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Oeuvres de Champlain

DES SAUVAGES

Reading edition

ou

VOYAGE DU SIEUR DE CHAMPLAIN

faict en l'an 1603.

Bref discours où est contenu le voyage depuis Honfleur en Normandie, jusques au port de Tadousac en Canadas.

CHAPITRE PREMIER.

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Bonne réception faicte aux François par le grand Sagamo des Sauvages de Canadas, leurs festins & danses, la guerre qu'ils ont avec les Iroquois, la façon & de quoy sont faits leurs canots & cabannes: avec la description de la poincte de Sainct Matthieu.

CHAPITRE II.

Leurs cabannes sont basses, faictes comme des tentes, couvertes de laditte escorce d'arbre, & laissent tout le haut descouvert comme d'un pied, d'où le jour leur vient, & font plusieurs feux droit au millieu de leur cabanne, où ils sont quelques fois dix mesnages ensemble. Ils couchent sur des peaux, les uns parmy les autres, les chiens avec eux.

Ils estoient au nombre de mille personnes, tant hommes que femmes & enfans. Le lieu de la poincte de Sainct Matthieu, où ils estoient premièrement cabannez, est assez plaisant. Ils estoient au bas d'un petit costeau plein d'arbres, de sapins & cyprès. A laditte poincte, il y a une petite place unie, qui descouvre de fort loin; & au dessus dudict costeau, est une terre unie, contenant une lieue de long, demye de large, couverte d'arbres; la terre est fort sablonneuse, où il y a de bons pasturages. Tout le reste, ce ne sont que montaignes de rochers fort mauvais. La mer bat autour dudict costeau, qui asseiche prés d'une grande demy lieue de basse eau.

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La resjouïssance que font les Sauvages après qu'ils ont eu victoire sur leurs ennemis; leurs humeurs, endurent la faim, sont malicieux; leurs croyances & fausses opinions, parlent aux Diables; leurs habits, & comme ils vont sur les neiges; avec la manière de leur mariage, & de l'enterrement de leurs morts.

CHAPITRE III.

Tous ces peuples sont tous d'une humeur assez 13/77joyeuse; ils rient le plus souvent; toutes fois ils sont quelque peu saturniens. Ils parlent fort pozément, comme se voullant bien faire entendre, & s'arrestent aussi tost, en songeant une grande espace de temps, puis reprennent leur parolle. Ils usent bien souvent de ceste façon de faire parmy leurs harangues au conseil, où il n'y a que les plus principaux, qui sont les anciens, les femmes & enfants n'y assistent poinct.

Tous ces peuples patissent tant quelques fois, qu'ils sont presque constraints de se manger les uns les autres, pour les grandes froidures & neiges, car les animaux & gibier dequoy ils vivent se retirent aux pays plus chauts. Je tiens que qui leur monstreroit à vivre, & enseigneroit le labourage des terres & autres choses, ils l'apprendroient fort bien; car je vous asseure qu'il s'en trouve assez qui ont bon jugement, & respondent assez bien à propos sur ce que l'on leur pourroit demander. Ils ont une meschanceté en eux, qui est user de vengeance, & estre grands menteurs, gens en qui il ne fait pas trop bon s'asseurer, sinon qu'avec raison & la force à la main; promettent assez, & tiennent peu.

Ce sont la plus part gens qui n'ont point de loy, selon que j'ay pu veoir & m'informer audict grand Sagamo, lequel me dict qu'ils croyoient véritablement qu'il y a un Dieu, qui a créé toutes choses. Et lors je luy dy: Puisqu'ils croyoient à un seul Dieu, comment est-ce qu'il les avoit mis au monde, & d'où ils estoient venus? Il me respondit: «Aprés que Dieu eut fait toutes choses, il print quantité de flesches, & les meit en terre; d'où il sortit 14/78hommes & femmes, qui ont multiplié au monde jusques à prêtent, & sont venus de ceste façon.» le luy respondy, que ce qu'il disoit estoit faux; mais que véritablement il y avoit un seul Dieu, qui avoit créé toutes choses en la terre & aux cieux. Voyant toutes ces choses si parfaictes, sans qu'il y eust personne qui gouvernast en ce bas monde, il print du limon de la terre, & en créa Adam nostre premier père. Comme Adam sommeilloit, Dieu print une coste dudict Adam, & en forma Eve, qu'il luy donna pour compagnie, & que c'estoit la vérité qu'eux & nous estions venus de ceste façon, & non de flesches comme ils croyent. Il ne me dict rien sinon, qu'il advoüoit plustost ce que je luy disois, que ce qu'il me disoit. Je luy demandis aussi, s'ils ne croyoient point qu'il y eust autre qu'un seul Dieu. Il me dict que leur croyance estoit, qu'il y avoit un Dieu, un Fils, une Mère & le Soleil, qu'estoient quatre; neantmoins que Dieu estoit par dessus tous, mais que le fils estoit bon, & le Soleil, à cause du bien qu'ils recevoient; mais la mère ne valloit rien, & les mangeoit, & que le père n'estoit pas trop bon. Je luy remonstray son erreur selon nostre foy, enquoy il adjousta quelque peu de créance. Je luy demandis, s'ils n'avoient point veu ou ouy dire à leurs ancestres que Dieu fust venu au monde. Il me dict qu'il ne l'avoit point veu; mais qu'anciennement il y eut cinq hommes qui s'en allèrent vers le soleil couchant, qui rencontrèrent Dieu, qui leur demanda: «Ou allez-vous?» Ils dirent: «Nous allons chercher nostre vie.» Dieu leur respondit: «Vous la 15/79trouverez icy.» Ils passèrent plus outre, sans faire estat de ce que Dieu leur avoit dict, lequel print une pierre, & en toucha deux, qui furent transmuez en pierre, & dict de rechef aux trois autres: «Où allez-vous?» Et ils respondirent comme à la première fois, & Dieu leur dit de rechef: «Ne passez plus outre: vous la trouverez icy.» Et voyant qu'il ne leur venoit rien, ils passerent outre, & Dieu print deux bastons, & il en toucha les deux premiers, qui furent transmuez en bastons, & le cinquiesme s'arresta, ne voullant passer plus outre. Et Dieu lui demanda de rechef: «Où vas-tu?»—«Je vais chercher ma vie.»—«Demeure, & tu la trouveras.» Il demeura sans passer plus outre, & Dieu luy donna de la viande, & en mangea. Après avoir faict bonne chère, il retourna avecque les autres sauvages, & leur raconta tout ce que dessus.

