ADDITIONS.
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I. Page 49. Dans l'adresse que des tribus sauvages, voisines du Canada, présentent au gouverneur-général de ce pays, les chefs disent: «Le Grand-Esprit a ouvert nos cœurs à l'Evangile; et aujourd'hui nous avons renoncé à nos vices et nous sommes bons chrétiens.»
Après ce mot «chrétiens» ligne 19, il devait y avoir un signe de renvoi[192] à une note qui a été omise; nous la rétablissons ici, elle est ainsi conçue:
II. Page 216, où il est question des recommandations de Henri IV pour que l'on fouette souvent le petit dauphin son fils, la ligne 19 finit par ces mots: «Mais ce qu'il y a de certain....» Au lieu de continuer les trois lignes qui suivent ces mots dans cette page, et qui finissent cet article, supprimez ces trois lignes, et remplacez-les par ces détails que nous ajoutons ici:
Mais ce qu'il y a de certain, c'est que le Roi lui-même et ensuite la Reine ont plusieurs fois gratifié monseigneur le Dauphin de ladite correction. Voici ce qu'on lit dans les Mémoires de Tallemant des Réaux, seconde édition; Paris, 1840, 10 vol. in-16. Voy. tom. I, p. 83:
«La feue Reine mère, dit-il, ne vivait pas trop bien avec le Roi, elle le chicanait sur toutes choses. Un jour qu'il fit donner le fouet à M. le Dauphin: «Ah! lui dit-elle, vous ne traiteriez pas ainsi vos bâtards.—Pour mes bâtards, répondit-il, il les pourra fouetter, s'ils font les sots, mais lui il n'aura personne qui le fouette.» J'ai ouï dire, reprend Tallemant, qu'il lui avait donné le fouet lui-même deux fois: la première, pour avoir eu tant d'aversion pour un gentilhomme, que pour le contenter il fallut tirer à ce gentilhomme un coup de pistolet sans balle pour faire semblant de le tuer; l'autre, pour avoir écrasé la tête à un moineau; et comme la Reine grondait, le Roi lui dit: «Madame, priez Dieu que je vive, car il vous maltraitera, si je n'y suis plus....»
Cependant la Reine revint de son éloignement pour l'humiliante punition des verges. Nous citerons le témoignage de Malherbe qui écrivait à son ami Peiresc, le 11 janvier 1810:
«Vendredi dernier (c'était le 9), M. le Dauphin jouait aux échecs avec La Luzerne qui est un de ses enfans d'honneur; La Luzerne lui donna échec et mat; le Dauphin en fut si fort piqué qu'il lui jeta les échecs à la tête. La Reine le sut et le fit fouetter par M. de Souvray, à qui elle recommanda de le nourrir à être plus gracieux.»
Voici d'autres exemples tirés du Journal de l'Estoile, qui prouvent qu'après la malheureuse catastrophe du 10 mai 1610, la Reine a encore fait infliger au petit nouveau roi, la correction tant recommandée par son père à Mme de Monglat. L'Estoile, sous la date du 29 mai 1610, s'exprime ainsi:
«Nostre nouveau roi fut fouetté....
A reprendre au commencement de la page 217, et à continuer.
III. A la page 220, entre la ligne 8 et le no XII, devait être placée une lettre assez singulière relative à l'émeute de Dijon, des 28 février et 1er mars 1630, et qui est connue sous le nom du Lanturelu. Cette émeute, occasionnée par les vignerons, fut très-sérieuse: le jeudi 28 février, les séditieux traînèrent dans les rues le portrait du Roi (Louis XIII) et le brûlèrent aux cris de vive l'Empereur! Le vendredi 1er mars, ils pillèrent les maisons de diverses personnes notables de la ville et y mirent le feu[193]. On pense bien que la plus grande consternation régna dans la ville. Cependant les autorités convoquèrent la milice bourgeoise, et forcèrent non-seulement les habitants, mais tout le clergé séculier et régulier à prendre les armes, pour garder la ville pendant que l'on procédait à l'arrestation des plus coupables, dont le Roi exigeait prompte justice, et qui, arrêtés une première fois, avaient été enlevés de prison par leurs complices; mais alors le trouble était apaisé, quoiqu'il restât encore de l'inquiétude. C'est dans cette circonstance qu'un Dijonnais qui avait déjà mandé les premiers événements à un de ses amis à Paris, lui écrivit une seconde lettre, pour lui rendre compte des faits du moment, et surtout de la manière dont le clergé, chanoines, carmes, minimes, jésuites, etc., appelés sous les armes, s'acquittèrent de leur service au corps de garde, ce qu'il raconte assez plaisamment, comme on va le voir; son style n'est pas très-correct. La date de cette lettre doit être du 15 au 18 avril 1630.
LETTRE D'UN DIJONNAIS RELATIVE A L'ÉMEUTE DU LANTURELU EN 1630.
