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Oeuvres de Champlain

CHAPITRE II.

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La coste du Nortdest & Surouest de ladite Isle de terre neufve, & celle du Nort un quart au Nordouest, contient quelques 110 lieues jusques au 52e degré, est fournie de plusieurs bons ports & Isles, où y a nombre de vaisseaux, vont faire pescherie de molue, tant François, Malouains, que Basques & Anglois.

De l'Isle, à la grande terre du Nort, il y a 8 à 10 lieues par endroits, la coste de l'Isle Nordest & Surouest, qui regarde le golphe S. Laurens a cent lieues de long, n'est cogneu que fort peu, si ce n'est proche le Cap de Raye où il y a quelque port où se fait pesche de poisson: Toute cestedite Isle de terre-neufve tient de circuit plus de 300 lieues, où il y a nombre de bons ports (comme j'ay dit) le terroir est presque tout montueux, remply de pins & sapins, cèdres, bouleaux, & autres arbres de peu de valeur. Il se descharge dans la mer quantité de petites rivieres & ruisseaux qui viennent des montagnes. La pesche du saumon est fort abondante en la plus part de ces rivieres, comme d'autres poissons. Les froidures y sont aspres, & les neges grandes, qui y durent prés de sept mois de l'an. Il y a force eslans, lapins, & gelinotes, icelle n'est point habitée, les sauvages qui y vont quelques fois en Esté de la grandtaire voir les vaisseaux qui font pescherie de molue.

En aucunes de ces Isles y a de bons ports, où l'on fait pesche de poisson, elles sont couvertes de bois, comme pins, sapins & bouleaux, aucunes sont plates, autres un peu eslevées comme est celle de Brion qui est la plus grande. La chasse des oyseaux y est à commandement en sa saison, comme est la pesche du poisson, des loups marins, & bestes à la grande dent qui vont sur lesdites Isles, elles sont esloignées de la terre la plus proche de 12 ou 15 lieues, qui est le Cap sainct Laurent, attenant à l'isle du Cap Breton.

Tout le pays qui environne ladite baye, est partie montueux, autre plat & beau, couvert de bois de pins, sapins, cèdres, bouleaux, ormes, fresnes, érables, & dans lesdites rivieres y a des chesnes. La pesche de plusieurs poissons est abondante en ce lieu, & la chasse des oyseaux de riviere outarde oyes, grues, & de plusieurs autre sorte. Il se treuve en tous ces lieux force eslans, desquels les sauvages en tuent quantité l'hyver.

Les sauvages de la coste du Nort sont très meschants, ils font la guerre aux pescheurs, lesquels pour leur seureté arment des pataches, pour conserver 105/1089les chalouppes qui vont en mer pescher la molue: l'on n'a peu faire de paix avec eux, & sont la plus part petits hommes fort laids de visage, les yeux enfoncez, meschans & traistres au possible: ils se vestent de peaux de loups marins, qu'ils accommodent fort proprement: leurs batteaux sont de cuir, avec lesquels ils vont rodant & faisant la guerre, ils ont fait mourir nombre de Malouains, qui auparavant leurs ont souvent rendu leur change au double, ceste guerre procède de ce que un matelot Malouain par mesgarde ou autrement, tua la femme d'un capitaine de ceste nation.

Tout le pays est excessivement froid en hyver, & les neges y sont fort hautes, qui durent sept mois ou plus sur la terre par endroits, elle est chargée de nombre de pins, sapins & bouleaux, en plus de cent lieues des costes qui regardent le golphe saint Laurent. Il y a nombre de bons ports & isles, (où la pescherie de molue & saumont est abondante,) & nombre de rivieres, qui ne sont neantmoins beaucoup navigeables, que pour des chalouppes ou canaux, selon le rapport des sauvages.

Ce golphe a plus de quatre cens lieues de circuit, y ayant nombre infiny de ports, havres & isles, qui y sont enclos: c'est comme une petite mer qui parfois est fort esmeue & agitée des vents impétueux qui viennent plus souvent du Nortdest, & parfois y a de grandes bourasques de Norrouest. En ces lieux sont de grands courants de marée non réglez, les uns portent en un temps d'un costé autrefois en un autre, & ainsi changent de fois à autre, ce qui apporte souvent du mesconte aux estimes 106/1090des navigeans, quand il fait des brunes, à quoy ce lieu est fort suject, & qui durent quelquefois sept ou huict jours, il n'y a qu'une grande pratique qui peut en avoir quelque cognoissance.

