous étendre autant que l'exigerait peut-être un sujet aussi riche, mais qui ne se présente à nous que comme accessoire, essayons du moins d'en donner une idée, et d'en tracer les principaux caractères.

«Les banquets, l'ivresse, la marche ferme et légère d'un chameau vigoureux, sur lequel s'appuie péniblement son maître blessé par l'Amour en traversant une étroite vallée;

«De jeunes filles d'une blancheur éclatante, marchant avec délicatesse, semblables à des statues d'ivoire, couvertes de voiles de soie brodés d'or, et gardées soigneusement;

«L'abondance, la tranquille sécurité, et le son des lyres plaintives, sont les vraies douceurs de la vie;

«Approchez, mes amis, approchez de Maâni, et dites à son tombeau: Que les nuages du matin t'arrosent de pluies continuelles!

«O tombeau de Maâni! toi qui n'étais qu'une fosse creusée dans la terre, tu es maintenant le lit de la bienfaisance. O tombeau de Maâni! comment as-tu pu contenir la libéralité qui remplissait la terre et les mers? Que dis-je, tu as reçu la libéralité, mais morte: si elle eût été vivante, tu aurais été si étroit que tu te serais brisé.

«Il existait un jeune homme, que sa générosité fait vivre encore après sa mort, comme la prairie, quand un ruisseau l'a parcourue, reverdit avec plus d'éclat.

«Mais à la mort de Maâni, la libéralité est morte, et le faîte de la noblesse d'âme est abattu».

Je cite de pareilles singularités, non certes comme des objets d'imitation, mais pour que nous sachions dans la suite à qui attribuer ce faux goût, si contraire à la nature, que les anciens ne connurent jamais, et qui a si long-temps infecté le style moderne.

Je pourrais ainsi parcourir tous les différents genres que ces peuples ont traités, et montrer, par des citations choisies, quel caractère le génie oriental leur a donné; mais ce serait me jeter dans trop de longueurs, et trop m'écarter du but que je me suis proposé. Cette littérature est un champ immense que je n'ai pas eu la présomption de parcourir. J'ai voulu seulement donner un léger aperçu de son histoire, des richesses qu'elle renferme, du goût particulier qui y règne, et de l'influence qu'elle a exercée sur la littérature moderne, à laquelle il est temps de revenir.

CHAPITRE V. 388

Des Troubadours provençaux, et de leur influence sur la renaissance des lettres en Italie.

Section Ire.

Historiens des Troubadours; origine et révolutions de leur poésie; naissance de la rime; Troubadours de tous les rangs; leurs aventures; leur célébrité; décadence et courte durée de la poésie des Troubadours.

À mesure qu'on s'éloigna des bons siècles, la cadence des vers latins devint moins régulière, les règles de la quantité furent moins observées, et dans le moyen âge les vers rhythmiques, où l'on n'avait égard qu'au nombre des syllabes et non point à leur durée, prirent presque entièrement la place des vers métriques. Les consonnances y devinrent alors plus fréquentes, comme si leur effet, facile à saisir, eût tenu lieu, pour des oreilles moins délicates, des combinaisons harmonieuses et souvent imitatives du mètre. On écrivit des poëmes entiers en vers qu'on appelle léonins, dont le milieu était toujours en consonnance avec la fin. On a prétendu que ce nom de léonins leur vint d'un certain Léon, Parisien, moine de St.-Victor, qui les inventa et en fit un grand usage au douzième siècle; mais les exemples de ces sortes de compositions rimées datent de beaucoup plus haut, et Léon ne peut avoir eu tout au plus que la gloire de perfectionner cette invention.

Ce n'est pas là, d'ailleurs, à beaucoup près, le seul rapport qu'on trouve entre les deux poésies.

Des traits si multipliés de ressemblance peuvent-ils laisser le moindre doute, et ne reste-t-il pas prouvé que la poésie des Troubadours provençaux dut sa naissance et quelques uns de ses caractères au voisinage de l'Espagne et à l'exemple des Arabes; que leur langue se sentit aussi de ce commerce; qu'elle n'en profita peut-être guère moins que de ses anciens rapports avec le grec de Marseille, et que ces causes réunies lui donnèrent cette supériorité qu'aucune langue moderne ne pouvait lui disputer alors, mais qu'elle ne devait pas garder long-temps.

Mais il ne reste point de monuments de ces temps primitifs de la poésie provençale, où le titre de jongleur annonçait ce qu'on entendit ensuite par celui de Troubadour. Ce n'est qu'à cette seconde époque de l'art que l'on en peut commencer l'histoire; et ce sont des têtes couronnées que l'on trouve, pour ainsi dire, à l'ouverture de cette ère poétique.

Cette épigramme, ou plutôt ce couplet, est de dix vers sur deux seules rimes. Le galant empereur ne fait qu'exprimer dans chaque vers ce qui lui plaît le plus dans chaque nation.

Plas my cavalier françès

E la donna Catalana,

E la court de Castellana.

Lou cantar Provensalès

E la dansa trivisana

E lou corps Aragonnès

E lou donzel de Thuscana.

Cela prouve bien que Frédéric savait conserver, au milieu des ravages et des désastres de la guerre, beaucoup de politesse et de liberté d'esprit; mais nous n'avons de lui que cet impromptu, et ce n'est pas assez pour le mettre au rang des poëtes.

C'est une circonstance bien remarquable de cette époque de la littérature provençale, et sur laquelle on n'a peut-être pas assez réfléchi, que, dans un siècle de barbarie et d'ignorance, dans un pays où l'on peut dire qu'à proprement parler il n'y avait point de littérature, il se fût tout à coup déclaré une espèce d'épidémie poétique si générale, qu'elle atteignait jusqu'aux plus grands seigneurs et jusqu'aux rois. Non seulement dans leurs amours, mais dans leurs affaires politiques et dans leurs guerres, ils s'exprimaient en vers: ils s'attaquaient, se répondaient; et si, comme dans les temps homériques, ils s'adressaient des ironies piquantes et des injures, ce n'est plus un poëte inventeur et suspect qui nous l'apprend, et qui les leur prête sans doute, c'est eux-mêmes que nous entendons, et dont nous pouvons juger le degré de politesse aussi bien que le courage et le talent.

Beaucoup de chevaliers riches, seigneurs de terres et de châteaux, suivirent l'exemple que leur donnaient des princes et des rois Troubadours, tandis qu'une foule presque innombrable de poëtes, nés dans une condition commune, trouvait, dans les habitudes et les usages du régime féodal, des moyens de subsister, par ses talents, avec aisance et avec honneur. Tous trouvèrent dans les mœurs de leur siècle une ample matière à leurs poésies galantes et licencieuses, et dans les événement publics une source inépuisable de sujets pour leurs pièces historiques et leurs satires.

Autant de hautes seigneuries, baronies ou comtés, autant de châteaux et presque de gentilhommières, autant il y avait de grandes et petites cours, où chacun s'efforçait d'étaler, selon ses moyens, le luxe que ce temps permettait, et d'attirer les seigneurs voisins et les chevaliers voyageurs par des divertissements et par des fêtes. Les Troubadours parcouraient avec leurs jongleurs ces séjours de guerre et de plaisirs. Les châtelains les plus riches s'efforçaient de les y fixer. Leurs femmes ou leurs filles, lorsqu'elles étaient jolies, n'y contribuaient pas moins que leurs richesses. Ils s'en inquiétaient peu, pourvu qu'à leurs tables, et dans les longues soirées d'hiver, ils fussent défrayés de chants guerriers, de récits romanesques, de jolies chansons et de contes merveilleux ou gaillards.

Plusieurs autres de ces poëtes, sans se donner ainsi en spectacle, et sans porter dans ces pieuses expéditions des têtes aussi malades, y partagèrent du moins la folie commune. Les uns célébraient les exploits dont ils étaient témoins, les autres reprenaient dans leurs sirventes les vices et les fautes des croisés, d'autres chantaient en même temps les triomphes de la croix et les plaisirs ou les peines de leurs amours. C'était une singularité de plus dans le tableau déjà si singulier de ces saintes armées; il est à regretter que le Tasse, ce peintre si fidèle des mœurs de la chevalerie chrétienne, n'ait pas ajouté à ses peintures ce trait piquant de ressemblance, et n'ait pas, à l'exemple d'Homère et de Virgile, placé parmi les guerriers de Godefroy quelque Phémius ou quelque Iopas provençal, dont son génie élevé aurait bien su ennoblir et les pensées et le langage.

Mais sans même s'expatrier, la plupart des Troubadours trouvaient en Provence et dans les régions circonvoisines assez d'emploi pour leur humeur chevaleresque, et de sujets pour leurs romans.

Bernard de Ventadour, né dans le rang le plus bas, s'élève par son talent jusqu'à la faveur de la petite cour où son père avait été domestique. Bien vu du seigneur, il l'est encore mieux de la dame. Une légère indiscrétion trahit le secret de leurs amours. Le Troubadour est banni du château; la châtelaine y est renfermée et gardée étroitement. Bernard se désole d'abord, puis va se consoler auprès d'une plus grande dame, la fameuse Eléonore de Guienne, duchesse de Normandie depuis son divorce avec Louis-le-Jeune, et dont le second époux Henri fut bientôt après roi d'Angleterre. Bernard osa l'aimer; Eléonore ne passa point pour avoir été cruelle; et quand elle fut partie pour aller régner en Angleterre, il la regretta dans ses chansons comme on ne regrette que l'objet d'un amour heureux. Tel était donc alors l'empire du talent que le fils d'un simple domestique obtint, par cette seule puissance, les bontés d'une princesse deux fois reine.

Guillaume de Saint-Didier, bon chevalier, châtelain riche, et ingénieux troubadour, aime la marquise de Polignac, très-belle et très-noble dame. D'abord elle trouve plaisant de ne lui vouloir accorder ce qu'il demande que lorsqu'elle en sera sollicitée par son mari. Ce Polignac était si bon homme, il aimait tant les vers et la musique qu'il citait et chantait volontiers les chansons de Saint-Didier. Celui-ci en compose une où il introduit un mari faisant à sa femme la prière que la marquise exigeait du sien, et il confie au bon seigneur son ami, en ne lui cachant que les noms, le cas où il est, la ruse qu'il est obligé d'employer et le succès qu'il en espère. Polignac trouve le tour plaisant, la chanson très-jolie, l'apprend par cœur comme les autres, va la chanter à sa femme, rit avec elle du stratagème, et lui soutient que la beauté pour qui la chanson est faite ne peut, après l'avoir entendue, rien refuser au Troubadour. Aussi lui accorde-t-elle tout en sûreté de conscience. Mais ce n'est encore là que le premier acte de la comédie.

Pour mieux couvrir sa véritable intrigue, le troubadour feignit d'en avoir d'autres; mais il le feignit si bien que la marquise en fut jalouse et résolut de s'en venger. C'est cette vengeance surtout qui peut nous faire juger des mœurs de ce bon temps. Sa liaison avec Saint-Didier avait eu besoin d'un confident. Il était aimable; elle le fait venir, lui déclare qu'elle veut le faire passer de la seconde place à la première: ils iront à un certain pélerinage; car les pélerinages, les tours joués, aux maris et aux amants, tout cela s'arrangeait à merveille; ils passeront en chemin par le château de Saint-Didier, qui n'y était pas, et c'est dans ce château, dans son lit même qu'elle couronnera son successeur. Les ordres sont donnés pour le voyage. Grand cortége de dames, de demoiselles et de chevaliers, à la tête desquels marche le nouvel amant. Dans l'absence du châtelain tous les honneurs sont rendus à sa dame, à son ami et à leur suite. Une table splendide est servie; tout est en joie et en fête. Les appartements sont préparés; on se retire, et la dame de Polignac passe la nuit comme elle se l'était promis. Tout le pays fut instruit de l'aventure. Saint-Didier en fut d'abord au désespoir; il se consola ensuite en galant homme, c'est-à-dire, en faisant à son tour un autre choix.

On conçoit que de pareilles scènes devaient produire une forte sensation dans le pays qui en était le théâtre, et qu'en se répandant au dehors elles contribuaient à fixer sur les Troubadours en général l'attention publique. L'opinion que l'on avait d'eux ajoutait à l'effet de leurs chants et à l'éclat de leurs succès; mais bientôt ces succès mêmes amenèrent parmi eux un tel degré de corruption; les poëtes inventeurs ou vrais Troubadours étant devenus plus rares, les jongleurs ou chanteurs plus communs, ceux-ci se livrèrent à de tels désordres et tombèrent dans un tel avilissement qu'ils furent presque partout chassés avec opprobre.

Une cause puissante contribua encore à leur ruine. Leur langue avait long-temps régné seule. Les langues française, espagnole et italienne s'élevèrent presque à la fois. Les Français, qui avaient leurs trouvères, s'étaient, dès l'origine, peu occupés des Troubadours, et s'en occupèrent encore moins: les Espagnols préférèrent chez eux leurs poésies à celles de ces étrangers: les Italiens encore davantage, et à plus juste titre; et la langue s'étant fixée dès le quatorzième siècle en Italie, dès lors aussi disparut toute cette grande réputation des Provençaux; leur langue cessa d'être entendue, et leurs poésies furent reléguées dans les bibliothèques ou dans les portefeuilles des curieux. Ce fut une source où le génie étranger put dès lors puiser d'autant plus sûrement qu'elle était cachée.

SECTION DEUXIÈME.

Poétique des Troubadours; formes variées de leur poésie; ses caractères; composition des strophes; retour et croisement des rimes; titres et différentes espèces des poëmes provençaux.

Les éléments dont ils la formèrent sont la mesure des vers, leur nombre dans la strophe, la combinaison des mesures et la disposition des rimes. C'est avec ces moyens simples, mais féconds, qu'ils parvinrent, non à lutter contre les lyriques anciens qu'ils ne connaissaient pas, mais à créer presque tous les rhythmes de la poésie moderne que les langues les plus poétiques de l'Europe reçurent d'eux, et qu'elles conservent encore. Essayons, sans entrer dans trop de détails et sans les trop étendre, de donner un aperçu de cette poétique des Troubadours, à laquelle aucun des auteurs qui ont écrit sur eux jusqu'à présent ne paraît avoir fait attention.

1°. Les vers provençaux sont composés de tous les nombres de syllabes, depuis deux jusqu'à douze, et même depuis une, si l'on veut compter pour des vers ces monosyllabes placés quelquefois en rime et comme en écho après un plus grand vers. Il faut pourtant excepter des vers de neuf syllabes, dont je n'ai point trouvé d'exemples, et observer que les vers de onze syllabes et ceux de douze sont assez rares.

2°. Le nombre des vers dans chaque strophe s'étend depuis quatre jusqu'à vingt-deux et même davantage: dans le manuscrit que j'ai le plus examiné, il se trouve une pièce dont les strophes sont de vingt-huit vers, et même une autre de vingt-neuf. Ce qui est peut-être encore plus remarquable, c'est que dans un recueil de quatre cents chansons il n'y en a que deux qui soient en quatrains.

4°. La disposition et l'entrelacement des rimes est un dernier moyen dont les Provençaux tirèrent le plus grand parti. Ils rimèrent soit à rimes plates ou deux par deux, soit à rimes croisées; ils croisèrent non seulement les rimes masculines avec les féminines, mais les masculines entre elles et les féminines aussi entre elles; ils firent correspondre les rimes d'une de leurs strophes avec celles des autres strophes de la même chanson, tantôt dans le même ordre (et c'est même pour eux une règle générale qui ne souffre que peu d'exceptions), tantôt en ordre rétrograde, ou avec d'autres entrelacements et d'autres retours; ils se donnèrent enfin toutes les entraves qu'ils purent imaginer pour joindre aux plaisirs de l'esprit la surprise et le plaisir de l'oreille, et souvent aussi pour étonner plus que pour plaire.

«Grâce aux exagérations des Troubadours je puis louer madame autant qu'elle en est digne, je puis dire impunément qu'elle est la plus belle dame de l'univers. S'ils n'avaient pas cent fois prodigué cet éloge à qui ne le méritait point, je n'oserais le donner à celle que j'aime: ce serait la nommer».

«Qu'au premier vol je perde mon épervier; que des faucons me l'enlèvent sur le poing et le plument à mes yeux, si je n'aime mieux rêver à vous que d'être aimé de toute autre et d'en obtenir les faveurs!... Que je sois à cheval, le bouclier au cou, pendant l'orage; que l'eau traverse mon casque et mon chaperon; que mes rênes trop courtes ne puissent s'alonger; qu'a l'auberge je trouve l'hôte de mauvaise humeur, si celui qui m'accuse auprès de vous n'en a pas menti!... Que le vent me manque en mer; que je sois battu par les portiers quand j'irai à la cour du roi; qu'au combat je sois le premier à fuir, si ce médisant n'est pas un imposteur, etc.»!

Ces chants d'amour étaient de plusieurs espèces, la plupart d'invention provençale, et qui, nés parmi les Troubadours, reçurent d'eux leurs noms et leurs différents caractères. Ils donnèrent d'abord le simple titre de vers à presque toutes leurs pièces. On attribue à Giraut de Borneil, qui florissait au commencement du treizième siècle, l'honneur d'y avoir substitué le premier le titre de chanson, ou, en provençal, canzo et canzos, qui signifiait poésie chantée, comme l'ode des Grecs. Les formes de ces chansons étaient extrêmement variées. Les Italiens dans leurs canzoni imitèrent de préférence celles dont les strophes se composaient d'un plus grand nombre de vers; ils les imitèrent d'abord et les perfectionnèrent ensuite.

serena du même poëte, les quatre derniers vers de la strophe qui servent de refrain, ont bien le caractère mélancolique de ce genre de poésie:

La ballade à mon goût est une chose fade,

fut un arrêt qui la bannit de France, où elle n'a plus osé se remontrer depuis.

Ces galantes futilités seraient traitées maintenant avec plus de finesse et de talent qu'elles ne le furent alors; mais les femmes les plus décidées d'aujourd'hui ne feraient peut-être rien de plus fort ou du moins de plus franc que la proposition de la dame, et l'on voit qu'au fond, depuis six ou sept siècles, l'art des vers a fait chez nous beaucoup plus de progrès que la corruption des mœurs.

Ces contes sont pour la plupart remplis de traits naïfs, agréables et quelquefois piquants; mais la prolixité les tue; tout y annonce l'enfance de l'art; tout y respire une licence qui ne blesse pas moins le goût que la morale, et ce que les auteurs savent le moins, c'est se borner et finir.

«Quand la nature renaît, et que les rosiers sont en fleur, les méchants barons s'empressent d'aller à la chasse. Il me prend envie de faire contre eux un sirvente et de censurer aigrement ces ennemis de toute vertu et de tout honneur; mais amour répand la gaîté dans mon âme autant que les beaux jours de mai. Je conserverai ma joie malgré tant de sujets de tristesse». Il désigne ensuite le preux roi avec sa nombreuse cavalerie, qui se vante de l'emporter en gloire et en mérite; mais, dit-il, les Français n'en ont pas peur; et se tournant vers sa dame, il l'assure qu'il la redoute davantage, et qu'il a une bien autre crainte de ses rigueurs. «Je fais plus de cas, poursuit-il, d'un coursier sellé et armé, d'un écu, d'une lance et d'une guerre prochaine, que des airs hautains d'un prince qui consent à la paix en sacrifiant une partie de ses droits et de ses terres. Pour vous, beauté que j'adore, vous que j'aurai ou j'en mourrai, je m'estime plus heureux d'attaquer vos refus que d'être accepté par une autre. J'aime les archers quand ils lancent des pierres et renversent des murailles; j'aime l'armée qui s'assemble et se forme dans la plaine; je voudrais que le roi d'Angleterre se plût autant à combattre que je me plais, madame, à me retracer l'image de votre beauté et de votre jeunesse, etc.». Cela est original, il en faut convenir. Cela était inspiré par le moment, et n'avait de modèle ni parmi les Arabes, ni parmi les Anciens, dont ce bon Troubadour et ses confrères ne soupçonnaient pas même l'existence.

Les sirventes, où la satire ne s'exerçait que sur les mœurs, ont l'avantage de nous apprendre des usages et des folies de ce temps qui se rapprochent souvent de ce que l'on voit dans le nôtre. Le trait suivant, par exemple, nous dit quelle espèce de fard les vieilles femmes mettaient alors

Pour réparer des ans l'irréparable outrage.

Dieu dit aux moines: Si vous le trouvez bon, je donne vingt ans pour se peindre aux femmes qui en ont plus de vingt-cinq; soyez plus généreux que moi, donnez-leur en trente.--Nous n'en ferons rien, répondent les moines, nous leur en donnerons dix par complaisance pour vous; mais sachez qu'après ce temps nous voulons être sûrs qu'elles nous laisseront en paix. Alors vinrent Saint-Pierre et Saint-Laurent, qui firent une bonne et ferme paix entre les parties, l'un et l'autre ayant juré de la maintenir. Ils retranchèrent cinq ans des vingt, et en ajoutèrent cinq aux dix. Ainsi fut vidé le procès, et les parties demeurèrent d'accord.

Le même poëte prend un tour à peu près semblable, et qui n'est pas moins vif, pour se venger apparemment de mauvaises réceptions qui lui avaient été faites dans quelques provinces, et montrer sa satisfaction du bon accueil qu'il avait reçu dans d'autres. Il était monté au ciel pour parler à Saint-Michel, qui l'avait mandé; il entendit Saint-Julien qui se plaignait à Dieu d'avoir été dépouillé de son fief et de tous ses droits. Autrefois quiconque voulait avoir bon gîte lui adressait le matin sa prière; mais avec les méchants seigneurs qui vivent à présent il ne reçoit plus de prière ni le matin ni le soir. Ils refusent l'hospitalité à tout le monde, ou laissent partir à jeûn le matin ceux à qui ils donnent à coucher; il est pourtant encore assez content des Toulousains, des Carcassonnois, des Albigeois; il n'a ni à se plaindre ni à se louer de quelques autres; enfin Saint-Julien, patron de l'hospitalité, distribue la louange ou le blâme selon que le poëte a été bien ou mal reçu.

Mais ce n'était pas seulement sur le clergé que la liberté des Troubadours s'exerçait; elle n'épargnait pas les objets les plus sacrés; et dans ce siècle où la religion avait tant d'empire sur les opinions et si peu sur les mœurs, où elle armait les croyants contre les incrédules, et même contre les croyants quand l'intérêt temporel de ses chefs le voulait ainsi, elle n'était guère plus respectée des poëtes dans leurs vers, que des moines dans leur conduite. C'était pour eux, même dans leurs poésies amoureuses, un sujet de figures, d'apostrophes ou de comparaisons comme les autres, et dont ils usaient tout aussi librement.

CHAPITRE VI.