«Je vous ai déduit au long par ma précédente le commencement et le progrès de notre tragédie dont la fin se termina en partie en comédie, la plus plaisante que vous vîtes jamais; et ces coquins de vignerons qui se vantent d'avoir fait les rois et d'avoir régné quatre heures durant dans cette ville, y ont jeté une telle épouvante dans les esprits, que la plupart des bonnes maisons ont transporté à la campagne le meilleur de leurs meubles, de leurs papiers et de leur argent, sur des terreurs paniques que ces chevres-pieds, animés de leur fureur bachique, recommenceraient une seconde alarme bien plus sanglante que la première. Il n'y a pas jusqu'à madame la présidente qui ayant vu fumer sa maison et le plus beau qui était dedans pendant ce funeste embrasement, s'avisa, pour ne pas tout perdre, d'envoyer une douzaine de poules qui lui restaient, au couvent des Bernardines[194] qui est proche, afin de sauver là dedans, comme dans un antre sacré, ces tristes reliques de son naufrage.
»Mais ce n'est pas tout: voici le bon du jeu. Samedi dernier, Messieurs du Parlement et Messieurs de la ville ayant reçu par un courrier exprès, commandement de châtier les coupables et les auteurs de la sédition, pour cet effet ils se saisirent de leurs personnes. Il fallut fermer les portes de la ville et mettre toutes les compagnies en armes jusqu'à 2 ou 3000 hommes, sur le midi, pour faire la capture de dix ou douze coquins qui sont maintenant entre les mains de la justice, à qui on fait le procès; et de peur que pendant qu'on travaille à sacrifier ces victimes[195] pour expier le péché du public, les autres vignerons ne fissent rumeur pour les enlever des prisons, comme ils firent la première fois, on a redoublé les corps de garde toutes les nuits, et par ordonnance publique, obligé tous les ecclésiastiques exempts et non exempts, séculiers et réguliers, avec bâtons ferrés et non ferrés, de s'y trouver en personne; c'est donc plaisir tous les soirs de voir entrer ces braves champions en garde.
»Dimanche dernier, le doyen de la Sainte-Chapelle marchait en tête avec la pique et le hausse-col, suivi d'un rang de mousquetaires composé de quatre chanoines de la Sainte-Chapelle avec des baudriers, l'espadon, la bandoliere (sic), le mousquet, la fourchette et le chapeau retroussé avec la plume noire, suivi d'un autre rang de chanoines de Saint-Estienne, ceux-là de quatre moines de Saint-Benigne, et ceux-ci de sept ou huit files de prêtres habitués dans les paroisses et pour l'arrière-ban, de deux jésuites en manteau court et soutane retroussée, avec chacun un brin d'estoc rouillé dès le temps que le conestable de Castille vint au secours de feu monseigneur Du Maine. Deux bons Pères de l'Oratoire venaient après, l'un avec la hallebarde et l'autre avec le mousquet; l'escouade était fermée par trois pères carmes réformés, avec la bandolière verte, le coutelas pendant et le mousquet, leurs habits relevés à la ceinture. Les minimes, les cordeliers et les jacobins, pour ne s'y être pas trouvés la première fois, ont été condamnés en quatre quarts d'écus d'amende, et s'y doivent trouver à ce soir. Le corps de garde est en la place de la Sainte-Chapelle, tout devant notre logis, et je proteste devant Dieu que j'ai dit la pure vérité en vous représentant l'équipage de cette sainte milice aguerrie un peu moins que celle des Hollandais. Pour la faction, voici ce qui s'y passa: Dimanche, un chanoine de Saint-Etienne, après avoir soupé, fit querelle dans le corps de garde, et, entre autres, injuria un jésuite et l'appela espagnol. L'autre, après avoir protesté qu'il ne l'était ni de nation ni de cœur, lui dit que ses armes étaient françaises et qu'il lui en feroit voir la preuve quand il voudroit, ce qu'il eût fait sur le champ si on n'eût imposé le holà et terminé le différend par les voies de paix, puisque l'Eglise défend le sang. Chacun y fit sentinelle à son tour; et on remarqua que le Père de l'Oratoire, au lieu de dire aux passants: Qui va là? disoit d'un tordion de tête à la mode et avec un sourire: «Monsieur et Madame, je vous supplie pour l'amour de Notre-Seigneur, demeurez-là, s'il vous plaît, en attendant que j'aie averti M. notre caporal, car ainsi me l'a-t-on ordonné.» Puis laissant son poste, il s'en venoit au corps de garde à pas comptés, dire: «Monsieur le caporal, s'il vous plaît de venir là, quelqu'un désire de passer.» Voilà la catholique défense de cette ville; jamais la procession de la sainte ligue à Paris n'y fit œuvre. Au reste la plupart sont si bien duits de deçà aux exercices de Mars, qu'un cordelier menant sa ronde, au moindre arrêt qu'une sentinelle lui fit, dit le mot (d'ordre) tout haut, afin de passer. D'autres équivoquent au mot, et au lieu de saint Luc disent saint Jacques; ce qui le plus souvent les met aux termes de se couper la gorge. Voilà où les vignerons nous ont réduits.