Alors ledict Sagamo me dict qu'il advouoit ce que je disois. Je luy demandis de quelle cérémonie ils usoient à prier leur Dieu. Il me dict, qu'ils n'usoient point autrement de cérémonies, sinon qu'un chascun prioit en son coeur comme il voulloit. Voilà pourquoy je croy qu'il n'y a aucune 18/82loy parmy eux, ne sçavent que c'est d'adorer & prier Dieu, & vivent la plus part comme bestes brutes, & croy que promptement ils seroient reduicts bons chrestiens, si l'on habitoit leur terre; ce qu'ils desireroient la plus part.

Aussi ils croyent que tous les songes qu'ils font sont véritables; & de faict il y en a beaucoup qui disent aveoir veu & songé choses qui adviennent ou adviendront. Mais, pour en parler avec vérité, ce sont visions du Diable, qui les trompe & seduict. Voilà toute la créance que j'ay pu apprendre d'eux, qui est bestiale.

Tous ces peuples, ce sont gens bien proportionnez de leurs corps, sans aucune difformité; ils sont dispos, & les femmes bien formées, remplies & potelées, de couleur basanée, pour la quantité de certaine peinture dont ils se frottent, qui les faict devenir olivastres. Ils sont habillez de peaux; une partie de leur corps est couverte, & l'autre partie descouverte. Mais l'hyver ils remédient à tout, car ils sont habillez de bonnes fourrures, comme 19/83d'orignac, loutre, castors, ours-marins, cerfs biches qu'ils ont en quantité. L'hyver, quand les neiges sont grandes, ils font une manière de raquette qui est grande deux ou trois fois comme celles de France, qu'ils attachent à leurs pieds, & vont ainsi dans les neiges sans enfoncer, car autrement ils ne pourroient chasser, ny aller en beaucoup de lieux.

Ils ont aussi une forme de mariage, qui est que quand une fille est en l'aage de quatorze ou quinze ans, elle aura plusieurs serviteurs & amis, & aura compagnie avec tous ceux que bon luy semblera; puis au bout de quelques cinq ou six ans, elle prendra lequel il luy plaira pour son mary, & vivront ainsi ensemble jusques à la fin de leur vie, si ce n'est qu'après avoir esté quelque temps ensemble ils n'ont enfans, l'homme se pourra desmarier & prendre autre femme disant que la sienne ne vaut rien. Pour ainsi les filles sont plus libres que les femmes; or, despuis qu'elles sont mariées, elles sont chastes, & leurs maris sont la pluspart jaloux, lesquels donnent des presens au père ou parens de la fille qu'ils auront espousée. Voilà la cérémonie & façon qu'ils usent en leurs mariages.

Pour ce qui est de leurs enterremens, quand un homme ou femme meurt, ils font une fosse, ou ils mettent tout le bien qu'ils auront, comme chaudrons, fourrures, haches, arcs & flesches, robbes & autres choses; & puis ils mettent le corps dedans la fosse, & le couvrent de terre, où ils mettent quantité de grosses pièces de bois dessus, & un bois debout qu'ils peignent de rouge par le haut. Ils 20/84croyent l'immortalité des âmes & disent qu'ils vont se resjouïr en d'autres pays avec leurs parents & amis, quand ils sont morts.

Riviere du Saguenay & son origine.

CHAPITRE IV.

Partement de Tadousac pour aller au Sault, la description des isles du Lievre, du Coudre, d'Orléans, & de plusieurs autres isles & de nostre arrivée à Quebec.

CHAPITRE V.

De la poincte Sainte Croix, de la riviere de Batiscan; des rivieres, rochers, isles, terres, arbres, fruicts, vignes & beaux pays qui sont depuis Quebec, jusques aux Trois Rivieres.

CHAPITRE VI.

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Longueur, largeur & profondeur d'un lac, & des rivieres qui entrent dedans, des isles qui y sont, quelles terres l'on void dans le pays, de la riviere des Irocois, & de la forteresse des sauvages qui leur font la guerre.

CHAPITRE VII.

Le samedy ensuyvant, nous partismes des Trois Rivieres, & vinsmes mouiller l'ancre à un lac, où il y a quatre lieues. Tout ce pays depuis les Trois Rivieres jusques à l'entrée dudict lac, est terre à fleur d'eau, & du costé du Su quelque peu plus haulte. Laditte terre est très bonne, & la plus plaisante que nous eussions encores veuë. Les bois y sont assez clairs, qui faict que l'on pourroit y traverser aisément.

Le dernier de juin, nous en partismes, & vinsmes passer à l'entrée de la riviere des Iroquois, où estoient cabannez & fortifiez les sauvages qui leur alloient faire la guerre. Leur forteresse est faicte de quantité de bastons fort pressez les uns contre les autres, 34/98laquelle vient joindre d'un costé sur le bord de la grande riviere, & l'autre sur le bord de la riviere des Iroquois, & leurs canots arrangez les uns contre les autres sur le bord pour pouvoir promptement fuyr, si d'adventure ils sont surprins des Iroquois: car leur forteresse est couverte d'escorces de chesnes, & ne leur sert que pour avoir le temps de s'embarquer.

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Arrivée au Sault, sa description, & ce qu'on y void de remarquable, avec le rapport des sauvages de la fin de la grande riviere.

CHAPITRE VIII.

Partant de la riviere des Iroquois, nous fusmes mouiller l'ancre à trois lieues de là, à la bande du Nort. Tout ce pays est une terre basse, remplie de toutes les sortes d'arbres que j'ay dict cy-dessus.

Le mercredy ensuyvant, nous partismes de ce lieu, & feismes quelques cinq ou six lieues. Nous veismes quantité d'isles, la terre y est fort basse, & sont couvertes de bois ainsi que celles de la riviere des Iroquois. Le jour ensuyvant, nous feismes quelques lieues, & passasmes aussi par quantité d'autres isles qui sont très bonnes & plaisantes, pour la quantité des prairies qu'il y a, tant du costé de terre ferme que des autres isles; & tous les bois y sont fort petits, au regard de ceux que nous avions passé.