État des Lettres en Italie au treizième siècle; commencement de la Poésie italienne; Poëtes siciliens; L'empereur Frédéric II; Pierre des Vignes; Nouveaux troubles en Italie après la mort de Frédéric; Écoles et Universités; Grammairiens; Historiens; Poésie latine; Poëtes siciliens depuis Frédéric; Poëtes italiens avant le Dante.

La rime avec deux sons frappe huit fois l'oreille.

Les papes, de leur côté, enveloppaient les études dans leurs proscriptions sacrées; et l'interdit qui frappait les villes, atteignait aussi les universités. Mais tous ces mouvements, et toutes ces révolutions scolaires, prouvent l'attention qu'on portait aux études, l'affluence et le zèle de la jeunesse, la célébrité des professeurs, l'importance qu'avaient les écoles pour les villes et pour les gouvernements. Il y avait donc à la fois dans les esprits, comme il arrive souvent, agitation et progrès. Mais s'il y avait du progrès dans les esprits, y en avait-il un réel dans les études? C'est ce qu'il s'agit d'examiner.

Lorsqu'ils furent apaisés, Thomas revint, comme en triomphe, recevoir le doctorat et ouvrir une école de théologie et de philosophie scolastique, dans cette même université, qui a tenu depuis à grand honneur de l'avoir eu dans son sein. Son enseignement et ses ouvrages forment une époque dans ces deux sciences, où il apporta de nouvelles méthodes, si ce ne fut pas de nouvelles lumières. De Paris, il alla professer à Rome, en 1260, et huit ou neuf ans après à Naples, où il se fixa, à la prière du roi Charles d'Anjou. Appelé, en 1274, au concile de Lyon, par le pape Grégoire X, il tomba malade en route, et fut enlevé en peu de jours. Il n'avait que 48 ou 49 ans, ce qui paraît vraiment merveilleux au seul aspect de l'énorme collection de ses œuvres.

Les mathématiques étaient cultivées; mais elles n'avaient point encore pris l'essor. L'astronomie n'allait point sans les rêveries de l'astrologie judiciaire. Frédéric II, lui-même, malgré la trempe assez forte de son esprit, n'avait pu se soustraire à cette faiblesse de son temps, et il ne formait presque jamais d'entreprise sans consulter ses astrologues et ses livres. Les sciences naturelles étaient ignorées, excepté ce qui en était indispensable pour la médecine et la chirurgie, dont les imperfections et les erreurs venaient surtout de l'état d'enfance ou plutôt de l'oubli où languissait la science de la nature.

Mais il voulut faire un troisième miracle, où il ne réussit pas si bien. Soit qu'il eût eu dès le commencement cette vue profonde, soit qu'elle lui fût venue chemin faisant, il lui prit envie de changer en puissance politique son pouvoir jusque-là tout spirituel. Il se rendit à Vicence sa patrie, déclara en plein conseil qu'il voulait être seigneur et comte de la ville, et y tout régler à son plaisir: cela ne souffrit aucune difficulté. Il rencontra plus d'obstacles à Vérone; mais il exigea des otages: on lui en donna. Il accusa d'hérésie les opposants, et en sa qualité de dominicain il les fit arrêter et brûler vifs, au nombre d'environ soixante, hommes et femmes, des plus considérables de la ville. On le laissa faire, et alors il fut le maître à Vérone comme à Vicence.

La ferveur n'était pas moins grande pour le droit canon que pour le droit civil. Depuis le Décret de Gratien, cinq autres recueils de canon et de décrétales avaient paru, faisaient loi, et recevaient, sans en devenir plus clairs, des interprétations, des commentaires et des gloses. Grégoire IX fit débrouiller ce chaos par le fameux Raimond de Pennafort, né à Barcelone, mais élevé dans l'université de Bologne. Le recueil en cinq livres, publié par ce pape, abolit et remplaça tous les autres, excepté le Décret de Gratien; vers la fin de ce siècle, Boniface VIII y ajouta un sixième livre: c'était-là le corps de doctrine, fondement de l'autorité que le trône pontifical affectait sur tous les trônes; et c'était là l'ample matière sur laquelle devaient s'exercer la patience des canonistes et leur sagacité.

Au moment où nous arrivons à un siècle plus heureux pour les lettres, où leurs productions et leur histoire, principal objet de nos recherches, vont nous occuper trop pour que nous puissions donner à ce qui n'est pas proprement littérature la même attention que nous y avons donné jusqu'ici, retournons-nous vers le passé; jetons un coup-d'œil rapide sur ces trois sciences que nous voyons marcher depuis tant de siècles, pour ainsi dire, de front, remplir, ou séparément ou ensemble, la vie des hommes studieux, exciter presque seules l'émulation de la jeunesse, absorber toutes ses facultés, et donner à l'esprit de l'homme ces premières et profondes habitudes qui en constituent pour toujours le goût dominant et la trempe.

Si c'est principalement comme bases de la morale que l'on doit considérer les religions; si la religion la mieux adaptée à cette destination respectable est celle dont le dogme est le plus simple et qui s'occupe le plus de la morale; si enfin, comme on n'en doit pas douter, le christianisme est cette religion, en était-il ainsi de cette théologie scolastique, épineuse, énigmatique, hérissée d'argumentations vaines, de sophismes et de distinctions inintelligibles, fertile en hérésies et en schismes; source d'intolérance, de haines, de guerres sanglantes et de proscriptions? Qu'est-ce que tout cet échafaudage avait à faire avec la morale? Et s'il ne servait de rien à la morale, s'il ne tendait pas à rendre les hommes meilleurs, plus sages, plus indulgents les uns pour les autres, plus compatissants, plus attachés à leurs devoirs, à leur patrie, et, par tous ces moyens-là, plus heureux, à quoi donc servait-il? Convenons que tout fut perdu, non seulement pour la morale, mais pour la religion même, dès qu'on eut fait de la religion une science.

Les lois sont sans doute la plus belle des institutions humaines: les anciens, dans leur style figuré, les appelaient Filles des Dieux, et rien en effet ne devrait être plus sacré parmi les hommes. Mais pour qu'elles soient toutes puissantes, pour qu'elles exercent ce despotisme salutaire auquel les hommes libres sont ceux qui obéissent le mieux, il faut aussi qu'elles soient simples, claires, appropriées à la constitution politique, et le moins nombreuses que le permet l'état de la civilisation chez le peuple qu'elles ont à gouverner. Mais si vous soumettez une nation aux lois faites pour une autre; si ces lois volumineuses se compliquent avec des volumes d'autres lois; si vous ordonnez, si vous souffrez qu'on les étudie publiquement dans cet état d'imperfection, de contradiction, d'incohérence; s'il est permis à ceux qui les enseignent de les interpréter, de les commenter, même de les étendre; si les arguties de l'école peuvent s'emparer d'elles, en obscurcir de plus en plus le dédale, embarrasser et entremêler chaque jour davantage les routes et les détours du labyrinthe, je vois bien là un exercice difficile pour l'esprit, des triomphes pour l'amour-propre, des chaires, des bancs, des thèses, des doctorats, une nomologie qui est aux lois ce que la théologie est à la religion; je vois là, si l'on veut, une science, mais je n'y vois plus de lois. Que dire, si l'on entreprend de créer un état, non pas dans l'état, mais dans tous les états; si les chefs spirituels d'une religion, devenus souverains temporels dans un pays, aspirent à le devenir dans tous les autres; s'ils y ont leurs lois, leurs arrêts, leur digeste, un droit à eux; s'ils font aussi de tout cela une science qui ait ses professeurs, ses exercices, ses dignités, ses solennités, et surtout ses récompenses? Par quelle expression rendre ce qu'un pareil état de choses offre d'abusif et d'absurde aux yeux de la saine raison?

Enfin, quoique cette raison soit l'attribut naturel de l'homme, rien de moins conforme à sa nature que d'aller droit et loin, sans appui et sans guide. C'est pour l'appuyer et la guider qu'on a créé l'art du raisonnement ou la logique. Cet art s'était déjà bien écarté de son but dans l'ingénieuse méthode du père de toutes les méthodes, d'Aristote: mais quel abus n'en firent pas ses disciples? quelles suites malheureuses n'eurent pas ces abus dans les pointilleries, les subtilités, les disputes sophistiques des écoles philosophiques qui s'élevèrent depuis dans la Grèce? Combien le mal ne s'accrut-il pas lorsque l'esprit subtil des Arabes vint se compliquer avec celui d'Aristote et des Aristotéliciens? Et quel surcroît de malheur, d'égarement et de désordre quand la science composée de tous ses obscurs éléments, se mêla et se croisa, pour ainsi dire, avec les éléments non moins obscurs des deux autres sciences, quand le fatras théologique et le fatras judiciaire s'accrurent du fatras des dialecticiens de l'école; quand la scolastique, avec ses faux-fuyants, ses ruses et ses tours d'escamotage, pénétra tout, s'introduisit partout devant l'interprète des dogmes qu'il fallait croire et des lois qu'il fallait suivre, et qu'enfin ces trois levains empoisonnés fermentèrent ensemble dans tous les esprits, devinrent leur nourriture habituelle, et presque les seuls éléments de leur substance?

Voilà pourtant quel fut au vrai l'état et l'objet des études pendant une si longue suite de siècles; voilà quelle fut la matière de l'enseignement depuis le moment où l'on en rouvrit les sources. Ne serait-il pas à désirer que pendant cette pénible époque elles eussent toujours été fermées? Quel est le degré d'ignorance qui aurait pu faire aux hommes autant de mal que tout ce faux savoir?

Pour juger de l'étendue et de l'excès de ce mal, pour apprécier une fois l'influence des superstitions et des fausses doctrines sur la morale publique, il suffit de parcourir l'histoire de ces temps affreux, l'histoire écrite, je ne dirai pas cette fois par des philosophes, mais par les esprits les plus simples et les auteurs les plus ingénus. Voyez que de crimes, d'empoisonnements, d'assassinats, de brigandages! Quelles mœurs dans le peuple, dans ses chefs, dans les chefs de la religion, dans les prêtres ses ministres, dans les moines, suppôts non de la religion elle-même, mais des plus grossières et des plus dangereuses superstitions! Ce n'est pas pour échapper à des traits dont rien ne peut ni garantir un ami de la raison, ni lui faire redouter les atteintes, c'est pour ne pas offrir aux âmes sensibles, c'est pour épargner à la sienne un spectacle dégoûtant et hideux, qu'il prend soin d'adoucir et de laisser à peine entrevoir ces tableaux affligeants de la dépravation morale la plus scandaleuse, en même temps que de la superstition la plus profonde et la plus universelle qui fut jamais.

Le Tesoretto ou le petit Trésor, que Brunetto écrivit en italien après son retour à Florence, n'est point comme on l'a cru, l'abrégé de son grand Trésor, mais seulement un recueil de préceptes de morale en vers de sept syllabes, rimés de deux en deux. C'est là du moins tout ce qu'en dit Tiraboschi, et sans doute cet auteur si exact n'avait pas eu sous les yeux l'édition assez rare qui en fut donnée au seizième siècle, ni la réimpression faite dans le dix-septième. J'en dirai bientôt davantage; j'entrerai sur le Tesoretto dans des détails qui n'existent chez aucun auteur italien, que je sache, et qui auront un autre motif qu'une vaine curiosité.

Cette note fut écrite avant que les derniers volumes des œuvres posthumes eussent paru. La Vie d'Alfiéri, écrite par lui-même, en remplit les deux derniers volumes. Il y persiste dans cette haine aveugle et violente contre les Français, et se rend coupable particulièrement envers moi, d'un trait odieux de noirceur et d'ingratitude, pour récompense d'un très-grand service que je lui avais rendu. Je n'en laisserai pas moins subsister ici ce que j'écrivis et prononçai publiquement en 1804. Chacun a sa manière de se venger: c'est là la mienne.

«Le feu d'amour naît dans un noble cœur, comme la vertu cachée dans une pierre précieuse; cette vertu ne descend point des étoiles avant que le soleil ait ennobli la pierre qui doit la recevoir. Après qu'il en a tiré par la force de ses rayons ce qui était vil, les étoiles lui communiquent leur vertu; ainsi quand la nature a rendu un cœur délicat, noble et pur, la femme, comme une étoile, lui communique l'amour.

Voilà sans doute un entassement de figures et de comparaisons fatigant et de mauvais goût; mais voilà aussi des pensées nobles, des images vives, une élévation et une force qui dans aucun siècle ne sont communes, et qui, rendues comme elles le sont dans l'original, en strophes de dix vers assez harmonieux et dans un style qui a déjà beaucoup perdu de sa rudesse, doivent paraître fort surprenantes dans un poëte du treizième siècle.

Le Menzini, dans son Art poétique, postérieur de peu d'années à celui de Boileau, a aussi attribué à Apollon l'invention du sonnet, non pour pousser à bout, mais pour soumettre à la plus forte épreuve les poëtes du plus grand génie.

Questo breve poema altrui propone Apollo stesso, come lidia pietra Da porre i grandi ingegni al paragone, l. IV.

«Déjà mille fois pressé par l'amour, j'ai couru pour me donner la mort, ne pouvant résister à la douleur âpre et cruelle que je sens dans mon sein... Mais quand je suis prêt à m'en aller vers une autre vie, votre immense bonté me retient et me dit: Ne presse pas ta fuite prématurée: ta jeunesse et ta fidélité te le défendent; elle m'invite et me prie de rester sur la terre. J'espère donc qu'avec le temps je pourrai goûter le bonheur». En lisant surtout le texte des deux tercets, on est surpris de leur ressemblance avec quelques vers de Pétrarque:

Ben forse alcun verrà doppo qualch'anno Il qual leggendo i miei sospiri in rima, Si dolerà della mia dura sorte. E chi sa sei colei ch'or non mi estima Visto con il mio mal giunto il suo danno, Non deggia lagrimar della mia morte?

Peut-être, après quelques années, viendra-t-il quelqu'un qui, lisant mes soupirs retracés dans mes vers, plaindra la cruauté de mon sort. Et qui sait si celle qui maintenant ne fait de moi aucune estime, voyant, avec ce que j'aurai souffert, la perte qu'elle aura faite, ne donnera point de larmes à ma mort»?

Les ballades et les canzoni du même poëte, n'ont rien de remarquable que cette surabondance de vers et de rimes, vides d'idées, qui n'a été que trop commune même dans de meilleurs temps, mais qui est plus fatigante dans les poëtes de cette première époque, parce qu'ils ne savaient point encore la déguiser par l'harmonie des vers et par les grâces du langage.

En finissant cette revue des premiers essais de poésie italienne, on ne peut se dispenser de faire une réflexion. C'était beaucoup sans doute que d'avoir enfin consacré par la poésie cette langue vulgaire qui jusque-là ne servait qu'à l'usage du peuple, d'avoir abandonné aux écoles, aux tribunaux et aux chancelleries le latin dégénéré qui y était encore admis, et d'avoir, dès le treizième siècle, plié l'idiome naissant à ces formes gracieuses qui devaient nécessairement le perfectionner et le polir; mais quel dommage que, dans ces essais, un peuple si sensible, et en général si susceptible d'affections vives et de passions fortes, environné d'une nature si riche et placé sous un ciel si beau, n'ait pas songé a célébrer les objets réels, les mouvements et les vicissitudes de ces affections et de ces passions; à peindre ce beau ciel, cette riche nature; et, si ce n'est dans des descriptions suivies, à s'en servir au moins dans des comparaisons et dans les autres ornements du style poétique et figuré.

Les Arabes, malgré le désordre de leur imagination déréglée, au milieu de leurs rêveries et de leurs contes extravagants, eurent de la passion et de la vérité; ils peignirent admirablement les objets naturels, et racontèrent de la manière la plus vraie et la plus animée, ou les grandes actions ou les moindres faits. Les Provençaux eurent à peu près les mêmes qualités, autant du moins que le leur permettaient des mœurs moins simples et moins grandes à-la-fois, une langue moins riche et encore inculte, une galanterie plus rafinée. Ils chantèrent les exploits guerriers, les aventures d'amour, les plaisirs de la vie. Ils furent louangeurs adroits, satiriques mordants, conteurs licencieux, mais pleins de sel et de vérité. Les premiers poëtes siciliens et italiens ne furent rien de tout cela. Un seul sujet les occupe, c'est l'amour, non tel que l'inspire la nature, mais tel qu'il était devenu dans les froides extâses des chevaliers, passionnés pour des beautés imaginaires, et dans les galantes futilités des cours d'amour. Chanter est une tâche qu'ils remplissent; toujours force leur est de chanter, c'est leur dame qui l'exige, ou c'est l'amour qui l'ordonne, et ils doivent dire prolixement et en canzoni bien longues et bien traînantes, ou en sonnets rafinés et souvent obscurs, les incomparables beautés de la dame et leur intolérable martyre. De temps en temps, ils laissent échapper quelques expressions naïves, qui portent avec elles un certain charme; mais le plus souvent, ce sont des ravissements ou des plaintes à ne point finir, et des recherches amoureuses et platoniques à dégoûter de Platon et de l'amour. Ils ont sous les yeux les mers et les volcans, une végétation abondante et variée, les majestueux et mélancoliques débris de l'antiquité, l'éclat d'un jour brûlant, des nuits fraîches et magnifiques: leur siècle est fécond en guerres, en révolutions, en faits d'armes; les mœurs de leur temps provoquent les traits de la satire; et ils chantent comme au milieu d'un désert, ne peignent rien de ce qui les entoure, ne paraissent rien sentir ni rien voir.

De tous les sujets traités par les Arabes et par les Troubadours ils n'en choisissent qu'un seul; et dans ce sujet qui appartient à tous les temps et à tous les hommes, ils n'empruntent de leurs modèles que ces pointilleries et ces subtilités vagues qu'il aurait fallu leur laisser, même en imitant tout le reste; ils ne peignent rien de vrai, d'existant; on ne voit point leur maîtresse, on ne la connaît point: c'est un être de raison, une sylphide si l'on veut, jamais une femme. On n'entend point les mots qu'ils se sont dits, les serments qu'ils se sont faits, leurs querelles, leurs raccommodements, leurs ruptures. On ne les voit ni attendre rien de réel, ni jouir, ni regretter; et ils trouvent le moyen de parler sans cesse d'amour, sans les espérances que l'amour donne, sans transports et sans souvenirs.

Ce fut là, pendant tout un siècle, la seule poésie connue en Italie; le goût en étant devenu général, ce fut là aussi ce qui donna aux esprits ce penchant pour l'exagéré, pour le vague et pour le faux, qui s'étendit jusqu'aux opinions sur les choses et sur les faits, qui corrompit l'histoire, écarta long-temps de l'étude de la nature, et ne s'attacha qu'à des questions de mots, à des puérilités et à des riens sonores. À mesure que la langue et le style se perfectionnaient, l'oreille apprit à jouir seule, sans que l'esprit fût intéressé par des idées justes et claires, ni l'âme par des sentiments vrais. Dans la suite, l'esprit et l'âme eurent aussi leurs jouissances, mais peut-être toujours un peu subordonnées à celles de l'oreille; et si, du moins en poésie, il y eut trop souvent dans les plus beaux génies et dans les plus beaux siècles, quelque chose dont un goût pur et sévère ne peut s'accommoder, quelque chose d'étranger à ce beau simple et naturel que les anciens seuls ont connu, et qu'ils nous apprennent à préférer à tout, il faut, pour en trouver la cause, remonter jusqu'à ces premiers temps, et chercher dans ces premiers hommes de la poésie italienne la tache originelle dont leurs descendants ont eu tant de peine à se laver complètement.

CHAPITRE VII.

LE DANTE.

Notice sur sa vie; Coup-d'œil général sur ses différents ouvrages; Poésies diverses; la Vita nuova; Il Convito; Traités de la Monarchie et de l'Éloquence vulgaire; la Divina Comedia; Idées préliminaires sur ce Poëme.

Dans le chapitre précédent on a vu plusieurs fois reparaître un de ces noms auxquels s'attachent de grandes idées, le nom d'un de ces hommes qui suffisent pour illustrer un siècle, une nation et toute une littérature. J'ai nommé le Dante; j'ai parlé de ses maîtres en philosophie et dans l'art des vers. Il est temps de le montrer lui-même, et de nous élever avec lui jusqu'aux hauteurs du Parnasse italien, dont les poëtes qui l'ont précédé n'occupèrent que les avenues. Il y marcha quelque temps avec eux; mais, au milieu de sa carrière, il prit un vol inattendu, et s'élança jusqu'au sommet, où aucun de ses rivaux n'a pu l'atteindre. Je commencerai par une notice abrégée de sa vie, dont les vicissitudes sont liées aux événements politiques de son temps.

Dante était encore enfant lorsqu'il perdit son père. Sa mère Bella eut le plus grand soin de son éducation. Il eut pour maître dans ses études Brunetto Latini, après que ce poëte philosophe fut revenu du voyage qu'il avait fait en France. Il fit des progrès rapides en grammaire, en philosophie, en théologie et dans les sciences politiques, où Brunetto excellait; quant aux belles-lettres et à la poésie, il y fut lui-même son premier maître. Il se forma une très belle écriture, soin que les gens de lettres négligent trop souvent, et cultiva les beaux arts dans sa jeunesse, principalement la musique et le dessin, dont il semblerait que le goût, assez rare parmi les poëtes, y dut être fort commun, puisque la poésie est aussi une musique et une peinture.

Ces occupations et ces amusements ne le détournèrent point du premier devoir imposé à tout citoyen d'une république, celui de servir sa patrie.

Ses services militaires furent, dit-on, suivis de plusieurs ambassades dans diverses cours ou républiques d'Italie; ce qui est le plus certain, c'est qu'il fut élu à l'âge de trente-cinq ans l'un des magistrats suprêmes de Florence, qui portaient alors le titre de Prieurs; mais cet honneur eut pour lui des suites fatales, et fut la source tous ses malheurs.

Sa femme, Gemma Donati, qu'il ne voulut point emmener dans son exil, ou qui ne voulut point l'y suivre, lui donna cinq fils, et une fille qu'il nomma Beatrix, en mémoire de son premier amour. Trois de ses fils moururent jeunes, et même en bas âge: Pietro, son fils aîné, devint un jurisconsulte célèbre. Il cultiva la poésie, et fut le premier commentateur du poëme de son père: son commentaire, écrit en latin, n'existe qu'en manuscrit dans quelques bibliothèques. Son second fils, Jacopo, commenta aussi la première partie de ce poëme, et en fit de plus un abrégé en vers, de la même mesure que l'ouvrage. Malgré le mérite de ces deux fils d'un grand homme, on peut leur appliquer, plus justement que notre Louis Racine ne se l'appliquait à lui-même, ce vers de son père, le grand Racine:

Et moi fils inconnu d'un si glorieux père.