»Je viens de voir un bon Père minime de soixante ans, avec la pique, le coutelas et un pistolet pendu à la boucle et au devant de sa ceinture, et un cordelier armé à cru, avec la fraise et la plume blanche; je vous proteste que rien n'est plus comique, je crois être en un autre monde.»
L'émeute de Dijon a été entièrement terminée par le procès fait aux coupables, et dont nous avons donné l'issue dans une note précédente. Louis XIII est venu à Dijon le 27 avril suivant, a pardonné aux habitants, et un arrêt du Conseil a aboli le crime de sédition.
IV. A la fin de la page 282, se terminent les Documents empruntés à l'histoire d'Angleterre, et qui ont commencé p. 237. Deux articles, l'un intitulé Expérience Patibulaire, et l'autre La villa du suicide, qui devaient faire partie de cette division de notre travail, ayant été oubliés, nous les rétablissons ici; leur place est donc entre les pages 282 et 263.
EXPÉRIENCE PATIBULAIRE.
Le célèbre Bacon, (m. à Londres en 1626), raconte dans son Historia vitæ et mortis, un fait assez singulier qui ne pouvait guère se passer que sur les bords nébuleux de la Tamise.
Il a connu, dit-il, un gentilhomme à qui il prit un jour la fantaisie de savoir par lui-même si ceux que l'on pend souffrent beaucoup dans le moment suprême. En conséquence, cet original disposa dans son appartement tout ce qui était nécessaire pour cette bizarre expérience, tel que corde à nœud coulant, bien savonnée et solidement attachée à la poutre, escabelle à renverser lorsque le lacs fatal aura été passé au cou, cravate ôtée, etc. Ces préparatifs étant terminés, notre gentilhomme se met à l'œuvre, et, dans un clin d'œil, le voilà suspendu en l'air dans la position la plus verticale possible, les pieds à 18 pouces du parquet. Il lui eût sans doute été difficile de rendre compte des résultats de son expérience, si elle se fût prolongée pendant un quart d'heure. Mais fort heureusement, quelqu'un survenant dans l'appartement, au bout de trois minutes, coupe la corde et, moyennant quelques frictions, met notre curieux dans le cas de raconter ce qu'il a éprouvé. Il déclare qu'il n'a ressenti aucune douleur, qu'il a seulement aperçu dans l'organe interne de la vue, une espèce de flamme qui s'était peu à peu changée en obscurité, puis en couleur bleue, effet que l'on éprouve ordinairement quand on tombe en syncope; qu'enfin cela lui suffisait, puisqu'il savait à quoi s'en tenir sur ce genre de mort, plus doux que ne le pense le vulgaire[196]. Tel est le récit de Bacon.
Il est présumable que ce gentilhomme, sujet aux attaques du spleen, désirait savoir quelle serait la manière la plus douce, c'est-à-dire la moins douloureuse pour se guérir radicalement de cette maladie inhérente au climat d'Angleterre; et il aura essayé l'expérience dont nous venons de parler. Si dès-lors il a éprouvé quelqu'accès violent dudit mal, il aura sans doute choisi la pendaison pour s'en débarrasser.
Quoique (dans la Revue Britannique de nov. 1833), un Anglais ait cherché à démontrer que le nombre des suicides n'est pas plus considérable et même qu'il est moindre dans la Grande-Bretagne que dans d'autres pays, il n'en est pas moins vrai que cette contrée a toujours passé pour la terre classique du suicide. Bien plus, un journal littéraire intitulé Le Pigmée, dans son premier no, mars 1834, a annoncé qu'il existait à Londres un Club de suicides, dont le président seul est condamné à vivre et à mourir, comme on dit, de sa belle mort, tandis que tous les autres membres du club font serment de quitter la vie d'une manière violente, à première occasion. Quelle folie incroyable! C'est sans doute une mauvaise plaisanterie que l'on prête à nos voisins; il est vrai qu'on ne prête qu'aux riches. Au reste dans un pays où il a réellement existé un Club d'athées que le Gouvernement a expulsé de Londres et qui s'est réfugié en Amérique, il peut bien s'établir un Club de suicides; c'est une conséquence assez naturelle. Ce qui donnerait cependant à penser que l'existence de ce dernier club est une plaisanterie, c'est qu'on prétend qu'il n'est composé que d'auteurs sifflés, d'écrivains qu'on ne lit point, de journalistes sans souscripteurs, d'hommes blasés sur tous les plaisirs, de joueurs ruinés, de victimes de banqueroutes, de philosophes pyrrhoniens, d'amants malheureux, d'amis trompés, etc., etc.
Mais quittons l'Angleterre et ses étranges clubs, et revenons en France où le fléau du suicide va encore nous occuper, mais un peu moins péniblement, comme va le prouver le chapitre suivant, rédigé depuis quelques années, et ayant pour titre:
LA VILLA DU SUICIDE.