Venans à approcher dudict Sault avecq nostre petit esquif & le canot, je vous asseure que jamais je ne veis un torrent d'eau desborder avec une telle impetuosité comme il faict, bien qu'il ne soit pas beaucoup haut, n'estant en d'aucuns lieux que d'une brasse ou de deux, & au plus de trois. Il descend comme de degré en degré, & en chasque lieu où il y a quelque peu de hauteur, il s'y fait un esbouillonnement estrange de la force & roideur que va l'eau en traversant ledict Sault, qui peut contenir 40/104une lieue. Il y a force rochers de large, & environ le millieu, il y a des isles qui sont fort estroittes & fort longues, où il y a sault tant du costé desdittes isles qui sont au Su, comme du costé du Nort, où il fait si dangereux, qu'il est hors de la puissance d'homme d'y passer un bateau, pour petit qu'il soit. Nous fusmes par terre dans les bois, pour en veoir la fin, où il y a une lieue, & où l'on ne voit plus de rochers, ny de saults; mais l'eau y va si viste, qu'il est impossible de plus; & ce courant contient quelques trois ou quatre lieues; de façon que c'est en vain de s'imaginer que l'on peust faire passer aucuns bateaux par lesdicts saults. Mais qui les voudroit passer, il se faudroit accommoder des canots des sauvages, qu'un homme peut porter aisément: car de porter bateau, c'est chose laquelle ne se peut faire en si bref temps comme il le faudroit pour pouvoir s'en retourner en France, si l'on y hyvernoit. Et en outre ce sault premier, il y en a dix autres, la plus part difficiles à passer; de façon que ce seroit de grandes peines & travaux pour pouvoir voir & faire ce que l'on pourroit se promettre par bateau, si ce n'estoit à grand frais & despens, & encore en danger de travailler en vain. Mais avec les canots des sauvages l'on peut aller librement & promptement en toutes les terres, tant aux petites rivieres comme aux grandes. Si bien qu'en se gouvernant par le moyen desdicts sauvages & de leurs canots, l'on pourra veoir tout ce qui se peut, bon & mauvais, dans un an ou deux.

Tout ce peu de païs du costé dudict sault que nous traversasmes par terre, est bois fort clair, où l'on peut aller aysément avecque armes, sans beaucoup de 41/105peines, l'air y est plus doux & tempéré; & de meilleure terre qu'en lieu que j'eusse veu, où il y a quantité de bois & fruicts, comme en tous les autres lieux cy dessus, & est par les 45. degrez & quelques minutes.

Voylà au certain tout ce que j'ay veu cy-dessus, & ouy dire aux sauvages sur ce que nous les avons interrogez.

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Retour du Sault à Tadoussac, avec la confrontation du rapport de plusieurs sauvages touchant la longueur & le commencement de la grande riviere de Canadas, du nombre des saults & lacs qu'elle traverse.

CHAPITRE IX.

Ils dirent comme ils l'ont figuré, que, passé le sault que nous avions veu, environ deux ou trois lieues, il y a une riviere en leur demeure, qui est en la bande du Nort, continuant le chemin dans ladicte grande riviere, ils passent un sault, où ils portent leurs canots, & viennent à passer cinq autres saults, lesquels peuvent contenir du premier au dernier quelques neuf ou dix lieues, & que lesdicts saults ne sont

Voilà tout ce que j'ay pu apprendre des uns & des autres, ne se differant que bien peu, sinon que les seconds qui furent interrogez, dirent n'avoir point beu de l'eau salée, aussi ils n'ont pas esté si loing dans ledict lac comme les autres, & different quelque peu du chemin, les uns le faisant plus court, & les autres plus long: de façon que selon leur rapport, du sault où nous avons esté, il y a jusques à la mer salée, qui peut estre celle du Su, quelques quatre cents lieues. Sans doubte, suyvant leur rapport, ce ne doibt estre autre chose que la mer du Su, le soleil se couchant où ils disent.

Voyage de Tadousac en l'isle Percée, description de la baye des Molues, de l'isle de Bonne-adventure, de la Baye de Chaleurs, de plusieurs rivieres, lacs & pays où se trouve plusieurs sortes de mines.

CHAPITRE X.

Aussitost que nous fusmes arrivez à Tadousac, nous nous embarquasmes pour aller à Gachepay, qui est distant dudict Tadousac environ cent lieues. Le treiziesme jour dudict mois, 49/113nous rencontrasmes une troupe de sauvages qui estoient cabannez du costé du Su, presque au milieu du chemin de Tadousac à Gachepay. Leur Sagamo qui les menoit s'appelle Armouchides, qui est tenu pour l'un des plus advisez & hardis qui soit entre les sauvages. Il s'en alloit à Tadousac pour troquer des flesches, & chairs d'orignac, qu'ils ont pour des castors & martres des autres sauvages Montaignes, Estechemains & Algoumequins.

Voilà ce que j'ay appris desdicts sauvages.

Retour de l'Isle Percée à Tadousac, avec la description des ances, ports, rivieres, isles, rochers, ponts, bayes & basses qui sont le long de la coste du Nort.

CHAPITRE XI.

Nous vinsmes de là audict port de Tadousac, le troisiesme d'aoust. Toutes ces dictes terres cy-dessus 56/120sont basses à la coste, & dans les terres fort hautes. Ils ne sont si plaisantes ny fertilles que celles du Su, bien qu'elles soient plus basses.

Voylà au certain tout ce que j'ay veu de cette ditte coste du Nort.

Les cérémonies que font les Sauvages devant que d'aller à la guerre. Des sauvages Almouchicois & de leur monstrueuse forme. Discours du sieur de Prevert de Sainct-Malo sur la descouverture de la coste d'Arcadie; quelles mines il y a, & de la bonté & fertilité du pays.

CHAPITRE XII.

Arrivant à Tadousac, nous trouvasmes les sauvages que nous avions rencontrez en la riviere des Irocois, qui avoient faict rencontre au premier lac, de trois canots irocois, lesquels se battirent contre dix autres de Montaignez, & apportèrent les testes des Irocois à Tadousac, & n'y eut qu'un Montaignez blessé au bras d'un coup de flèche, lequel songeant quelque chose, il falloit que tous les 10 autres le meissent à exécution pour le rendre content, croyant aussi que sa playe s'en doit mieux porter. Si ce dict sauvage meurt, ses parents vengeront sa mort soit sur leur nation, ou sur d'autres, ou bien il faut que les capitaines facent des presents aux parents du deffunct, affin qu'ils soyent contens, ou autrement, comme j'ay dict, ils useroient de vengeance, qui est une grande meschanceté entre eux.

57/121Premier que lesdicts Montaignez partissent pour aller à la guerre, ils s'assemblerent tous, avec leurs plus riches habits de fourrures, castors & autres peaux, parez de patenostres & cordons de diverses couleurs, & s'assemblerent dedans une grand place publique, où il y avoit au devant d'eux un Sagamo qui s'appeloit Begourat, qui les menoit à la guerre; & estoient les uns derrière les autres, avec leurs arcs & flesches, massues & rondelles, de quoi ils se parent pour se battre, & alloient sautant les uns après les autres, en faisant plusieurs gestes de leurs corps, ils faisoient maints tours de limaçon. Après, ils commencèrent à danser à la façon accoustumée, comme j'ay dict cy-dessus, puis ils firent leur tabagie, & après l'avoir faict, les femmes se despouillerent toutes nues, parées de leurs plus beaux matachias, & se meirent dedans leurs canots ainsi nues en dansant, & puis elles se vindrent mettre à l'eau en se battant à coups de leurs avirons, se jettant quantité d'eau les unes sur les autres. Toutesfois elles ne se faisoient point de mal, car elles se paroient des coups qu'elles s'entre-ruoient. Après avoir faict toutes ces cérémonies, elles se retirèrent en leurs cabanes, & les sauvages s'en allèrent à la guerre contre les Irocois.