Il étudiait et travaillait beaucoup, parlait peu, mais ses réponses étaient pleines de sens et de finesse. Il se plaisait dans la solitude, loin des conversations communes, sans cesse appliqué à augmenter ses connaissances et à perfectionner son talent; il était sujet à des distractions fréquentes, surtout lorsqu'il était occupé de quelque étude. À Sienne, étant entré dans la boutique d'un apothicaire, il y trouva un livre qu'il cherchait depuis long-temps. Il se mit à le lire, appuyé sur un banc qui était devant la boutique, et avec une telle attention, qu'il resta immobile à la même place depuis midi jusqu'au soir. Il ne s'aperçut même pas du grand bruit et du mouvement occasionés par le cortège d'une noce, ou, selon Boccace, d'une fête publique, qui vint à passer dans la rue.

Il est difficile, dans l'éloignement où nous sommes, de prononcer entre sa patrie et lui. Il est certain qu'il l'aima passionnément, qu'il la servit de toutes ses facultés et au risque de sa vie; il l'est encore qu'il en fut banni injustement, et pour avoir voulu la soustraire au joug d'un prince étranger. Le reste doit être mis sur le compte des passions et des ressentiments dont les esprits les plus sages, dans de pareilles circonstances, savent si rarement se garantir.

Notes in this chapter

Note 1 · Note 18: (retour) Q. Sérénus Sammonicus, qu'Antonin Caracalla admettait à sa table, et qu'il y assassina lâchement. C'était alors le plus saNote 2 · Note 19: (retour) Vopiscus in Caro, c. II.Note 3 · Sous cette longue suite d'Empereurs, qui depuis Commode, indigne fils du sage Marc-Aurèle, montèrent sur le trône et en furent précipités, aNote 4 · Note 20: (retour) Sidon. Apollin., lib. I, Epist. I.Note 5 · Note 21: (retour) Eumène.Note 6 · Note 22: (retour) Romanœ eloquentiœ, non secundum, sed alterum decus. (Panegyr. Constantio, XIV.)Note 7 · Le changement qui s'était fait dans la forme du gouvernement avait détruit l'Eloquence. Le panégyrique y est moins propre que les discussionNote 8 · Note 23: (retour) Ælius Spartianus, Julius Capitolinus, Ælius Lampridius, Vulcatius Gallicanus, Trebellius Pollion et Flavius Vopiscus.Note 9 · Dans l'Histoire, les six auteurs de celle des empereurs 23, appelée vulgairement l'histoire Auguste, sont tout ce qui nous reste en langue lNote 10 · Note 24: (retour) Gallien, de libr. prop.Note 11 · A l'égard des philosophes, on sait que plusieurs tenaient école à Rome, que leurs disciples allaient tous les jours les entendre et disputerNote 12 · Note 25: (retour) Liv. XVIII, c. 4; liv. XX, c. 5.Note 13 · Note 26: (retour) Tiraboschi, Stor. della Lett. ital., t. II, liv. II, c. 8.Note 14 · Enfin la décadence littéraire, qui se faisait sentir dès le commencement de cette époque, nous est prouvée par l'un des ouvrages mêmes les pNote 15 · Note 27: (retour) Voy. Tiraboschi, Stor. della Lett. ital., t. II, liv. IV, c. I; Muratori, Antich. ital. Dissertaz. I; Denina, Rivol. d'ItaNote 16 · Note 28: (retour) Bettinelli, Risorgimento d'Italia, c. I.Note 17 · Les auteurs ultramontains, qui ont écrit dans le pays où la religion de Constantin a le plus de force, où sa mémoire est par conséquent presNote 18 · Note 29: (retour) Andrès, dell' Origin. progr. e st. d'ogni Letteratura, t. I, c. 7.Note 19 · Note 30: (retour) Ceci est exactement emprunté de Voltaire, il est juste de le lui rendre. «De pareils troubles, dit-il, n'avaient point étéNote 20 · «La religion des anciens peuples ne formait pas une science qui fût l'objet de l'étude et des méditations des hommes de lettres 29. Les philNote 21 · Note 31: (retour) Les écoles et les bibliothèques d'Alexandrie, d'Édesse, de Jérusalem, d'Hippone, etc.Note 22 · Ce furent autant de branches de cette littérature nouvelle, qui eut des écoles et des bibliothèques, en Egypte, en Perse, en Palestine, en ANote 23 · Note 32: (retour) Ch. XIX, v. 19. C'est le sujet du beau tableau de Le Sueur qui est dans la galerie du Muséum.Note 24 · Note 33: (retour) Tiraboschi, Stor. della Letter. ital., t. Il, l. 3, c. 2.Note 25 · Maintenant, le reproche que l'on fait à cette littérature d'avoir étouffé l'autre et d'en avoir complété la décadence, est-il mérité? est-ilNote 26 · Note 34: (retour) Concile de Carthage, IV, c. 16.Note 27 · Note 35: (retour) Tiraboschi, ubi supra.Note 28 · Note 36: (retour) Ep. XXI, édition de Vérone.Note 29 · Note 37: (retour) Tiraboschi, loc. cit.Note 30 · Par un canon d'un ancien concile 34, il est défendu aux évêques de lire les auteurs païens. On a beau dire que cela ne regardait que les évêNote 31 · S. Jérôme se plaint amèrement 36 de ce que les prêtres, laissant à part les évangiles et les prophètes, lisaient des comédies, chantaient deNote 32 · Note 38: (retour) Id. ibid.Note 33 · Note 39: (retour) Proleg. in Daniel.Note 34 · Note 40: (retour) Tirab. loc. cit.Note 35 · Lui-même, insiste-t-on, nomme et cite souvent les auteurs profanes 38. Fort bien; mais dans quel esprit? Jugeons-en par un autre passage où Note 36 · Note 41: (retour) Orose, lib. VI, c. 15.Note 37 · Note 42: (retour) Sozomène, liv. VII, c. 15.Note 38 · Note 43: (retour) Sulpice Sévère, de Martini vitâ, c. 9, 14.Note 39 · On ne sait que trop quels furent dans ce siècle même, les funestes effets d'un faux zèle que la religion désavoue aujourd'hui. La destructioNote 40 · Note 44: (retour) Turpiter quidem sacerdotes isli in veteres grœcos malevoli fuerunt, sed integritatis, probitatis, et religionis maximum deNote 41 · Alcionius fait dire au cardinal Jean de Médicis (depuis Léon X), dans son dialogue de Exilio: «J'ai ouï dire dans mon enfance à Démétrius ChNote 42 · Note 45: (retour) Andrès, Orig. propr., etc., cap. 7.Note 43 · Note 46: (retour) Id. ibid.Note 44 · Ces funestes effets d'un zèle mal entendu ne pouvaient être compensés par les moyens d'instruction employés dans les écoles. Il y en avait dNote 45 · Note 47: (retour) Le cinquième siècle.Note 46 · Note 48: (retour) On appelle ainsi le quatrième, quoique Constantin soit mort en 336, et que Théodose n'ait régné que depuis 379 jusqu'en 39Note 47 · Note 49: (retour) Chrysostôme vécut jusqu'en 407, treizième année du règne d'Arcadius et d'Honorius; mais il appartient au quatrième siècle.Note 48 · Aussi, dès le siècle suivant 47, vit-on commencer à se ternir ce grand éclat qu'avait jeté celui de Constantin et de Théodose 48. On y aperçNote 49 · Note 50: (retour) Marius Victorinus Africanus.Note 50 · Note 51: (retour) Confess., liv. VIII, c. 11.Note 51 · Note 52: (retour) Les livres de Inventione rhetor.Note 52 · Note 53: (retour) Regina Rerum, Roma, Regi eloquentiœ.Note 53 · Quant aux lettres, que nous n'appellerons point profanes, mais purement humaines, au milieu de leur décadence rapide, quelques noms surnagenNote 54 · Note 54: (retour) Par Eunapius, Vit. Sophist., c. 8.Note 55 · Note 55: (retour) Julian., Epist. II.Note 56 · Sa vie a été longuement et pompeusement écrite 54: ses contemporains ne tarissent point sur sa louange. Il était chrétien, et cependant l'emNote 57 · Note 56: (retour) Q. Aurelius Symmachus.Note 58 · Note 57: (retour) Voy. Cassiodore, Hist. tripart., liv. 9, c. 23.Note 59 · Note 58: (retour) Prudent. in Symmachum, liv. I.Note 60 · Note 59: (retour) Saturnal. liv. V, c. 1.Note 61 · Note 60: (retour) Tiraboschi, Stor. della Letter. ital., t. II, liv. IV, c. 3.Note 62 · Symmaque56 plus célèbre qu'eux tous, passa du plus haut degré de faveur et de gloire au comble de l'infortune. Théodose avait trouvé fort boNote 63 · Note 61: (retour) Ils ont été recueillis par Putchius, Hanov. 1605, in-4°.; et par Godefroy, Genève, 1595, 1622, in-4°.Note 64 · Note 62: (retour) Macrobius Ambrosius Aurelius Theodosius.Note 65 · Note 63: (retour) Saturnalium Conviviorum libri VII.Note 66 · Note 64: (retour) Il l'avoue lui-même dans la préface des Saturnales.Note 67 · Deux recueils d'un autre genre renferment plusieurs productions littéraires de cette triste époque: ce sont ceux des anciens grammairiens, ÆNote 68 · Note 65: (retour) Marcianus Mineus Felix Capella.Note 69 · Note 66: (retour) Grammaire, dialectique, rhétorique, arithmétique, géométrie, astronomie et musique.Note 70 · Note 67: (retour) Tiraboschi, ub. sup., c. 4.Note 71 · Marcian Capella 65 dont il faut bien dire un mot, nous a laissé un ouvrage latin en neuf livres, mêlé de prose et de vers, sous le titre bizNote 72 · Note 68: (retour) Rufus Festus Avienus.Note 73 · Note 69: (retour) Orbis terrœ descriptio.Note 74 · Note 70: (retour) Ces deux poëmes furent imprimés pour la première fois à Venise, en 1488, in-4º. (V. Fabricius. Bibl. lat.)Note 75 · Note 71: (retour) Ad. X Æneid. v. 388.Note 76 · Note 72: (retour) Claudius Claudianus.Note 77 · Note 73: (retour) Claudius Rutilius Numatianus.Note 78 · Note 74: (retour) Queste opere tutte (del Prudenzio) sono più di zelo religioso ripiene che di artifiziosa ornamenti. (Il Quadrio, t. II, paNote 79 · Note 75: (retour) Publius Optatianus Porphyrius.Note 80 · Les fables d'Avien 68 n'ont certainement pas la grâce et l'élégante simplicité de celles de Phèdre; mais leur auteur tient encore un rang hoNote 81 · Note 76: (retour) Andrès, Orig. Progr., etc., c. 7.Note 82 · Note 77: (retour) Andrès, ubi supra.Note 83 · La division des empires d'Orient et d'Occident, avait interrompu presque tout commerce entre les Grecs et les latins, et semblait avoir privNote 84 · Note 78: (retour) Denina, Vicend. della Letter., liv. I, c. 36.Note 85 · En Orient, au contraire, les grands modèles existaient dans la langue qui continuait d'être celle du pays même, et de plus, on s'enrichit à Note 86 · Note 79: (retour) Idem, ibid.Note 87 · Note 80: (retour) Id. ibid., c. 35.Note 88 · La place même qu'occupait Constantinople, siège du nouvel Empire, entre la Grèce et l'Asie, était très-propre à faire fleurir la langue grecNote 89 · Note 81: (retour) Denina, Vicend. della, Letter., liv. I, c. 39.Note 90 · Si la poésie en général était presque entièrement éclipsée, si surtout la passion effrénée pour les jeux du Cirque avait entièrement étoufféNote 91 · Note 82: (retour) Cyrille et Nestorius.Note 92 · Note 83: (retour) Voy. ces deux mots dans le Dictionnaire des Hérésies.Note 93 · Note 84: (retour) L'un général en 431, où Nestorius fut condamné, déposé et exilé; l'autre particulier, en 450, que l'abbé Pluquet, dans sonNote 94 · Note 85: (retour) En 451.Note 95 · Note 86: (retour) Voy. les mots Manès et Manichéens, ub. supr.Note 96 · Note 87: (retour) Voy. ce mot, ub. sup.Note 97 · Les Goths étaient déjà venus, il est vrai, attaquer l'empire d'Orient; ils y avaient porté le ravage et brûlé vif, dans une maison où il s'éNote 98 · Note 88: (retour) En 409, selon Muratori, et selon d'autres, 410.Note 99 · Note 89: (retour) En 452.Note 100 · Dans l'Occident, où l'on ressentait le contrecoup de ces vaines disputes, et où tant d'autres causes se réunissaient pour éteindre dans leurNote 101 · Note 90: (retour) Augustule.Note 102 · Rome fut donc sauvée pour cette fois, mais le reste de l'Italie fut ravagé, brûlé, mis au pillage; et Rome elle-même, prise cinq ou six ans Note 103 · Note 91: (retour) 476.Note 104 · Note 92: (retour) 493.Note 105 · Note 93: (retour) Vic. della Lett., liv. c. 37.Note 106 · Note 94: (retour) Tiraboschi, St. della Lett., ital., tom. III, liv. I, c. 1, où il cite l'Anonyme de Valois. Voyez cet auteur, à la fin de Note 107 · L'Italie, dans l'état misérable où nous l'avons vue réduite, était loin encore d'être parvenue au dernier degré de malheur que lui réservaitNote 108 · Note 95: (retour) Il n'est pas sûr que cet Abrégé soit de lui. (Voyez Tirab., t. III, liv. I, c. II. 5.)Note 109 · Note 96: (retour) Voy. Muratori, Antich. Ital. Dissert. XXIII et XXIV.Note 110 · Note 97: (retour) C'est l'architecture qu'on appelle gothique. Muratori (Dissert. 23 et 24) et d'autres auteurs ne veulent point qu'elle appNote 111 · Ces lettres et ces édits, qu'il avait tant de peine à signer, il n'en avait aucune à les faire. C'était l'ouvrage du savant Cassiodore, qu'iNote 112 · Note 98: (retour) Anicius Manlius Torquatus Severinus Boëtius.Note 113 · Sous son règne et à sa cour florissait en même temps que Cassiodore, un écrivain qui lui était supérieur, le dernier que les hommes studieuxNote 114 · Note 99: (retour) On lui serra le front avec une corde jusqu'à faire sortir les yeux de la tête; enfin, après d'autres tortures, on le fit eNote 115 · Elle apprit à Boëce à supporter son sort; mais elle ne put le lui faire éviter. Condamné injustement et sans être entendu par ce même ThéodoNote 116 · Note 100: (retour) Atalaric et Théodat.Note 117 · Note 101: (retour) Je ne prétends point adopter, par cet expression, le roman moral, mais fabuleux, de la fin cruelle et infortunée de BélisNote 118 · Note 102: (retour) Voy. Muratori, Annal. d'Ital., année 567.Note 119 · Sous la régence de sa fille Amalasonte, et les règnes courts, violents et honteux de son petit-fils et son neveu 100 l'influence de CassiodoNote 120 · Note 103: (retour) Tiraboschi, Stor. della Lett. Ital. t. III, l. I, c. ii. Je n'ignore pas que ces services rendus à la littérature anciennNote 121 · Les monastères étaient devenus un asyle, où non seulement la piété, mais le simple amour de la paix, au milieu de cet éternel fracas des armNote 122 · Note 104: (retour) De Institut. Divin. Litter., c. 30.Note 123 · Note 105: (retour) Tirab. loc., cit., c. 2.Note 124 · Les plus savants d'entre eux ne dédaignaient point cet exercice. Cassiodore lui-même en faisait ses plaisirs. Entre tous les travaux du corpNote 125 · Note 106: (retour) Voy. Tirab., t. III, liv. I, c. i, 14.Note 126 · Note 107: (retour) Tom. III, p. 560.Note 127 · Note 108: (retour) Stor. della lett. ital., tom. III, liv. II, c. 2.Note 128 · Ces dépôts où étaient réunies, avec ce que le génie de l'homme avait produit le plus sublime, les tristes fruits de sa dernière décadence, aNote 129 · A entendre plusieurs critiques, il n'en fut pourtant pas ainsi. Ce pape célèbre, ce réformateur du chant, cet auteur de tant d'ouvrages qui Note 130 · Note 109: (retour) Liv. XI, Epit. 54.Note 131 · Note 110: (retour) Tirab. loc. cit.Note 132 · Les lettres de ce pontife sont le seul de ses ouvrages qui ait aujourd'hui quelque intérêt; celles des hommes célèbres de tous les genres enNote 133 · Note 111: (retour) Vicende della Letter., liv. I, c. 38. Vid. Machiavelli, discorsi, liv. II, c. 5.Note 134 · Cependant voici un autre auteur non moins digne de foi, M. Denina, l'historien des Révolutions d'Italie et de celles de la littérature, qui Note 135 · Note 112: (retour) Liv. VII, Epit. 30.Note 136 · Note 113: (retour) Auteurs d'Héro et Léandre, de l'Enlèvement d'Hélène et de la Chute de Troie, poëmes dont le premier est plus connu que leNote 137 · Une autre lettre du même pape nous laisse entrevoir combien, tandis que l'ignorance faisait de tels progrès en Occident, elle en avait fait Note 138 · Note 114: (retour) Gibbon, History of decline and fall roman Emp., c. 47.Note 139 · Note 115: (retour) Id. ibid.Note 140 · Cet empereur Justinien, conquérant et législateur, était surtout grand théologien 114; aussi ne manqua-t-il pas d'insérer dans son Code plusNote 141 · Note 116: (retour) Denina, Vicende della Letter., liv. I, c. 39.Note 142 · Note 117: (retour) Denina, Vicende della Letter., liv. I, c. 40.Note 143 · La vie et les intrigues de sa femme Théodora paraissent avoir donné naissance à un nouveau genre d'histoire particulière inconnue jusqu'alorNote 144 · Note 118: (retour) En 534.Note 145 · Note 119: (retour) Heinneccius, Hist. Jur., liv. I, c. 6; Terrasson, Hist. de la Jurisp., p. iii, et Tiraboschi, t. III, liv. I, c. 6.Note 146 · Le tout ensemble fut publié 118 six ans après le commencement du premier travail, et promulgué pour avoir seul force de loi, et être enseignNote 147 · Note 120: (retour) Script. rer. Ital. vol. I, part. II.Note 148 · Note 121: (retour) Tom. II, liv. 7.Note 149 · Les Lombards n'eurent des lois pour eux-mêmes que long-temps après leur conquête; et lorsqu'ils se furent donné un code, il fut encore permiNote 150 · Note 122: (retour) Voy. le poëme de S. Prosper, de Providentiâ, v. 15-60.Note 151 · La France avait oublié la gloire dont avaient anciennement joui les Gaules. Les mêmes causes y avaient produit les mêmes et d'aussi déplorabNote 152 · Note 123: (retour) Voy. l'Histoire littér. de la France, t. IV, Etat des lettres au huitième siècle.Note 153 · Note 124: (retour) Voy. Tirab., Ist. della Lett. Ital., t. III, liv. III, c. i.Note 154 · Note 125: (retour) En 774.Note 155 · Note 126: (retour) C. 25.Note 156 · Note 127: (retour) Voy. les preuves que le P. Mabillon donne de cette date, dans ses Notes sur la Vie d'Alcuin, insérées dans ses Acta SS. ONote 157 · Charlemagne put concevoir, mais ne pouvait exécuter seul ce grand ouvrage. Ne trouvant point de maîtres en France, il y en appela d'étrangerNote 158 · Note 128: (retour) Hist. litt. de la France, ub. sup.Note 159 · Charlemagne entouré de toutes ces lumières de son siècle, donna lui-même l'exemple de l'ardeur à s'en éclairer. Il consacrait chaque jour quNote 160 · Note 129: (retour) Abr. chr. de l'Hist. de Fr., année 789.Note 161 · «Le goût du Roi, comme il arrive toujours, dit le président Hénault 129, mit les sciences à la mode». Mais Charlemagne ne se borna pas à monNote 162 · Note 130: (retour) Tentabat et scribere, tabulasque et codicillos ad hoc in lectulo suo cervicalibus circumferre solebat, ut cum vacuum tempNote 163 · Note 131: (retour) Hist. Litt. de la France, ub. sup.Note 164 · Toute grossière qu'était cette poésie, elle faisait les délices des gens bien élevés et même de l'Empereur; il se plaisait surtout à entendrNote 165 · Note 132: (retour) Je ne puis me dispenser de relever ici une erreur où le savant Tiraboschi est tombé (t. III, p. 134). Il cite ce passage Note 166 · Charlemagne voulut aussi qu'en France on sût mieux la musique, et que l'on chantât plus humainement qu'on ne faisait alors, entreprise toujoNote 167 · Note 133: (retour) Tirab., t. III, p. 131 et suiv.Note 168 · L'Italie, qui avait fourni à Charlemagne les principaux instruments de la révolution qu'il voulait opérer dans les esprits, y participa aussNote 169 · Note 134: (retour) Eginhard dit qu'il l'était quand Charlemagne le prit pour maître: In discendâ grammaticâ Petrum Pisanum diaconum senem auNote 170 · Note 135: (retour) Itaque Petrus ille merito dici potest primus scholœ palatinœ et regiœ institutor. (Hist. Univers. Paris, t. I, p. 626.)Note 171 · Note 136: (retour) Epist. XV, ad Carol. Mag.Note 172 · Quant à ces hommes si célèbres dans leur temps, dont Charles se servit pour acquérir et pour répandre l'instruction (je ne parle que de ceuxNote 173 · Note 137: (retour) ub. sup., p. 183, 184.Note 174 · Note 138: (retour) Ibid. p. 184-190.Note 175 · Note 139: (retour) En 799, ibid, p. 191.Note 176 · Paul Diacre, que l'on ne désigne ordinairement que par cette qualité, mais dont le nom était Paul Warnefrid, était autrement placé dans le mNote 177 · Note 140: (retour) Tirab., ub. supr., p. 188.Note 178 · Note 141: (retour) Ibid, p. 109.Note 179 · Note 142: (retour) Ibid, p. 180.Note 180 · On dit que Paul savait la langue grecque, et que Charlemagne le chargea d'y instruire les clercs ou ecclésiastiques, qui devaient accompagneNote 181 · Note 143: (retour) Grœcâ cerneris Homerus, Latinâ Virgilius: In Hebrœâ quoque Philo, Tertullus in artibus; Flaccus crederis in metris, TibulNote 182 · Note 144: (retour) Grœcam nescio loquelam, Ignoro Hebraiœm; Tres aut quatuor in scholis Quas didici syllabas, Ex his mihi est ferendus ManipNote 183 · Note 145: (retour) De gestis Langobardorum libri sex. Elle comprend l'histoire de ces peuples, depuis leur sortie de la Scandinavie jusqu'à Note 184 · C'est surtout comme historien et comme poète, que Paul Diacre se rendit célèbre: il ne conserve aujourd'hui quelque célébrité que comme histNote 185 · Note 146: (retour) En 776. Paulin avait alors 46 ans. Les savants auteurs de l'Hist. Littér. de la France l'ont fait naître en Austrasie (t.Note 186 · Paulin, que l'on nommait le grammairien, dont Charlemagne fit un patriarche d'Aquilée; et dont l'église a fait un Saint, n'était point né enNote 187 · Note 147: (retour) L'église romaine chante