Il faut avouer que le Français est doué d'un heureux caractère: né vif, gai, léger, spirituel, enjoué, il ne s'étonne de rien, il rit de tout, il plaisante sur tout, même sur les choses les plus graves. Par exemple, vous rappelez-vous qu'en 1834, les suicides se sont multipliés en France, et surtout à Paris, d'une manière effrayante. Eh bien! le croira-t-on? cette sombre manie, si déplorable, si désolante, si contraire à la morale, à la religion, à l'ordre social, a inspiré à un journaliste un article facétieux, piquant et propre par sa gaîté à distraire un instant des tristes réflexions inséparables d'un tel sujet. L'auteur, après quelques observations sur les progrès du suicide, propose un singulier établissement, bien différent de celui de Londres, en faveur des maniaques atteints de cette folie, et passe en revue tous les genres de suicide avec un talent d'ironie pittoresque et piquant. Cet article publié, le 2 novembre 1834, sous le titre de La Villa du suicide, nous a paru avoir des droits à figurer dans notre recueil; donc, nous lui accordons mention honorable et insertion audit recueil.
«Le suicide, dit l'auteur, vient de s'élever au rang des maladies contagieuses: les physiologistes lui ont reconnu ce caractère et l'ont placé dans le cadre des fléaux à la droite du choléra. Bientôt cette contagion nouvelle aura fait autant de victimes que le mal asiatique, car les médecins qui ont classé le mal ne s'aviseront pas d'y trouver le remède. La médecine a fait ses preuves; elle est forte pour la dissertation, mais elle ne se pique pas de la guérison; elle nous émerveille dans la théorie et nous tue dans la pratique; c'est toujours quelque chose.......
»Le suicide contagieux a envahi la France entière; parti de Paris, il s'est répandu dans les Provinces. Chaque soir les journaux nous donnent le chiffre des morts, qui va dans une effrayante progression. Le suicide se présente sous toutes les formes, et subit des modifications les plus variées. Nous avons le suicide simple et le suicide double, le suicide en prose et le suicide en vers; l'art, qui est entré partout aujourd'hui, s'est emparé du suicide et l'a paré de toutes les séductions, de sorte que la jeunesse s'y précipite avec toute la fougue de ses illusions dorées.
»Puisque le suicide a ainsi pénétré dans nos mœurs, en attendant qu'on puisse l'en extirper, il serait du moins convenable de lui ôter autant que possible ce qu'il a de pénible et de misérable. Ce serait un acte d'une philantropie éclairée d'introduire le confort dans le suicide. Ceux qui renoncent ainsi à l'existence, et qui sortent de ce monde par leur propre volonté, ne demandent pas mieux pour la plupart que d'en sortir à leur aise, avec le choix des moyens et l'assurance qu'après leur trépas, leurs restes n'auront aucun outrage à subir.
»Pourquoi donc à Paris, où toutes les voluptés, tous les vices, toutes les passions ont leur temple, le suicide n'aurait-il pas le sien? Pourquoi des spéculateurs, amis de l'humanité, ne fonderaient-ils pas un établissement confortable, qui serait le Tivoli de la mort volontaire, la villa du suicide?
»Cette maison de plaisance serait située à l'une des extrémités de Paris. Toutes les personnes dégoûtées de la vie et décidées à en sortir trouveraient là le suicide sous toutes les formes, et paré de tout ce qui peut en dissimuler l'horreur. L'affluence des consommateurs permettrait de n'exiger à la porte qu'une modique rétribution; le suicide doit être mis à la portée de toutes les fortunes.
»Des domestiques vêtus de noir seraient chargés de vous introduire et de vous faire visiter ces localités funèbres.
»Dans le jardin d'abord, un canal d'une eau claire et profonde accueillerait dans ses flots argentés ceux qui voudraient bien lui confier le soin de leur trépas. Plusieurs ponts suisses et chinois seraient à la disposition des plongeurs désespérés.
»D'élégants pavillons seraient disposés où ceux qui auraient fantaisie de finir comme Werther, trouveraient d'excellents pistolets de Lepage.
»Si votre bon plaisir vous portait à périr d'une chute, vous trouveriez un charmant belvédère haut de vingt toises, et dont le pied serait velouté d'un gazon fleuri. (Il nous semble qu'un beau pavé en marbre de Paros ou de Carrare serait préférable à du gazon. L'effet serait plus prompt et plus certain).
»Dans l'intérieur de la maison, des chambres bien calfeutrées, garnies d'un bon lit et d'un bon réchaud, seraient préparées pour les amants qui désireraient confier au charbon le dernier chapitre de leur roman.
»Dans les salons, on trouverait des poignards, des armes tranchantes, et de solides cordons de soie attachés au plafond pour ceux qui seraient bien aises de terminer leurs jours suspendus verticalement entre le ciel et la terre.
»Dans la bibliothèque, les œuvres complètes de M. V......, atteindraient ceux qui voudraient se tuer d'ennui.
»Des salles de bains seraient prêtes pour les antiquaires jaloux de finir comme Sénèque, au bain et les veines ouvertes.
