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Histoire littéraire d'Italie (1/9)

Note 538 — PREMIÈRE PARTIE.

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Note 538:

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Cette chanson, telle que la rapporte l'Allacci,

Poeti Antichi

, p. 408 et suiv., est composée de trente-deux strophes, qui paraissent en effet de cinq vers; mais alors il faut que les trois premiers soient de quinze syllabes. On a eu beau les comparer aux vers politiques des Grecs, ou à nos vers alexandrins, ils ne ressemblent réellement ni aux uns ni aux autres, ni à aucune espèce de vers connus. En voici la première strophe:

Rosa fresca aulentissima capari in ver l'estate Le Donne te desiano pulcelle e maritate Traheme deste focora se teste a bolontate Per te non aio abento nocte e dia Pensando pur di voi Madonna mia.

Il est aisé de voir que chacun des trois premiers vers doit se diviser en deux, dont le premier est un vers de huit syllabes, de ceux qu'on appelle sdruccioli, et le second un vers de sept syllabes. L'usage d'écrire de suite, non seulement deux vers, mais tous les vers d'une strophe, est commun dans les anciens manuscrits italiens et provençaux; c'est donc ainsi que ces premiers vers doivent être écrits:

Rosa fresca aulentissima Capari in ver l'estate Le donne te desiano Pulcelle e maritate Traheme deste focora Se teste a bolontate Per te non aio, etc.

La strophe est ainsi de huit vers; la forme en est toute provençale, entremêlée de vers de différentes mesures et de vers rimés et non rimés. Cette chanson, écrite comme elle doit l'être, est une preuve de plus de l'influence de la poésie provençale sur les premiers essais de poésie italienne. (Voy. Crescimbeni, Ist. della volgar Poes., t. III, p. 7.)

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