cet hymne pendant la procession, le jour des Rameaux.Note 188 · Gloria, laus et honor, tibi sit rex Christe redemptor 147.Note 189 · Note 148: (retour) Risorgimento d'Italia, c. i.Note 190 · Note 149: (retour) Il serait plus exact de dire, s'ils les eût connus.Note 191 · Une autre raison s'opposait encore à ce que les germes semés par Charlemagne, produisissent pour les lettres en général des fruits réels et Note 192 · Note 150: (retour) Dell' Orig. progr. e st. att. d'ogni Lett., t. I, c. 7, p. 108 et suiv.Note 193 · Le savant abbé Andrès est de la même opinion, et lui a donné plus de développements 150. L'Empereur, Alcuin, Théodulphe et tous les autres qNote 194 · Note 151: (retour) L'auteur italien paraîtra sans doute exagéré dans cette assertion; mais elle est autorisée par une lettre de Loup de FerrNote 195 · «Les promoteurs des études et les maîtres ayant donc des idées si étroites des sciences, quels progrès pouvait-on espérer de leurs soins et Note 196 · Note 152: (retour) Tom. IV, Disc. sur l'état des Lettres au huitième siècle.Note 197 · Note 153: (retour) Loc. cit.Note 198 · Ces réflexions judicieuses de deux très-bons esprits, et de deux auteurs très-orthodoxes, n'ont point eu de contradicteurs en Italie. Des écNote 199 · Note 154: (retour) Hist. Litt. de la France, ub. sup.Note 200 · Les mêmes effets furent encore une fois le résultat des mêmes causes. Les lettres encouragées et renouvellées en France par Charlemagne, maiNote 201 · Note 155: (retour) Dans le grand recueil de Muratori, Script. rer. Ital., t. I, partie II, p. 151.Note 202 · Ce ne fut pas non plus à Charlemagne, ce fut encore moins à son fils Louis, qu'en France on nomme le débonnaire, en Italie le pieux, et qu'oNote 203 · Note 156: (retour) Muratori les a insérées dans sa collection; Scriptor. rer. ital., t. II, part. I. Vossius (de Hist. Lat., liv. III, c. 4)Note 204 · Note 157: (retour) Tom. I, part. II.Note 205 · Note 158: (retour) Voy. là-dessus Mazzuchelli, Scrit. Ital., t, I, part. II.Note 206 · On doute si l'on doit compter parmi le peu d'hommes qui se distinguèrent encore dans les lettres pendant cette triste époque, un prêtre de RNote 207 · Note 159: (retour) En 757.Note 208 · Note 160: (retour) Tirab., t. III, p. 80.Note 209 · Note 161: (retour) On en voit la liste, à remonter jusqu'au sixième siècle, dans la Préface du Catalogue imprimé de la Bibliothèque du VaticNote 210 · La collection qui fut confiée à ses soins, n'était pas considérable, et ne l'avait jamais été. C'étaient d'abord de simples archives. On y jNote 211 · Note 162: (retour) Voyez-en les titres dans les Scrittori ital. du comte Mazzuchelli, t. I, partie II.Note 212 · Note 163: (retour) Muratori l'a inséré dans sa grande collection. Script. rer. ital., t. III, partie I. La première édition avait été donnéeNote 213 · Note 164: (retour) Voyez toutes les pièces de ce procès, placées par Muratori à la tête du Liber Pontificalis, ub. supr.Note 214 · Les premiers ouvrages d'Anastase furent des traductions du grec: elles sont en grand nombre, la plupart peu intéressantes pour le commun desNote 215 · Note 165: (retour) Crescentius, assiégé dans le môle d'Adrien par Othon III, ne capitula que sur la parole royale que lui donna cet empereurNote 216 · Le dixième siècle fut encore plus malheureux. Les invasions et les dévastations des Hongrois et des Sarrazins, le règne anarchique de BérengNote 217 · Note 166: (retour) C'était le temps où une Théodora et sa fille Marosie, maîtresses dans Rome, faisaient papes, l'une son amant, l'autre sonNote 218 · Pendant ce temps, les papes dominés dans Rome, où ils ne régnaient pas encore, pressés tantôt par les Sarrazins, qui s'étaient jetés de la SNote 219 · Note 167: (retour) Tom. VI, p. 281. Voy. Tiraboschi, t. III, p. 175.Note 220 · Note 168: (retour) Il y mourut en 974, id. ibid. p. 177.Note 221 · Note 169: (retour) Celles d'Atton parurent en 1768; celles de Ratérius en 1765. Chacune de ces éditions est précédée d'une Vie pleine d'érudNote 222 · Deux évêques forment en Italie presque toute la littérature ecclésiastique de ce siècle: l'un est Atton, évêque de Verceil, que les savants Note 223 · Note 170: (retour) Elle fut publiée alors pour la première fois, avec de savantes notes, par le P. Porcheron, bénédictin, qui fait vivre l'ANote 224 · Note 171: (retour) Ub. supr., p. 200.Note 225 · Note 172: (retour) Je dois à la justice d'observer que Tiraboschi se trompe dans l'un des reproches qu'il fait au géographe de Ravenne. Il lNote 226 · Note 173: (retour) C'est-à-dire de l'ancienne carte romaine possédée depuis par Conrard Peutinger, savant du quinzième et du seizième siècleNote 227 · Nous parlerons plus loin de l'historien Liutprand, qui appartient à cette époque, mais qui tient, par les missions politiques dont il fut chNote 228 · Note 174: (retour) Telles que celles de Benoît VIII, Jean XIX son frère, et Benoît IX leur neveu, tous trois descendants de Marosie. Ils achNote 229 · Note 175: (retour) L'empereur Henri III se ressaisit du droit d'intervenir dans la nomination des papes, qu'avaient eu les empereurs Grecs eNote 230 · Note 176: (retour) Ceux qui avaient fondé le duché de Bénévent.Note 231 · Ce n'est pas que l'Italie ne fût alors aussi troublée que jamais. Depuis les Alpes jusqu'à Rome, les tentatives inutiles pour se donner un rNote 232 · Note 177: (retour) En 1073.Note 233 · Note 178: (retour) La mère de Mathilde, femme du marquis Boniface, comte ou duc de Toscane, et sœur de l'empereur Henri III, souleva contre Note 234 · Note 179: (retour) Essai sur les Mœurs et sur l'Esprit des Nations, ch. 46.Note 235 · C'est une époque bien remarquable dans l'histoire de la papauté, que celle où cet archidiacre Hildebrand, devenu pape sous le nom de GrégoirNote 236 · Note 180: (retour) On sait la manière dont ce pape, enfermé dans la forteresse de Canosse, avec la comtesse Mathilde, y reçut l'espèce d'ameNote 237 · Note 181: (retour) Dans la collection des conciles du P. Labbe, t. X.Note 238 · Note 182: (retour) Depuis que ceci est écrit, il a paru un jugement plein d'équité sur ces lettres, sur le caractère, les plans et la conduiNote 239 · Note 183: (retour) En 1078.Note 240 · Note 184: (retour) Concil. collect. Harduin. t. VI, part. I, p. 1580, cité par Tiraboschi, t. III. p. 218.Note 241 · Grégoire suivait en même temps, avec autant d'ardeur que d'audace, l'autre partie de son plan. Il arrachait ou disputait à outrance aux roisNote 242 · Les lettres de ce pontife existent 181. Elles déposent de la hardiesse de ses projets et de la force de son génie, en même temps qu'elles soNote 243 · Note 185: (retour) Bettinelli, Risorgim. d'Ital., c. 2.Note 244 · Parmi celles qui devaient les faire renaître, il en est qu'on a peu observées, mais qui ne laissèrent pas d'influer puissamment sur l'espritNote 245 · Note 186: (retour) Muratori, Antichità Ital., Dissert. 43; Andrès, Orig. Progr. e stat. att. d'ogni Lett., c. 7; Bettinelli, Risorg. d'Ital.Note 246 · Note 187: (retour) Muratori, loc. cit.Note 247 · Note 188: (retour) Muratori, loc. cit.Note 248 · Note 189: (retour) De re Diplomaticâ, cité par Bettin., Risorg. d'Ital., c. 2.Note 249 · Note 190: (retour) Voy. Montfaucon, Palœogr. Grœca, l. I, c. 2; le même, tome IX de l'Acad. des Inscr., Dissertation sur le papier; Maffei, Note 250 · C'est une circonstance peu remarquée dans un autre genre que d'avoir du papier ou d'en manquer; et cependant plusieurs auteurs graves 186 onNote 251 · Note 191: (retour) Dans la personne d'Othon III, mort en Italie, à la fleur de son âge, en 1002.Note 252 · Note 192: (retour) À Pavie, cette même année.Note 253 · Note 193: (retour) Bettinelli, Risorg. d'Ital., c. 2, dit expressément: Sicche un italiano poté sembrare, ad ei mostrò voler esser lo, un riNote 254 · Les guerres et les troubles y furent presque continuels, mais ils eurent en partie pour objet une sorte d'élan vers la liberté qui, pour la Note 255 · Note 194: (retour) Bruker, Hist. Art. Phil., t. III, l. II, c. 2.Note 256 · L'agrandissement du pouvoir des évêques de Rome donnait beaucoup d'importance aux dispositions que chacun d'eux annonçait à l'égard des lettNote 257 · Note 195: (retour) Bettinelli, loc. cit. Ce jurisconsulte est le fameux Irnerius ou Garnier. Voy. le chapitre suivant.Note 258 · Cette même comtesse Mathilde, à qui l'on peut reprocher d'avoir alimenté l'ambition violente et l'audace effrénée de Grégoire VII, d'avoir dNote 259 · Note 196: (retour) Ses œuvres ont été en partie publiées à Bâle, en 1536, et sont en partie restées inédites. (Voy. Oudin, de Script. Eccl.,Note 260 · Il était Africain et né à Carthage. L'ardeur de s'instruire dans toutes les sciences le conduisit chez tous les peuples qui les cultivaient Note 261 · Note 197: (retour) Gibbon, Fall. of Rom. Emp., c. 53.Note 262 · Ils y furent excités par un nouveau mobile. Lorsque les Arabes, destructeurs des écoles d'Athènes et d'Alexandrie, rassasiés de conquêtes saNote 263 · Note 198: (retour) Léon VI, fils et successeur de Basile.Note 264 · Le savant patriarche Photius, célèbre par le schisme dont il fut la cause, et qui, sans changer d'opinion, fut excommunié par un grand conciNote 265 · Note 199: (retour) En 946.Note 266 · Note 200: (retour) Liutprandi Ticinensis Historia. Elle s'étend jusqu'à l'avénement de Bérenger II, vers le milieu du dixième siècle.Note 267 · Note 201: (retour) Legatio Liutprandi ad Constantin. Porphyr.Note 268 · Note 202: (retour) En 968.Note 269 · Note 203: (retour) Legatio Liutprandi ad Nicephorum Phocam. Il paraît qu'il mourut peu d'années après son retour de cette seconde légation (Note 270 · Ce fut vers lui que fut envoyé en ambassade, par Bérenger II, roi d'Italie, un jeune littérateur, devenu depuis un historien de quelque céléNote 271 · Note 204: (retour) On prononce Kiliades.Note 272 · A défaut d'ouvrages de génie, ce fut le temps des recherches et de l'érudition. Dans ce siècle et dans le douzième, on compte des commentateNote 273 · Note 205: (retour) Tiraboschi, t. III, p. 227 et suiv.Note 274 · Note 206: (retour) Launoi, de Scholis celebribus, ch. 42.Note 275 · Les deux plus grands génies de ce siècle, qui remplirent de leur renommée l'Italie, la France et l'Angleterre, furent Lanfranc et Anselme. LNote 276 · Note 207: (retour) En 1078.Note 277 · Guillaume, alors duc de Normandie, ayant acquis par la conquête de l'Angleterre, le surnom de Conquérant, voulut attirer Lanfranc dans ses nNote 278 · Note 208: (retour) Tiraboschi, ub. supr., p. 230 et suiv.Note 279 · Note 209: (retour) En 1092.Note 280 · Note 210: (retour) En 1098.Note 281 · Il était né en 1034, dans la ville d'Aoste, en Piémont 208. La réputation dont jouissait l'école du Bec, l'y attira de bonne heure. Il profiNote 282 · Note 211: (retour) En 1109.Note 283 · Rappelé en Angleterre par Henri Ier, Anselme s'y rendit; mais bientôt les intérêts de la cour de Rome qu'il voulut servir, le brouillèrent aNote 284 · Note 212: (retour) Voy. Tirab., ub. supr., p. 232. Voy. aussi M. Giamb. Corniani, dans l'ouvrage intitulé, I Secoli della Letteratura italiaNote 285 · Note 213: (retour) Tirab., loc. cit.Note 286 · Note 214: (retour) Giambat. Corniani, ub. supr., p. 57.Note 287 · Tous ses ouvrages sont théologiques ou ascétiques; il passe pour avoir appliqué, plus qu'aucun de ses prédécesseurs, les subtilités de la diNote 288 · Note 215: (retour) Giambat. Corniani, ut. supr.Note 289 · Ce dont on doit peut-être savoir le plus de gré à Anselme, c'est d'avoir eu sur l'éducation des enfants, des notions supérieures à son sièclNote 290 · Note 216: (retour) T. IX, p. 77.Note 291 · Note 217: (retour) Tiraboschi, t. III, p. 242.Note 292 · L'école fondée en France par Lanfranc et par Anselme, devint une pépinière féconde d'hommes instruits, non seulement pour la France, mais poNote 293 · Note 218: (retour) Selon Fleury, Hist. Eccl., l. LVIII, n°. 57, et Mabillon, Act. SS. etc. t. VII, pr. n°. 43; il était Romain, d'après un eNote 294 · Note 219: (retour) Cela est rigoureusement vrai de ses Sermons; ses Lettres peuvent être, sinon lues, du moins consultées pour l'histoire.Note 295 · Note 220: (retour) Arnolphi Hist. Mediolanensis, etc. Landolphi senioris. Mediolan. Historia, etc. Voy. Rerum ital. Script., t. IV.Note 296 · Mais enfin ni les ouvrages d'Anselme, ni ceux de Lanfranc son maître, ni ceux de leurs nombreux disciples, n'ont plus de lecteurs depuis lonNote 297 · Note 221: (retour) Ce lexique ou vocabulaire, imprimé pour la première fois à Milan, en 1476, sous le titre de Papias Vocabulista, l'a été pNote 298 · Ce sont tous, il est vrai, de ces auteurs que, dans la littérature de leur pays, on appelle sacrés; mais il en eut alors encore moins de proNote 299 · Note 222: (retour) Pochi mesi: c'est l'expression dont se sert M. Giambat. Corniani, dans ses Secoli della Letteratura ital., etc. t. 1, p. Note 300 · Note 223: (retour) Id. ibid.Note 301 · Note 224: (retour) Tiraboschi, t. III, p. 300.Note 302 · Note 225: (retour) Cum prœsertim simoniacâ hœresi modo propè cunctis damnatis episcopis timeam in aliquo communicadi. Guidonis Epistola MichNote 303 · Un moine Bénédictin de la Pomposa, célèbre abbaye près de Ravenne, s'immortalisa par une découverte en musique, qui facilita et abrégea consNote 304 · Note 226: (retour) Martin Gerbert, abbé de Saint-Blaise, l'a donné dans le vol. II de ses Scriptores ecclesiastici de musicâ sacrâ potissimuNote 305 · Note 227: (retour) À Milan, dans l'Ambroisienne; à Pistoja, chez les chanoines, à Florence, dans la Laurentienne. On en possède trois en FraNote 306 · On a imprimé, mais depuis asez peu d'années 226, l'ouvrage intitulé Micrologus, où il consigna sa découverte et son système: on ne le possédNote 307 · Note 228: (retour) Voy. sur cette école et sur Constantin l'Africain, ci-dessus, page 118.Note 308 · Note 229: (retour) Quelques auteurs ont prétendu qu'il avait été dédié à Charlemagne, et se sont fondés sur des manuscrits, qui portent pourNote 309 · Note 230: (retour) Antichità ital., t. III.Note 310 · Note 231: (retour) Surnommé Courte-cuisse.Note 311 · Note 232: (retour) Surnommé le Roux.Note 312 · Note 233: (retour) On peut citer, à l'appui de cette conjecture, le titre que porte ce poëme dans un des manuscrits de notre Bibliothèque imNote 313 · C'est aussi vers la fin de ce siècle que l'école de Salerne produisit ce petit poëme qui lui a fait plus de réputation que les gros ouvragesNote 314 · Note 234: (retour) C'est Zacharie Silvius qui assure, dans sa préface, ad schol. Salernit., avoir vu un manuscrit finissant par ces mots ExpNote 315 · Note 235: (retour) Tiraboschi, loc. cit.Note 316 · Note 236: (retour) Entre autres Mabillon, Acta SS. Ordin. S. Benedicts, vol. I. Baronius, Annal. Eccl. an MCXI.Note 317 · Note 237: (retour) Muratori, Rer. ital. Script., t. V.Note 318 · Note 238: (retour) Guillelmi Appuli de rebus Normannor. poema, ibid.Note 319 · Note 239: (retour) Tels que Laurentius Verniensis, Rerum Pisanarum; Magister Moses, de laudibus Bergomi, etc. ibid.Note 320 · Il est probable que l'un des professeurs de l'école fut chargé de rédiger l'ouvrage, et que les autres ne firent que l'approuver. On désigneNote 321 · Divers recueils d'érudition 236 contiennent des poésies latines d'un archevêque de Salerne, nommé Alfanus, qui ne valent pas les vers des méNote 322 · Note 240: (retour) En 1152. Frédéric était né en 1121.Note 323 · Note 241: (retour) Comme au siége de Crême; pendant lequel l'Empereur, après avoir fait pendre des prisonniers et des otages, fit attacher dNote 324 · Note 242: (retour) À Lignano dans le Milanais, an 1176.Note 325 · Note 243: (retour) À la paix de Constance, en 1183. Bettinelli, Risorgim. d'Ital. se trompe en plaçant ce traité en 1185.Note 326 · Note 244: (retour) Tirab., St. della Lett., ital., tom. III, liv. IV, c. i.Note 327 · L'esprit de liberté qui s'était annoncé en Italie dès le onzième siècle, y fit dans le deuxième de nouveaux progrès. Les villes de la LombarNote 328 · Note 245: (retour) Bettinelli, Risorg. d'Ital., c. 3.Note 329 · Note 246: (retour) Bettinelli, Risorg. d'Ital., c. 3.Note 330 · Dans cette longue et violente fermentation de liberté, il était impossible que les esprits n'acquissent pas plus d'activité, de curiosité, dNote 331 · Note 247: (retour) Pierre l'Ermite, ainsi nommé, soit à cause de son état, soit de son nom de famille, comme Tristan l'Ermite ou l'Hermite. Note 332 · Note 248: (retour) Urbain II.Note 333 · Note 249: (retour) En 1095, au concile de Clermont.Note 334 · Note 250: (retour) Elles étaient bien loin de l'être, lorsque j'écrivais ceci, aussi complètement qu'elles l'ont été depuis, dans les deux MNote 335 · Une passion très-différente de celle de l'étude agitait alors l'Italie et l'Europe entière; c'était la passion des croisades. À la fin du deNote 336 · Note 251: (retour) Voyez le grec Nicetas et notre vieux Villehardouin; voy. aussi Gibbon, Decline and fall of Roman Emp., c. 60.Note 337 · Note 252: (retour) En 1204.Note 338 · L'Empire grec était le dernier asyle des lettres: c'était là qu'en existaient encore les monuments; c'est là qu'elles pouvaient renaître de Note 339 · Note 253: (retour) En 1155.Note 340 · L'accroissement du pouvoir extérieur des papes à cette époque, et l'usage qu'ils en firent souvent ne furent que trop funestes à l'Europe; eNote 341 · Note 254: (retour) Jucundam vitam dicebat habere Litteratos. Voy. le second tome du Recueil des PP. Martène et Durand, intitulé Collectio veNote 342 · Ces vains combats de l'esprit étaient presque le seul usage qu'il fit alors de ses forces. Ils passaient des bancs de l'école dans le monde,Note 343 · Note 255: (retour) Tirab., t. III, p. 317 et suiv.Note 344 · Dès le onzième siècle, la nécessité, dont on a vu qu'était devenue l'étude des lois à ce grand nombre de petites républiques nouvellement foNote 345 · Note 256: (retour) Sigonius l'a dit le premier (de regno Italiœ, liv. XI, ad ann. 1137); d'autres l'ont redit ensuite sans examen.Note 346 · Les choses restèrent en cet état jusque vers l'an 1135, mais alors, selon un grand nombre d'auteurs, la jurisprudence éprouva une révolutionNote 347 · Note 257: (retour) Ubi supr.Note 348 · Note 258: (retour) La 45e et la 49e.Note 349 · Tiraboschi doute de l'une et nie l'autre. Il discute cette question avec beaucoup de justesse et d'impartialité 257. Le manuscrit d'Almalfi,Note 350 · Note 259: (retour) L'avocat Donato Antonio d'Asti, cité par Tirab., ub. sup.Note 351 · Note 260: (retour) L'abbé D. Guido Grandi.Note 352 · Note 261: (retour) Voy. Annal. d'Ital., ann. 1135.Note 353 · Note 262: (retour) Muratori, Script. Rer. Italic., vol XI., p. 314.Note 354 · Note 263: (retour) Ubi supr., p. 321.Note 355 · Le premier qui ait énoncé ce doute est un Italien 259, qui publia à Naples, en 1722, un savant traité, sur l'usage et l'autorité du droit ciNote 356 · Note 264: (retour) Préface sur les lois lombardes, Script. Rer. Ital., vol. I, part. II.Note 357 · Note 265: (retour) Tirab., loc. cit., p. 322.Note 358 · Quant à l'édit attribué à Lothaire II, ces deux excellents critiques sont moins réservés: ils en nient formellement l'existence, qui n'est eNote 359 · Note 266: (retour) Mater studiorum. Voyez l'ouvrage du P. Sarti, intitulé: de Claris professoribus Bononiensibus.Note 360 · Note 267: (retour) Voy. ibid., et Tirab. ubi supr. p. 327.Note 361 · Note 268: (retour) Voy. le Père Sarti, ubi supr.Note 362 · Note 269: (retour) Lucerna juris.Note 363 · On accorde généralement à Bologne l'honneur d'avoir été la plus célèbre et la plus ancienne école où l'on ait enseigné publiquement les loisNote 364 · Note 270: (retour) Giamb. Corniani, Secoli della Lett. ital., etc., t. I, p. 65.Note 365 · On attribue à Irnérius l'invention des degrés qui conduisent au doctorat, des titres de bachelier et de docteur, du bonnet et des autres ornNote 366 · Note 271: (retour) Tirab., t. III, p. 344.Note 367 · Irnérius laissa des disciples qui rendirent après lui l'école de Bologne de plus en plus célèbre. Les lois romaines furent enseignées non seNote 368 · Note 272: (retour) Bénédictin, abbé d'une abbaye de son ordre, dans le diocèse de Trêves. Son recueil de canons, publié au neuvième siècle, Note 369 · Note 273: (retour) Cet évêque de Worms publia sa collection de canons au commencement du onzième siècle.Note 370 · Note 274: (retour) Ce nom est célèbre dans notre littérature du onzième et du douzième siècle.Note 371 · Note 275: (retour) Voy. le cinquième Discours de Fleury, sur l'Hist. Eccl.Note 372 · Note 276: (retour) Le P. Sarti, dans son Traité de Cl. Prof. Bonon., t. I, part. I, p. 260, prouve que ce fut vers l'an 1140, et Tiraboschi Note 373 · Les Empereurs et les Papes accordaient, comme à l'envi, des encouragements à l'école de Bologne, et les étrangers y accouraient de toutes paNote 374 · Note 277: (retour) Il était né à Novare, ou dans les environs.Note 375 · Note 278: (retour) Liber Sententiarum.Note 376 · Note 279: (retour) Liv. I, sect. 4.Note 377 · Note 280: (retour) An volens vel nolens sit Deus, ibid. sect. 6.Note 378 · Note 281: (retour) Liv. III, sect. 12.Note 379 · Note 282: (retour) Tom. V.Note 380 · Note 283: (retour) Piemontesi illustri, t. I.Note 381 · Du reste, si nous voulons interroger ce siècle et chercher dans ses productions à nous rendre compte de ses progrès, nous les trouverons encNote 382 · Note 284: (retour) Le P. Sarti, dans son ouvrage déjà cité, de Cl. Prof. Bon.Note 383 · Nous ne mettrons pas sans doute assez d'importance à Pierre-le-Mangeur, autre théologien fameux de ce siècle, et auteur d'une mauvaise histoNote 384 · Note 285: (retour) Nicol. Antoine, Bibl. Hisp. vet. t. II, p. 263, etc.Note 385 · Note 286: (retour) Les auteurs du Giornale de' Letterati, 1713.Note 386 · Note 287: (retour) Tom. III, p. 293-296.Note 387 · Note 288: (retour) Tirab., t. III, p. 297.Note 388 · Ce n'est pas un théologien mais un philosophe, un savant en grec et en arabe que l'Italie fournit alors à l'Espagne. Gherardo était de CrémoNote 389 · Note 289: (retour) Tirab., t. III, p. 291.Note 390 · Les erreurs des Grecs schismatiques eurent alors une multitude d'antagonistes qui passèrent pour des prodiges de dialectique et d'éloquence,Note 391 · Note 290: (retour) En 1117. Voy. Tirab., ub. supr., p. 251 et suiv.Note 392 · Peu de temps après lui, d'autres Italiens firent aussi du bruit à Constantinople. Un des principaux fut un archevêque de Milan, Pierre GrossNote 393 · Note 291: (retour) Tirab., t. IV, p. 127.Note 394 · Note 292: (retour) En 1179. Tirab., t. III, p. 264, 265.Note 395 · On cite encore, pour leur habileté dans la langue grecque, un Ambrogio Biffi, un André, prêtre de Milan, un Hugues Eteriano, et son frère LéNote 396 · Note 293: (retour) Rerum Italic. Script., 29 vol. in-fol.Note 397 · Note 294: (retour) Ce qu'il a écrit de cette histoire ne s'étend que jusqu'en 1156, et la première expédition italienne de Frédéric est de 1Note 398 · Note 295: (retour) C'est ce qu'a fait avec beaucoup de succès M. Simonde Sismondi, dans son estimable Histoire des Républiques italiennes duNote 399 · Dans ce siècle, il n'y eut presque aucun monastère, pas le plus petit couvent, à plus forte raison pas une ville d'Italie, qui n'eût son hisNote 400 · Note 295b: (retour) Il mourut en 1164, âgé de 86 ans.Note 401 · Note 296: (retour) Tiraboschi, Stor. della Letter. ital., t. III, liv. IV, c. 3.Note 402 · Note 297: (retour) Voy. Muratori, Script. Rer. ital., vol. VI.Note 403 · Parmi toutes ces histoires plus ou moins suspectes, il en est une dont le caractère inspire plus de confiance, et qui, quoique souvent partiNote 404 · Note 298: (retour) Goffredo Malaterra. Il écrivit, par ordre du roi Roger, une histoire de Sicile, en quatre livres, qu'il conduit jusqu'à lNote 405 · Note 299: (retour) In Telese, dans le royaume de Naples. Il reprit l'histoire de Sicile, depuis 1127 jusqu'en 1135. C'est à la prière de MatNote 406 · Note 300: (retour) Tirab., t. III, liv. IV, c. 3.Note 407 · Les nouveaux états de Naples et de Sicile eurent aussi des historiens et des chroniqueurs, dont quelques-uns écrivirent par ordre des princeNote 408 · Note 301: (retour) Simon Pelloutier, dans son Histoire de Celtes, édition de Paris, 8 vol. in-12, 1770, 1771; Bullet, dans ses Mémoires sur Note 409 · Soit qu'il n'y ait eu qu'une langue primitive, dont toutes les autres aient été des dérivations et des produits, soit que les diverses peuplNote 410 · Note 302: (retour) Traité de la format. mécan. des Langues, c. 9, n°. 162.Note 411 · Note 303: (retour) C'est aussi le premier qui, en raison de sa patrie, ait eu le surnom d'Aretino. Voyez ses Lettres, liv. VI, Epist. 10.Note 412 · Note 304: (retour) Prose, liv. I.Note 413 · Note 305: (retour) Entre autres le Quadrio Stor. d'ogni poesia, t. I, p. 41.Note 414 · Note 306: (retour) Verona illustr., p. i, liv. XI.Note 415 · «Les invasions, dit ingénieusement le président de Brosses, sont le fléau des idiomes comme celui des peuples, mais non pas tout-à-fait dansNote 416 · Note 307: (retour) Antich. ital., Dissert. XXXII.Note 417 · Les langues, comme on voit, ont, aussi bien que les nations et les familles, leurs préjugés de naissance: elles affectent une antique originNote 418 · Note 308: (retour) Muratori, ubi supra.Note 419 · On l'écrivait fort mal; mais on l'écrivait cependant encore dans les livres, et même dans les actes publics: les notaires étaient obligés deNote 420 · Note 309: (retour) Gotifredus, ou Godefroy.Note 421 · Note 310: (retour) Muratori, loc. cit.Note 422 · Note 311: (retour) Liv. I, n°. VII.Note 423 · Maintenant, si nous considérons avec lui la nature des langues, qui est de faire peu à peu leurs changements, nous verrons que plus la languNote 424 · Note 312: (retour) Stor. della Letter. Ital., t. III, pref.Note 425 · L'esprit sage et la saine critique de Tiraboschi ne pouvaient pas s'y tromper. C'est de cette union d'étrangers barbares avec les nationaux Note 426 · Note 313: (retour) Voy. Muratori, Antich. ital., Dissertaz. XXXII, id. della perfetta poësia, lib. I, c. 3. Tiraboschi, t. III, liv. IV, c. Note 427 · Ce fut, comme dans toutes les langues, la poésie qui l'osa la première. On en fait remonter les premiers essais jusqu'à la fin du douzième sNote 428 · Note 314: (retour) Lou gai saber. On entendait par ce mot, non seulement l'art des Troubadours, mais ce mélange de politesse, d'esprit et deNote 429 · À ce nom qui intéresse notre gloire nationale, au nom des joyeux inventeurs de la science gaie 314, il semble qu'un rayon vient enfin de luiNote 430 · Note 315: (retour) Ce chapitre a été lu dans deux séances de la Classe d'histoire et de littérature ancienne de l'Institut. «Le but de l'autNote 431 · De la Littérature des Arabes, et de son influence sur la renaissance des Lettres en Europe 315.Note 432 · Note 316: (retour) Gibbon, Hist., of decline and fall, etc., ch. 41.Note 433 · Dans cette partie de l'immense presqu'île de l'Arabie, à qui l'on a donné le nom d'heureuse, des peuplades d'hommes nomades, mais guerriers;Note 434 · Note 317: (retour) Placée dans la quartier qu'on appelait le Bruchium.Note 435 · D'abord il faut faire remonter beaucoup plus haut le dommage. César, qui était un conquérant mais non pas un barbare, est le premier coupablNote 436 · Note 318: (retour) M. de Ste.-Croix, Rem. sur les anciennes biblioth. d'Alex., Magaz. encyc., Ve. année, t. IV, p. 433; M. Langlès, Notes etNote 437 · Note 319: (retour) Ch. 51.Note 438 · Note 320: (retour) M. de Ste.-Croix.Note 439 · Note 321: (retour) M. Langlès, ub. supr.Note 440 · J'ai pour garants d'une partie de ces faits les recherches de deux de mes savants confrères, MM. de Sainte-Croix et Langlès 318. L'historienNote 441 · Note 322: (retour) Abderame.Note 442 · Note 323: (retour) Specimen poeseos persicœ; Vindobonæ, 1771, in proœmio, p. 13.Note 443 · L'immense pouvoir des califes, et l'étendue démesurée de leur empire, eurent leurs suites ordinaires, le luxe, les factions rivales, et les Note 444 · Note 324: (retour) Gibbon, Decline and fall, etc., c. 50.Note 445 · Note 325: (retour) Il existe une volumineuse collection de ces anciennes chansons nationales des Arabes, intitulée Aghâny, et formée par AboNote 446 · Dès l'antiquité la plus reculée, les Arabes eurent un goût particulier pour la poésie, qui, chez presque tous les peuples, a ouvert la routeNote 447 · Note 326: (retour) Il ont été traduits en anglais par le célèbre William Jones.Note 448 · Pendant une foire annuelle, où se rendaient les tribus éloignées ou même ennemies, on employait trente jours, non-seulement aux échanges du Note 449 · Note 327: (retour) Voy. Andrès, Orig. Progr. etc., c. 8. Le véritable nom de ce calife ou khalife est Abou Djafar Mansour; mais je l'écris cNote 450 · Almansor 327, qui fut le second des Abassides, aimait la poésie et les lettres, était très-savant dans les lois, cultivait la philosophie, eNote 451 · Note 328: (retour) Abdallah-Mâmoun.Note 452 · Mais le véritable protecteur, le père chéri des lettres, fut le fils et le successeur d'Haroun, le fameux Almamon 328. Poètes, philosophes, Note 453 · Note 329: (retour) Quelques-uns des détails suivants sont extraits d'un mémoire manuscrit sur l'État des Sciences et Arts chez les Arabes, eNote 454 · Le Koran était alors la principale lecture des Arabes 329. Abou-Beker, successeur immédiat du Prophète, en avait le premier rassemblé les feNote 455 · Note 330: (retour) Kossa.Note 456 · Note 331: (retour) Le mémoire manuscrit, d'où ce fait est tiré, nomme cette princesse Isma; mais les orientalistes assurent que l'auteur s'eNote 457 · Note 332: (retour) Voltaire, Essai sur les Mœurs, etc., ch. 6.Note 458 · Note 333: (retour) Bailly les évalue à 57 pieds 9 p.Note 459 · Almamon avait fait, dès sa jeunesse, une étude particulière du droit, sous un jurisconsulte célèbre 330; et l'on doit penser qu'il ne se refNote 460 · Note 334: (retour) J'entends des Éphémérides astrologiques, dans lesquelles on prétend annoncer d'avance les températures et les phénomènes Note 461 · Deux sciences qui tiennent à l'astronomie, eurent part aussi aux générosités d'Almamon: la géographie, qui était encore très-imparfaite, et Note 462 · Note 335: (retour) Andrès, Orig. Progr., etc., c. 8.Note 463 · Un grand nombre de savants chrétiens, chassés de Constantinople par les querelles de religion et par les troubles de l'Empire, se réfugièrenNote 464 · Note 336: (retour) M. Sylvestre de Sacy croit que les Fables connues sous le nom de Lokman, transplantées de l'Inde ou de la Grèce sur le soNote 465 · Note 337: (retour) M. Pigeon de Sainte-Paterne, dans le Mémoire déjà cité.Note 466 · L'Inde avait concouru avec la Grèce à donner des leçons de sagesse aux Arabes; ils possédaient dans leur langue, une traduction des fables iNote 467 · Note 338: (retour) Roman de Tamim-Addar.Note 468 · Almamon se plaisait à ces récits. On composait, pour lui faire la cour, des dialogues de même genre; tantôt entre le bœuf et le renard, tantNote 469 · Note 339: (retour) Dans son dixième chapitre; il y emploie 24 pages in-4°. Je voudrais bien que quelqu'un essayât de faire lire en France unNote 470 · Note 340: (retour) Dem. Evang. prop. IV.Note 471 · L'influence des Arabes sur les sciences et les lettres, se répandit bientôt dans l'Europe entière. C'est à eux qu'elle doit aussi plusieurs Note 472 · Note 341: (retour) Andrès, chap. 10. M. Langlès a démontré, dans une Notice sur l'origine de la Poudre à canon, insérée dans le Magasin EncyNote 473 · Note 342: (retour) Tom. IV, liv. II, c. ii.Note 474 · Note 343: (retour) Dans une lettre latine, écrite par le célèbre astronome Édouard Bernard, en 1684. Trans. phil., n°. 158.Note 475 · La chimie leur dut non-seulement ses progrès, mais sa naissance, puisqu'ils inventèrent l'alambic de distillation, qu'ils analysèrent les prNote 476 · Note 344: (retour) Andrès, Orig. Progr., etc. ii.Note 477 · Note 345: (retour) Selon une observation de mon savant confrère, M. Sylvestre de Sacy, recueillie et citée par M. Œlsner, dans son Mémoire sNote 478 · Il n'est pas inutile de remarquer que parmi tant de livres de sciences, traduits du grec par les Arabes, et qu'ils firent les premiers connaNote 479 · Note 346: (retour) On trouve un très-long chapitre sur la Musique arabe, dans l'Essai de M. de La Borde, t. I., p. 175; il est de M. Pigeon Note 480 · Ils conservèrent aussi dans toute sa pureté le genre de leur musique, art dans lequel on prétend qu'ils excellèrent, et dont la théorie étaiNote 481 · Note 347: (retour) Williams Jones, Poëseos Asiaticœ Comment., cap. i, éd. de Leipsick, 1777, p. 2.Note 482 · Il y en a un général et commun à toute la poésie orientale; et ce caractère, ou ce génie, est encore assez imparfaitement connu en Europe, oNote 483 · Note 348: (retour) M. Langlès, Fables et Contes Indiens, nouvellement traduits, 1790; Disc. prél.Note 484 · Note 349: (retour) Voyez Fabliaux traduits par le grand Daussy, t. I, éd. in-8°., p. 393.Note 485 · Le monument le plus ancien qui existe de la poésie des Indiens, qui sont eux-mêmes les plus anciens peuples de l'Asie, est celui dont j'ai dNote 486 · Note 350: (retour) William Jones, ub. supr., p. 8.Note 487 · Les Indiens Musulmans, ou modernes, qu'il faut bien distinguer des Hindous, habitants autochtones de l'Inde, ont tout écrit en langue persanNote 488 · Note 351: (retour) Segetes largiri fruges, florere omnia, Fontes scatere, herbis prata convestirier; passage d'Ennius cité par Cicéron, TuscNote 489 · Note 352: (retour) Viâ altâ atque arduâ Per speluncas saxis structas, asperis, pendentibus, Maximis, ubi rigida constat crassa Caligo; autNote 490 · Le climat habité par ces deux peuples, paraît avoir eu la plus grande influence sur le caractère de leur poésie. Il est impossible que les iNote 491 · Note 353: (retour) Ub. supr., p. 4 et 5.Note 492 · C'est à ces propriétés de la nature qui les environne, et à leur manière de vivre, que les Arabes et les Persans durent, selon le célèbre orNote 493 · Note 354: (retour) Rezwiisky, Specimen poës. persicœ, révoque en doute leur haute antiquité: Paucis monumentis exceptis, iisque dubiis, quœ Note 494 · Note 355: (retour) Rezwiisky, loc. cit.Note 495 · Les Persans emploient, pour signifier l'art des vers, une expression figurée très-belle dans leur langue, et qui veut dire former un fil de Note 496 · Note 356: (retour) William Jones, Traité sur la poésie orientale, à la suite de son histoire de Nadir-Shah, écrite en français, et publiée LNote 497 · Mais avec ces rapports communs, ils ont aussi des différences. Il en existe surtout dans les deux langues. La langue arabe est expressive, fNote 498 · Note 357: (retour) Rezwiisky, Specim. poës. pers., et William Jones lui-même, Poëseos Asiaticœ Comment.Note 499 · Note 358: (retour) Rezwiisky, ub supr., p. 43.Note 500 · Note 359: (retour) Will. Jones, Poës. Asiat. Com., c. 2.Note 501 · Mais voici une contradiction assez forte entre les Orientalistes. Les uns vantent cette facilité des compositions poétiques et en citent desNote 502 · Note 360: (retour) Will. Jones, ub. supr., c. 3, p. 75.Note 503 · De toutes ces sortes de vers, ils forment des poëmes de plusieurs espèces. La Casside est une des plus anciennes. C'est une espèce d'idylle Note 504 · Note 361: (retour) John Nott. select odes from the Persian poet Hafiz, etc. London, 1787.Note 505 · La Ghazèle est une espèce d'ode amoureuse ou galante, semée d'images et de pensées fleuries. Le sujet en est ordinairement enjoué. Il respirNote 506 · Note 362: (retour) Specimen poës. pers., p. 45.Note 507 · Note 363: (retour) Ibid., p. 46.Note 508 · La mesure des vers et la disposition des rimes sont absolument les mêmes 362 dans la ghazèle que dans la casside; mais la première ne doit pNote 509 · Note 364: (retour) Carmina Haphyzi in unum volumen seu Divanum Collecta ghazelas 569 circiter comprehendunt variis temporibus compositas, etNote 510 · La ghazèle appartient plus aux Persans qu'aux Arabes; ils l'ont cultivée avec une sorte de prédilection, tandis que les Arabes, plus graves Note 511 · Note 365: (retour) William Jones, Poës. Asiat. Comment., p. 295.Note 512 · Les poésies amoureuses des Arabes ont en général moins de mollesse, un caractère moins efféminé que celles des Persans. Des images guerrièreNote 513 · Note 366: (retour) William Jones, ibid., p. 304.Note 514 · «Car l'homme est l'esclave de la fortune, et la fortune est changeante. Les choses heureuses et contraires, la richesse et la pauvreté sont Note 515 · Note 367: (retour) Id. ibid., p. 148.Note 516 · La comparaison de ces jeunes filles avec des statues d'ivoire est un trait plein de délicatesse et de grâce. La comparaison ou similitude esNote 517 · Note 368: (retour) William Jones, ibid. p. 156.Note 518 · Note 369: (retour) Id. ibid., p. 161.Note 519 · Les meilleurs poëtes arabes se plaisent à décrire les productions de la nature, et surtout les fleurs et les fruits; et de même qu'ils les eNote 520 · Note 370: (retour) Id. ibid., p. 151.Note 521 · Note 371: (retour) Id. ibid., p. 152.Note 522 · Note 372: (retour) William Jones, ibid. p. 154.Note 523 · Dans le genre héroïque, leurs comparaisons ont quelquefois la force et la grandeur de celles d'Homère. Ils disent d'une troupe de guerriers:Note 524 · Note 373: (retour) William Jones, ibid., cap. 6, p. 138.Note 525 · Ils ne sont pas moins féconds en métaphores, ou plutôt ils parlent presque toujours métaphoriquement: tout ce qui vient d'un objet est chez Note 526 · Note 374: (retour) Ibid., cap. 8, p. 168.Note 527 · Presque toutes les autres figures de pensées et de mots sont connues des Arabes. Leur langue se prête singulièrement à ces dernières. Celle Note 528 · Note 375: (retour) William Jones, ibid., donne l'analyse de ce poëme, chap. 12, p. 238.Note 529 · On a vu, par quelques citations, qu'ils connaissent la poésie héroïque. Il n'ont point cependant de véritables épopées. Leurs poëmes héroïquNote 530 · Note 376: (retour) Le même, dans son Traité de la Poésie orientale, à la suite de l'histoire de Nadir-Shah.Note 531 · Les Persans et les Turcs ont un nombre infini de ces poëmes sur les exploits et les aventures de leurs plus fameux guerriers; mais les fableNote 532 · Note 377: (retour) Bibl. orient., citée par William Jones, Poës. Asiat. Comment., ch. 13, p. 258.Note 533 · Note 378: (retour) William Jones, ibid., p. 261.Note 534 · Les Arabes ont un genre ou la teinte habituelle de leur imagination les rend très-propres à réussir; c'est la poésie funèbre. Ils y célèbrenNote 535 · J'en ajouterai un autre d'un genre tout différent, et tout-à-fait extraordinaire, c'est l'épitaphe du libéral et vaillant Maâni 378.Note 536 · Note 379: (retour) William Jones, ibid., cap. 15, p. 276.Note 537 · Note 380: (retour) William Jones, ibid., cap. 15, p. 276.Note 538 · La poésie morale des Arabes est célèbre, ainsi que leur esprit naturellement sentencieux. Ils ont un grand nombre de vers qui renferment desNote 539 · Note 383: (retour) Ac deinceps regis atque optimatum virtutes, seu veras, sive adulationis causâ fictas, immortalitati commendant. Id. ib. cNote 540 · Note 384: (retour) Bernier rapporte lui-même ce trait dans sa Description des états du Grand-Mogol.Note 541 · Les deux peuples excèlent également dans un autre genre, qui est le panégyrique ou l'éloge. Leur usage est de commencer leurs grands poëmes Note 542 · Note 385: (retour) Antara était guerrier et poëte; c'est de lui qu'était la cinquième des sept idylles affichées au temple de la Mecque. AblNote 543 · Note 386: (retour) William Jones, ch. 17, p. 325 et 326.Note 544 · Les Arabes et les Persans se dédommagent en quelque sorte de leurs adulations poétiques par des satyres violentes; on pourrait plutôt les noNote 545 · Note 387: (retour) William Jones, ibid., p. 332.Note 546 · Le même Ferdoussy, célèbre par son grand poëme historique, s'est aussi distingué parmi les satyriques persans. C'est par ordre de son roi MaNote 547 · Note 388: (retour) Ce chapitre a été considérablement augmenté; il est ici double de ce qu'il était quand je le lus à l'Athénée de Paris, etNote 548 · Note 389: (retour) Cette Histoire fut imprimée en 1614, en un gros vol. in-fol.Note 549 · Note 390: (retour) Lyon, 1575, petit in-8°.Note 550 · Note 391: (retour) L'autre est l'île de Sainte-Marguerite.Note 551 · La plus ancienne histoire des Troubadours qui ait été écrite en français, est celle de Jean de Notre-Dame, ou Nostradamus, procureur au parlNote 