»Ceux qui préféreraient finir comme Socrate, trouveraient la ciguë dans des coupes d'or et des verres de cristal; ou bien le poison leur serait servi dans un succulent repas où ils pourraient choisir sur la carte, selon leur goût, le vol-au-vent de champignons sauvages, des béchamelles à l'arsenic, ou des coquilles à l'acétate de morphine.
»Il serait doux, sans contredit, de finir ainsi loin du bruit et des importuns; de pouvoir choisir la mort sous les lambris dorés d'un palais, ou sous l'ombrage des charmilles, et de trouver à sa dernière heure, silence, discrétion et respect.
»Auprès de chaque instrument de suicide, on aurait soin de placer une feuille de papier testamentaire pour inscrire ses dernières volontés, et un dictionnaire de rimes pour ceux qui, selon la mode du jour, voudraient faire au monde des adieux poétiques.
»Mais ce qui ferait le côté philosophique et consolateur de cet établissement, c'est que pour charmer les derniers instants des amateurs, dans les salons et dans les jardins du Tivoli funèbre mêlés aux instruments de la mort, on rencontrerait partout ce qui fait la joie de la vie: des fleurs, des femmes, des mélodies suaves, des vins exquis, les chefs-d'œuvres des arts, les merveilles du luxe. Et peut-être, rappelé par ce riant aspect et ces engageantes voluptés à un meilleur sentiment, celui qui serait entré là avec un fatal projet, en sortirait le sourire sur les lèvres, le cœur consolé et demandant au ciel de prolonger les jours qu'il voulait briser.» (Extrait du Follet, 2 nov. 1834.)
V. A la page 304, nous avons rapporté le nom de Mlle Rachel en un acrostiche assez curieux en ce qu'il est double; voici une autre pièce du même genre non moins curieuse, puisque l'acrostiche est triple. Cette pièce, qui a pour base les noms JESUS MARIA, est ancienne; son auteur est un sieur Esprit Gobineau de Montluysant, l'un des plus déterminés et des plus féconds fabricateurs d'acrostiches dans un siècle où ces nugæ difficiles étaient grandement à la mode: cet acrostiche est tiré de l'un de ses ouvrages, intitulé: L'Ordre sacré de la saincte prestrise, mis en vers. Metz, Cl. Félix, 1633, in-4o de 28 pages. Ce petit chef-d'œuvre est ainsi disposé avec ses trois perpendiculaires nominales:
Ie m'étois endurc I mais le Dieu de merc I Effaça le péch E dont j'étois entach E Si bien qu'ores je suiS privé de mes ennui S Uivant pour louer Die U en toute place et lie U Si voulez ô Chrestien S jouir de divins bien S Maintenez le reno M de Jesus et son no M Avec vous il ser A et vous exaucer A Repoussant Lucife R et tous ceux de l'enfeR Invoquons le ic I car d'un cœur adouc I Aqui le servir A le ciel il ouvrir A
Ce M. Gobineau de Montluysant a encore d'autres ouvrages, entre autres, La royale Thémis ou l'établissement de la coure (sic) du Parlement de Metz, 1634, in-4o, livre dans lequel l'auteur, fidèle à son génie inspirateur et à sa vocation, a mis en acrostiches multipliés tous les noms de Messeigneurs de ladite cour.
Mais où M. de Montluysant s'est distingué particulièrement, c'est dans Le Sacré Mont Carmel, qu'il a publié à Metz en 1632, in-4o de 77 pag., et qu'il a dédié à Anne Fabert, sœur du Maréchal Fabert, né d'un imprimeur de Metz. Ici la prose rivalise avec la poésie et jette un éclat non moins brillant. «Le Mont Carmel, dit l'auteur, est une OPALE admirable en laquelle se voit la BLANCHEUR de la virginité, l'AZUR de la fidélité, la VERDURE de l'espérance, la ROUGEUR de la charité, le JAUNE du contentement spirituel, et le VIOLET de l'amour divin.»
Qu'on dise après cela que la plume de M. de Montluysant n'a pas tout l'éclat des couleurs de l'arc-en-ciel!
A propos de couleurs, Caraccioli en a parlé d'une manière assez singulière et même assez sévère, dans son Livre à la mode, imprimé à Verte-feuille, etc., in-12, p. 2 et 3; il s'exprime ainsi sous le voile de l'anonyme:
«La couleur ROSE, dit-il, est une couleur libertine, affectée aux filles de joie; le CRAMOISI, une couleur voluptueuse qui caractérise les personnes de plaisir; mais le VERT, symbole de l'espérance, paroît l'apanage de la modestie. Jamais on n'employa cette couleur pour favoriser les vices ou flatter l'ambition, tandis que le BLEU et le ROUGE servent à farder des femmes flétries par la débauche; le VIOLET, à parer des êtres qui se monseigneurisent....; le BLEU, à faire souvent des licols; le JAUNE enfin à désigner les coucous.»