Au pied de laditte montaigne, il dit que de basse eau 59/123il y avoit en quantité de morceaux de cuivre, comme il nous en a monstré, lequel tombe du hault de la montaigne. Passant trois ou quatre lieues plus outre, tirant à la coste d'Arcadie, il y a une autre mine, & une petite riviere qui va quelque peu dans les terres, tirant au Su, où il y a une montaigne qui est d'une peinture noire, de quoy se peignent les sauvages. Puis, à quelques six lieues de la seconde mine, en tirant à la mer environ une lieue proche de la coste d'Arcadie, il y a une isle où se trouve une manière de metail qui est comme brun obscur, le coupant il est blanc, dont anciennement ils usoient pour leurs flesches & cousteaux, qu'ils battoient avec des pierres; ce qui me fait croire que ce n'est estain ny plomb, estant si dur comme il est; & leur ayant monstré de l'argent, ils dirent que celuy de ladicte isle est semblable; lequel ils trouvent dedans la terre comme à un pied ou deux. Ledict sieur Prevert a donné aux sauvages des coins & ciseaux, & d'autres choses necessaires pour tirer de ladicte mine, ce qu'ils ont promis de faire, & l'année qu'il vient d'en apporter, & le donner audict sieur Prevert.

Ils disent aussi qu'à quelques cent ou 120 lieues il y a d'autres mines, mais ils n'osent y aller, s'il n'y a des françois parmy eux pour faire la guerre à leurs ennemis, qui les tiennent en leur possession.

Tout ce païs est très beau & plat, où il y a de toutes les sortes d'arbres que nous avons veus allant au premier sault de la grande riviere de Canadas, fort peu de sapins & cyprez.

61/125Voylà au certain ce que j'ay apprins & ouy dire audict sieur Prevert.

D'un monstre espouvantable que les Sauvages appellent Gougou, & de nostre bref & heureux retour en France.

CHAPITRE XIII.

Le 24e jour d'aoust, nous partismes de Gachepay, le vaisseau dudict sieur Prevert & le nostre. Le 2e jour de septembre, nous faisons estat d'estre aussi avant que le cap de Rase. Le cinquième jours dudict nous entrâmes sur le banc où se fait la pesche du poisson. Le 16 dudict mois nous estions à la sonde qui peut estre à quelques 50 lieues d'Ouessant Le 20 dudict mois, nous arrivasmes, par la grâce de Dieu, avec contentement d'un chascun, & tousjours le vent favorable, au port du Havre-de-Grace.

FIN.

Fin du Tome II. (la page suivante est la page 130 qui est la page couverture du Tome III.)

130

Illustration from Oeuvres de Champlain

131 L'édition de 1613, qui fait suite à celle de 1603, est peut-être la plus intéressante et la plus utile de toutes celles que publia Champlain. Les faits y sont racontés dans l'ordre, quoique simplement; les descriptions de lieux y sont à leur place; le texte est partout accompagné de cartes ou de dessins, qui jettent toujours beaucoup de lumière sur des événements si éloignés de nous.

Bien des personnes, sans en avoir fait un examen assez attentif, ont cru que l'édition de 1632 pouvait y suppléer, parce quelle la reproduit en grande partie. Mais, quand elles voudront approfondir les choses, et s'en rendre exactement compte, elles s'apercevront bien vite que cette réimpression de 1632 est tellement tronquée parfois, qu'il est impossible de s'y reconnaître, et elles se verront forcées de revenir à l'édition première, surtout pour ce qui concerne l'Acadie, et les cotes de la Nouvelle-Angleterre.

132

LES VOYAGES

DU SIEUR DE CHAMPLAIN

XAINTONGEOIS, CAPITAINE

ordinaire pour le Roy, en la marine.

DIVISEZ EN DEUX LIVRES.

ou,

JOURNAL TRES-FIDELE DES OBSERVATIONS faites és descouvertures de la nouvelle France: tant en la description des terres, costes, rivieres, ports, havres, leurs hauteurs, & plusieurs déclinaisons de la guide-aymant; qu'en la créance des peuples, leurs superstitions, façon de vivre & de guerroyer: enrichi de quantité de figures.

Ensemble deux cartes geografiques: la première servant à la navigation, dressée selon les compas qui nordestent, sur lesquels les mariniers navigent: l'autre en son vray Méridien, avec ses longitudes & latitudes: à laquelle est adjousté le voyage du destroict qu'ont trouvé les Anglois, au dessus de Labrador, depuis le 53e. degré de latitude, jusques au 63e en l'an 1612. cerchans un chemin par le Nord, pour aller à la Chine.

Illustration from Oeuvres de Champlain

A PARIS,

Chez JEAN BERJON, rue S. Jean de Beauvais, au Cheval volant, & en sa boutique au Palais, à la gallerie des prisonniers.

MDCXIII.

AVEC PRIVILEGE DU ROY.