552 · Note 392: (retour) Mort en 1196.Note 553 · L'un des plus curieux qu'il y trouva était un recueil qu'Alphonse II, roi d'Aragon et comte de Provence 392, avait autrefois fait rédiger paNote 554 · Note 393: (retour) Il mourut en 1408.Note 555 · Il peignit ainsi un recueil considérable d'oiseaux, d'animaux, de paysages, et de vues des côtes délicieuses de ces îles, que l'on trouva paNote 556 · Note 394: (retour) T. II, p. 162, note 2.Note 557 · Note 395: (retour) Ibid., note 1.Note 558 · Note 396: (retour) Les Vies des Troubadours et les titres y sont de même écrits en rouge, les poésies en noir; les lettres initiales des pièNote 559 · Note 397: (retour) Sous le même numéro que dans la Vaticane.Note 560 · Il est vraisemblable que ce sont ces élégantes copies, faites d'après celle du moine des Isles-d'Or, qui se répandirent ensuite à Naples et Note 561 · Note 398: (retour) Les pièces provençales seules, avec leurs variantes, remplissent quinze volumes; huit autres sont remplis d'extraits, de Note 562 · Note 399: (retour) Trois vol. in-12, Paris, 1774.Note 563 · Depuis le seizième siècle, on avait cessé en France de s'occuper des Troubadours. Un savant qu'on pourrait dire tout Français, ce même SaintNote 564 · Note 400: (retour) Ce second volume de l'Istoria della volgar poesia de Giovan Mario Crescimbeni, parut en 1710; le premier avait paru dès 1Note 565 · Avant eux, et presque au commencement du dix-huitième siècle, Crescimbeni avait donné en italien, dans le second volume de son Histoire de lNote 566 · Note 401: (retour) Nous devons à M. Roquefort, jeune homme très-instruit dans nos antiquités littéraires, un bon Glossaire de la Langue romaNote 567 · Note 402: (retour) Fauchet, de l'Origine de la Langue et Poésie françaises, liv. I, ch. 4.Note 568 · Il est inutile de répéter tout ce qu'ont écrit nos antiquaires sur l'origine de la langue romance ou romane 401. Formée des combinaisons de Note 569 · Note 403: (retour) Andrès, Orig. Progr. e St. at. d'ogni Lett., t. I, c. ii.Note 570 · Note 404: (retour) Constance, fille de Robert Ier, duc de Bourgogne.Note 571 · Note 405: (retour) Le 25 mai 1085. Ce n'est donc pas au milieu du onzième siècle, comme le dit Andrès, mais vers la fin.Note 572 · Note 406: (retour) «Les Espagnols, dit l'estimable auteur de l'Essai sur la Littérature Espagnole (Paris, 1810, in-8°.), se glorifient d'avoNote 573 · Note 407: (retour) Andrès, ub. supr.Note 574 · Lorsqu'au onzième siècle 403, plusieurs seigneurs français, appelés par le roi de Castille, Alphonse VI, qui avait épousé une Française 404,Note 575 · Note 408: (retour) L'un dans sa lettre à Segrais, sur l'origine des Romans; l'autre dans son Histoire de la Poésie française, ouvrage agréabNote 576 · Note 409: (retour) Stor. e rag. d'ogni Poes., t. VI, lib. II, p. 299.Note 577 · On aperçoit dans la poésie des Troubadours les traces de cette filiation, et l'on n'y voit aucuns vestiges de la poésie grecque ou latine. LNote 578 · Note 410: (retour) Cœlum nitescere, arbores frondescere, Vites lœtificœ pampinis pubescere, Rami baccarum ubertate incurvescere, etc.Note 579 · Note 411: (retour) Hœc omnia vidi inflammari, Priamo vi vitam evitari, Jovis aram sanguine turpari.Note 580 · L'on ne remarque rien dans l'ancienne poésie des Grecs, qui indique en eux du goût pour la consonnance de plusieurs mots dans le même vers, Note 581 · Note 412: (retour) De la Langue et Poésie françaises, liv. I, c. 3.Note 582 · Note 413: (retour) Ibid., c. 7.Note 583 · Note 414: (retour) De la Langue et Poésie françaises . Cette traduction se trouve dans Thesaurus antiquitatum Teutonicarum , avec beaucoup dNote 584 · Fauchet fait remonter l'usage de la rime jusqu'à la langue thioise ou théotisque, qui est la source de la nôtre. Il rapporte 412 un long pasNote 585 · Note 415: (retour) Recherches de la France, liv. VII, c. 3.Note 586 · Note 416: (retour) C'est un passage de son histoire de Germanie, Res. Germanicœ, imprimée en 1693.Note 587 · Note 417: (retour) Pasquier les traduit tous mot à mot; selon lui, les quatre premiers sont littéralement ainsi: Ores veux-je écrire notre sNote 588 · Pasquier 415 cite cette même préface de la traduction thioise des évangiles, dans un passage de Beatus Rhenanus, savant du seizième siècle 4Note 589 · Note 418: (retour) Antich. ital. Dissertaz. 40, t. II, p. 437.Note 590 · Muratori 418 cite un rhythme de S. Colomban, qui date du sixième siècle, et qui procède par distiques rimés; un autre de S. Boniface, en petNote 591 · Note 419: (retour) Voyez Andres, ub. supr. t. I, c. ii.Note 592 · Le goût des récits fabuleux d'aventures chevaleresques ou galantes, et celui des narrations d'où l'on fait ressortir quelque vérité morale, Note 593 · Note 420: (retour) «Nos Trouvères, dit le président Fauchet, allaient par les cours resjouir les princes; meslans quelquefois des fabliaux qNote 594 · On peut ajouter aux ressemblances entre les formes poétiques, celles qui existaient entre les mœurs et la vie des poëtes. Chez les Arabes, pNote 595 · Note 421: (retour) Giraut Riquier. Il était de Narbonne, et fut très-favorisé du roi de Castille Alphonse X; c'est à peu près tout ce qu'on Note 596 · Si l'on veut avoir une idée juste de cette poésie, dont la destinée fut si brillante et si fugitive, il ne faut pas se figurer les TroubadouNote 597 · Note 422: (retour) Girant de Calanson; il était de Gascogne, et n'est connu lui-même que sous le titre de jongleur. Voy. Millot, t. II, p. 2Note 598 · Note 423: (retour) Sans doute des singes.Note 599 · Note 424: (retour) Et non pas citales, comme on le lit dans Millot (Voyez le Glossaire de la Langue Romane, de M. Roquefort, au mot citole.)Note 600 · Note 425: (retour) Lisez le manicorde ou manichordion: c'était une sorte d'épinette. (Voyez La Borde, Essai sur la Musique, t. I, p. 301.)Note 601 · Note 426: (retour) Millot pense que c'était une espèce de vielle. Ce serait une horrible cacophonie, que dix-sept cordes de tons différents,Note 602 · Note 427: (retour) Espèce de musette, selon quelques-uns, ou plutôt instrument à cordes qui s'accordait fort bien avec la harpe, comme on leNote 603 · Note 428: (retour) Millot, loc. cit.Note 604 · On s'était si fort habitué à voir les jongleurs faire des tours d'adresse ou de passe-passe, qu'un autre Troubadour du même siècle 422 donnaNote 605 · Note 429: (retour) Voyez sa Vie dans Nostradamus et dans Crescimbeni, Vie 26; Millot, t. II, p. 266.Note 606 · Note 430: (retour) Millot, ub. supr., p. 290.Note 607 · Pierre Vidal, au contraire 429, dans la plus longue et la meilleure pièce qui nous reste de lui, donnant aussi des conseils à un jongleur, vNote 608 · Il faut varier ses chansons..., se proportionner à la tristesse et à la gaîté des auditeurs éviter seulement de se rendre méprisable par desNote 609 · Note 431: (retour) Le désir de comparer deux grands hommes a fait, dit Gibbon, que plusieurs historiens ont noyé Frédéric dans le Cydnus, oùNote 610 · On met peut-être un peu gratuitement au nombre des Troubadours cet empereur Frédéric Barberousse qui, après avoir si mal employé pendant un Note 611 · Note 432: (retour) C'est-à-dire, l'accueil honorable, le salut, la manière de témoigner le respect et les égards. Quelques-uns lisent l'ouraNote 612 · Note 433: (retour) On ne sait ce que signifie cette perle julienne.Note 613 · Note 434: (retour) La main et la figure, la ciera.Note 614 · E l'onrar 432 del Ginoès,Note 615 · E la perla Julliana 433Note 616 · La mans e kara 434 d'Anglès,Note 617 · Note 435: (retour) Roger Bernard III. Voyez Millot, t. II, p. 470.Note 618 · Note 436: (retour) Guillaume de Baux. Voyez idem, t. III, p. 52.Note 619 · Note 437: (retour) Voyez Crescimbeni, Giunta alle vite de' poeti provenzali, où il le nomme Guillaume VIII; et Millot, t. I, p. i.Note 620 · Le plus ancien Troubadour, dont il nous soit resté des ouvrages, est un prince; c'est Guillaume IX, comte de Poitou et duc d'Aquitaine, mortNote 621 · Note 438: (retour) Voyez Crescimbeni, Vie XLI; Millot, t. I, p. 54.Note 622 · Note 439: (retour) Le premier vers de ce sirvente est: Ja nus hom pris non dira sa raison. Le roi dit dans une autre couplet: Or sachan ben Note 623 · Note 440: (retour) Ils n'y avaient gagné que le ravage de leurs terres, Richard les ayant abandonnés, et eux n'étant pas assez forts pour réNote 624 · Note 441: (retour) Voyez, sur le dauphin d'Auvergne, Crescimbeni, Giunta alle Vite, etc.; Millot, t. I, p. 303.Note 625 · On sait assez quels malheurs éprouvèrent le courage bouillant de cet autre croisé célèbre, Richard, surnommé Cœur-de-Lion 438. Dans la prisoNote 626 · Note 442: (retour) Voyez, sur Alphonse II, considéré comme Troubadour, Crescimbeni, Giunta alle Vite, etc., p. 167 (il l'y nomme Alphonse I)Note 627 · Les deux rois d'Arragon, Alphonse II et Pierre III, n'ont de rang parmi les Troubadours, l'un que pour une chanson d'amour, l'autre que pourNote 628 · Note 443: (retour) Voyez, sur Frédéric III, Crescimbeni, Giunta alle Vite, etc., p. 185, et Millot, t. III, p. 23.Note 629 · Le troisième possesseur d'un trône acquis par ce grand crime politique, Frédéric III, se voyait attaqué en Sicile par le parti de la France Note 630 · Note 444: (retour) Le Brun.Note 631 · Note 445: (retour) Millot, t. I, p. 170.Note 632 · Note 446: (retour) Il se nommait Gui-Guérujat ou Guerjat, et était de la maison de Montpellier, ibid., p. 110.Note 633 · Note 447: (retour) Ibid., t. II, p. 223.Note 634 · Note 448: (retour) Ibid., p. 477.Note 635 · Note 449: (retour) Armand de Bréon, ibid., p. 404.Note 636 · Note 450: (retour) Tom. III, p. 321.Note 637 · Les dames elles-mêmes, à qui les fruits de cette épidémie procuraient du plaisir et de la gloire, n'en furent pas exemptes; et l'un des plusNote 638 · Note 451: (retour) Tels sont le fameux Sordel de Mantoue, Barthélemi Giorgi de Venise, Boniface Calvo de Gênes, etc. Voyez leurs articles daNote 639 · Souvent, après avoir ainsi fait admirer et payer leurs chants dans tout le midi de la France, nos Troubadours visitaient l'Italie et l'EspagNote 640 · Note 452: (retour) La cour de Geoffroy, comte de Bretagne, fils de Henri II, roi d'Angleterre.Note 641 · Note 453: (retour) Bertrand d'Alamanon.Note 642 · Note 454: (retour) Voyez Nostradamus et Crescembeni, Vie I; Millot, t. I, pag. 85.Note 643 · Souvent aussi l'esprit religieux et aventurier qui dominait leur siècle se saisissait d'eux, les entraînait dans des pélerinages lointains, Note 644 · Note 455: (retour) Voyez Millot, t. II, p. 271 et 272.Note 645 · Note 456: (retour) Cette folie n'était que ridicule. Après son retour en Europe, il en eut une plus dangereuse pour lui: amoureux d'une dameNote 646 · Pierre Vidal, maître fou s'il en fut jamais, malheureux dans ses amours, exilé par une grande dame qu'il avait aimée plus et autrement qu'elNote 647 · Note 457: (retour) Voyez Millot, t. II, article de Savary de Mauléon, p. 106.Note 648 · Telle était aussi la facilité des mœurs dans ces bons siècles de nos pères, que les belles dames aimées par les Troubadours, qui joignaient Note 649 · Note 458: (retour) L'abbé Millot pense en effet qu'il est possible que le sire de Coucy, blessé à mort au siège d'Acre, ait réellement donnéNote 650 · Des aventures tragiques se mêlent à ces joyeuses anecdotes. Tous les maris n'étaient pas d'aussi bonne humeur. Raimond de Castel Roussillon Note 651 · Note 459: (retour) Guillaume de La Tour. Voy. Millot, t. II, p. 148.Note 652 · Note 460: (retour) Richard de Barbésieu, Idem., t. III, p. 86.Note 653 · La renommée que les Troubadours acquéraient par leurs talents donnait de la célébrité à des aventures singulières, à des traits de passion pNote 654 · Note 461: (retour) L'histoire attribue ce mot affreux à Arnauld ou Arnold, abbé de Citeaux, l'un des trois plus fougueux prédicateurs de cetNote 655 · D'ailleurs la cour des comtes de Provence et les autres cours du Midi, qui avaient eu pendant le douzième siècle une existence si brillante,Note 656 · Note 462: (retour) Vers la fin du quatorzième siècle. Jean Ier mourut en 1395.Note 657 · Note 463: (retour) Abrégé chron. de l'Hist. d'Espagne, Paris, 1777, t. I, p. 561.Note 658 · Note 464: (retour) On place en 1392, au mois d'août, la rencontre que fit le roi, dans la forêt du Mans, de ce spectre vivant, qui se jetta Note 659 · Une académie ou société de Troubadours existait, il est vrai, toujours à Toulouse. On y faisait toujours des chansons; les Jeux floraux entrNote 660 · Note 465: (retour) Le marquis de Villena mourut en 1434; il était du sang royal d'Aragon, grand-maître de l'ordre de Calatrava, etc. Il cultNote 661 · Les Espagnols prirent l'habitude d'appeler Gaya Sciencia la poésie, la rhétorique et l'éloquence même. L'un des livres les plus estimés de lNote 662 · Note 466: (retour) M. La Curne de Ste.-Palaye.Note 663 · Chose bien remarquable que cette destinée si courte et si brillante de la langue et de la poésie des Troubadours! deux siècles la virent naîNote 664 · Note 467: (retour) Les odes ou ghazèles des Arabes et des Persans, sont divisées par distiques: les deux vers du premier distique riment ensNote 665 · L'une des qualités qui brillent le plus dans la poésie des Troubadours, et que l'on y peut le plus facilement apercevoir, est le sentiment dNote 666 · Note 468: (retour) Ainsi, ce vers masculin, Amor, merce no mucira tan soven, est de dix syllabes, et ce vers féminin qui le suit, Que ia'm pNote 667 · 3°. L'emploi et la combinaison des différentes mesures de vers dans les strophes est la source la plus abondante de leur diversité. Les stroNote 668 · Note 469: (retour) C'est lui que Pétrarque appelle il men famoso Arnaldo, pour distinguer d'Arnaud Daniel, qui avait plus de réputation que Note 669 · Avec ces rimes et ces mesures de vers si péniblement entrelacées, avec ces entraves qui devaient être si embarrassantes pour le génie, et siNote 670 · Note 470: (retour) Id. ibid. , p. 393. Cette pièce est de Bertrand d'Allamanon. V. Nostradamus, Vie. LI; Crescembeni, idem .; Millot, tom. INote 671 · Quelquefois une tendresse naïve y est revêtue d'une expression piquante, comme dans cette pièce intitulée demi-chanson: «On veut savoir pourNote 672 · Note 471: (retour) Ce poëte était italien et né à Mantoue; mais ce fut principalement par ses poésies provençales, qu'il se rendit célèbre, Note 673 · Sans connaître, selon toute apparence, les poëtes ni grecs ni latins, ni par conséquent l'emploi qu'ils faisaient dans quelques genres de poNote 674 · Note 472: (retour) Aylas e que'm fan miey huelh? Quar no uezon so quieu auelh, Er quan renouella e gensa Estius ab fuelh et ab flor. Pus mi Note 675 · «Hélas à quoi me servent mes jeux 472, s'ils ne voient pas celle que je désire, maintenant que la saison se renouvelle et que la nature se pNote 676 · Note 473: (retour) Millot, t. II, p. 16.Note 677 · Note 474: (retour) Bertrand de Born, l'un des plus braves chevaliers et des plus illustres Troubadours du douzième siècle, et dont NostradamNote 678 · Quelquefois ces poëtes, qui ne connaissaient ni Anacréon ni les autres anciens, donnaient à leurs inventions galantes un tour digne des anciNote 679 · On trouve aussi dans leurs poésies galantes des traits originaux qui peignent les mœurs guerrières de leur temps, comme ce serment qui termiNote 680 · Note 475: (retour) On trouve, par exemple, dans les manuscrits provençaux, deux strophes ainsi intitulées, So son II coblas que fas R. GauceNote 681 · Les Provençaux appelèrent sonnets des pièces dont le chant était accompagné du son des instruments; ce mot n'indiquait aucune forme, aucune Note 682 · Note 476: (retour) Voici une alba de Giraut Riquier; Al plazen Pessamen A Amoros Ai cozen B Mal talen Cossiros Tan qu'el ser non pueNote 683 · Note 477: (retour) Telle est une retroencha de Jean Estève, en six couplets, d'un singulier entrelacement de mesures et de rimes qu'il seraiNote 684 · Note 478: (retour) J'en trouve une de Giraut Riquier, dont les strophes sont de douze vers, sur trois seules rimes féminines entremêlées. DeNote 685 · Les albas et les serenas étaient des chansons dans lesquelles un amant exprimait ou l'attente de l'aube du jour, ou l'effet que produisait eNote 686 · Note A: (retour) Pensée, ou, comme on disait en vieux français, pensement, en italien et en espagnol, pensamento et pensamiento.Note 687 · Note B: (retour) Cocente, cuisant.Note 688 · Note 479: (retour) C'est en interprétant mal un article d'un Glossaire manuscrit provençal-latin de la bibliothèque Laurentienne à Florence,Note 689 · Note 480: (retour) Presque toutes les chansons qui sont intitulées Descors dans nos manuscrits, sont dans le premier de ces deux cas. Je puiNote 690 · Le descort ou descors a été mal défini par tous ceux qui ont écrit sur la poésie provençale, Crescimbeni, dans ses giunte ou additions aux vNote 691 · Note 481: (retour) Le mot final du sixième vers de la première strophe est reporté au premier vers de la seconde; celui du premier vers l'esNote 692 · La sixtine est, sans contredit, celle de ces formes provençales qui était la plus recherchée et la plus difficile. Les strophes y sont compoNote 693 · Note 482: (retour) Dans les Femmes Savantes.Note 694 · On a vu plus haut ce que c'était à peu près que la ballade; il y faut ajouter un entrelacement de rimes et de mesures de vers, qui ne pouvaiNote 695 · Note 483: (retour) C'est sans doute de ce mot tenson que las Italiens ont pris leur mot tenzone, lutte, dispute, querelle.Note 696 · Note 484: (retour) Cazeneuve, De l'Origine des Jeux Floraux.Note 697 · Note 485: (retour) C'est-à-dire, au douzième siècle. L'abbé Millot a eu raison d'être d'un avis contraire à celui de Cazeneuve, sur la hauteNote 698 · La tenson, espèce de lutte ou de combat poétique, était un dialogue vif et serré entre deux Troubadours qui s'attaquaient et se répondaient Note 699 · Note 486: (retour) Gaucelm Faidit et Hugues Bacalaria. Voyez, sur le premier, Millot, t. I, p. 354: il ne fait que nommer le second en rappoNote 700 · C'est aux Arabes, comme nous l'avons dit, qu'ils empruntèrent les tensons ou combats poétiques, espèces d'assaut d'esprit qui, chez ces peupNote 701 · Note 487: (retour) Millot, t. II, p. 297.Note 702 · Les contes ou novelles ne sont pas en aussi grand nombre dans les poésies des Troubadours que dans celles des Trouvères, ou anciens poëtes fNote 703 · Note 488: (retour) Il est d'Arnauo de Carcassès, troubadour inconnu, dont on n'a que un seul morceau. Voyez Millot, t. II, p. 390.Note 704 · En voici un 488 dont le commencement, presque anacréontique, n'annonce guère la fin; cette fin n'est, à proprement parler, dans aucun genre,Note 705 · Note 489: (retour) L'auteur est Raimond Vidal de Besaudun, que l'abbé Millot, tom. III, pag. 277, soupçonne être fils de Pierre Vidal.Note 706 · On trouve dans une autre novelle 489 l'original d'un conte plaisant de Boccace, à moins que ce conte, n'ait comme tant d'autres, une origineNote 707 · Note 490: (retour) Pastourelle de Giraut Riquier; Millot, tom. III, p. 333. Il y en a, dans les manuscrits, quatre du même auteur.Note 708 · Note 491: (retour) Voyez l'article de Jean Estève; Millot, tom. III, p. 379.Note 709 · Il y a peut-être encore moins d'art dans leurs pastourelles. C'est presque toujours le poëte qui raconte lui-même que, se promenant seul danNote 710 · Note 492: (retour) Il se nommait Bernard Arnaud de Montcuc, Voyez Millot, ub. supr., p. 97. Les autres auteurs qui ont écrit sur la poésie pNote 711 · Le sirvente, servantèse ou servantois était presque le seul genre qui roulât ordinairement sur d'autres sujets que la galanterie; il était hNote 712 · Note 493: (retour) Voyez sa vie dans Millot, t. II, p. 79. Sa chanson sur la mort de Blacas est dans la vie de ce dernier, tom. I, p. 452.Note 713 · Une satire plus originale encore, ou, si l'on veut, plus bizarre, est celle-ci. Blacas est mort; c'était un baron riche, généreux, brave, etNote 714 · Note 494: (retour) Ce trait est tiré d'un sirvente d'Ogier ou Augier. Millot, t. I, p. 340.Note 715 · «Je ne peux souffrir le teint blanc et rouge que les vieilles se font avec l'onguent d'un œuf battu qu'elles s'appliquent sur le visage, et Note 716 · Note 495: (retour) Nostradamus n'a point parlé de