Du cap de Gaspey à la terre du Nort y a vingt cinq à trente lieues, cest la largeur de l'emboucheure du fleuve de sainct Laurent, les marées sont en tout temps droiturieres en ce lieu comme la riviere, & le vent tousjours de bout, soit à descendre ou monter, & arrive rarement qu'on voye le vent par le travers des terres, de façon qu'un vaisseau estant dans le courant fera sa drive hors du fleuve plustost que d'aller à la coste: les ebes sont beaucoup plus fortes que les flots qui durent sept heures, & quelquefois plus: ce qui fait qu'on a plus de peine à monter qu'à descendre, joint que les vents de Norrouest sont les plus ordinaires & contraires en certaines saisons.

Et depuis Gaspay jusques au Bic, ce sont terres la plus grande part fort hautes, notamment lesdits monts Nostre Dame, où les neges y sont jusques au 10 & 15 de Juin. Le long de la coste il y a force anses, petites rivieres & ruysseaux, qui ne sont propres que pour de petites barques & chalouppes, mais il faut que ce soit de plaine mer. La coste est fort saine, & en peut on approcher d'une lieue ou deux, & y a ancrage tout le long d'icelle, contre l'opinion de beaucoup, ainsi que l'experience le fait cognoistre: l'on peut estaler les marées pour monter à mont, si le vent n'est trop violent. Tout ce pays est remply de pins, sapins, bouleaux, cedres, & force pois, & persil sauvage, le long de la coste l'on pesche de la molue, jusqu'au travers de Mantane, & force macreaux en sa saison, & autres poissons.

Du port aux femmes l'on va au port au Persil, distant prés d'une lieue, qui est anse derrière un Cap, où il y a une petite riviere qui asseche de basse mer, elle vient des montagnes qui sont fort hautes, il y a ancrage proche, & à l'abry du vent du Su, venant à Ouest jusques au Nortnordest.

Au Su de l'Isle au Coudre, il y a nombre de basses & rochers, qui sont sur le travers de la riviere prés d'une lieue, tout cela couvre de plaine mer, plus au midy est lachenal, où les vaisseaux peuvent aller, à quatre ou cinq brasses d'eaue de bassemer, rangeant quantité d'Isles, les unes contenant une à deux lieues, & autres moins, en aucunes sont des prairies qui sont fort belles, où en la saison y vient une telle quantité de gibier qu'il n'est pas croyable à ceux qui ne l'ont veue: ces Isles sont chargées de grands arbres, comme pins, sapins, cèdres, bouleaux, ormes, fresnes, érables, & quelque peu de chesnes, en aucunes. Si vous attendez la plaine mer vous treuverez sept à huict brasses d'eaue, jusqu'à ce que l'on soit au travers de l'Isle au Ruos, à lors l'on treuve dix, douze, & treize brasses d'eaue, allant à Québec passant au Su de l'Isle d'Orléans.

Du costé du Su de ces Isles est encore un autre partage où il n'y a pas moins de huict brasses d'eaue: pour n'estre encore bien recognue, l'on n'en fait point d'estime ne grande recherche, puisqu'on en a d'autres: De ces Isles à la terre du Su il y a environ deux lieues, la mer y asseche prés d'une lieue: en ce lieu est une riviere fort belle qui vient des 118/1102hautes terres, toute chargée de forests, où sont quantité d'eslans & cariboux, qui sont presque aussi grands que cerfs, la chasse du gibier abonde sur les batures qui assechent de basse mer.

De l'Isle d'Orléans à Québec y a une bonne grande lieue, y ayant de l'eaue assez pour quelque vaisseau que ce toit, de façon que qui voudroit venir de Tadoussac l'on le pourroit faire aisement avec des vaisseaux de plus de trois cens tonneaux, il n'y a qu'à prendre bien son temps & ses marées à propos pour y aller avec seureté.