iii/135

Illustration from Oeuvres de Champlain

Notes in this chapter

Note 1 · Note 3: (retour) Avrigny et Guernesey.Note 2 · Note 4: (retour) Il est évident qu'il faut lire «7 heures,» vu qu'il n'est point question d'une observation astronomique; d'ailleurs, même dNote 3 · ous partismes de Honfleur le 15e jour de mars 1603. Ce dit jour, nous relaschasmes à la rade du Havre de Grace, pour n'avoir le vent favorabNote 4 · Note 5: (retour) Jean Alphonse mentionne ce nom, de même que celui des îles Saint-Pierre, dès l'année 1545, dans sa Cosmographie. (Biblioth.Note 5 · Le 2 de may, nous entrasmes sur le Banc à unze heures du jour par les 44. degrez 2/3. Le 6 dudict mois, nous vinsmes si proche de terre, queNote 6 · Note 6: (retour) Rigoureusement, le point du Cap-Breton le plus rapproché du cap de Raie, est le cap de Nord, dont le cap Saint-Laurent est Note 7 · Note 7: (retour) Cette expression «baie de Canada», pour désigner le golfe Saint-Laurent, montre que pendant longtemps les deux noms ont étéNote 8 · Note 8: (retour) L'île d'Anticosti a cinquante lieues de long. Ce nom d'Anticosti, de même que ceux de Gaspé, de Matane, de Tadoussac et autNote 9 · Note 9: (retour) Le fleuve Saint-Laurent.Note 10 · Note 10: (retour) Ou Gaspé. Suivant M. l'abbé J.-A. Maurault, ce nom serait une contraction du mot abenaquis «Katsepisi, qui est séparément,Note 11 · Note 11: (retour) Ou Matane. Jean Alphonse l'appelle rivière de Caën.Note 12 · Note 12: (retour) Le Bic. Au temps de Jean Alphonse, on l'appelait Cap de Marbre. Jacques Cartier, en 1535, avait donné au havre du Bic le nNote 13 · Le 12e jour ensuyvant, nous fusmes surprins d'un 3/67grand coup de vent, qui dura deux jours. Le 15 dudict mois, nous eusmes congnoissance dNote 14 · Note 13: (retour) Le P. Jérôme Lalemant (Relation 1646) dit que les sauvages appelaient Tadoussac Sadilege; d'un autre côté, Thévet, dans soNote 15 · Note 14: (retour) La copie originale portait probablement «importuns». Lescarbot, qui reproduit ce voyage à peu près textuellement, a mis: «Note 16 · Note 15: (retour) Le verbe pouvoir s'employait alors activement, en parlant de la capacité des objets.Note 17 · Note 16: (retour) Comme il n'y a pas de vrai cyprès en Canada, on pourrait croire d'abord que Champlain veut parler ici du pin gris, que nosNote 18 · Note 17: (retour) Dans l'édition de 1613, Champlain l'appelle encore pointe Saint-Matthieu, «ou autrement aux Alouettes.» Aujourd'hui elle nNote 19 · Note 18: (retour) Aujourd'hui la pointe aux Vaches. Cette pointe a changé de nom du vivant même de l'auteur. Dans l'édition de 1632, elle esNote 20 · Le 24 dudict mois, nous vinsmes mouiller l'ancre devant Tadousac 13, & le 26 nous entrasmes dans le dict port qui est faict comme une anse, Note 21 · Note 19: (retour) Sagamo veut dire en montagnais grand chef. D'après Mgr Laflèche, ce mot est composé de tchi, grand (pour kitchi), et de okNote 22 · Note 20: (retour) Les Etchemins, appelés plus tard Malécites, habitaient principalement le pays situé entre la rivière Saint-Jean et celle dNote 23 · Note 21: (retour) La rivière de Sorel.Note 24 · Le 27e jour, nous fusmes trouver les Sauvages à la poincte de Sainct Matthieu, qui est à une lieue de Tadousac, avec les deux sauvages que mNote 25 · Note 22: (retour) Écorce de bouleau.Note 26 · Le 28e jour dudict mois, ils se vindrent cabanner audict port de Tadousac, où estoit nostre vaisseau. A la poincte du jour, leur dict grand Note 27 · Note 23: (retour) Probablement le même que Tessouat, grand sagamo des Algonquins de l'Isle ou Kichesipirini. Quelques années plus tard, en 1Note 28 · Le 9e jour de Juin, les Sauvages commencèrent à se resjouïr tous ensemble & faire leur tabagie, comme j'ay dict cy-dessus, & danser, pour laNote 29 · Note 24: (retour) Lescarbot fait sur ce passage la remarque suivante: «Je ne croy point que cette théologie se puisse expliquer à ces peupleNote 30 · Il me dict aussy qu'une autre fois il y avoit un homme qui avoit quantité de tabac (qui est une herbe dequoy ils prennent la fumée), & que DNote 31 · Note 25: (retour) Quoique Champlain ait pu tenir des sauvages le mot pilotoua ou piletois, il paraît cependant qu'il leur est venu de la lanNote 32 · Ils ont parmy eux quelques sauvages, qu'ils appellent Pilotoua 25, qui parlent au Diable visiblement; & leur dict ce qu'il faut qu'ils fasseNote 33 · Note 26: (retour) On serait porté à croire d'abord qu'il est ici question de la décharge du lac Saint-Jean; mais le contexte indique assez qNote 34 · Le 11e jour de juin, je fus à quelques douze ou quinze lieues dans le Saguenay, qui est une belle riviere, & a une profondeur incroyable: caNote 35 · Note 27: (retour) Le lac Saint-Jean, que les sauvages appelaient Piécouagami.Note 36 · Note 28: (retour) La nation du Porc-Épic (ou des Kakouchaki) demeurait au lac Saint-Jean probablement dès ce temps-là.Note 37 · Note 29: (retour) «Voilà,» dit Lescarbot (liv. III, ch. IX) «ce qu'a écrit Champlain dés l'an six cens cinq» (lisez mil six cent trois) «de Note 38 · Note 30: (retour) La bonne foi avec laquelle Champlain consulte les sauvages pour en apprendre ce qu'il ne pouvait reconnaître de ses yeux, Note 39 · Ils me firent rapport qu'ayant passé le premier sault, d'où vient ce torrent d'eau, ils passent huict autres saults, & puis vont une journéeNote 40 · Note 31: (retour) Le saut Saint-Louis.Note 41 · Note 32: (retour) Cette île fut ainsi appelée par Jacques Cartier, parce que, à son retour en 1536, il y trouva quantité de lièvres. Elle poNote 42 · Note 33: (retour) Environ deux lieues et demie. La côte du sud, beaucoup moins élevée que celle du nord, paraît être à une bien plus grande Note 43 · Le mercredy, dix-huictiesme jour de juin, nous partismes de Tadousac, pour aller au Sault31. Nous passasmes prés d'une isle qui s'appelle l'Note 44 · Note 34: (retour) Par ce qui suit, on voit qu'il faut lire ici dix ou douze lieues: car cette pointe, qui avance à la mer et qui est à une lNote 45 · Note 35: (retour) Cette partie de l'île s'appelle encore aujourd'hui les Prairies.Note 46 · 23/87De l'Isle au Lievre, nous