lui. Voyez Crescimbeni, Giunta alle Vite, pag. 200, et Millot, tom. III, pag. 156.Note 717 · D'ailleurs on ne voit ici que du blanc, ce qui les aurait fait ressembler à des spectres; mais elles mettaient aussi beaucoup de rouge, commNote 718 · Note 496: (retour) L'abbé Millot observe ici très-gravement qu'ils demandaient alors autre chose que des fèves.Note 719 · Note 497: (retour) Le moine de Montaudon en voulait au rouge des femmes. J'ai trouvé un autre dialogue sur le même sujet, entre Dieu et lui Note 720 · Mais le poëte s'écrie que le serment est violé, que les femmes se mettent tant de blanc et de vermillon sur le visage, que jamais on n'en viNote 721 · Note 498: (retour) Crescimbeni ne parle pas de lui. Voyez Millot, t. II, p. 138.Note 722 · Folquet de Lunel 498, poëte très-dévot, fait, au nom du Père glorieux qui forma l'homme à son image, une satire générale des mœurs de tous lNote 723 · Note 499: (retour) Nostradamus n'a donné sur ce poète qu'un tissu d'erreurs; Crescimbeni en corrige quelques-unes dans ses notes, mais non pNote 724 · Dans une autre satire ou sirvente satirique, Marcabres 499 s'en prend aux seigneurs, aux barons, à leurs femmes, aux Troubadours, à tout le Note 725 · Note 500: (retour) Voyez Nostradamus et Crescimbeni, corrigés par Millot, ub. supr., p. 432.Note 726 · Note 501: (retour) Millot, ibid. , p. 448. Je rectifie sa traduction, qui n'est nullement conforme au texte; il en a fallu faire autant de pNote 727 · Le clergé était alors dans toute sa puissance, et il en abusait. Les Troubadours ne l'épargnaient pas; quelques uns même lui prodiguaient deNote 728 · Note 502: (retour) Millot, t. III, p. 236 et suiv.Note 729 · Pierre Cardinal, l'un des censeurs les plus âpres de mœurs de son siècle 502, n'a pas épargné les prêtres et les moines dans ses satires. «INote 730 · Note 503: (retour) E mi baisa la boqu'els huels amdos Don mi sembla lo ioy de Paradis. Bernard de Ventadour.Note 731 · Note 504: (retour) Arnaud de Marveil: Que si m'lais Dieus s'amor iauzir, Semblaria'm, tan la dezir, Ab lyeis Paradisus desertz.Note 732 · Note 505: (retour) Arnaud Catalans.Note 733 · Note 506: (retour) Dies una in atriis tuis super millia. L'auteur de ce trait est Bernard de Ventadour.Note 734 · Note 507: (retour) Arnaud de Marveil.Note 735 · Note 508: (retour) Entre autres, Pierre de Barjac. Millot, t. I, p. 122.Note 736 · Note 509: (retour) Arnaud Daniel, dans Millot, t. II, p. 485. Dans Nostradamus, cela est plus fort, il entend mille messes par jour, priant Note 737 · L'un compare un baiser de sa dame 503 aux plus douces joies du Paradis; l'autre abandonnerait sans façon sa part de ce lieu de délices pour Note 738 · Note 510: (retour) Deudes de Prades.Note 739 · Note 511: (retour) Hugues Brunet; Millot, t. I, p. 315.Note 740 · Note 512: (retour) Boniface Calvo, ibid., t. II, p. 366.Note 741 · Note 513: (retour) Boniface Calvo, p. 77. Le texte provençal dit; Si monge nier vol Dieu que si an sal Per pro maniar ni per femnas tenir, NNote 742 · Note 514: (retour) Millot, t. III, p. 233.Note 743 · Note 515: (retour) ibid., p. 268.Note 744 · Dans des sujets plus graves, l'un 510, regrettant un Troubadour 511 que la mort vient d'enlever, dit que Dieu l'a pris pour son usage. Si laNote 745 · Note 516: (retour) Peyrols d'Auvergne; Millot, t. I, p. 322.Note 746 · Note 517: (retour) Austan d'Orlach, qui n'est connu que par cette pièce; Millot, t. II, p. 430.Note 747 · Note 518: (retour) Millot, t. II, p. 240.Note 748 · Note 519: (retour) Ibid., p. 133.Note 749 · Note 520: (retour) Millot, t. II, p. 135.Note 750 · Un Troubadour qui servait dans une croisade 516, mécontent du tour que les affaires y avaient pris, s'écrie: «Seigneur Dieu, si vous m'en crNote 751 · Note 521: (retour) Millot, t. I, p. 179 et suiv.Note 752 · Note 522: (retour) Millot, t. I, p. 428.Note 753 · Note 523: (retour) En 1213.Note 754 · Note 524: (retour) Roger Bernard III; Millot, t. II, p. 472.Note 755 · Cette folie des croisades d'outre-mer fut souvent l'objet de leurs chants, et la croisade barbare contre les malheureux Albigeois, dont ils Note 756 · Note 525: (retour) Ni Nostradamus, ni Crescimbeni n'ont parlé de cet inquisiteur poëte. Voyez Millot, t. II, p. 42 et suiv.Note 757 · Note 526: (retour) Ce poëme est à la Bibliothèque impériale, dans un manuscrit provençal du fond de d'Urfé; il est intitulé: Aiso fon las noNote 758 · Note 527: (retour) E s'aquest no vols creyre vec t'el foc arzirat Que art tos companhos........., Si cauziras el foc o remanras ab nos C'aveNote 759 · Note 528: (retour) E tu malvat her'tic iest tant desconoissens Que nulla re qui es mostr' per tant de bos guirens, Con es de Dieu e san PaulNote 760 · Note 529: (retour) Ans que ti don comiat nit' lais el foc intrar De resurrectio vuelh ab tu disputar...... .................................Note 761 · Note 530: (retour) Millot, qui ne fait ici, comme à son ordinaire, que copier la traduction de Sainte-Palaye, traduction que l'on est souvenNote 762 · Note 531: (retour) Heretic, be volria ans qu'el foc te prezes, Ni sentisses la flamma, fin est mieg nostre cres, Que diguas lo veiaire per cNote 763 · Note 532: (retour) Si ara not confessas, lo foc es alucatz, El corn va per la vil al pobl' es amassatz Per vezer la justizia, c'adès seras cNote 764 · Mais rien dans tout cela n'est aussi fort et ne peint aussi bien les fureurs de l'inquisition que ce qu'un naïf inquisiteur fit lui-même, neNote 765 · Note 533: (retour) Hugues de Saint-Cyr; Millot, t. II, p. 178.Note 766 · Note 534: (retour) Millot s'en est tenu à la première phrase, et a dissimulé le reste; le manuscrit provençal porte littéralement: Gent an sNote 767 · Note 535: (retour) Aimery de Belenvei; Millot, t. II, p. 334.Note 768 · À ne considérer les Troubadours que sous le point de vue littéraire, et plus particulièrement sous celui qui nous a conduits à parler d'eux,Note 769 · Note 536: (retour) Dans une pièce de Pierre Vidal.Note 770 · Ailleurs, il s'élève une dispute entre le cœur d'un poëte et sa raison au sujet des plaintes que font les amants contre les dames, et chacunNote 771 · Note 537: (retour) Tiraboschi, t. IV, liv. III, chap. 3.Note 772 · Nous avons vu quel fut, chez les Arabes ou Sarrazins, le sort des sciences et des lettres. Nous avons aperçu dans les communications immédiaNote 773 · Note 538: (retour) Cette chanson, telle que la rapporte l'Allacci, Poeti Antichi , p. 408 et suiv., est composée de trente-deux strophes, quNote 774 · Ce ne fut cependant pas en Lombardie que se firent entendre les premiers essais de poésie en langue italienne; il est vrai du moins que ce nNote 775 · Note 539: (retour) Muratori, Antich. ital., Dissert. 41.Note 776 · Frédéric Barberousse avait laissé pour héritier son fils Henri VI, marié avec l'héritière du royaume de Sicile, et qui devint, par l'extinctNote 777 · Note 540: (retour) On accusait les malheureux Albigeois d'avoir adopté l'hérésie des Pauliciens, qui tenait du manichéisme ou de la doctrineNote 778 · Lorsqu'après un interrègne de dix ans, Othon, chef du parti Guelfe en Allemagne, obtint l'Empire sans qu'il eût été même question de FrédériNote 779 · Note 541: (retour) C'était en 1228, deux ans après la mort d'Othon.Note 780 · Note 542: (retour) Henri, qu'il fit couronner roi des Romains.Note 781 · Note 543: (retour) Voltaire, Essai sur les Mœurs, etc. ch. 52; Gibbon, Decline and fall, etc., c. 59.Note 782 · Note 544: (retour) Après la mort de Constance d'Arragon, sa première femme, il épousa la fille de Jean de Brienne, roi titulaire de JérusaleNote 783 · Note 545: (retour) 1227.Note 784 · Note 546: (retour) Août 1228.Note 785 · Note 547: (retour) La position où le mit l'obstination du pape à le poursuivre comme excommunié jusque dans Jérusalem même, est si singulièrNote 786 · Note 548: (retour) 1230.Note 787 · Son successeur Honorius III ne voulut, même après la mort d'Othon, couronner Frédéric empereur qu'après avoir exigé de lui le vœu d'aller à Note 788 · Note 549: (retour) Grégoire IX étant mort le 21 août 1241, Célestin IV qui lui succéda, mourut dix-sept ou dix-huit jours après; Innocent IVNote 789 · Note 550: (retour) Le 17 juillet 1245: ce fut après l'avoir fait accuser, par un évêque italien, et par un archevêque espagnol, d'être hérétNote 790 · Note 551: (retour) Ces auteurs accusent Mainfroy, fils naturel de Frédéric, de l'avoir étouffé dans sa dernière maladie, Voltaire (Essai surNote 791 · Le pontife qui le remplace après la courte apparition de Célestin IV sur le trône papal 549, Innocent IV va plus loin, et dépose formellemenNote 792 · Note 552: (retour) Ricordano Malespini, Stor. fior. Giov. Villani, Stor. Tiraboschi, Stor. della Lett. ital., t. IV, liv. III, etc.Note 793 · Note 553: (retour) Cento Novelle Antich. nov. 20.Note 794 · Note 554: (retour) De Arte venandi cum avibus. Ce traité, divisé en deux livres, ne s'est point conservé en entier. Mainfroy, fils de FrédérNote 795 · Les historiens d'Italie 552, quoique prévenus contre lui à cause de ses querelles avec Rome, conviennent de ses grandes qualités, de ses talNote 796 · Note 555: (retour) Tiraboschi, t. IV, liv. III, ch. 3; Crescimbeni, Istoria della volgar poesia, t. III.Note 797 · Note 556: (retour) Comme eo venu d'ego, moi, qui était prêt à devenir io, et meo, mien, qui est le mot latin même, et qui devint peu de tempNote 798 · Note 557: (retour) Voici la première strophe de sa canzone : Poiche ti piace, amore Ch'eo deggia trovare Faron de mia possanza Ch'eo vegnNote 799 · Il n'est resté de poésies de Frédéric II, qu'une ode ou chanson galante, dans le genre de celles des Provençaux, et que l'on croit un ouvragNote 800 · Note 558: (retour) Leniter ex merito quidquid patiare ferendum est: Quœ venit indignè pœna, dolenda venit. (Ovide.)Note 801 · Note 559: (retour) Elle parut pour la première fois dans le Recueil des Rime Antiche, donné par Corbinelli, à la suite de la Bella mano de GNote 802 · Note 560: (retour) Come uom che è in mare ed ha speme di gire Quando vede lo tempo, ed ello spanna, etc.Note 803 · Note 561: (retour) Or potess' io venire a voi, amorosa, Come il ladron ascoso, e non paresse; Ben lo mi terria in gioja avventurosa Se l'amoNote 804 · Il avait pourtant un secours à peu près de même espèce dans son célèbre chancelier Pierre des Vignes, homme d'un grand savoir, d'une haute cNote 805 · Note 562: (retour) On la trouve dans le Recueil des Diversi poeti Antichi Toscani, donné par les Giunti, en 1527.Note 806 · Il est resté de lui une autre canzone en cinq strophes de neuf vers d'inégales mesures et en rimes croisées 562: mais elle ne vaut pas la prNote 807 · Note 563: (retour) Voici cette pièce, qui, malgré la médiocrité des idées et la grossièreté du style, forme un monument curieux; elle a été Note 808 · Deux nouvelles rimes servent pour les deux tercets; enfin c'est un véritable sonnet, et, à très-peu de chose près, construit comme ceux de PNote 809 · Note 564: (retour) La première édition fut faite à Bâle en 1566; la seconde à Amberg, en 1609, etc.Note 810 · On a de Pierre des Vignes six livres de lettres écrites en latin, soit en son nom, soit en plus grand nombre au nom de son empereur, et qui Note 811 · Note 565: (retour) Stor. della Letter. ital., t. IV, l. I, c. 2.Note 812 · Ce dernier eût été heureux s'il n'eût jamais été en butte à d'autres calomnies, et il serait heureux pour la mémoire de Frédéric, que cet emNote 813 · Note 566: (retour) Le 13 décembre 1250.Note 814 · Note 567: (retour) Essai sur les Mœurs, etc., c. 53.Note 815 · Frédéric mourut lui-même deux ans après 566, laissant, dit Voltaire, le monde aussi troublé à sa mort qu'à sa naissance 567. Pendant sa vie,Note 816 · Note 568: (retour) De la maison de Romano.Note 817 · Note 569: (retour) En 1259.Note 818 · Note 570: (retour) À la bataille de Monte-Aperto, en 1260.Note 819 · Note 571: (retour) Il y remplaça, en 1261, Alexandre IV qui, pendant un règne de six ans, avait laissé respirer Mainfroy.Note 820 · Note 572: (retour) Urbain était Champenois, et Martin Provençal.Note 821 · Note 573: (retour) En 1265.Note 822 · Note 574: (retour) L'auteur des Vies des rois de Naples ajoute un trait de plus à cette scène horrible. Il dit que quand le bourreau eut faiNote 823 · La mort de Frédéric et le long interrègne qui la suivit, furent, pour la plupart des villes qui lui avaient été attachées, le signal de l'inNote 824 · Note 575: (retour) Surtout à la bataille de la Meloria, le 6 août 1284.Note 825 · Note 576: (retour) Les six prieurs des arts et de la liberté, le capitaine du peuple et le gonfalonier de justice. V. Machiavel, Istor. fiorNote 826 · Pendant ce temps, vers le nord de l'Italie, deux puissantes républiques, Gênes et Pise, se disputaient l'empire des mers, équipaient des floNote 827 · Note 577: (retour) Guillaume.Note 828 · Note 578: (retour) Pavie, Novare, Asti, Turin, Albe, Ivrée, Alexandrie, Tortone, Casal, et même pendant quelque temps Milan. Tiraboschi, t. Note 829 · Note 579: (retour) En 1292.Note 830 · Au pied des Alpes, le marquis de Montferrat 577 s'était fait un état puissant, par la réunion de plusieurs petits états, ou, ce qui était alNote 831 · Note 580: (retour) Tiraboschi, t. IV, l. I, c. 3.Note 832 · Pendant tout le cours de ce siècle, les écoles et les universités qui commençaient à fleurir, se ressentirent de ces agitations. Souvent ellNote 833 · Note 581: (retour) Ce Cantique, que l'on intitule ordinairement Cantico del Sole , est écrit en prose dans les chroniques de l'ordre des FraNote 834 · La théologie scolastique avait toujours les premiers honneurs. Toutes les métropoles possédaient au moins une chaire de théologie; il en avaNote 835 · Note 582: (retour) Eloges, t. II, p. 483, première édit., citée par Tiraboschi, d'après Crévier, Hist. de l'Univ. de Paris, t. I., p. 457. CNote 836 · Note 583: (retour) Thomas le jacobin, l'ange de notre école, Qui de vingt arguments se tira toujours bien, Et répondit à tout, sans se douteNote 837 · La théologie eut alors une lumière plus brillante; un docteur fameux, qui avait aussi de la poésie dans la tête, quoiqu'il n'ait écrit qu'enNote 838 · Note 584: (retour) Le château de Rocca-Secca.Note 839 · Quoi qu'il en soit, Thomas, fils de Landolphe, comte d'Aquin, né en 1226, dans un château 584 appartenant à cette noble famille, entré en déNote 840 · Note 585: (retour) En 1221, au château de Bagnarca, dans le territoire d'Orviète; son père se nommait Giovanni Fidanza.Note 841 · Note 586: (retour) Après la mort de Clément IV, les cardinaux restèrent assemblés près de quatre ans en conclave: tous prétendant à la thiarNote 842 · Note 587: (retour) Voyez Condillac, Cours d'Études, t. XII, liv. XX, c. 5.Note 843 · Note 588: (retour) Voltaire, Systèmes, note C.Note 844 · On joint historiquement à saint Thomas, saint Bonaventure, son contemporain, et né italien comme lui 585, mais enrôlé sous les étendards de Note 845 · Note 589: (retour) Giamb. Corniani, i Secoli della Letteratura italiana, etc. Brescia, 1804, t. I, p. 133.Note 846 · La philosophie n'était autre dans ce siècle que ce qu'elle avait été dans le précédent; la dialectique d'Aristote, embrouillée par les scolaNote 847 · Note 590: (retour) Tiraboschi, t. IV, l. II, c. 4.Note 848 · La jurisprudence civile et canonique semblait tirer des troubles mêmes de l'Italie de nouvelles forces, ou du moins un nouveau crédit. Le drNote 849 · Note 591: (retour) Dans une plaine, sur les bords de l'Adige. Cette assemblée se tint le 28 août 1233. Muratori a publié dans ses Antiquit. Note 850 · Note 592: (retour) Entr'autres Parisio da Cereta, auteur contemporain, Muratori, Script. rer. ital., t. VIII; Tiraboschi, loc. cit., regardeNote 851 · Pour ce miracle-ci ses moyens étaient humains et naturels. L'enthousiasme qu'il excitait à Bologne engagea les citoyens et les magistrats à Note 852 · Note 593: (retour) Muratori, ub. supr.Note 853 · Vicence fut jalouse de le voir prolonger son séjour à Vérone, et se révolta contre lui. Frère Jean prit les armes, et marcha intrépidement pNote 854 · Note 594: (retour) Mà quanto durò questa concordia? non più che cinque o sei giorni.... così ripullulò la discordia come prima fra que popolNote 855 · Note 595: (retour) En italien Accorso ou Accursio, du nom latin Accursius.Note 856 · La réforme qu'il avait faite dans les lois est le seul bien un peu durable qu'il ait produit; car les villes réconciliées par lui ne se haïrNote 857 · Note 596: (retour) Sa famille était si obscure qu'on n'en sait pas même le nom. Ce fut lui même qui se donna celui d'Accursius, comme il le Note 858 · Né en 1182, de parents pauvres, dans les environs de Florence 596, il avait étudié à Bologne, sous le célèbre jurisconsulte Azon, et y étaitNote 859 · Note 597: (retour) Francesco, Cervotto et Guglielmo. Tirab. t. IV, lib. II, p. 218.Note 860 · Note 598: (retour) Id. Ibid., p. 225.Note 861 · Accurse, nommé par excellence le Glossateur, laissa trois fils 597, qui marchèrent sur ses traces, et dont l'aîné surtout égala presque, danNote 862 · Note 599: (retour) Opera laquale, benche alcuni vi ritrovin talvolta oscurità è contraddizione, è stata non dimeno avuta sempre in gran pregNote 863 · Cette étude ouvrait la route à tous les honneurs. Plusieurs Papes lui durent même leur élévation. Innocent IV fut un des plus célèbres. On aNote 864 · Note 600: (retour) Forma litterarum scholasticarum. Le P. Sarti avait trouvé cet ouvrage, divisé en six livres, dans les archives des chanoiNote 865 · Depuis environ un siècle, on joignait cependant aux autres études quelques études littéraires; et c'est ici que devrait se faire sentir le pNote 866 · Note 601 (retour) Tractatus virtutum exponit virtutes et vicia dictionum:....... in libro qui dicitur Oliva privilegiorum et confirmationum Note 867 · Note 602: (retour) Rota Veneris lasciviam, et amantium gesta demonstrat. Ibid.Note 868 · Note 603: (retour) En 1172.Note 869 · Note 604: (retour) Script. rer. ital. v. VI.Note 870 · Dans la préface de ce même ouvrage, Buoncompagno donne la notice de onze autres livres ou traités de sa composition, sur divers sujets de grNote 871 · Note 605: (retour) Tiraboschi, t. IV, liv. III, c. 5.Note 872 · Du reste ce Buoncompagno était, à ce qu'il semble, à peu près ce que son nom signifierait en français, un homme jovial et un peu malin. Il sNote 873 · Note 606: (retour) Sous ce titre: Rettorica nova di M. Tullio Cicerone translata di latino in volgare per lo eximio maestro Galeotto da BoloNote 874 · Un autre professeur de grammaire et de belles-lettres dans la même université, nommé Galeotto ou Guidotto, fut le premier traducteur d'un ouNote 875 · Note 607: (retour) Voyez ci-dessus, p. 355.Note 876 · Note 608: (retour) En 1294.Note 877 · Note 609: (retour) Istor. fior. c. 162.Note 878 · Presque toutes les universités avaient alors, comme celle de Bologne, des professeurs de grammaire et de rhétorique. Florence eut un grammaiNote 879 · Note 610: (retour) Brunetto donne ainsi lui-même le motif qui l'a engagé à écrire en français: «Et se aucuns demandoit pourquoi chis livre eNote 880 · Note 611: (retour) On n'a imprimé en Italie que la traduction italienne qui en fut faite vers le même temps, par Buono Giamboni; Tiraboschi,Note 881 · L'ouvrage qui contribua le plus à sa célébrité est celui qu'il intitula le Trésor; il l'écrivit en France, et de plus en français 610. C'estNote 882 · Note 612: (retour) Il dit lui-même qu'il fit cette traduction à la prière d'un de ses concitoyens, homme riche et considérable, qu'il trouvaNote 883 · Note 613: (retour) V. Crescimbeni, t. III, p. 65.Note 884 · Note 614: (retour) Mazzuchelli, Scritt, ital. , t. II, part. II, donne les trois premiers vers de cette inconcevable production, pour échantNote 885 · On a aussi de Brunetto une partie du traité de l'Invention de Cicéron, traduit en italien, avec des commentaires 612; mais ce qui fait le plNote 886 · Note 615: (retour) Tirab., t. IV, l. II, c. 1.Note 887 · L'histoire était encore alors écrite en latin barbare. L'histoire ecclésiastique ne produisait que quelques chroniques de couvents, quelquesNote 888 · Note 616: (retour) Script. rer. ital., vol. IX.Note 889 · Ce moine Dominicain, né vers l'an 1230, après