Retournant à la continuation de nostre voyage de Québec, ledit de la Ralde fit descharger de ses vaisseaux quelque nombre de bariques de galettes & pois, tant dans le vaisseau des Peres Jesuites, 120/1104qu'au nostre: Nous sceusmes par des Basques qui s'estoient sauvez de leur navire, lequel s'estoit brûlé dans un port appelle Chisedec qui est au fleuve sainct Laurent, par un petit garçon qui malheureusement mit le feu aux poudres, y estant allez pour faire pesche de balaines, de là furent à Tadoussac avec leurs chalouppes où ils traitterent quelques peleteries, & s'en vinrent à l'Isle Percée, pour treuver passage pour retourner en France, ledit de la Ralde se délibéra de les mener à Miscou pour plus amplement s'informer de ce qu'ils avoient fait & traitté, & premier que partir il vint à bort le 21 dudit mois, & délibéra d'aller à Miscou pour recouvrir de certaines debtes que les sauvages luy devoient, & voir en quel estat estoient les marchandises qu'il avoit laissées l'année d'auparavant en garde à un sauvage appellé Jouan chou, me promettant que dans un mois plus tard il viendroit à Québec, nous apportant toutes les choses qui nous manquoient, principalement des poudres & des mousquets, comme il avoit esté chargé de m'en fournir. Il fit assembler son esquippage, leur disant que ne pouvant aller pour l'heure en son vaisseau, il y mettroit ledit Emery pour y commander, & que l'on luy obéit comme à sa propre personne, en le chargeant particulièrement de dire aux matelots prétendus reformés, qu'il ne desiroit qu'ils chantassent les Pseaumes dans le fleuve sainct Laurent, cela dit il se desembarqua.

Et nous levasmes l'ancre & mismes sous voilles avec vent favorable. Le soir ledit Emery fit assembler son esquippage, leur disant que Monseigneur 121/1105le Duc de Ventadour ne desiroit qu'ils chantassent les Pseaumes dans la grande riviere comme ils avoient fait à la mer, ils commencèrent à murmurer & dire qu'on ne leur devoit oster ceste liberté: en fin fut accordé qu'ils ne chanteroient point les Pseaumes, mais qu'ils s'assembleroient pour faire leurs prières, car ils estoient presque les deux tiers de huguenots, & ainsi d'une mauvaise debte l'on en tire ce que l'on peut.

Le 25 de Juin nous mouillasmes l'ancre le travers du Bicq, quatorze lieues à l'Est de Tadoussac. Ledit Emery despescha une chalouppe à Québec pour advertir ledit du Pont de nostre venue. Sur le soir appareillasmes pour aller à Tadoussac. La nuict s'esleva une si grande brune que le l'endemain au matin pensasmes aborder un Islet prés de l'Esquemain terre du Nort, ce qu'ayant esvité heureusement nous mismes vers l'eaue, & la brune continuoit si fort que l'on ne voyoit pas presque la longueur du vaisseau, l'on fit mettre nostre batteau dehors entre la terre & nous, & un trompette, affin que quand ils verroient la terre ils nous en advertissent par le son d'icelle, car l'on n'eust peu voir le bateau à cinquante pas de nous, & comme il s'apperceut en estre fort proche il nous donna advis que n'en devions pas approcher de plus près: & de plus advisa un petit vaisseau d'environ cinquante tonneaux qui avoit mouillé l'ancre entre deux pointes, & qui traittoit avec les sauvages du Port de Tadoussac: ce qu'ayant apperceu il fait devoir de venir à nous, par le moyen du son de la trompette & d'un autre qui leur respondoit de 122/1106nostre vaisseau, nous ayant apperceus ils nous dirent ces nouvelles: mais comme nous estions de l'avant du vaisseau & le vent & marée contraires pour retourner au lieu où estoit ledit vaisseau la brune qui nous affligeoit fort, & nostre vaisseau mauvais voilier, nous ne peusmes rien faire.

Ledit vaisseau ayant sceu que nous estions proche de luy, par le moyen d'un canau de Sauvages qui estoit vers l'eaue, lequel ayant apperceu nostre basteau, les alla promptement advertir, & aussi tost coupperent leurs câbles sur l'escubier, laisserent leur ancre & basteau, mettent sous voiles, ce que nous apperceusmes, & une esclercie, & estant meilleur voilier, il s'esloigna en peu de temps de nous, ce qui nous occasionna de mettre à l'autre bord.

Comme le vaisseau des pères Jesuites qui avoit fait chasse sur luy, & s'il eust esté bien armé il l'eust emporté, car il fut jusqu'à parler audit vaisseau, & prit on le basteau du Rochellois: De ceste marée Rochelois fusmes mouillier l'ancre à la pointe des Bergeronnes, attendant la marée pour aller à Tadoussac, auquel lieu l'on envoya des Charpentiers & Calfeustreurs, pour accommoder les barques qui y estoient.