VI. Parmi les livres singuliers dont nous avons parlé, à partir de la pag. 364, nous avons omis un petit bouquin du XVe siècle, qui n'offre rien de bizarre dans son titre, mais qui renferme des choses fort remarquables par la naïveté de l'expression. Ce sont des plaintes sur le sort des curés dans le temps où vivait l'auteur. Ce livret est intitulé:
Epistola de miseria curatorum (latinité d'alors) seu plebanorum; impressum Parisiis, Pet. Poulihac. (Sans date, mais avant 1500); in-8o de 8 feuillets goth.
L'auteur énumère lamentablement toutes les tribulations auxquelles était alors exposé un pauvre curé. Il ne compte pas moins de neuf diables déchaînés contre lui, et delà neuf chapitres où les plaintes sont rendues avec l'accent d'une douloureuse mais plaisante conviction. Par exemple le troisième démon qui conspire contre le repos d'un curé à portion congrue, c'est sa servante, laquelle, presque toujours infidèle, paresseuse, acariâtre, et pourtant reine du presbytère, lui fournit autant de sujets de tentations qu'il a de cheveux à la tête: per quam, dit l'auteur, habes tot tentationum stimulos quantum in capite geris capillos. (M. Leber possède un exemplaire de ce curieux livret; voyez son beau Catalogue, no 225, que nous avons consulté; il en est de même de l'ouvrage suivant:)
L'accusation correcte du vray pénitent, par le P. Chauvaud; sur l'imprimé à Chartres, 1676, pet. in-12, rare.
Ce livre est composé de quatre dialogues fort singuliers entre le confesseur et quatre espèces de pénitents: le premier est un idiot grossier qui ne dit rien et auquel il faut arracher les mots les uns après les autres; le second est une fine bête qui ne dit pas assez; le troisième est une impitoyable bavarde qui dit beaucoup trop, et qui oublie de s'accuser elle-même en accusant ses voisines; enfin le quatrième parle ainsi qu'il doit le faire.
M. Leber dit que cette instruction ne serait point déplacée dans les facéties. (Voy. son Catalogue, no 187.)
VII. A la page 384, nous avons terminé notre court extrait du ridicule traité d'Albert-le-Grand, de Laudibus Virginis Mariæ, par dire que la Sainte Vierge était instruite dans toutes les sciences. Là nous devions parler en note du passage d'un vieux Mystère de la Passion qui renferme aussi un éloge de Marie; ce passage ayant été omis, nous le rétablissons ici. L'éloge est d'autant plus curieux que l'auteur de la pièce l'a mis dans la bouche du diable, l'un des personnages du Mystère, et on va voir que cet auteur a prêté une certaine érudition à Satan, qui, parlant de Marie, s'exprime ainsi, dans le langage et l'orthographe du temps:
.... «Elle est plus belle que Lucresse, Plus que Sara dévote et saige; C'est une Judic en couraige, Une Hester en humilité, Et Rachel en honnesteté. En langaige est aussi benigne Que la Sibylle tiburtine; Plus que Pallas a de prudence; De Minerve elle a la loquence; etc.»
Nous aurions pu mentionner encore à la suite du livre d'Albert sur les louanges de Marie, un très-ancien opuscule assez rare qui regarde aussi la Sainte Vierge. Il a pour titre:
Supplication à Nostre-Dame, en vers. Sans date ni lieu d'impression; in-4o goth. de 12 pag.
Cette pièce, composée de 296 vers, est de Pierre de Nesson[197]; le style en est fort singulier comme on peut en juger par l'extrait suivant. N'oublions pas que l'auteur écrivait dans le XVe siècle; il débute ainsi, s'adressant à Marie:
Ma doulce nourrice pucelle Qui de vostre tendre mamelle Vos doulx créateur alaictastes, Et qui vostre père enfantastes, Ma Dame, ma léale amye, Combien que je ne soye mye Digne d'estre en vostre service, Je vous supplie sans office, S'aulcun m'enquiert à qui je suis, Je puisse dire que j'ensuis La cour de la royne des cieulx En espérance d'avoir mieulx, Et d'estre de vostre famille, Ma doulce de Dieu mere et fille; Non mye comme serviteur, Car ce me seroit trop d'honneur, Et seray trop reguerdonné D'estre vostre povre donné; Et se c'est à mon trop grant don Je vous requiers, belle, pardon. ..... Pour ce s'il vous plaist en gré prendre Tout maintenant sans plus attendre, Je vous donne mon corps et m'ame, Sy fait pareillement ma femme, Et vous fesans foy et hommage De tout nostre petit ménage.
En vous promettant féaulté Service, foy et léaulté. ..... .....
Tel est le début de cette pièce. Voici comment elle se termine:
Et quant nous serons trespassés, Donnez-nous, madame Marie, La très-perpétuelle vie, Laquelle ottroit[198] par sa puissance La très-haulte divine essence, Seul Dieu régnant en trinité A ceulx qui diront cest dité: Priant qu'à Pierre de Nesson Face de ses péchiés pardon, Lequel premièrement ce dit Ordonna et mit par escript.