avoir prêché et professé plusieurs années, fut provincial de son ordre, en Lombardie, et ensuiNote 890 · Note 617: (retour) Il y naquit en 1276. La charge qu'il occupa lui fit donner quelquefois le titre de Guido Guidice.Note 891 · Note 618: (retour) On a une traduction italienne de cette histoire, que les Académiciens de la Crusca ont adoptée pour leur vocabulaire, et Note 892 · C'était ainsi généralement qu'on écrivait alors l'histoire. Aucun auteur n'y employait un autre style, et n'y mettait plus de critique, ou pNote 893 · Note 619: (retour) 1281. Son neveu, Giachetto Malespini, y ajouta une suite de peu d'étendue, puisqu'elle ne va que jusqu'en 1286. Le tout fNote 894 · Deux autres histoires méritent aussi d'être remarquées, parce que ce sont les premières que des Italiens aient écrites dans leur langue, et Note 895 · Note 620: (retour) Depuis que ceci est écrit, les œuvres posthumes d'Alfiéri ont paru, et dans ces œuvres, un volume de satires violentes coNote 896 · Je tirerai encore de la foule, par un autre motif, une chronique latine de la ville d'Asti, écrite par un auteur dont le nom n'excita peut-êNote 897 · Note 621: (retour) Tiraboschi, t. IV, l. III, c. 4.Note 898 · Note 622: (retour) Voy. Philippe Villani, Vite d'uomini illustri fiorentini, traduites du latin en italien, par Mazzuchelli, p. 61; et TirabNote 899 · Note 623: (retour) Elegia de diversitate fortunœ et philosophiœ consolatione . Il est bon d'observer que dans tout ce poëme, où l'auteur se Note 900 · Note 624: (retour) Ubi supr. p. 348.Note 901 · Note 625: (retour) La première édition devait paraître en Allemagne, en 1684, in-4º., d'après un manuscrit de la Bibliothèque Laurentienne dNote 902 · Note 626: (retour) Cette dernière édition fut donnée par Manni, à Florence, en 1730, in-4º. La traduction italienne lui donne du prix; elle Note 903 · Alfiéri nous ramène à la poésie par une transition naturelle. Dans les siècles précédents, en Italie, comme dans le reste de l'Europe, on n'Note 904 · Note 627: (retour) Dante Alighieri, de Vulgari eloquentiâ.Note 905 · Les autres poésies latines du même siècle, ou poésies rhythmiques, comme on les appelait alors, sont encore plus mauvaises; et comme elles nNote 906 · Note 628: (retour) Poeti antichi raccolti da codici manoscrit, etc. Napoli, 1661, in-8º. p° 8ª.Note 907 · Note 629: (retour) Il est presque incroyable qu'un savant tel que l'Allacci, ait fait paraître sous son nom une édition si honteusement irréNote 908 · L'exemple que donnait cette cour, l'accueil et les distinctions qu'elle accordait aux poëtes, les multiplièrent. On a conservé les noms et qNote 909 · Note 630: (retour) Lo core inamorato, Messere, si lamenta E fa pianger gli occhi di pietate, Da me' esta lungiato, etc. Donna, se mi mandateNote 910 · Mazzeo di Ricco paraît être le plus ancien de ces poëtes, à en juger du moins par son style qui est le plus grossier, le plus près de l'origNote 911 · Note 631: (retour) C'assai gran regno regie, cio mi pare, Chi se medesimo puo sengnoregiare. Poiche non posso me sengnoregiare, Amor mi sengNote 912 · La seconde chanson qui a du rapport avec les chansons provençales, est composée de quatre strophes, et les strophes de douze vers inégaux. LNote 913 · Note 632: (retour) Ils nacquirent tous deux sous le règne de Frédéric II, et fleurirent vers la fin de ce règne; c'est-à-dire, de 1240 à 125Note 914 · Note 633: (retour) Voyez ci-dessus, p. 397, le texte et la correction de ce passage.Note 915 · Note 634: (retour) Ben passa rose e fiori La vostra fresca cera, Lucente più che spera: E la bocca auhtusa Più rende aulente audore Che non Note 916 · Note 635: (retour) Perche son vostro più leale e fino Che non è al suo signore l'assassino. Je ne crois pas qu'il soit ici question d'un assNote 917 · Guido delle colonne, qui ne passe que pour historien, a ici deux chansons qu'on pourrait préférer aux deux que l'on y trouve d'Odo son cousiNote 918 · Note 636: (retour) Maravigliosamente Un amor mi distringe C, E soven, ad ogn' hora Com' omo che ten mente In altra parte, e pigne La simileNote 919 · Note 637: (retour) Havendo gran disio Dipinsi una figura, Bella, voi somigliante; E quando voi non vio, Guardo quella pintura, etc.Note 920 · Note 638: (retour) Mia canzonetta fina, Tu canta nova cosa: Muoviti la mattina Davanti alla più fina Fiore d'ogni amoranza. Bionda più che aNote 921 · Le notaire Jacopo ou Giacomo da Lentino est le meilleur de ces poëtes, et celui dont il s'est conservé le plus de vers: il n'écrivit qu'au mNote 922 · Note C: (retour) Il faudrait ici distrigne, à cause de la rime du troisième vers suivant, ou bien à ce troisième vers, il faudrait pinge, etNote 923 · Note 639: (retour) Chi non havesse mai veduto foco Non crederia che cocer potesse; Anzi li sembreria solazzo e gioco Lo suo splendor, quandoNote 924 · Note 640: (retour) Guardando il basilisco velenoso Col suo guardare face l'huom perire, E l'aspide, serpente invidioso Che per ingegno altruNote 925 · Note 641: (retour) Per gli occhi mei una donna ed amore Passar correndo e giunser nella mente Per si gran forza che l'anima sente Andar la dNote 926 · Les sonnets ont, comme je l'ai dit, la forme à peu près aussi régulière que ce genre de poésie l'eut dans le siècle suivant. Seulement, entrNote 927 · Note 642: (retour) Je mettrai ici le sonnet entier, tant à cause de sa singularité, que parce que, si le style en a vieilli, la forme en estNote 928 · Nous avons vu aussi des Troubadours mêler le sacré avec le profane, préférer la présence de leur dame aux joies du paradis, et renoncer à ceNote 929 · Note 643: (retour) C'était, dit Crescimbeni, la plus belle personne de son pays et de son temps. On la regarde comme la première femme qui aNote 930 · Note 644: (retour) Il s'est conservé fort peu de ses poésies. Crescimbeni, ubi suprà , en cite un seul sonnet. C'est une réponse que Nina faNote 931 · En voilà plus qu'il n'en fallait peut-être pour donner une idée de ces anciens poëtes siciliens, que les Italiens reconnaissent pour les filNote 932 · Note 645: (retour) Benvenuto da Imola, cité par Tirab., t. IV, l. III, c. 3.Note 933 · Note 646: (retour) Crescimbeni, t. I. Comment. l. I, c. 12.Note 934 · Note 647: (retour) Dante, de Vulg. Eloq. En appelant ici le Dante élève de Guido, je parle selon l'opinion commune; je dois dire cependant qNote 935 · Le signal donné par la Sicile avait été bientôt suivi sur le continent. Des poëtes italiens s'étaient fait entendre à Bologne, à Pérouse, à Note 936 · Note 648: (retour) Une Canzone dans le Recueil de Giunti, l. IX; une dans celui de l'Allacci, deux canzoni et cinq sonnets à la fin de la BeNote 937 · Note 649: (retour) Per gli occhi passa, come fa lo trono, Che fer per la finestra della torre, E ciò che dentro trova spezza e fende. RimangNote 938 · Note 650: (retour) Viso di neve colorato in grana.Note 939 · Note 651: (retour) Come lo trono che fere lo muro, E il vento gli albor per li forti tratti: Dice lo core agli occhi, per voi moro: Gli occhNote 940 · On nous a conservé de Guido Guinizzelli quelques sonnets et quatre Canzoni 648. (Je demande la permission d'employer désormais ce mot, que cNote 941 · Note 652: (retour) In quelle parti sotto tramontana Sono li monti della calamita, Che dan virtute all' aere D Di trarre il ferro; ma perchèNote 942 · Ce poëte conserve dans ses canzoni le même goût pour les comparaisons. Il y en a une qui commence ainsi: «Dans ces régions placées sous l'étNote 943 · Note D: (retour) On prononçait âre.Note 944 · Note E: (retour) Mot à mot: C'est vous qui possédez les montagnes du mérite. Cela serait ridicule en français; mais cela marque mieux le rapNote 945 · Note 653: (retour) C'est celle qui se trouve dans le neuvième livre du Recueil de Giunti.Note 946 · Note 654: (retour) Al cor gentil ripara sempre amore Si come augello in selva a la verdura: Non fe amore anzi che gentil core Ne gentil coreNote 947 · Mais ce qui nous est resté de meilleur de Guinizelli est une autre de ses canzoni, dont je ne puis me dispenser de citer les quatre premièreNote 948 · Note 655: (retour) Amor per tal ragion sta in cor gentile Per qual lo fuoco in cima del doppiero: Splende a lo suo diletto, clar, sottile, NNote 949 · «L'amour est placé dans un cœur noble comme la flamme au sommet d'un flambleau 655; il brille pour ce qu'il aime d'un feu clair et délicat; Note 950 · Note 656: (retour) Fere lo sol lo fango tutto il giorno, Vile riman; ne'l sol perde colore. Dice huomo alter: nobil per schiatta torno; Lui Note 951 · Dans la quatrième strophe le poëte perd de vue l'amour, et s'élève par d'autres comparaisons à des sujets moraux d'un autre ordre. «Le soleiNote 952 · Note 657: (retour) Voy. sur ces formes irrégulières du sonnet, à son origine, Fr. Redi, Annotazioni al Ditirambo, édit. de Florence, 1685, iNote 953 · Note 658: (retour) On dit, à ce propos, qu'un jour ce dieu bizarre (Apollon) Voulant pousser à bout tous les rimeurs françois, Inventa du soNote 954 · La première forme de ces odes ou canzoni était comme on l'a vu, empruntée des Provençaux; à leur exemple, les poëtes italiens avaient, dès lNote 955 · Note 659: (retour) C'était l'ordre des Cavalieri Gaudenti. Son origine est funeste. Il fut institué en Langudoc, en 1208, pendant la croisadNote 956 · Note 660: (retour) Se di voi, donna, mi negai servente, Pero'l mio cor da voi non fù diviso: Che san Pietro nego'l padre potente, E poi il fNote 957 · Note 661: (retour) Già mille volte quando amor m'ha stretto, Eo son corso per darmi ultima morte, etc.Note 958 · Guittone d'Arezzo, qui florissait dans le même temps que Guido Guinizzelli, et peut-être même plutôt, est un des poëtes dont la Toscane, s'hNote 959 · Note 662: (retour) Eo pour io.Note 960 · Note 663: (retour) En y joignant les deux quatrains qui les précèdent, on a un sonnet tout-à-fait petrarquesque , du moins pour le tour des Note 961 · Ma quando io son per gire all' altra vita, Vostra immensa pietà mi tiene, e dice: Non affrettar l'immatura partita. La verde età, tua fideltNote 962 · Ces tercets d'un autre sonnet y ressemblent peut-être encore davantage. 663:Note 963 · Note 664: (retour) Lettere di fra Guittone d'Arezzo con note. Roma, 1745, in-4°. Le volume est de 330 pages: les lettres n'en occupent que 9Note 964 · Trois grandes canzoni, sont jointes à ces sonnets. Le progrès de l'art et celui de la langue y sont moins sensibles. Ce sont des strophes deNote 965 · Note 665: (retour) En 1300.Note 966 · Note 666: (retour) Il se nommait Cavalcante de' Cavalcanti.Note 967 · Note 667: (retour) Boccace dit plaisamment de lui, qu'étant sans cesse plongé dans des méditations philosophiques, et passant pour épicurienNote 968 · Un poëte de ce temps, qui eut encore plus de renommée, ce fut Guido Cavalcanti. Sa famille était une des plus illustres et des plus puissantNote 969 · Note 668: (retour) V. le Recueil, déjà cité, des Giunti. Les poésies de Guido Cavalcanti en remplissent le sixième livre.Note 970 · Note 669: (retour) O donna mia, non vedestù colui Che sù lo core mi tenea la mano, etc.Note 971 · Ils ont, comme tous ceux de ce temps-là, pour unique sujet l'amour et la galanterie; mais avec une teinte de mélancolie et quelquefois de biNote 972 · Note 670: (retour) L'anima mia dolente e paurosa Piange ne i sospiri che nel cor trova Si che bagnati di pianto escon fora. Allor mi par ellNote 973 · La bizarrerie, il en faut convenir, va souvent jusqu'à l'extravagance; par exemple, il dit, en finissant un sonnet, que son âme affligée et Note 974 · Note 671: (retour) Era in pensier d'amor: quand' io trovai Due forosette nove: L'una cantava: e' piove Gioco d'amor in noi: etc ............Note 975 · Note 672: (retour) Io dissi: e' mi ricorda, che'n Tolosa Donna m'apparve accorelata e stretta, Amore la qual chiama la Mandetta.Note 976 · Note 673: (retour) In un boschetto trovai pastorella Più che la stella bella a'l mio parere; Capegli havea biondetti e ricciutelli; E gli ocNote 977 · L'auteur est plus naturel et plus simple dans ses Ballades, genre de poésie qu'il semble avoir affectionnée, car on en trouve ici dix à douzNote 978 · Note 674: (retour) Perch'io nò spero di tornar già mai, Ballatetta, in Toscana, Và tù leggiera e piana, Dritta à la donna mia, Cher per sua Note 979 · Celle de ses ballades où il y a le plus de naturel, et même de sentiment, est celle qu'il paraît avoir faite à Sarzane pendant la maladie quNote 980 · Note 675: (retour) Elle commence par ces vers: Donna mi priega; perch'io voglio dire D'uno accidente che sovente è fero, Ed è si altero ch' Note 981 · Note 676: (retour) Vien da veduta forma, che s'intende, Che prende nel possibile intelletto, Come in suggetto, luoco e dimoranza. In quella Note 982 · Note 677: (retour) Mazzuchelli, Vite d'uomini illustri fiorentini, note 9, sur la vie de Guido Cavalcanti.Note 983 · Note 678: (retour) C'est la vingt-neuvième et dernière de ses Vite d'uomini illustri fiorentini, traduites et publiées par le comte MazzucheNote 984 · Note 679: (retour) Dans son Commentaire sur le Convito du Dante.Note 985 · La canzone de Guido Cavalcanti, sur la nature de l'amour, où il paraît avoir voulu rassembler et professer, pour ainsi dire, tout ce que la Note 986 · Note 680: (retour) Le séculier était de Lucques, et son nom de famille était Urbicciani; Buonagiunta Urbicciani da Lucca.Note 987 · Note 681: (retour) Le septième du Recueil de 1527.Note 988 · La Toscane eut, dans ce même temps, plusieurs autres poëtes, tels que les deux Buonagiunta, l'un séculier, l'autre moine 680; Guido Orlandi,Note 989 · Note 682: (retour) Convemmi dimostrar lo meo savere E far parvenza s'io saccio cantare.Note 990 · Note 683: (retour) Ond'eo di core più v'amo che Pare F Non fece Alena G co lo gran plagiere H.Note 991 · Note 684: (retour) Nulla bellezza in voi è mancata, Isotta ne passate e Blanzifiore.Note 992 · Note 685: (retour) Viso mirabile e Gola morganata. On sait que nos vieux romanciers appelaient cette fée Mourgue, ou Morgain.Note 993 · Note 686: (retour) Quando haggio a mente, nobile pantera, Vostra lumera, che m'ha si innalzato Che son montato in aria veramente E de lo monNote 994 · Note 687: (retour) Onde humil priego voi, viso gioioso, Che non vi grevi e non vi sià pesanza S'eo son di voi fedele e amoroso: Di più chereNote 995 · Dans ces poésies, toutes amoureuses, on sent toujours l'effort et le travail, presque jamais le génie poétique ni l'amour. Son premier sonneNote 996 · Note F: (retour) On a dit depuis Paride.Note 997 · Note G: (retour) Pour Elena.Note 998 · Note H: (retour) Dont on a fait ensuite piacere, plaisir.Note 999 · Note I: (retour) Pour egli dona. On lit dans le texte que je copie è donna, ce qui n'a aucun sens. Ce recueil des Giunti est presque aussi rNote 1000 · Note 688: (retour) Pelli, Memorie per servire alla vita di Dante Alghieri, vol. IV, part. II de la belle édition des œuvres du Dante, VeniseNote 1001 · Note 689: (retour) Selon quelques généalogistes florentins, le plus ancien nom de la famille du Dante était des Elisei ; ils lui donnaient pNote 1002 · Note 690: (retour) Régulièrement, il faudrait donc l'appeler Dante et non pas Le Dante, puisque l'article honorifique il ne se met en italieNote 1003 · Note 691: (retour) Le soleil se trouvait dans la constellation des gémeaux; Brunetto Latini , qui était alors à Florence, et qui joignait à Note 1004 · Note 692: (retour) Boccace raconte ce songe dans sa Vie da Dante, ouvrage qui tient beaucoup plus du roman que de l'histoire.Note 1005 · Dante Alighieri naquit à Florence, en 1265 688, d'une famille ancienne, riche et considérée, attachée au parti des Guelfes, et qui avait étéNote 1006 · Note 693: (retour) Boccace, Origine, vita, studj e costumi di Dante Allighieri.Note 1007 · Ce fut l'amour qui lui dicta ses premiers vers; et en cela il ressemble davantage à la plupart des autres poëtes. Dès l'âge de neuf ans 693 Note 1008 · Note 694: (retour) On croit que ce Casella fut son maître de musique. Il l'a placé de la manière la plus intéressante dans son poëme, PurgatNote 1009 · Sa jeunesse se partagea donc toute entière entre les soins de son amour et des études graves, adoucies par la culture des arts. Son tempéramNote 1010 · Note 695: (retour) Le nombre de ces arts ou métiers était d'abord de quatorze, et s'éleva ensuite à vingt-un. On les distinguait en majeurs Note 1011 · Note 696: (retour) En 1289.Note 1012 · Note 697: (retour) Les Donati: elle se nommait Gemma.Note 1013 · Note 698: (retour) Fuit admodum morosa, ut de Xantippe Socratis philosophi conjuge scriptum esse legimus. Giannozzo Manetti, De vitâ et moriNote 1014 · Dès sa jeunesse, il se fit inscrire, ou, selon l'expression consacrée, immatriculer sur le registre de l'un des arts ou métiers entre lesqueNote 1015 · Note 699: (retour) On dit que l'une des deux branches était déjà distinguée par le nom de Blanche, parce que leur ancêtre commun avait eu deNote 1016 · Note 700: (retour) Istor. fiorent, l. II.Note 1017 · Note 701: (retour) Boniface voulait se servir de ce prince pour chasser de Sicile le jeune Frédéric d'Aragon, choisi pour roi par les SiciliNote 1018 · Note 702: (retour) Nous en avons parlé vers la fin du chapitre précédent. Voyez ci-dessus, p. 427.Note 1019 · Les Guelfes étaient depuis long-temps restés maîtres de Florence, et les Gibelins en avaient été chassés; mais parmi les Guelfes mêmes il s'Note 1020 · Note 703: (retour) Il avait plus de quatre-vingts ans.Note 1021 · Note 704: (retour) Cette seconde sentence fut rendue par le même juge que la première. C'était un certain Conte de' Gabrielli, alors potestaNote 1022 · Le vieux pape 703, qui voyait que les Cerchi ou les Blancs prenaient le dessus, et qui savait que parmi eux il y avait un assez grand nombreNote 1023 · Note 705: (retour) Muratori, Annal d'Ital., an 1303.Note 1024 · Au premier bruit de sa sentence, Dante partit de Rome, très irrité contre Boniface, qu'il soupçonna de l'avoir arrêté auprès de lui, tandis Note 1025 · Note 706: (retour) En 1304.Note 1026 · Note 707: (retour) Ils étaient deux frères, Alboino et Cane. Ce ne put être que l'an 1308 au plus tôt, que Dante fut accueilli par eux à VérNote 1027 · Note 708: (retour) Ce fait est rapporté par Pétrarque, Rerum memorabilium lib. IV.Note 1028 · Quelque temps après 706, les exilés firent une tentative pour rentrer dans leur patrie à main armée. Ils parvinrent à rassembler seize centsNote 1029 · Note 709: (retour) Celui de Santa-Croce di fonte Avellana.Note 1030 · Cet ouvrage l'occupait alors tout entier; il changeait souvent de séjour, et si plusieurs villes ne peuvent se disputer sa naissance, comme Note 1031 · Note 710: (retour) Il était à Avignon. Nous reviendrons sur ce pape, sur son élection et sur la translation du Saint-Siége.Note 1032 · Note 711: (retour) Michée, c. 6, v. 3. Popu'e meus quid feci tibi? etc.Note 1033 · Note 712: (retour) En 1311.Note 1034 · Au milieu de tous ces déplacements, qui prouvent une inquiétude d'esprit, bien naturelle dans la position où était le Dante, mais qui prouveNote 1035 · Note 713: (retour) Le 24 août 1313, à Buonconvento, près de Sienne.Note 1036 · Note 714: (retour) De Duobus Elementis terrœ et aquœ. On l'a imprimée à Venise en 1518. G.B. Corniani, t. I, p. 227.Note 1037 · Le peu de succès qu'eut ce prince en Italie, et la mort qu'il y trouva bientôt après 713, ôtèrent à notre poëte tout espoir de retour. On crNote 1038 · Note 715: (retour) 14 septembre 1321.Note 1039 · On a dû remarquer dans sa vie une fatalité singulière. Chaque bienfait de la fortune était pour lui comme l'annonce d'un nouveau malheur. SoNote 1040 · Note 716: (retour) En 1483.Note 1041 · Note 717: (retour) Paul Jove, Elog. Doctor. vir. , c. 4. Voici les six vers: Jura monarchiœ, superos, phlegelonta, lacusque Lustrando ceciniNote 1042 · Guido Novello le fit enterrer honorablement, et, selon l'historien Villani, en habit de poëte, quelque fût alors cet habit. Les citoyens lesNote 1043 · Note 718: (retour) Gio. Villani, Istor., l. IX, c. 124.Note 1044 · L'histoire et les beaux-arts nous ont conservé les traits du Dante: tout doit intéresser dans l'extérieur même d'un homme de ce génie et de
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