Le Samedy 27, levasmes l'ancre & nous vinsmes mouillier le travers du moulin Baudé, à deux lieues du Cap des Bergeronnes. Un François qui estoit venu de Québec, nous dit que du Pont avoit esté malade, tant des gouttes que d'autre maladie, & qu'il en avoit pensé mourir: mais que pour lors il se portoit bien & tous les hyvernans, mais fort necessiteux de vivres comme le mandoit ledit du 123/1107Pont, lequel avoit despesché une chalouppe pour envoyer à Gaspey & à l'Isle Percée, pour sçavoir des nouvelles, & treuver moyen d'avoir des vivres s'il estoit possible, pour n'abandonner l'habitation, & pouvoir repasser en France la plus grande partie de ceux qui avoient hyverné, craignans que nous ne fussions perdus, ou qu'il fust arrivé quelqu'autre fortune pour estre si tard à venir, qu'ils n'avoient plus que deux poinçons de farines, qu'ils reservoient pour les malades qui pourroient y avoir, estans réduits à manger du Migan comme les sauvages.

Voilà les risques & fortunes que l'on court la plus part du temps, d'abandonner une habitation & la rendre en telle necessité qu'ils mourroient de faim, si les vaisseaux venoient à se perdre, & si l'on ne munit ladite habitation de vivres pour deux ans, avec des farines, huilles, & du vinaigre, & ceste advance ne se fait que pour une année, attendant que la terre soit cultivée en quantité pour nourrir tous ceux qui seroient au pays, qui seroit la chose à quoy l'on devroit le plus travailler après estre fortifié & à couvert de l'injure du temps. Ce n'est pas que souvent je n'en donnasse des advis, & representé les inconveniens qui en pouvoient arriver: mais comme cela ne touche qu'à ceux qui demeurent au pays, l'on ne s'en soucie, & le trop grand mesnage empesche un si bon oeuvre, & par ainsi le Roy est très mal servy, & le sera tousjours si l'on n'y apporte un bon reiglement, & estre certain qu'il s'exécutera.

Le 29 dudit mois nous entrasmes au port de 124/1108Tadoussac où il y avoit quelque trente cinq cabanes de sauvages. Le dernier de Juin une barque partit chargée de vivres pour l'habitation, & de marchandises pour la traitte, le père Noyrot Jesuiste & le Père Joseph Recollet s'en allèrent dedans.

Ainsi je donné ordre à faire couvrir la moitié de l'habitation que j'avois fait commencer premier que partir, & quelques autres commoditez qui estoient necessaires. Voilà tous nos ouvriers employez au nombre de 20, bien qu'une partie du temps il y en avoit qui estoient empeschez à aller dans les barques, qui ne servoient de rien à l'habitation.

Le mesme jour arriverent trois ou quatre chaloupes qui alloient à Tadoussac, & d'aucuns qui estoient dedans, dirent qu'il y avoit des prétendus reformez qui faisoient leurs prières en quelques 129/1113barques, s'assemblant au desceu dudit Emery de Caen, qui fut cause que je luy en donnay advis, afin qu'il y mit ordre, tant là, qu'à Tadoussac.

Le 22. dudit mois arriva une chaloupe à Québec, de la part dudit de la Ralde de Miscou, lequel m'escrivit qu'il ne pouvoit venir cette année, d'autant qu'il avoit treuvé plusieurs vaisseaux qui avoient traitté des peleteries, contre les deffences du Roy, & pour ce, s'en vouloir saisir & les amener en France, escrivant audit Emery de Caen qu'il eust à envoyer l'alouette vaisseau des peres Jesuistes & l'armer des choses necessaires pour se rendre tant plus fort & maistre desdits vaisseaux qui traittoient.

Le 24 s'en revindrent tous les ouvriers dudit Cap, qui avoient parachevé le logement tant pour les hommes que pour le bestial, lesquels hommes j'employay à aller couper nombre de pièces de bois pour sier en hyver & faire la charpente necessaire à faire les logements.

Le 24 du mois d'Octobre je fus audit Cap de Tourmente, & delà pensois aller aux Isles, qui sont le travers pour recognoistre quelques particularitez, mais le vent de Nordest s'esleva si fort que nous pensasmes périr, toutes nos commoditez furent perdues, nostre chalouppe grandement offencée, qui nous contraignit de relacher & retourner à Québec.