rangeasmes la coste du Nort environ demye lieue 34, jusques à une poincte qui advance à la mer, où il faut prNote 47 · Note 36: (retour) La Petite-Rivière a toujours gardé son nom depuis.Note 48 · Le jeudy suyvant, nous en partismes, & vinsmes mouiller l'ancre à une anse dangereuse du costé du Nort, où il y a quelques prairies & une peNote 49 · Note 37: (retour) Cette île, suivant Thévet (Grand Insulaire), était appelée par les sauvages Minigo (peut-être Ouinigo, de l'Algonquin OuinNote 50 · Note 38: (retour) Sept lieues.Note 51 · 24/88Le dimanche, vingt-deuxiesme jour dudict mois, nous en partismes pour aller à l'isle d'Orléans 37, où il y a quantité d'isles à la bandNote 52 · Note 39: (retour) L'auteur donna plus tard à ce torrent d'eau le nom de Montmorency, qu'il porte encore aujourd'hui. Dans la carte des envirNote 53 · Note 40: (retour) C'est-à-dire, un côteau très-escarpé, haut d'environ 300 pieds.Note 54 · Note 41: (retour) Ces montagnes, qui forment la chaîne des Laurentides, ne sont pas aussi éloignées; mais elles s'étendent en effet jusqu'auNote 55 · 25/89Au bout de laditte isle, je vy un torrent d'eau 39, qui desbordoit de dessus une grande montaigne40 de laditte riviere de Canadas, & deNote 56 · Note 42: (retour) C'est ici la première fois que l'on rencontre le nom de Québec, pour désigner ce que Jacques Cartier appelle tantôt StadacNote 57 · Note 43: (retour) Le fleuve, devant Québec, a un quart de lieue de large.Note 58 · Note 44: (retour) Ce chiffre est de beaucoup trop fort; la copie originale portait probablement 19. Il y a environ 18 lieues.Note 59 · Nous vinsmes mouiller l'ancre à Québec 42, qui est un destroict de laditte riviere de Canadas, qui a quelque trois cens pas de large 43. Il Note 60 · Note 45: (retour) Champlain nous fait connaître lui-même (édit. 1613, liv, II, ch. IV) l'origine de ce nom de Sainte-Croix. «Dés la premièreNote 61 · Le lundy, 23. dudict mois, nous partismes de Québec, ou la riviere commence à s'élargir quelques-fois d'une lieue, puis de lieue & demye ou Note 62 · Note 46: (retour) La rivière Jacques-Cartier, qui en effet se jette dans le fleuve à trois lieues environ de ce qu'on appelait alors la poinNote 63 · Note 47: (retour) L'auteur, qui probablement n'avait point encore vu les relations de Cartier, parle ici d'après les traditions ou les idéesNote 64 · Du costé du Nort, il y a une riviere qui s'appelle Batiscan, qui va fort avant en terre, par où quelques-fois les Algoumequins viennent; & uNote 65 · Note 48: (retour) Le 24 était un mardi, et le contexte fait voir suffisamment qu'on était au mardi.Note 66 · 28/92Le mercredy, 24e jour48 dudict mois, nous partismes dudict Saincte Croix, où nous retardasmes une marée & demye, pour le lendemain pouvNote 67 · Note 49: (retour) Cette île ne peut être que celle à laquelle il donna plus tard le nom de Richelieu, et que l'on a appelée simplement île dNote 68 · Note 50: (retour) La rivière de Sainte-Anne, dont il dit, dans son édit. de 1613, liv. II, ch. VII, «& l'avons nommée la riviere Saincte-MarNote 69 · Plus nous allions en avant, & plus le pays est beau. Nous fusmes à quelques cinq lieues & demye mouiller l'ancre à la bande du Nort. Le mercNote 70 · Note 51: (retour) La Chronologie Septénaire, dit: «qu'ils appellerent Sainct-Eloy.» Cette île, située en face de l'église actuelle de BatiscNote 71 · Passant plus outre, nous rencontrasmes une isle qui s'appelle Sainct Eloy51, & une autre petite isle, laquelle est tout proche de la terre dNote 72 · Note 52: (retour) Le Saint-Maurice, auquel les auteurs ont le plus souvent donné le nom de Trois-Rivières, parce que les deux îles principalNote 73 · Note 53: (retour) Le lac Saint-Pierre.Note 74 · Note 54: (retour) Le Saint-Maurice a sa source sur les mêmes hauteurs que plusieurs des rivières qui se déchargent dans le lac Saint-Jean, cNote 75 · Note 55: (retour) Le lac Saint-Jean.Note 76 · Le vendredy ensuyvant, nous partismes de ceste 30/94isle, costoyant tousjours la bande du Nort tout proche terre, qui est basse & pleine de Note 77 · Note 56: (retour) Le jour de la Saint-Pierre. C'est pour cette raison sans doute que ce lac a été appelé lac Saint-Pierre. Il avait porté prNote 78 · Note 57: (retour) Dans sa plus grande longueur il n'a que neuf ou dix lieues.Note 79 · Note 58: (retour) Probablement la rivière de Nicolet; mais elle ne va pas si loin dans les terres.Note 80 · Note 59: (retour) Il semble ici que l'auteur parle de ce que nous appelons aujourd'hui baie de La Valière.Note 81 · Note 60: (retour) Les îles de Sorel, que l'on a appelées aussi îles de Richelieu.Note 82 · Le lendemain, 29 de juin56, nous entrasmes dans le lac, qui a quelques quinze lieues de long 57, & quelques sept ou huict lieues de large. ANote 83 · Note 61: (retour) Champlain aurait donc, dès cette année 1603, remonté la rivière de Chambly jusqu'au-delà de l'endroit où l'on a construit Note 84 · Nous fusmes dans la riviere des Iroquois quelques cinq ou six lieues 61, & ne peusmes passer plus outre avec nostre barque, à cause du grandNote 85 · Note 62: (retour) Il faudrait: comme au Sud.Note 86 · Toutes ces terres sont couvertes d'arbres, & terres basses comme celles que j'avois veuës auparavant; mais il y a plus de sapins & de cyprezNote 87 · Note 63: (retour) Le rapide de Chambly.Note 88 · Note 64: (retour) Champlain découvrit lui-même ce lac six ans plus tard, et lui donna son nom.Note 89 · Note 65: (retour) Les Iroquois l'appelaient Andiatarocté (là où le lac se ferme). Le P. Jogues le nomma Saint-Sacrement en 1646; il est connNote 90 · Note 66: (retour) Les Sauvages qui donnaient à Champlain ces renseignements s'étaient exagéré la grandeur de ce lac; car le lac Champlain a Note 91 · Note 67: (retour) L'Hudson, qui a à peu près cent vingt lieues de long. C'était en effet la meilleure route à suivre pour aller à la côte deNote 92 · 35/99Les sauvages disent qu'à quelques quinze lieues d'où nous avions esté, il y a un sault 63 qui vient de fort hault, où ils portent leursNote 93 · Note 68: (retour) Ce mot n'est, sans doute, qu'une contraction de piboule, qui