VIII. Nous avons découvert récemment sur l'intérieur de la couverture d'un vieux livre in-fol., une note manuscrite en caractères semigothiques qui nous a paru assez singulière, et qui aurait dû être placée à la page 11, où finit notre premier article l'ANTÉGÉNÉSIE; c'est une définition de Dieu; elle est en latin, nous allons la donner textuellement avec son titre:
DEI DESCRIPTIO.
«Sui ipsius principium et finis, utriusque carens; neutrius egens; utriusque parens atque author. Semper et sine tempore; cui preteritum non abit, nec subit futurum; regnat ubique sine loco; immutabilis absque statu; pernix sine motu; extrà omnia omnis; intrà omnia sed non includitur in ipsis; extrà omnia, sed non ab ipsis excluditur; intimus hæc regit, extimus creavit; bonus sine qualitate, sine quantitate magnus, totus sine partibus; immutabilis cum cætera mutat; cujus velle potentia; cui opus voluntas simplex est; in quo nihil potentia; sed in actu omnia; imò ipse purus; primus, medius et ultimus actus; deniquè est omnia, semper omnia, extrà omnia, intrà omnia, præter omnia, antè omnia, et post omnia omnis. Ad majorem Dei gloriam.
IX. Encore un livre singulier; il a pour titre:
La Princesse des oraisons, ou les attraits ravissans de notre Père céleste, tirés de l'excellence merveilleuse de l'Oraison Dominicale, pour nous élever à la jouissance des biens du Ciel. Par maître Barthelemi Thelioux, docteur en théologie, curé et chanoine en l'église paroissiale et collégiale de Saint-Genès-de-Thiert, notaire apostolique et juge ordinaire. Non. octob., 1635; in-4o de 600 pages.
Ce manuscrit, qui n'a jamais été imprimé, offre la paraphrase la plus féconde et la plus singulière qui ait jamais paru sur l'Oraison Dominicale. L'auteur l'a partagée en VII livres qui eux-mêmes sont divisés en un grand nombre de discours. Les citations en différentes langues y sont semées avec prodigalité. On y trouve de tout; de la prose, des vers, des traductions, jusqu'à l'anagramme du nom de l'auteur
Bartholomæus Theliuxius:
LUX VITÆ HABERIS HOMO.
Les idées les plus bizarres y abondent: par exemple, savez-vous quelle est la preuve la plus certaine, la plus incontestable que Dieu a créé l'homme droit? C'est que l'homme peut se courber. Que signifient dans la sublime oraison, ces mots in cœlis? Ils signifient que nous sommes invités à lever continuellement la tête vers les cieux, parce que ce monde est une prison où nos ames sont violemment détenues. Quant au panem quotidianum, c'est l'eucharistie que l'auteur appelle pain continuel, parce qu'on ne cesse pas, dit-il, de s'en nourrir; et pour prouver la continuité de cet aliment divin, il entre dans des descriptions géographiques et démontre que le saint sacrifice s'offre à toutes les heures du jour et de la nuit dans les différents climats de l'univers. Au reste il existe une feuille gravée qui contient ces supputations, et par conséquent la preuve que la messe est continuellement célébrée dans le monde chrétien.
L'auteur ne parle qu'avec une respectueuse admiration des caractères hébraïques; il n'y en a point de plus mystérieux, dit-il. Les cabalistes osent promettre d'expliquer toute l'Ecriture Sainte par le moyen des lettres et des points et par la supputation des nombres signifiés par les caractères. C'est pourquoi Orphée, ce puissant opérateur par l'entremise des voies secrètes, dit qu'il faut bien se garder de changer les noms hébreux, en travaillant de la sorte. Notre docteur se sert de trois raisons pour établir les avantages de la langue hébraïque: la première, c'est que Dieu a voulu nous donner sa loi en cette langue et nous communiquer ainsi tous les oracles des Anciens; la seconde, c'est parce qu'il savait quelle force était cachée dans ces caractères formés selon les figures et les aspects célestes; enfin la troisième, c'est parce que les noms divins s'expriment plus facilement et plus parfaitement par les formes et significations de ces lettres; et voilà pourquoi Fr.-Georg. Venetus, dans son de Harmonia mundi, les appelle veri alvei divinorum nominum in idiomate hebræo cum suis caracteribus, quibus illa nomina etiam mysterio maximo descripta sunt.
Le chapitre où Thelioux a étalé le plus de science et d'érudition, est celui qui a pour titre: de la signification et emphase de la diction AMEN. Ce mot amen a aussi été l'objet des recherches de Samuel Petit, dans ses Variæ lectiones, lib. I, cap. XVII; lequel Petit n'est pas moins prodigue d'érudition que le docteur Thelioux. Ducange rapporte dans son glossaire quatre vers où se trouvent toutes les significations du mot en question:
Verum, verè, fiat, amen tria denotat ista, Si verum nomen, adverbium sit tibi verè. Amen, amen, verè duo sunt adverbia verè. Amen pro, fiat, tibi verbum deficiens est.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur l'ouvrage de Thelioux, quoiqu'il renferme encore une grande quantité de chapitres très-curieux, tels que la déification de l'homme, prouvée par autorités;—les cinq demoiselles de chambre de la princesse Oraison Dominicale;—le pélerinage de l'homme en cette vie;—des cieux et de leurs merveilles;—sur quelles choses se peut étendre la puissance du diable, etc., etc., etc. Si nous voulions signaler tout ce qui est marqué au coin de la bizarrerie dans ces différents chapitres, ce serait à n'en pas finir. Adieu donc au docteur Thelioux.