Le 30 dudit mois s'esleva un si grand coup de vent, de Nordest, que la mer croissant extraordinairement, nous brisa une de nos barques sans y pouvoir remédier, laquelle estoit toute pourrie au fond pour estre trop vieille, Dieu permettant ce mal-heur pour un autre plus grand bien.

131/1115Le mois de Novembre est fort variable en ces lieux, tantost il y neige, pleut & gele, avec quelques coups de vents advancoureurs de l'hyver, neantmoins je ne laissay durant ce temps, de faire amaner quantité de pièces de bois pour employer les charpentiers & sieux d'ais pendant l'hyver, qui nous surprit plustost qu'à l'accoustumée, qui fut le 22 dudit mois, la grande riviere commença à charier de petites glaces. Le 7 de Décembre mourut de la jaulnisse un des ouvriers des Peres, qui estoit assez aagé.

Le 22 de Mars, les sauvages me donnèrent deux eslans male & femelle, le malle mourut pour avoir trop couru & travaillé, estant poursuivy des sauvages, lesquels nous firent part de quelque chair d'eslan: l'hyver que j'y passay fut un des plus longs 133/1117que j'aye veu en ce lieu, qui fut depuis le 21 de Novembre jusqu'à la fin d'Avril, il y avoit sur la terre quatre pieds & demy de neiges, & à Miscou huict, qui est dans le golphe sainct Laurent, à 155 lieues de Québec, où ledit de la Ralde avoit laisse quelques François hyverner, pour traitter quelque reste de marchandises qui luy restoient, & qu'il ne voulut rapporter en France: ils faillirent tous à mourir du mal de terre, j'envoyay visiter ceux qui estoient au Cap de Tourmente, lesquels s'estoient fort bien portez, mais avoient un peu mal mesnagé leurs vivres, & leurs en fallut donner d'autres, aux despens des hyvernans de l'habitation, qui n'avoient pas assez de farines que quelques galettes, qui suppléerent au deffaut: sans cela nous eussions esté très mal, comme de toutes autres choses, pour n'avoir pourvue en France de bonne heure aux commoditez necessaires pour l'habitation.

Les François sont sollicitez de faire la guerre aux Yroquois. L'Autheur envoye son beau frère aux trois rivieres.