désigne une variété du peuplier.Note 94 · Le premier jour de juillet, nous costoyasmes la bande du Nort, où le bois y est fort clair, plus qu'en aucun lieu que nous eussions encore vNote 95 · Note 69: (retour) L'auteur semble avoir pris ici pour une seule île les îles de Verchères.Note 96 · 37/101Nous passasmes contre une isle qui est fort aggreable, & contient quelques quatre lieues de long, & environ demye de large 69. Je veisNote 97 · Note 70: (retour) L'île qu'il appela lui-même plus tard Sainte-Hélène, du nom d'Hélène Boullé, sa femme.Note 98 · Note 71: (retour) Cette petite île, située dans le port de Montréal, est maintenant réunie à la terre ferme par des quais.Note 99 · Enfin nous arrivasmes cedict jour à l'entrée du sault, avec vent en poupe, & rencontrasmes une isle 70 qui est presque au milieu de laditte Note 100 · Note 72: (retour) Il paraît bien évident que Champlain veut ici parler de l'île de Montréal, qui cependant n'a que dix lieues de long, et enNote 101 · Note 73: (retour) L'île Perrot, qui n'a pas tout à fait les dimensions que lui donne l'auteur, est située rigoureusement au sud de l'île de Note 102 · Note 74: (retour) L'île Saint-Paul.Note 103 · Note 75: (retour) C'est-à-dire, «qui est entre l'île de Montréal et l'île Sainte-Hélène par où nous passâmes l'entrée du saut.» Cette petiteNote 104 · Note 76: (retour) La Montagne que Jacques Cartier appela Mont-Royal (Montréal).Note 105 · Note 77: (retour) La petite rivière de Saint-Pierre.Note 106 · Note 78: (retour) La rivière de Saint-Lambert. De cette rivière, on tombe dans celle de Montréal, qui se jette dans le bassin de Chambly; c'Note 107 · Note 79: (retour) La rivière de la Tortue.Note 108 · Il y a deux grandes isles: une du costé du Nort 72, laquelle contient quelques quinze lieues de long, & presque autant de large, commence à Note 109 · Note 80: (retour) Cinq ou six lieues, c'est-à-dire, la longueur du lac Saint-Louis.Note 110 · Note 81: (retour) C'est pour cette raison même qu'elle a été longtemps appelée la rivière des Algonquins; plus tard, pour une raison analoguNote 111 · Note 82: (retour) Ce sont les Cascades, les Cèdres, et les rapides du Côteau-du-Lac, qui se subdivisent en deux ou trois, suivant le chemin Note 112 · Note 83: (retour) Du pied des Cascades au Côteau-du-Lac, il y a cinq ou six lieues.Note 113 · Note 84: (retour) Le lac Saint-François, qui a environ douze lieues de long.Note 114 · Note 85: (retour) Le Long-Saut.Note 115 · Note 86: (retour) C'est-à-dire, un espace où le fleuve est tranquille et sans rapide.Note 116 · Note 87: (retour) Depuis le rapide aux Citrons, ou les rapides Plats, jusqu'aux Gallots, il y a en effet cinq rapides; mais cette distance dNote 117 · Note 88: (retour) Le lac des Entouhoronons, ou Ontario.Note 118 · Note 89: (retour) La chute de Niagara.Note 119 · Note 90: (retour) Le lac Erié, ou des Eriehoronons (nation du Chat).Note 120 · Note 91: (retour) La rivière du Détroit, qui est une partie du Saint-Laurent.Note 121 · Note 92: (retour) Le lac Huron, ou mer Douce.Note 122 · Voyans que nous ne pouvions faire davantage, nous en retournasmes en nostre barque, où nous interrogeasmes les sauvages que nous avions, de Note 123 · Note 93: (retour) Eau mauvaise ou salée était la même chose pour les sauvages.Note 124 · Je leur demandis si depuis cedict lac dernier qu'ils avoient veu, si l'eau descendoit tousjours dans la riviere venant à Gaschepay: ils me dNote 125 · Note 94: (retour) Dans cette phrase et la suivante, l'édition originale met, par inadvertance, le mois de juin au lieu de juillet.Note 126 · Nous partismes dudict sault, le Vendredy, quatriesme jour de Juin 94, & revinsmes cedict jour à la riviere des Irocois. Le Dimanche, sixiesmNote 127 · Note 95: (retour) Jusqu'ici, ce second rapport s'accorde passablement avec le premier, sauf les distances, qui diffèrent un peu.Note 128 · Note 96: (retour) La rivière Trent et la baie de Quinte.Note 129 · Note 97: (retour) La rivière Noire.Note 130 · Note 98: (retour) La rivière de Cliouaguen, ou Oswego.Note 131 · 45/109point difficiles à passer, & ne font que traîner leurs canots en la pluspart desdicts saults, hormis à deux, où ils les portent. De làNote 132 · Note 99: (retour) Quelque trois cents lieues de tour, et encore ce serait beaucoup.Note 133 · Note 100: (retour) Malgré les inexactitudes qui précèdent, on ne peut s'empêcher de reconnaître ici la chute de Niagara.Note 134 · Cedict jour, nous fusmes proche de l'isle aux Coudres, comme environ trois lieues. Le Jeudy dudict mois, nous vinsmes à quelque lieue & demyNote 135 · Note 101: (retour) Les bons Iroquois étaient sans doute les Hurons, qui parlaient un dialecte de la même langue.Note 136 · Je leur demandis s'ils n'avoient point cognoissance de quelques mines. Ils nous dirent qu'il y a une nation qu'on appelle les bons Irocois 1Note 137 · Note 102: (retour) Le vendredi était le 11 du mois de juillet.Note 138 · Le Vendredy, dixiesme 102 dudict mois, nous fusmes de retour à Tadousac, où estoit nostre vaisseau.Note 139 · Note 103: (retour) C'est-à-dire, comme à une lieue et demie du côté du nord de la baie.Note 140 · Note 104: (retour) Cette baie est au sud de celle de Gaspé; on l'appelle aujourd'hui la Malbaie. Ce mot paraît être une corruption de l'exprNote 141 · Le 15e jour dudict mois, nous arrivasmes à Gachepay, qui est dans une baye, comme à une lieue & demye du costé du Nort103; laquelle baye conNote 142 · Note 105: (retour) Ainsi nommée par Jacques Cartier en 1534. «Nous nommâmes laditte baye, la Baye de Chaleurs.» (Prem. Voy. de Cartier, RelaNote 143 · Note 106: (retour) Environ trente lieues.Note 144 · Note 107: (retour) Tregaté, ou Tracadie. Ce lieu, qu'il ne faut pas confondre avec celui qui porte le même nom dans la Nouvelle-Écosse, est Note 145 · Note 108: (retour) Aujourd'hui, on dit Miramichi.Note 146 · Passant l'Isle Percée, il y a une baye qui s'appelle la Baye de Chaleurs 105, qui va comme à l'ouest-sorouest quelques quatre vingts lieues Note 147 · Note 109: (retour) Vraisemblablement, la rivière de Gédaïc, ou Chédiac. On l'appelait