X. Recette pour devenir un parfait courtisan.
Cette facétie, en forme d'ordonnance médicale, est due au célèbre Henri Estienne, qui l'a insérée dans ses Deux dialogues du nouveau langage italianisé, etc.; Paris, (Patisson), 1579, petit in-8o. Elle prouve que le métier de courtisan n'est pas de fraîche date, et qu'au XVIe siècle on l'exerçait déjà avec une certaine perfection; la voici rédigée selon les termes de l'art:
Recipe 1o trois livres d'impudence, tirées du creux d'un rocher nommé front-d'airain; 2o deux livres d'hypocrisie; 3o une livre de dissimulation; 4o trois livres de science de flatter; 5o deux livres de bonne mine; le tout concassé et cuit au jus de bonne grâce.
Ensuite passez cette décoction par une étamine de large conscience; puis quand elle est refroidie, mettez-y six cuillerées d'eau de patience et trois d'eau de bonne espérance; avalez d'un seul trait, et grâce à ce breuvage souverain, renouvelé de temps en temps, vous serez vrai courtisan en toute perfection courtisanesque.
Autre RECETTE infaillible contre la goutte et le rhumatisme.
Cette seconde ordonnance, non moins sérieuse que la précédente, est tirée d'un livre assez rare, intitulé: Traité de la prudence, etc., composé par Antoine Dumont, (J.-B. Arnoult, jésuite); Besançon, 1733, in-12. Voici la composition de l'onguent que le rév. Père recommande, p. 71, aux goutteux et aux rhumatisés:
«Recipe une livre de graisse d'un vieux curé qui ne soit point avare; une livre idem d'une vieille femme qui n'ait jamais déraisonné, ni désobéi à son mari; ajoutez une livre de graisse d'un vieil âne qui n'ait jamais reçu de coups de bâton; faites fondre le tout ensemble, mêlez bien, puis frottez de cet onguent le membre malade pendant trois jours; vous pouvez compter sur une guérison prompte et radicale.»
La petite pièce suivante a été omise à la suite du Dîner logique, p. 190. C'est un impromptu adressé par un jeune homme à son maître qui lui reprochait de s'absenter de classe pour aller au cabaret; le jeune homme dit:
Pinta trahit pintam, trahit altera pintula pintam, Et sic post pintas nascitur ebrietas.
Le maître répliqua aussitôt:
Virga trahit virgam, trahit aliera virgula virgam, Et sic post virgas nascitur ire foras.
Et il chassa le jeune biberon.
Nous regrettons que plusieurs dissertations curieuses, égarées et retrouvées trop tard, n'aient pu entrer dans le présent volume. Leur haute importance fera sans doute partager nos regrets au lecteur; en voici les titres:
1o Des ALLUMETTES, leur origine, antiquité et histoire chez les Hébreux, chez les Phéniciens, les Grecs, les Romains, les Gaulois, les Sauvages et chez tous les peuples modernes, avec un appendice curieux sur l'art de souffler la bougie et de moucher la chandelle, même avec les doigts sans se brûler.
2o Des BAISERS d'étiquette; leurs différentes espèces, tels que le baiser féodal, le baiser à la cour, le baiser de paix à l'église, le baisement de la mule du pape; etc., etc., avec une notice des ouvrages consacrés à ce sujet historique et religieux.
3o Recherches civiles, politiques et littéraires sur les COUPS DE BATON, et sur les précautions à prendre pour en donner quand il y a lieu, et pour en recevoir quand on les attend; le tout selon les circonstances, mais toujours avec les procédés convenables, ainsi qu'il est d'usage entre personnes bien élevées.
4o Histoire curieuse de tous les NEZ COUPÉS dont il est question dans l'histoire tant ancienne que moderne, précédée d'une dissertation sur la nécessité et l'importance de cette proéminence au milieu du visage, et suivie d'une digression sur la rhinoplastie, ou l'art de refaire un nez coupé sans qu'il y paraisse.
5o Du DIABLE considéré sous le rapport des diverses formes, figures, costumes et accoutrements sous lesquels on l'a représenté siècle par siècle, depuis son apparition dans le jardin d'Eden où il eût mieux fait de rester tranquille, jusqu'à la tentation de S. Antoine par Calot, où les cornes, les aîles et les griffes de cet infernal Protée causent moins d'effroi que jadis.
Ces cinq sujets étant traités avec toute la sagacité, l'érudition et l'aménité désirables, nous pourrons, si le cœur vous en dit, cher lecteur, vous les donner par la suite accompagnés de plusieurs autres; adieu donc, au plaisir de vous revoir.