Notes in this chapter

Note 1 · Note 585: (retour) Ramées et Brion. D'après Denys (Description géographique, t. I, 196 et suiv.), les îles Ramées sont les sept que nous appNote 2 · Du Cap de Raye qui est par les 47 degrés & demy de latitude, jusques au Cap de S. Laurent, qui est par les 46 degrés 55 minutes, il y a 17 àNote 3 · Note 586: (retour) «Et de Gaspé au cap de Raye, 70 lieues.»Note 4 · Desdites Isles aux oyseaux, jusques à Gaspey, il 101/1085y a 45 lieues qui est de hauteur 48 degrés deux tiers, & au Cap de Raye 70 lieues 5Note 5 · Note 587: (retour) Le Forillon. Ce petit rocher, détaché de la terre, semble avoir donné origine au nom de Gaspé (Katsepioui, qui est séparéNote 6 · Note 588: (retour) De Baie des Molues (ou Morues), les Anglais ont fait Molue-Bay, puis Malbay.Note 7 · En ce lieu de Gaspey est une baye contenant de large en son entrée trois à quatre lieues, qui fuit au Norrouest environ cinq lieues, où au bNote 8 · Note 589: (retour) Environ 48°.Note 9 · Note 590: (retour) Es entre-deux, dans les entre-deux, ou goulets.Note 10 · Ladite Isle percée est par la hauteur de 48 degrés & un tiers, elle est distante de 15 lieues de Miscou, il faut traverser la baye de ChaleuNote 11 · Note 591: (retour) Environ trente lieues.Note 12 · Ceste Baye de Chaleu entre quelques quinze ou vingt lieues 591 dans les terres, ayant dix ou douze lieues de large par endroits: en icelle sNote 13 · Note 592: (retour) Environ vingt lieues.Note 14 · Note 593: (retour) C'est-à-dire, le bout le plus nord de la dite île est par les 47° et quelques minutes.Note 15 · 103/1087Des Isles de Miscou à l'Isle sainct Jean, y a environ dix ou douze lieues 592 au Suest, elle est par la hauteur de quarante six degrNote 16 · Note 594: (retour) Canseau; ailleurs, l'auteur écrit comme tout le monde Canseau, ou Campseau. Les Anglais ont adopté l'orthographe Canso. (Note 17 · De l'Isle de sainct Jean au petit passage de Conseau594 l'on conte vingt lieues, ce passage est par la hauteur de quarante cinq degrés & deuNote 18 · Note 595: (retour) Miramichy.Note 19 · Note 596: (retour) Tregaté, ou Tracadie.Note 20 · Toute la coste depuis Miscou jusques au passage de Conseau, est abondante en ports, & petites rivieres, qui se deschargent dans la mer: entrNote 21 · Note 597: (retour) L'île d'Anticosti a environ dix lieues de large vers le milieu.Note 22 · Note 598: (retour) Le port aux Ours.Note 23 · Au Nortdest de Gaspey est l'isle d'Enticosty, sur la hauteur de cinquante degrés au bout de L'ouest Nortouest de l'isle, & celuy de Lest, SuNote 24 · Note 599: (retour) La Grande-Baie était cette partie du golfe comprise entre la cote nord-ouest de Terre-Neuve et le Labrador.Note 25 · Il y a un lieu dans le golphe sainct Laurent, qu'on nomme la grande baye599, proche du passage du Nort de l'Isle de terre neufve, à cinquantNote 26 · Note 600: (retour) Vraisemblablement l'un des caps de l'entrée du Grand-Étang.Note 27 · Ce Cap de Gaspey (comme j'ay dit) est à l'entrée de la grande riviere du costé de la terre du midy, montant à mont l'on passe si l'on veut uNote 28 · Note 601: (retour) Il n'y a aucun doute que ce cap doit son nom à la mémoire du commandeur de Chaste, ou de Chate. L'auteur le mentionne souNote 29 · Note 602: (retour) De la rivière de Matane, on tombe dans celle de Matapédiac, qui se décharge dans celle de Ristigouche, et celle-ci se jetNote 30 · Et costoyant tousjours la coste du Su, jusques au commencement des mons Nostre Dame vingt lieues dudit cap des Boutonnières, les mons en ontNote 31 · Note 603: (retour) Cette île s'appelait ainsi dès 1612. (Voir la carte de 1612.)Note 32 · De Mantane l'on va à l'Isle de sainct Barnabé603 à seize lieues, elle est par là hauteur de quarante huict degrez trente-cinq minutes, & estNote 33 · Note 604: (retour) Ou le Pic. (Voir 1603, p. 4, note 4.)Note 34 · 108/1092De sainct Barnabé au Bic604, il y a quatre lieues, c'est une montagne fort haute & pointue, qui parroist au beau temps de douze à quNote 35 · Note 605: (retour) Les Escoumins sont rigoureusement à l'ouest du Bic, si l'on met la carte en son vrai méridien.Note 36 · Du Bic on traverse la grande riviere au Norrouest, ou Nort un quart au Norrouest, & va on recognoistre Lesquemain 605 à la terre du Nort, y Note 37 · Note 606: (retour) On dit, depuis longtemps, Bergeronnes. Il y a les Petites et les Grandes Bergeronnes, qui ne sont séparées l'une