alors Souricoua, sans doute parce que c'était le chemiNote 148 · Note 110: (retour) L'île de Chédiac.Note 149 · Note 111: (retour) Par le contexte, on voit que l'auteur parle du détroit de Canseau, qui n'a cependant ni autant de longueur, ni autant de Note 150 · Note 112: (retour) Le nom de Cap-Breton a prévalu.Note 151 · Note 113: (retour) Acadie. Il est possible que Champlain ait cru retrouver, dans ce mot, un nom de la vieille Europe; mais il ne tarda pas àNote 152 · Note 114: (retour) La baie Française, aujourd'hui la baie de Fundy.Note 153 · Note 115: (retour) La rivière Saint-Jean, que les sauvages appelaient Ouigoudi. (Voir édit. 1613, ch. III).Note 154 · Continuant ladicte coste, on range quantité de rivieres, & vient-on à un lieu où il y a une riviere qui s'appelle Souricoua109, où le sieur Note 155 · Note 116: (retour) Probablement le lac Métapédiac. (Voir la carte de 1612.)Note 156 · Les sauvages disent qu'en laditte grande baye de Chaleurs il y a une riviere qui a quelques vingt lieues dans les terres, où au bout est un Note 157 · Note 117: (retour) La tradition, relativement à ce cap, ne paraît pas s'être bien conservée; on ne le trouve même pas mentionné dans la plupNote 158 · Note 118: (retour) Vraisemblablement la baie Moisie, à l'ouest de laquelle il y a un banc de rochers très-dangereux.Note 159 · Note 119: (retour) Cette hauteur, qui est celle du détroit de Belle-Isle, est évidemment trop forte. Suivant Bayfield, le fond de la baie MoNote 160 · Nous partismes de l'Isle Percée le dix neuf jour du dict mois pour retourner à Tadousac. Comme nous fusmes à quelques trois lieues du Cap l'Note 161 · Note 120: (retour) «A quelques deux lieues,» se trouve la pointe à la Croix. Il y a tout lieu de croire que le manuscrit portait deux lieuesNote 162 · Le lendemain nous vinsmes mouiller l'ancre proche d'une riviere qui s'appelle Saincte Marguerite, où il y a de pleine mer quelques trois braNote 163 · Note 121: (retour) La rivière des Rochers, qui se jette dans la baie du même nom.Note 164 · Note 122: (retour) «Dix-huit lieues.» (Voir la note suivante).Note 165 · Note 123: (retour) Cette pointe doit être la pointe des Monts, qui est à environ dix-huit lieues de la baie des Rochers; car, dans tous ces Note 166 · Note 124: (retour) Le cap Saint-Nicolas.Note 167 · A quelques trois lieues, nous passasmes proche d'une 54/118autre riviere 121, laquelle sembloit estre fort grande, barrée neantmoins la plusNote 168 · Note 125: (retour) La rivière de Manicouagan.Note 169 · Note 126: (retour) Par rapport à la baie, ou à l'entrée de la rivière, il faudrait dire: «la terre du Nord.» Mais, par rapport au cours de lNote 170 · A quelque 4 lieues de là, il y a une anse où entre une riviere 125. Il y peut aller beaucoup de vaisseaux du costé de l'Ouest. C'est une poiNote 171 · Note 127: (retour) La baie des Outardes.Note 172 · Note 128: (retour) Une partie de ces cinq lieues doit se prendre dans l'entrée de la rivière aux Outardes; car, comme l'auteur le remarque uNote 173 · Note 129: (retour) La pointe, l'anse et la rivière portent le nom de Betsiamis.Note 174 · On trouve, à quelques six lieues de là une baye 127 où il y a une isle de sable. Toute laditte baye est fort batturiere, si ce n'est du costNote 175 · Note 130: (retour) Les îlets de Jérémie.Note 176 · A quelque deux lieues, il y a une plage où il y a un bon port & une petite riviere, où il y a trois isles130, & où des vaisseaux se pourroieNote 177 · Note 131: (retour) Cette description ne peut guère convenir qu'à la pointe à Mille-Vaches, quoiqu'elle soit à environ neuf lieues des îlets Note 178 · Note 132: (retour) Aujourd'hui, on dit: les Escoumins.Note 179 · Note 133: (retour) Environ une lieue plus haut que les Escoumins, se trouve l'anse aux Basques.Note 180 · A quelque trois lieues de là, il y a une poincte de sable qui advance environ une lieue, où au bout il y a un petit islet 131. Puis, allant Note 181 · Note 134: (retour) Le sieur Prévert n'avait point vu par lui-même ce qu'il rapporte ici à Champlain; il s'était contenté d'envoyer deux ou tNote 182 · Note 135: (retour) Les Souriquois étaient sans doute intéressés à donner au sieur Prévert une aussi mauvaise idée que possible de leurs enneNote 183 · Note 136: (retour) Ce passage donnerait à entendre que, dans l'origine, on comprenait sous ce nom d'Acadie une bien plus grande étendue de cNote 184 · Note 137: (retour) Champlain parle ici sur le rapport de Prévert.Note 185 · Le seiziesme jour d'aoust, nous partismes de Tadousac, & le 18 dudict mois arrivasmes à l'isle Percée, où nous trouvasmes le sieur Prevert, Note 186 · Note 138: (retour) Si la description faite par le sieur Prévert, ou plutôt par ses hommes, se rapporte au bassin des Mines, comme le compritNote 187 · Note 139: (retour) Aujourd'hui l'île du Prince-Edouard.Note 188 · Note 140: (retour) On croit reconnaître ici, avec Champlain (édit. 1613, ch. III), l'entrée ou le canal du bassin des Mines, l'île Haute, etNote 189 · Cedict lieu où est la mine, qui est par les 44 degrez & quelques minutes 138 proche de ladicte coste de l'Arcadie comme de cinq ou six lieueNote 190 · Note 141: (retour) De cette sortie, qui est évidemment le détroit de Canseau, jusqu'au bassin des Mines, il y a, par mer, environ cent soixaNote 191 · De ladicte mine jusques au commencement de l'entrée desdittes rivieres, il y a quelques 60 ou 80 lieues par terre. Mais du costé de la mer, Note 192 · Note 142: (retour) Les premiers voyageurs qui abordèrent aux côtes du nouveau monde étaient bien disposés à y trouver un ordre de choses touNote 193 · Il y a encore une chose estrange, digne de reciter, que plusieurs sauvages m'ont asseuré estre vray142: c'est que, proche de la Baye de ChalNote 194 · Note 143: (retour) Très-probablement le même que Begourat mentionné plus haut. On sait que dans certaines écritures de l'époque de ChamplainNote 195 · Premier que partir de Tadousac pour nous en retourner en France, un des Sagamo des Montagnez, nommé Bechourat143, donna son fils au sieur du
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