de l'autNote 38 · Note 607: (retour) C'est-à-dire, pour que le mouillage soit bon, il faut que le moulin Baudé soit en vue.Note 39 · De Lesquemain l'on passe prés des Bergeronnettes 606, qui en est à quatre ou cinq lieues, le travers y a ancrage demie lieue vers l'eaue, puNote 40 · Note 608: (retour) Lisez «entrer.»Note 41 · Note 609: (retour) Quoique ce passage renferme plusieurs fautes qui le rendent presque inintelligible, nous avons cru cependant qu'il valaitNote 42 · Note 610: (retour) L'oreille.Note 43 · Ayant le vent bon à demy flot couru, à cause des marées du Saguenay qui porte hors, bien qu'il y aye les deux tiers de plaine mer, l'on peutNote 44 · Note 611: (retour) Chisedec paraît correspondre à ce que nous appelons rivière Saint-Jean.Note 45 · Note 612: (retour) Ce qu'on appelle aujourd'hui Portneuf n'est qu'à quinze lieues de Tadoussac.Note 46 · Or les costes du Nort depuis le travers d'Enticosty sont fort baturieres pour la plus part; en quelques endroits il y a de bons ports, mais Note 47 · Note 613: (retour) Voir ci-dessus, p. 31.Note 48 · Le travers de Tadoussac, qui est par quarante huict degrés deux tiers, à deux lieues au Sud il y a nombre d'Isles, & est entr'autres l'Isle Note 49 · Note 614: (retour) Ce cap s'appelle aujourd'hui la pointe Noire.Note 50 · Note 615: (retour) Cet îlet est situé au fond de l'anse Sainte-Catherine.Note 51 · Note 616: (retour) L'île aux Alouettes, appelée encore îlet Blanc, et île au Mort.Note 52 · Note 617: (retour) La batture des Alouettes a en effet quatre lieues de circuit, et même plus.Note 53 · Note 618: (retour) Probablement, l'un de ces deux mots est de trop.Note 54 · Note 619: (retour) Voir 1603, ch. IV, 1613, p. 142 et suiv., 1632, première partie, p. 130 et suiv.Note 55 · Partant de Tadoussac à la pointe aux Allouettes il y a une petite lieue, ceste pointe met hors plus de demy lieue, elle asseche de basse merNote 56 · Note 620: (retour) Aussi cette rivière s'appelle la rivière aux Canards.Note 57 · De la pointe aux Allouettes faisant le Surouest, Cap de un quart au Su, l'on va au Cap de Chafaut aux Basques, en ce lieu il y a ancrage, maNote 58 · Note 621: (retour) Le port de l'Equille, ou, comme on dit généralement, le port aux Quilles.Note 59 · Du Cap de Chafaut aux Basques, faisant la mesme route jusqu'à la riviere de l'Equille621, il y a trois lieues, & de la pointe aux AllouettesNote 60 · Note 622: (retour) La Tête-au-Chien.Note 61 · Note 623: (retour) Deux lieues.Note 62 · Note 624: (retour) Les îlots du Pot-à-l'Eau-de-Vie et des Pèlerins.Note 63 · De l'Anse de Rocher à la riviere de l'Equille, il y a prés d'une lieue & demie, un Cap622 est entre deux: ceste riviere de l'Equille vient dNote 64 · Note 625: (retour) La rivière Noire.Note 65 · Du port de l'Equille au port aux femmes625, il y a une bonne lieue: ce port aux femmes est une anse partie sable & cailloux, proche de là esNote 66 · Note 626: (retour) La pointe à l'Homme, au-dessus de laquelle est le cap au Saumon.Note 67 · Du port au Persil l'on va tournant au tour d'une montagne de rochers qui fait Cap 626: une lieue après l'on vient au port aux saumons, qui eNote 68 · Note 627: (retour) Ce cap de Malle-Baie est ce que nous appelons aujourd'hui le cap à l'Aigle.Note 69 · Note 628: (retour) Ce passage, pour être intelligible, doit se lire comme suit: «Du port aux Saumons au cap de Malle Baye est distant d'une Note 70 · Du port aux Saumons à celuy de Malle Baye627, est distant d'une lieue double, ce Cap rangeant la coste d'un quart, & demy lieue il y a ancraNote 71 · Note 629: (retour) La rivière de la Mallebaie.Note 72 · Du Cap de Male Baye jusqu'à la riviere Plate 629 trois lieues, ceste riviere est dans une anse qui asseche de Bassemer, reservé un petit couNote 73 · Note 630: (retour) Aujourd'hui le cap aux Oies.Note 74 · Note 631: (retour) Ou anse.Note 75 · De la riviere Plate au Cap de la riviere Plate 630, faisant le Surouest trois lieues & demie, entre les deux est un petit ruisseau anse ou 6Note 76 · Note 632: (retour) C'est-à-dire, «du cap aux Oies, au sud-ouest, l'espace de deux lieues, vous passez,» etc.Note 77 · Note 633: (retour) Il semble que ce cap correspond au cap Martin.Note 78 · Note 634: (retour) Deux lieues.Note 79 · Note 635: (retour) «Il y a ancrage entre l'île et la terre du Nord, en se retirant un peu du courant, du côté du nord de l'île, demi-quart dNote 80 · Note 636: (retour) L'anse des Éboulements.Note 81 · Du Cap de la riviere Platte au Surouest il y a 116/1100deux lieues632, vous passez plusieurs petites anses qui sont remplies de Rochers, comNote 82 · Note 637: (retour) «Doublé la pointe de la Prairie.»Note 83 · Note 638: (retour) Deux lieues.Note 84 · Retournons au Nort du passage de ladite Isle au Coudre, double la pointe de rochers 637 tousjours la sonde à la main, pour suivre la Chenal Note 85 · Note 639: (retour) «Sur le bout du nordest de l'île aux Reaux.»Note 86 · Comme l'on est au Cap Brulé, il faut mettre le Cap sur le bout de l'Isle du Nordest appellé des Ruos639, qui vous sert de marque pour suivreNote 87 · Note 640: (retour) Il n'y avait pas encore tout à fait deux ans; Champlain avait quitté Québec le 15 d'août 1624 (voir ci-dessus, p. 83), etNote 88 · Note 641: (retour) Voir ci-dessus, p. 68, note 1.Note 89 · Le premier de Juillet je partis pour aller à Québec, où arrivé le cinquiesme dudit mois, je vis ledit du Pont, tous les Peres & autres de l'Note 90 · Note 642: (retour) Huit lieues marines, de 20 au degré. Il faut se rappeler que Champlain ne donne à l'île d'Orléans (ci-dessus, p. 118) queNote 91 · Après avoir tout consideré, je jugé combien par le temps passé les ouvriers perdoient le temps aux plus beaux & longs jours de l'année, pourNote 92 · Note 643: (retour) Ce lieu «où est un petit ruisseau» est l'emplacement actuel des bâtisses de la Petite-Ferme, comme le prouve la carte du Note 93 · Note 644: (retour) Ces quelques mots, qui font répétition, devaient sans doute aller en marge.Note 94 · Je choisis un lieu 643 où est un petit ruysseau & de plaine mer, où les barques & chalouppes peuvent aborder, auquel joignant y a une prairiNote 95 · Note 645: (retour) Le fort Saint-Louis, à Québec.Note 96 · Je consideré d'autre part que le fort645 que j'avois fait faire estoit bien petit, pour retirer à une necessité les habitans du pays, avec lNote 97 · Note 646: (retour) Le P. Charles Lalemant, supérieur.Note 98 · Le père Noyrot amena vingt hommes de travail que le reverend Pere Allemand 646 employa à se loger, & desfricher les terres où ils n'ont perdNote 99 · Note 647: (retour) Il avait dû partir de Tadoussac pour la traite le 30 juin. (Voir ci-dessus, p. 124.)Note 100 · Le 14 dudit mois arriva le père de la Noue de Tadoussac, qui nous dit que depuis que Emery estoit party dudit lieu647 que ceux de l'équipageNote 101 · Note 648: (retour) D'après la Relation 1626, ils ne seraient partis que vers la fin de juillet.Note 102 · Les peres de la Nouë &, Breboeuf, qui avoient hyverné avec le reverend Père l'Allemand, se delibererent d'aller aux Hurons648 hyverner, voirNote 103 · Note 649: (retour) Probablement une tribu des Mahingans, et peut-être les Mahingans eux-mêmes.Note 104 · Un canau arriva de la riviere des Yrocois, ce mesme jour, qui nous dit que cinq Flamands avoient esté tuez par les sauvages Yrocois, qui parNote 105 · Note 650: (retour) Le sieur Guillaume de Caen.Note 106 · Note 651: (retour) Corneille de Vendremur (peut-être pour Vander-Mur ou Vander-Meer), d'Anvers. Le plus souvent, il est appelé simplement CoNote 107 · Le 25e jour d'Aoust ledit Emery partit de Québec. Et ledit du Pont se délibéra de repasser en France, bien que ledit sieur de Caen 650 lui mNote 108 · Note 652: (retour) Un peu plus haut, l'auteur compte huit lieues, et il devait y avoir au moins huit grandes lieues. (Voir la note 1 de la pNote 109 · Le 15 de Septembre j'envoyay le bestial au Cap de Tourmente, d'où il y a sept lieues652. Et le 21 je fis porter des vivres & commoditez, pouNote 110 · Note 653: (retour) D'après Sagard, c'était une petite fille. On envoya quérir le P. Joseph pour baptiser l'enfant, qui était «assez foible &Note 111 · Note 654: (retour) «Le Père Joseph leur demanda le corps de la deffuncte qu'ils avoient enveloppé à leur mode, pour la mettre en terre saincNote 112 · Le 17 dudit mois le reverend père l'Allemand baptisa un petit sauvage653, qui n'avoit que dix à douze jours, par la permission de son père aNote 113 · Note 655: (retour) «Dieu voulant, dit Sagard, retirer à foy ce bon personnage & le recompenser des travaux qu'il avoit souffert pour Jesus-CNote 114 · 132/1116Le 25 de Janvier, Hébert fit une cheute qui luy occasionna la mort655: c'a esté le premier chef de famille resident au païs, qui viv
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